CHAPITRE XXVI
De l'ArsenS*
SECTION PREMIÈRE
Propriétés.
ABT1CL8 PRSHlSa. — Métal.
L'argent était connu dès les temps les plus reculés. — Ce métal est d'un blanc pur. Quand il a été poli il jouit d'un éclat presque aussi grand que l'ac ier. Précipité d*une dissolution par un autre métal il se présente sous la forme d*une éponge d'autant plus volumineuse que la dissolution est pins étendue^ cette éponge est composée de petits grains cristallins d*un blanc mat, et non adhérents entre-eux, qui s'aplatissent en lamelles , et prennent un grand éclat sous le brunissoir. — L'argent cristallise en octaèdres, en cubes ^ etc. — Il n'a ni odeur ni saveur. — Il est un peu plus dur que Tor, et un peu moins dur que le cuivre. Après l'or il est le plus malléable et le plus ductile de tous les métaux, il a besoin plus que Tor d'être recuit pour conserver sa ductilité. Il est plus tenace que ce métal , mais il ne tient que le quatrième rang par rapport à cette propriété. Un fil de 2 millimètres de diamètre exige un poids de 85 kilog. pour se rompre. — Il est un peu moins lourd que le plomb. Sa
eSi ARGENT.
densilë est de 10,4748 lor8qu*il a été simplement fondu , et de 10,542 lorsqu'il a été fortement ëcroui. — De O"* à 100* il se dilate de ~ en longueur.
Il entre en fusion à la température de 22® du pyromètre do Wedwood , ou de 990<> cent. , selon M. Prinsep, il ne eommence à se ramollir qu a la chaleur orange vif, — Il est très- peu volatil; cependant il émet déjà des vapeurs à la température des fourneaux de coupelle , puisqu'on trouve toujours une certaine quantité d'argent dans les poussières qui résultent de la condensation des fumées ; mais cette quantité est extrêmement petite. Chauffé au milieu de la brasque de charbon dans des fours à porcelaine , il perd environ 0,005 de son poids , c'est-à-dire un peu moins que le cuivre; mais lorsqu'on le soumet à une température extrêmement élevée, soit à l'aide d'une lentille, soit à l'aide du chalumeau à gazoxigène, il se volatilise rapidement, et ses vapeurs s'enflamment.
On ne connaît jusqu'à présent qu'un seul oxide d'argent. — Ce métal ne s*oxide ni dans l'air sec ni dans l'air humide à la température ordinaire. Il se ternit à la longue, mais c'est par l'effet des vapeurs sulfureuses. L'argent en éponge a la propriété de devenir incandescent dans le gaz hydrogène à la chaleur de 120 à ISO"*, mais sans brûler. M. Lucas a fait voir que lorsqu'on le lient en fusion au contact de Tair il absorbe une petite quantité d'oxigène ; mais il l'abandonne en totalité par le refroidissement spontané ^ ou dès qu'on le plonge dans l'eau. M. Gay-Lussac a trouvé que la quantité d'oxigène absorbée peut être de vingt-deux fois au moins le volume du métal. Il suffit d'une très- petite quantité do cuivre ou d'or pour lui faire perdre la propriété d'absorber ainsi de l'oxigène. Au contraire Ipj^squ'on soumet au grillage un alliage d'argent et de cuhrfe ,' l'oxide de cuivre qui se forme entraîne aveo lui une proportion très-notable d'oxide d'argent. La vapeur d'argent s'oxide dans l'air, au moins en partie ; il brûle avec une flamme verdâtre lorsqu'on le soumet au chalumeau à gaz oxigène , avec l'action d'une forte batterie électrique.
L'argent ne décompose l'eau dans aucune circonstance , et il n'est attaqué que par un petit nombre d'acides. — L'acide nitrique le dissput très-bien , même à froid , avec dégagement de gaz nitreux très-pur. — L'acide sulfurique étendu ne l'attaque pas ; mais l'acide concentré et bouillant le dissout , avec dégagement de gaz acide sulfureux. — L'acide phosphorique ne l'attaque que par vùie sèche. — L'acide arsénique solide , à l'aide d'une chaleur suffisante , Toxide et le transforme en arséniate , avec dégagement d'acide arscnieux. -— L'acide muriatique concentré et chaud
agit sensiblement sur Targent, surtout s*ilest mis en contact avec du platine ; il y a dégagement de gaz hydrogène et formation de sous-chlorure. L'eau régale le convertit rapidement en chlorure. Il en est de mémo d'un mélange d*acide muriatique et d'acide arsénique ; dans ce cas il se dépose de larsenic métallique. — Les acides végétaux sont sans action sur Targent.
Les alcalis caustiques , les carbonates , les nitrates alcalins et le chlorate de potasse ne l'attaquent que d'une manière presque insensible lorsqu'il est parfaitement pur ; mais quand il est allié avec des métaux oxidables , avec du cuivre par exemple , il s'en oxide une quantité souvent Irèftconsidérable.
A l'aide de la chaleur, l'argent très-divisé, ramène à l'état de protoxide , en s'ox idan t , le deutoxide -de cuivre, le minium , l'oxide puce de plomb , le dentoxide et le peruxide de manganèse. Si l'on chauffe jusqu'à fusion , les scories retiennent en combinaison une certaine proportion d'oxide d*argent ; mais la plus grande partie est ramenée à félat métallique , et se sépare sous forme de grenailles ou en culot. — Le même effet a lieu quand on fond de l'argent avec du sulfate de cuivre , du sulfate de plomb, du nitrate de cuivre , du nitrate de plomb , et avec divers autres sulfates ou nitrates métalliques. — L'argent s'oxide encore , du moins partiellement, quand gn le chauffe avec du borax, du sel do phosphore ^ elc. , au dard extérieur du chalumeau. — Selon M. YVœhler, l'argent se dissout à chaud dans les dissolutions de sulfate de proloxide de fer. Dans cette circonstance l'argent s*oxide h la faveur de l'air que le sel de fer absorbe ; mais par lé refroidissement de la liqueur il se précipite presqu'en totalité à l'état métallique.
L'argent se combine directement avec le soufre ^ le sélénium , le phosphore et l'arsenic. A l'aide de la chaleur il décompose le gaz hydrogène sulfuré : ce gaz le noircit même h la température ordinaire. Les per-sulfures alcalins le transforment aussi en sulfures, tant par la voie humide que par la voie sèche. Plusieurs per-sulfures métalliques , par exemple les pyrites de fer, le sulfurent également. Il n'est pas attaqué par la galène. — Mis en contact à chaud avec le chlore gazeux il l'absorbe lentement ; il est attaque aussi par le chlore liquide. Le sel marin en dissolution concentrée peut en dissoudre une certaine quantité ; il se forme un chlorure double cristallin d'argent et de sodium , et la liqueur devient alcaline. Les proto-chlorures de cuivre et de fer le conyertissent à la longue en sous-chlorure par voie "^humide, £n général il a une grande affinité pour le chiure, et il se combine avec ce corps dans un grand nombre
de circonstances. — Il se combine directeiceni avec le br^me et avec Tiode. Il ramène le deuto-iodare de mercure è Tétat de prolo-iodure en lui enlevant la moitié de Tiode qu*i] contient. — Il peut se combiner avec le carbone et avec le silicium. — L'argent s^allie avec un grand nombre de métaux , mais non pas avec tous ; ainsi il refuse de se combiner avec le fer et avec le cobalt, — L'atome d*argent pèse 13^1,607. Ag.
ABTicLs II. — Composés oxf gênés»
S 1". — Oxides.
Voxide d'argent est d'un brun olivâtre foncé ou d*un grisnoiràtre. — Sa p. s. est de 7^t45. — 11 est un peu soluble dans l'eau , et sa dissolution a la réaction alcaline. Sou hydrate est d'un brun clair* — Il est très-fusible ^ et il agit comme fondant puissant dans ses combinaisons avec les silicates , etc. — Au chalumeau , au dard extérieur, ii donne avec le bornx un verre qui par le refroidissement tourne au blanc de lait ou prend les couleurs de l'opale , et avec le sel de phosphore un vert-jaunâtre qui prend aussi les couleurs de l'opale ; au dard intérieur il y a réduction cumplèle, même en présence des flux, — L'oxide d'argent pur se réduit complètement et avec la plus grande facilité à la chaleur rouge. — Il joue le rôle d'une base trés>forte : de tons les oxides c'est celui qui se rapproche le plus des alcalis. Il a beaucoup d'analogie avec le protoxide de plomb. Il se combine facilement avec tous les acides , et il les neutralise coniplétement. — Il se dissout dans la crème de tartre. £n générai il décompose en partie les phosphates « les arséniates, les chromâtes et les chlorures. 11 les décompose en totalité lorsqu*il est dissous dans l'ammoniaque. — Il ne se combine pas avec les alcalis fixes ; mais il est trèsaisément soluble dans l'ammoniaque et dans le carbonate d'ammoniaque. 11 se combine avec plusieurs oxides métalliques ^ entre autres avec ceux de plomb , de cuivre et de manganèse , ainsi qu'avec leurs silicates ; alors il cesse d'être réductible par la chaleur, du moins eu totalité. — Il est composé de :
Argent. . 0,0311 — 100 ;
Oxigène. . 0,0689 — 7,8986 '^^
On l'obtient en précipitant le nitrate d'argent par' un alcali
fixe caustique ou par Teau de chaux en excès ^ lavant à
grande eau , et desséchant au dessous de la chaleur rouge.
Selon Ritter^ lorsqu'on décompose par la pile une disso-
COMPOSAS OXIGÉNÉS. 6C7
lulion d*argeDl faible il se dcpase ou pôle positif un oxiile qui cuiilioDt deui fois autant dVxigène que Toxide ordinaire.
S 2. — Sels.
Les sels d'argent stdubles qui contiennent un acide incoloresunt eux-mêmes incnjures. La plupart des sels insolubles sont incolores aussi. 11 y en a cependant quelques-uns qui sont ou jaunes ou bruns. Il y a de« sels d'argent qui sont parfaitement neutres. Leur saveur est acide^ astringente et métallique. — La lumière noircit les sels d*argenten les réduisant en partie. Ceux que la chaleur décompose laissent pour résidu de Targent métallique. — Les alcalis fixes caustiques et les terres alcalines précipitent les dissolutions d'argent en brun. — L'ammoniaque ne les précipite pas ; mais elle produit des combinaisons doubles qui , quoique très-faibles, |»euvenl être obtenues à Tétai solide par évapora tion. Elle dissout tous les sels insolubles , ainsi que le chlorure et le bromure, sans les altérer; par Tévaporalion des dissolutions, les sels simples se reproduisent à l'état cristallin. — Los sets solubles d'argent sont précipités en blanc par les carbonates alcalins ; — en blanc caillebolté par Tacide murialique et par tous les muriates y même en présence des substances organiques ; — en blanc par l'acide oxalique ;
— eu un beau jaune serin parles phosphates alcalins; — en blanc par les pyro-phosphates alcalins ; en brun par les arséniales alcalins ; — en jaune par les arsénites alcalins ;
— en un beau rouge intense par les chromâtes alcalins ; — en noir par l'hydrogène sulfuré et par les hydro-sulfates ;
— en blanc par le prussiate de potasse jaune ;— et en jaune de rouille par le prussiate de potasse rouge. — Elles ne sont pas troublées par les chlorates, et elles ne sont précipitées qu*en partie par les chlorures d'oxide. — Avec le proto-chlorure d*étaiD dissous dans l'acide muriatique , il se précipite instantanément du chlorure d'argent qui se change peu à peu en argent métallique , surtout si l'on < haiiffe. — L'argent est précipité de ses dissolutions à l'état métallique par l'hydrogène phosphore , par les métaux très-oxidables, ainsi que par le cuivre et par le mercure. Avec le fer la précipitation est lente ; avec le mercure le précipité est un amalgame ; avec les autres métaux il n'y a jamais alliage , pas même avec le cuivre ; mais les dernières parties précipitées peiiveiit souvent être mélangées de petits fragments du métal précipitant. — L'argent est précipité aus»i «à l'état métallique , du moins partiellement , par les sels de prut» oxide de fer, mais seulement à froid , et lorsque ses dissolutions sont neutres.
[XJKiversittJ
668 ARCBWT.
ABTiGLi III. •— Composés sulfufés et séiéniés.
Sulfure, — Le sulfure d*argent est cl*un gris de plorab faiblement métallique , tendre^ demi-ductile , très-fusible, et susceptible de cristalliser en petites aiguilles par refroidissement , indécomposable par la chaleur. Le grillage le décompose en le réduisant en argent pur^ avec dégagement d'acide sulfureux ; quand la température est basse il se forme une certaine quantité de sulfate. L'acide rauriatique l'attaque, avec dégagement d'hydrogène sulfuré. — Le gaz hydrogène le réduit aisément.— Le fer et beaucoup d'autres métaux , y compris le cuivre , en séparent Targent à l'aide de la chaleur ; le mercure le réduit par trituration â la température ordinaire. 11 s'unit par fusion avec l'argent en toutes proportions. — Il se fond en toutes proportions avec / / les sulfures alcalins, et il se combine par voie sèc/ie avec la
^^.:L /u>''»v f :< la (Plupart des sulfures métalliques. — Aucun chlorure pur . . ,rL ^l^ ne l'attaque par voie humide y mais le bi-chlonire de cuivre tt*,» /*^ i '^.'iio«f le change en chlorure , avec formation de sulfate de cuivre, u i-.u')' t .«.t lorsqu'il y a présence de sel marin. Il se change également / \, u' r\ ®n chlorure quand on le laisse exposé à l'air après l'avoir " * ^^ vn**« ^ mélangé avec des pyrites de fer ou du sulfate de cuivre et *> i -' î o ti '•« du sel marin. — Les alcalis le décomposent en grande partie } « ^^^ «uit i» par voie sèche, — Il est composé de :
'.j, «^•#1»*^ Argent. . 0,8705 — 100 '
/ Soufre. . 0,1296 — U,876 ^^
On peut le préparer en combinant directement l'argent avec le soufre , ou si Ton veut l'avoir très-divisé , en chauffant jusqu'à fusion un mélange d'argent , de carbonate de soude et dQ soufre , et lavant à grande eau.
Sulfate, — Le sulfate d* argent cristallise en prismes déliés très-brillants qui ont pour forme fondamentale un octaèdre rhomboïdal. — Il est soluble dans 87 à 88 p. d'eau pure j ,plus soluble dans l'eau aiguisée d'acide sulfurique , très-soluble dans l'acide sulfurique concentré. U se dissout également en grande proportion dans tous les acides forts et concentrés ; mais l'eau le précipite en grande partie de ces dissolutions. — Il est très-aisément décomposé et réduit par la chaleur. — U contient :
Oxide d'argent. . . 0,7434 — 100 Acide sulfurique . . 0,2566 -7- S4,52
Selon M. Mitscherlich , le sulfate ammontacal cristallise sous des formes qui dérivent d'un prisme droit à base carrée. Les cristaux sont inaltérables à l'air , solubles dans l'eau , beaucoup plus à chaud qu'à froid. Us sont anhydres , et
COMPOSÉS SULFURAS. GC9
conticnnenl 1 atome de sulfate d*argent et 2 atomes d'ammoniaque.
Suifite, — Le sulfite d'argent est très-peu solnble dans l'eau , mais très-soluble dans ]e sulfite d ammoniaque.
IfypO'iuifate. — Vhypo-sulfale cristallise en prismes octogonaux inaltérables à Pair el solubles dans 2 p. d*eau f. Il peut former avec Taramoniaque un composé cristallisable, mais peu soluble.
Séléniures. — Oo connaît deux séîéniure» d'argent. \^ Le protO'Séléniure est grîs-blanc^ ductile ^ fusible à ia chaleur rouge , incompléleiTient dccomposable par la chaleur , par te grillage^ par le borax et par les alcalis. Il est susceptible de se combiner avec le fer , et* alors il donne de l'argent pur avec le borax. — II est soluble dans Tacide nitrique.
2^ Le deutO'Béléniure est gris ^ demi-ductile , beaucoup plus fusible que le premier, indécomposable par la chaleur rouge , mais réductible en proto-séléniure par le grillage.
Ces séléniures sont composés de :
Argent. . . 0,7316 — 0,^768 Sélénium.. . 0,2684 - 0,4282
Séléniate, — Selon M. Mitscherlich, le aéléniaie d'argent est isomorphe avec le sulfate. — Il est anhydre, et il contient :
Oxide d'argent. . . 0,6463 Acide sélëniquo. • 0,3587
Il se combine avec Tammoniaque. La combinaison cristallise sous des formes qui dérivent d'un prisme droit à base carrée , et qui sont isomorphes avec les cristaux de sulfate de plomb ammoniacal. Ils sont solubles dans l'eau saiiidécomposition ^ beaucoup plus à chaud qu'à froid. lis perdent de l'ammoniaque par leur exposition a l'air. Ils sont anhydres , et contiennent 2 atomes d'ammoniaque pour 1 atome de séléniate.
Sélénite. — Le sélénite neutre est blanc , un peu soluble dans l'eau b. L'acide nitrique bouillant le dissout ; mais Teau le précipite de cette dissolution. — Il est aussi fusible que le chlorure ; la chaleur rouge le décompose complètement. — Il contient :
Oxide d'argent. . 0,673 — 205,75 Acide sélénieux. . 0,327 -- 100
AHTicLEiv. — Composés phosp/iorés ^ arséniés et azotés,
Phosphure, — Pelletier a préf are directement un pKospâure a argent qui contenait 0,20 de phosphore. — Ce phosphure est blanc , cristallin , fragile, mais mou. Il est très-
CTO ARGEWT.
fusible ; au moment où il se solidifie il abandonne la moitié de son phosphore. Une chaleur élevée en sépare complètement le phosphore ; aussi ne peut-on pas Tobteoir au moyco du mélange phosphuraot.
PhoêpRaleê. — On roonait deux phosfihates neutres d*argent isomériques , le pHosp/iaU et le pyro^pRoêpRaU,
P \fii pfioêpiiate tf^i d\io très-beau jaune-serin, noircissant promptement à la lumière, il se fond à une forte chaleur ronge, et il se forme alors peu à peu une certaine quantité de pyro-phosphate qui augmente sa fusibilité. Il est insoluble dans Teau ; mais les acides forts le dissolvent ou le décoin* posent. A Têlat humide il est complètement décomposé par les niuriates en dissolution. -* On l'obtient en versant da phosphate de soude ordinaire dans une dissolution de nitrate d'argent; la liqueur devient très-acide, et retient da phosphate en dissolution.
^ Le pyrO'phonpâate a été examiné par H. Stromeyer. Il est blanc , se colorant en ronge par l'action de la lumière, moins lourd que le phosphate jaune dans le rapport de 5,306 à 7,822. (1 fond au dessous du rouge, et cristallise en aiguilles par refroidissement. L'eau b. ne le dissout ni ne raltère. — L'acide nitrique et l'acide sulfunque le dissolvent; lorsque la dissolution est faite à froid le pyro-ptiospRate ehi précipité sans altération par rainmoniuque ; lorsqu'on fait bouillir, l'ammoniaque précipiie du phosphate jaune de U liqueur. L'acide acétique ne le dissout pas. — Il est soluble dftns l'ammoniaque en excès, et les acides le précipitent de cette dissolution sans l'altérer. ~ Lorsqu ou le fait bouillir avec du phosphafe de soude il se change presque instanta- 'nén^nt en phosphate jaune. Le pyro-phosphate de soude le dtksout très-facilement. — Quand on verse du nitrate d'argi^nt dans un mélange de phosphate et de pyro-pliospiîate de soude il ne seproripite de pyro-phosphate d'argent qu'après que tout l'acide phosphorique a été séparé à 1-état de phosphate jaune.
Ces deux phosphates ont exactement la ntéme composition , ei contiennent :
Oxide d'argent. . . 0J65 — 100 ..c
Acide phosphorique . 0,285 — ' 30,6 ^ ^*
On obtient le pyro-phosphate en précipitant le pyro-phosphale de sonde par te nitrate d'argent.
Lorsqu'on verse dans du nitrate d'argent une disS(»lutîon d'acide phosphorique récemment calcmé, il se fait un précipité de bi -phosphate d'argent. — Ce sel est blanc. A lOO** il devient mou et demi-liquide, et à une température plus élevée il se fond on un liquide limpide qui prend l'aspect
COXPOSés PUOSPHOBÉS. C71
du cristal par le refroidissement. L*eaii f. le décompose lentement , l'eau b. le transforme en êesquùpHoipfiate qui est gris et visqueux. — Ces deux sels sont composés de :
Le bi-pho«phate L« ie«qai-phosiib«le.
Oride d'argent • . . 0,620 — 0,709 Acide phosphorique. . 0,380 — 0,291
Les trois phosphates d'argent se trouvent souvent mélangés ensemble.
Ar$éniure, — Varsèniure d^ argent composé de :
Argent. . 0,852 - 100 — 2«
Arsenic. . 0,148 — 17,87 -- 1 est d'un gris-foncé , mal , cassant; sa structure est crjsralline et aiguillée. Il prend l'éclat métallique et le beau blanc de l'argent par le frottement. — Il est très-fusible , et indécomposable par la chaleur. — On le prépare aisément en fondant ensemble de l'argent en poudre , de l'acide arsé- Dieux et du flux noir.
Àrséniate. — VarUniate est brun, insolublç dans l'eau , soluble, mais difficilement, dans Tacide nitrique etdans l'amrooniaque^ complètement réduit en arséniuro à la température à laquelle Targcnt entre en fusion. — Il est composé de :
Oxide d'argent. . . 0,752 — 100 . .,. ,
Acide arsénique. . 0,248 — 33,09 '^^ ^*
Ârsénite, — Varsénite est pulvérulent ^ d'un beau jaune d'orpiment quand il est humide ; mais il brunit en séchant. — Il est insoluble dans l'eau , plus soluble dans l'acide nitrique étendu que le phosphate, soluble aussi dans l'ammoniaque, mais seulement lorsqu'il est récent et humide. — U est propre par sa couleur à faire reconnaître la présence de l'acide arsénieux ; mais il faut prendre garde de le confondre avec le phosphate.
^zoiure ^ argent fulminant, — Ce qu'on a coutume de nommer ammoniure cToside cTargent parait être, d'après les observations de MM. Gay-Lussac et Sérullas , de Pazoture d'argent. — Ce composé est noir, insoluble dans l'eau, trèssolublc dans l'ammoniaque. Les dissolutions ammoniarales se décomposent spontanément dans des flacons bouchés^ et laissent déposer de l'argent métallique en uiême temps qu'il se dégage du gaz azote. Exposées au contact de l'air elles se recouvrent d'une pellicule transparente et jaune que l'on croit être de l'oxide d'argent. Lorsqu'on les fait bouillir elles déposent d'abord de l'azoture d'argent , et plus tard de l'oxide d'argent. L'azoture d'argent détone avec la plus grande violence par la chaleur, par la percussi(»n et même par le plus léger frottement. — U donne -avec l'acide hydro chlorique du chlorure d'argent et de l'hydro-chlorate
d*amraonîaque ; — Avec Thydrogène sulfure, du 8ulf«i(e d'argent et de Thydro-sulfale d'ammoniaque ; — avec Tacide sulfurique , étendu , du sulfate d'argent et du sulfate d'ammoniaque , mais avec un dégagement très-notable de gaz azote. — On l'obtient en faisant digérer de l'oxide d'argent dans de Tammoniaque ^ ou en précipitant par la potasse caustique pure une dissolution ammoniacale de chlorure, de sulfate, de séléniate ou de chrèmate d'argent.
Nitrate. — Le nitrate d'argent cristallise en lames minces, transparentes , incolores et nacrées , inaltérables à l'air. Il corrode rapidement toutes les substances organiques et les recouvre d'une pellicule noire d'argent réduit. — Il est soluble dans son poids d'eau f. et dans une moindre proportion d'eau ch.;sa dissolution concentrée laisse volatiliser un peu de sel d'argent par l'ébullition. Il est soluble dans JO p. d'alcool. — il se fond aisément, et se prend par refroidissement en une masse cristalline qui porte le nom de pierre infernale. Comme on le coule , pour l'usage de la chirurgie, dans de petites lingotières de fer, il est ordinairement recouvert à la surface d'une pellicule noire d'argent réduit. Une chaleur un peu plus forte que celle qui est nécessaire pour le fondre le réduit complètement en le faisant passer d'abord par l'état d'hypo-nitrite. — 11 détone sur les charbons ardents, et il fulmine légèrement avec le charbon par le choc. Il détone , par le choc , avec le soufre et avec le phosphore. Lorsqu'on imbibe un linge de nitrate d'argent, et qu'on lexpose de suite à un courant de gaz hydrogène, ce linge ne tarde pas à se recouvrir d'une pellicule d'argent métallique.
Si l'on mêle deux dissolutions étendues , l'une de nitrate d*argent, et l'autre de proto-chlorure d'étain fait à froid , la liqueur devient jaune, puis brune, puis d'un pourpre foncé. Si alors on y ajoute de l'acide sulfurique affaibli il s'y fait on précipité pourpre , mais qui n'a pas , comme le pourpre de Gassius, la propriété de colorer les verres.
Selon M. Mitscherlich , le nitrate d'argent ammoniacal cristallise assez facilement. Il esttrès-soluble, et il est composé de :
Oxide d'argent. . 0,850 ( . ,.,
Acide nitrique. . 0,264 i"'^"^®*®' ' Ammoniaque. . 0,180 2
M. Wœhler a reconnu que le nitrate d'argent se combine atome pour atome avec les cyanures d'argent et de mercure ; qu'il détruit la plupart des autres cyanures simples , et qu'il blanchit immédiatement le bleu de Prusse en produisant une dissolution de per-nitrate de fer et un résidu
COftIPOSés PHOSPHORES. 673
qui se compose d'un mélange de cyanure d^argent et de per-oxide de fer.
Le nitrale d*argeot est composé de :
Oxîde d'argent. . . 0,6819 — 100 Acide nirrique. . . 0,SI81 — 46,6tS
On peut obtenir du nitrale d'argent pur au moyen de Tallioge ordinaire d'argent et de cuivre. Pour cela on dissout l'alliage dans l'acide nitrique, on évapore à sec, et i*on chauffe assez fortement pendant un certain temps soit dans un matras de verre verl , soit dans une capsule , soit dans une cuillère de Fer ; puis on reprend par Peau. Comme le nitrate de cuivre se décompose avant le nitrate d'argent , si la chaleur a été convenablement graduée , et si l'on a chauffé pendant un temps suffisant , la dissolution ne contient pas de cuivre ; mais il reste toujours dans le dépôt une certaine quantité d'argent qu'il ne faut pas négliger.
Ht/po-nttrite, — Quand on fait bouillir du nitrate d'argent avec de l'argent très- divisé on le change enhypo-nitriie^ sel jaunâtre difficilement cristallisable.
Fulminate, argent fulminant, — Le fulminate émargent est blanc, pulvérulent^ très-cristallin, un peu soluble dans Tcau. Sa saveur est métallique et extrêmement forte ; c'est un poison des plus violents. Il détone par le choc, par la chaleur et par le contact de l'acide sulfurique concentré. — Les acides nitrique et muriatique, ainsi que la potasse, le décomposent; l'ammoniaque le dissout sans laitérer. — Quand on fait passer de l'hydrogène sulfuré à travers de l'eau qui tient en suspension du fulminate d'argent, si l'on arrête le courant avant que la décomposition soit complète, la liqueur renferme de facide fulminique pur ; mais si Ton emploie l'hydrogène sulfuré en excès la liqueur renferme un acide qui contient du soufre ^ etc. , et le résidu est du sulfure d'argent pur. — Le sulfure de barium décompose aussi le fulminate d'argent. — Le zinc mis en ébullition avec ee sel n'en sépare que la moitié do l'argent , et il se forme un fulminate double. Le cuivre lui enlève tout Tacide fulminique, et laisse tout l'argent à l'état de pureté.
Le fulminate d'argent contient 0,77439 d'argent. Il a exactement la même composition que le cyanate ; mais ce dernier en diffère en ce qu'il ne détone pas , et en ce que , lorsqu'on le chauffe en va^e clos , il se change en cyanure , en laissant dégager de l'acide carbonique et de l'azote dans le rapport de 68 h 32 en volume.
On prépare le fulminate d'urgent , 1° soit en versant sur du nitrale d'argent fondu COO p. d'alcool et 000 p. d'acide nitrique concentré ; 2° soit en versant de l'alcool dans une
674 AftGBNT.
dissoliilioo de nitrate d'argent chaude et acide ; 3** sott en faisant chauffer de Tacide nitrique sur de l'argent jusqu'à ce que la solution commence à s effectuer , retirant le mélange du feu , et y ajoutant ensuite de Talcool concentré peu à peu , de peur d'accident.
ABTicLB V. — Composée cfUoréâf hràmèi^ iodè% et fluorée.
CRlorures. — Le cHlorure (T argent récemment précîpilé est caillebotlé ^ lourd et d'un beau blanc. La lumière soLiire le colore promptementen violet. Il est insapide, et absolument insoluble dans Teau. 11 fond à la température de 260* , et se prend par le refroidissement en une masse demi-trans* parente , perlée , molle et flexible comme la corne. Il pénètre à travers les creusets comme la litharge. — Il Cf>aimence à se volatiliser dès qu'il entre en fusion , surtout à Pair libre ; cependant on ne peut pas le distiller. — Il est inaltérable par le charbon calciné ; mais le charbon ordinaire , toutes les substances organiques hydrogénées et Thydrugène pur le réduisent facilement., avec ^rmation d'acide hydro-chlorique. Il est même réduit par le charbon calciné quand il y a contact de vapeur d'eau. — Quand on le chauffe avec du soufre il s'en décompose une petite quantité , et il se forme un sulfo-chlorure d'un noir-grisâtre légèrement métalloïde^ lamellaire comme de la gfalèue, mais mou. — Le fer, le zinc, l'élain , l'antimoine, le bismuth, le plomb, le cuivre, etc., le réduisent par voie sèc/le. Le mercure le réduit aussi, mais incomplètement. Le fer et le zinc le réduisent à sec à la température ordinaire ; l'arsenic, le plomb, le cuivre, l'antimoine, le mercure, Tétain et le bismuth le réduisent aussi à la température ordinaire, mais seulement lorsqu'on humecte le mélange avec de Peau : la réduction est beaucoup plus prompte quand on emploie de Tacide muriatique étendu , pour humecter , au lieu d'eau , et beaucoup plus prompte encore quand on emploie une dissolution de sel marin. Deux métaux alliés ou mélangés décomposent plus rapidement le chlorure d'argent que ne le ferait chacun d'eux en particulier ; cependant l'un dea deux seul est attaqué.
L'acide nitrique ne l'attaque pas sensiblement. L'acide muriatique concentré en dissout une petite quantité. L'acide sulfurique concentré et bouillant le décompose avec formation de sulfate; mais il faut traiter pltisieurs fois le résidu par cet acide pour que la décomposition soit complète. L'acide borique anhydre le décompose, maïs seulement lorsqu'il y a présence de vapeurs d'eau.
Les alcalis et les terres alcalines ne l'attaquent pas par voie Rumide ; mais ils le réduisent aisément par voie êèeâe ,
COMPOSÉS CBLORÉS. 675
avec dégagement de g«z oxigène. — Il se dissout très-facilement dans l'ammoniaque ; la liquearest incolore; lorsqu'on la laisse exposée à Tair, rammoniaque s'en dégage peu à peu , et le chlorure d'argent s'en sépare à l'état de pureté sous forme de petits cristaux cubiques ; quand on la fait évaporer à une douce chaleur elle fournit des écailles nacrées qui ressemblent à certaines variétés de chlorure d'argent natif; mais à la température de l'ébullition elle laisse déposer une combinaison fulminante. On en précipite tout le chlorure non altéré en la saturant par un acide quelconque. L'argent en est précipité à l'état métallique par beaucoup de métaux, entre autres par le cuivre et par le mercure; et a rétat de sulfure par l'hydrogène sulfuré et les sulfures alcalins. — Le chlorure d'argent se fond en toutes proportions avec la litharge; si l'on ajoute de la galène au mélange il est décomposé en totalité par le plomb qui se produit. Il se combine et il se fond en toutes proportions avec le sulfure d'argent, avec la galène , et probablement avec beaucoup d'autres sulfures.
Les chlorures de potassium ^ de sodium^ de barium ^ de strontium et de calcium en dissolution bouillante et concentrée, dissolvent une certaine quantité de chlorure d'argent. Il se forme des combinaisons qui sont susceptibles de cris- * talliser par refroidissement , n)ais que l'eau détruit complètement en séparant le chlorure d'argent à l'état de pureté. — Les carbonates alcalins décomposent le chlorure d'argent - tant par voie Humide que par rote sèche, — Le chlorure d'argent récemment préparé se dissout dans tous les hyposutfites solubles ; il y a combinaison. Il se fond avec le aei de phosphore. — Il peut se dissoudre en petite quantité par fusion dans le borax et dans les verres siliceux ; il rend ces matières opalines et susceptibles de se colorer à la lumière en rose , brun , etc., probablement parce que le chlorure d'argent y étant très-dissémioé , s'y dccompoise comme s'il était isolé.
€e chlorure est composé de :
Argent. . . 0,75S — 100 . p„
Chlore. . . 0,247 — »2,75 ^« ^'
ou , selon l'ancienne théorie, de :
Oxide d'argent. -. 0,80903 — 100 Acide niuriatique. 0,19097 — 28,6i
Le chlorure d'argent altéré par la lumière ne contient pas d'argent libre , comme on l'a cru ; aussi n'est-il pas attaquable par l'acide nitrique ; mais il renferme un êous-cfilorure que l'ammoniaque et le chlorure de sodium transfor-
610 AEGENT.
meut en argent méUllique et en chlorure. Cest epeore un nous-chlorure qui se foriBe quand ou laÎMe séjourner de l'argent dans une dissolution de chlorure de fer ou de ehlo- Ipure de «suivre.
Selon M. Cavalier , si après avoir dissous du chlorure d'argent blanc dans Pammoniaque on décompose ralcali par le chlore gazeux , le chlorure se dépose avec une cou» leur violette prononcée , mais sans que sa composition soit altérée; et si Ton redissout le chlorure violet dans ramqoo niaque et qu'on le précipite ensuite par Tacide nitrique il redevient blanc. M. Cavalier pense que la différence de couleur dépend d'un changement dans la disposition dei molécules élémentaires.
Câloraie, *— Le efUoratê d'argent cristallise en petits prismes carrés incolores. Il est soluble dans 10 à 12 p. d'eau. Le chlore en précipite tout l'argent, et il reste de l'acide chlorique libre.
Bromure. — Le hràmure est d'un jaune^fbncé pâle, fu* sible en une masse cornée, insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique , décoroposable en partie par l'acide sulfurique concentré et bouillant ; soluble dans l'ammoniaque, mais moins que le chlorure. — 11 est composé de :
Argent. . . . 0,689 Brème. . . . 0,4y
Brômaie, — Le hràmaie est blanc ^ pulvérulent et insoluble.
lodure, — Vwdure est blanc-jaunâtre , insoluble dans l'eau , décomposé par l'acide muriatique bouillant ; il exige S500 fois son poids d'ammoniaque pour se dissoudre. — Il est réduit par le fer , le zinc et l'étain ; mais les métaux qui ne décomposent pas l'eau sont sans action sur lui. — H se dissout en grande quantité dans l'iodure , de potassium et produit un iodure double cristallisable, fusible, mais que l'eau décompose complètement en en séparant l'iodure d'argent. Cet iodure contient 1 atome d'iodure d'argent et 2 atomes d'iodure de potassium. — Si l'on met en contact avec l'iodure de potassium un excès d'iodure d'argent, il se produit un autre composé qui contient deux fois autant d'iodure alcalin que le premier : il est soluble à chaud dans l'alcool , et cristallise par refroidissement.
L'iodure d'argent contient :
Iode. , . . 0,5321 ^» ^
' lodaie. — Vioddte est blanc , insoluble dans l'eau , soluble dans l'ammoniaque: lorsqu'on filtre la dissolution am*
AgBr»
COMPOSÉS METALLIQUES. 077
moniàoale avec de Tacide sulfuriqde il s'en précipite de riodare d*argent«
Fluorure, — Le fluorure est déliquescent.
FluO'Silicate. — Lefluo-silicate cristallise en petits grains blancs déliquescents. Un excès d'ammoniaque précipite du silicate d'argent de sa dissolution.
AiTicLB Vf. — Composés carbonés.
Carbonaie, — Le carbonate d'argent est blanc , pulvérulent, insoluble dans l'eau, très- facilement décomposable par la chaleur , soluble dans le carbonate d'ammoniaque.
Oxaiate, — Voxalate est blanc pulvérulent , insoluble dans l'eau , mais soluble dans l'acide nitrique.
Acétate, — Vacétate cristallise en petites aiguilles ; il est plus soluble à chaud qu'à froid. Lorsqu'on le chauffe graduellement il prend feu et laisse pour résidu do l'argent métallique. — Il est composé de :
Oxide d'argent. . . 0,6986 Acide acétique. • . 0,S004 Il ne contient pas d'eau.
On peut le préparer en mêlant ensemble une dissolution concentrée d'acétate de soude et une dissolution saturée de nitrate d'argent , et lavant le dépôt à l'eau froide , ou en décomposant le sulfate d'argent par l'acétate de plomb.
Succinate, -t. Le succinate cristallise en longs prismes raides.
Benzoate. — Le benzoate est soluble.
AKTtcu vit. — Composés métalliques.
S !•'. — Sels.
Chràmates* — l** Le chrômate d'argent , obtenu en précipitant le chrèmate dépotasse jaune parle nitrate d'argent, est rouge-pourpre lorsqu'il est préparé à froid , et rouge* brun lorsqu'il est préparé à chaud. Il est insoluble dans l'eau , mais très-soluble dans l'acide nitrique. L'acide mu* riatique le change immédiatement en chlorure d'argent et en acide chrômique : s'il n'y a pas excès d'acide muriatique l'acide chrômique retient en dissolution un peu de chrômate d'argent. — Au chalumeau il fond promptement et devient noir; puis au dard intérieur il se change en protoxide vert mêlé de globules d'argent métallique.
â» Quand on mêle du nitrate d'argent avec une dissolu'' tîoR de chrômate rouge de potasse il se fait un précipité cristallin rouge de carmin , qui doit être un chrômate acide ^
678 AB6EWT.
car loritqiie tous les sels alcalins ont éié enlevés par le fayagc ^ Teau pure se colore fortemenl ,• et dissout de Tacide chrômiqiie pur , en changeant peu à peu le dépôt en chrômate ordinaire.
80 En traitant le chrôinate d'argent par de rnoimontaque concentrée et chaude ^ et en quantité suffisante seulement pour opérer la dissolution , il se dépose peu à peu par le refroidissement des cristaui d*nn sel donhie qui est isomorphe avec les sulfate et séléitiate ammoniacaux ., et qui a la même composition atomique. —Ce sel est jaune; il se décompose prompteraent à Tair en perdant son ammoniaque, et devient rouge.
2 2. — Àlliageê.
Les ùiliages que formeTargent sont en très-grand nombre : nous allons examiner les principaux.
Chrome, — Il parait qu'il ne peut se former aucune combinaison entre Vargent et le chrême^ car lorsqu'on chauffe à ISQo ces deux métaux ensemble, quelle que soit la proportion de l'argent , on n'a qu'une masse dans laquelle ce dernier métal se trouve disséminé en grenailles.
Tunsgtène. — 27^^,03 d'argent. , 4-* — 0,82 argent
7,1^3 acide tungstique. I — 0,l8lungstènc
chauffés , dans un creuset brasqué^ à 150", ont donné un culot pesant 3^:^,80. Il était très-bien fondu ^ mais creux , et Tintérieur renfermait un grand nombre de petites grenailles isolées. La partie compacte était bien ductile, et l'on a pu la réduire au laminoir, en feuilles extrêmement minces. Ces feuilles ne présentaient aucune gerçure, on pouvait les plier sur elles-mêmes sans les rompre ; mais elles avaient plus d'élasticité et de raideur que l'argent , et elles étaient d'un blanc aussi éclatant.
Molybdène. — Un essai fait sur de petites quantités a fait voir que le molybdène se comporte avec l'argent de la même manière que le tungstène.
Manganèse. — On a chauffé à 160*, dans un creuset brasqué , le mélange suivant :
18^,5 argent fin en poudre 8,0 oxide rouge de manganèse pur 1 , 0 charbon 0 , 5 borax fondu
On a eu un culot métallique parfaitement fondu , enduit d'une légère pellicule de scorie vitreuse d'un vert-olive. L'alliage pesait 17^,90; il était par conséquent composé de:
ALLIAGES. r>79
Argent. . . 0,763 un peu moins de 1<" Manganèse. . 0,237 un peu plus de 1
Il était d*un blanc un peu gris ; il exhalait Todeur de Thydrogène sous TinsuiBatioD de Thaleine. Il était tenace et ductile ; il s'aplatissait sous le marteau avant de se rompre, et Ton a pu même le réduire en feuilles minces au laminoir ; mais ces feuilles étaient raides , el en les pliant sur ellesmêmes elles se brisaient ou se gerçaient. La cassure de l'ailiage était grenue et écailleuse.
Fer. — U argent et le fer ne peuvent pas former de véritables alliages. ( Voy. Fer. )
Cobalt. — Vargent et le cobalt n*ont guère plus de tendance à se combiner que Targent et le fer. Ayant chauffé de Targent avec le tiers de son poids de cobalt en poudre et du flux noir à GO*" p., on n*a obtenu que des grenailles disséminées dans une scorie. — On a recueilli le plus qu'on a pu de ces grenailles , et on les a fondues avec du borax , et de cette manière on a eu un culot métallique dont une partie était compacte et l'autre soorifbrme. La partie cc»mpacte était d'un blanc un peu gris , magnétique, ductile et susceptible d'être laminée ; mais les feuilles étaient gercées sur les bords et ne pouvaient être pliées sans se rompre. On y a trouvé par l'analyse 0,05 de cobalt. Il est probable que ce métal était simplement disséminé et retenu par adhérence dans Targent.
Nickel, — Vargent a une affinité sensiblement plus grande pour le nickel que pour le cobalt. En chauffant à GO*" p.
5^ d'argent en poudre 1 d'oxide do nickel pur 10 de flux noir
Te
on obtient un culot bien fondu , pesant 5^,78 , et qui par conséquent renferme tout le nickel employé, et est composé de :
Argent. . . 0,865
Nickel. . . 0,135
L'alliage est d'un blaoc un peu gris ; il prend un très-beau poli. Il est très-magnétique. Il passe bien au laminoir , et se réduit en feuilles très-minces, non gercées sur les bords, et qu'on peut plier plusieurs fois sur elles-mêmes sans les rompre , mais qui ont plus de raideur et moins de ténacité que l'argent pur. — L'alliage se détruit lorsqu'on le soumet à une très^forte chaleur; car ayant chauffé à ISO"", dans un creuset brasqué,
13^,501 d'argent en poudre 9 , 295 d*oxide de nickel pur
en A eu un culot bien fondu pesant 20^,85 , mais qui n'était pas homogène : en le frappant sons le marteau il s'est dil'isé en fragments , dont les uns avaient l'aspect de l'argent pur , et dont les autres étaient fj^ris et presque sans éclat. Les premiers étaient peu magnétiques et bien ductiles ; ils ne contenaient que quelques centièmes de nickel. Les seconds étaient fortement magnétiques, ils s'aplatissaient sous le choc du marteau ; mais en les sonmeltant à l'action du laminoir ils ne tardaient pas h se rompre : c'était du nickel contenant quelques centièmes d'argent.
Cuivre, — V argent et le cuivre s'ai lient facilement et eu toutes proportions ; on fait un très-grand usage de ces alliages dans les arts. — Us sont presque aussi ductiles que Fargent pur, cl ils ont plus de dureté et d'élasticité. Ils sont blancs , même lorsqu'ils renferment la moitié de leur poids de cuivre; mais leur couleur n'est jamais aussi belle que celle de l'argent pur ^ lors même qu'ils ne contiennent que quelques centièmes de cuivre. — Les titres des alliages autorisés en France par la loi sont les suivants :
Pour la monnaie d'argent. . . 0,100 de cuivre Pour la monnaie de billoii. . 0,800
Pour la vaisselle 0,050
Pour les bijoux 0,200
Pour la soudure 0,120 iî 0,330
Jars a remarqué que lorsqu'on coule un alliage de cuivre et d'argent dans une lingotière froide, le centre du lingot est moins riche que les parties qui tiennent à la lingotière , et l'on observe même que dans les alliages monétaires , les pièces ne sont pas exactement au même titre dans leurs différentes parties.
Quand on soumet ces alliages au grillage, le cuivre s'oxide et entraine avec lui une quantité très-notable d*oxidc d'argent. La même chose arrive lorsqu'on les traite par le nitre. — Quand on les fond avec une quantité de soufreinsuffisante pour sulfurer les deux métaux , il se produit on effet analogue: la plus grande partie du cuivre se sépare à l'état de sulfure, en entraînant avec elle une certaine qnan* tité de sulfure d'argent.
Pour donner aux objets fabriqués avec des alliages de cuivre et d'argent la même couleur et le mèioe éclat que s'ils étaient faits en argent pur , on enlève le cuivre qui se trouve dans lu partie superficielle et l'on polit ensuite. Pour
opérer cette séparation on chauffe au muge pendant quelques instants la pièce qu'on veut blanchir , et on la plonge encore chaude dans de Tacide sulfurtque étendu d'eau , ou dans de l'acide nitrique tellement Faible qu'il n'ait pas plua d'acidité que du jus de citron ; cet acide dissout Toxide de cuivre qui s'est formé par le grillage ; et la pièce se trouve, après ce traitement, recouverte d'une pellicule d'argent à peu près pur et mat.
Au lieu d'alliages de cuivre et d'argent, on se sert souvent d'objets en cuivre pur recouverts d'une couche mince d'argent ; c'est ce qu'on appelle V argenture ; dans ce cas il y a alliage seulement au contact des deux métaux. On suit un grand nombre de procédés pour argenter le cuivre : voici les principaux. — 1° On décape la pièce, d'abord en la frottant avec du sable et ensuite en la trempant dans de l'acide nitrique faible ; puis on la plonge dans une dissolution de nitrate de mercure qui la recouvre de mercure ; après cela on Penduît d'nmalgame d'argent, ou bien on la trempe dans du nitrate d'argent et on la chauffe. — 2** On plonge la pièce chaude dans de la crème de tartre pour la décaper, puis on la recouvre, avec un pinceau, d'un mélange humecté, d'argent en poudre, de sel marin , de sel ammoniac, de fiel de verre et de sublimé corrosif, et l'on chauffe. — 8" On décape ta pièce, on l'enduit do ^el marin, puis on la frotte avec un mélange de crème de tartre et de chlorure d'argent; mais de cette manière on ne produit qu'une argenture très-légère. — A° On précipite par le sel marin la dissolution de I once d'argent dans de l'acide nitrique; on mêle le précfpité avec 8 onces de sulfate de zinc , 8 onces de fiel do verre et 16 onces de sel jiminoniac , et Ton broie le tout avec de l'eau. On recouvre la pièce décapée d'nne couche plus ou moins épaisse de celte pâte à l'aide d'un pinceau ; on la fait chauffer, et on la plonge chaude dans une dissolution d'alun.
Le plaqué est d'un beaucoup meilleur usage que l'argenture; il consiste dans des feuilles de. cuivre sur lesquelIcK on soude par juxta-position des feuilles d'argent plus ou moins épaisses. E^our opérer ce soudage on chauffe le cuivre après l'avoir saupoudré do borax , etc.
Antimoine. — Vantimoine et Vargent ont beaucoup d'affinité l'un pour l'autre et se combinent en toutes proportions. Tes alliages sont d'autant moins blancs qu'ils renferment plus d'antimoine, ils sont toujours cassants : il ne faut même qu'une très-petite quantité d'antimoine pour aigrir l'argent. On trouve dans la nature deux antimoniures qui contiennent I atome d'antimoine pour 2 et pour 8 atomes d'argent. Ils sont presque aussi blancs que ce dernier métal. (Voy. Minéraux.) — L'antimoniare composé de :
ÀDtimoine. . 0,S45 — 2*" Argent. . • 0,455 — 1
est très- cassant, iRraelleax comme te régule d'antimoîne et plus gris. — Les antimoniures d*argenl sont très-fusibles et complètement décomposés par la coupellatîon ou par la fhsion avec le nitre ; Targent reste pur.
Étain,— Les alliages d'étain et d^argent ont a peu près' la même couleur que Targent pur : ils sont cassants ou demiductiles ; la plus petite trace d'étain aigrit Targent. En général ils sont durs ; celui qui contient 0,iO d*élain Test presque autant que le bronze. Ils sont très-oxidables. On peut en séparer Targent pur en les chauffant avec du sublimé corrosif : Tétain se volatilise à Tétat de per-chlorure. — L'alliage composé de :
Argent. . . 0,48 — W Étain. . . 0,62 — 2
se laisse aplatir sous le marteau et peut être réduit en feuilles minces au laminoir ; mais ces feuilles sont extrêmement frangées sur les bords , et elles se brisent au moindre effort qu'on fait pour les plier.
Zinc. — Les alliages de zinc et d'argent sont d*un blancbleuâtre, cassants, à cassure grrnue, quand ils ronliennent une grande proportion de zinc. Lorsqu'on les ehaufie assez fDrtement pour volatiliser le zinc, celui-ci entraine une certaine quantité d'argent ; quelques chimistes prétendent même que Falliage formé de 1 1 p. de zinc et 1 p. d'argent est complètement volatil.
Dans une expérience où Ton a chauffé à 60*'; 5^ d'argent en poudre 3 d'oxide de zinc 12 de flux noir
après que tout signe de volatilisation eut disparu , on a obtenu un culot pesant 1^,96 , dans lequel on a trouvé par r.nnaly8e
4^,76 d'argent. . 0,80 et 1 ,19 de zinc . . 0,20
Il s'ensuit que le zinc sublimé a entraîné avec lui 0^,24 d'argf^^nt, c'est-à-dire environ le sixième de son poids, et les 0^,05 de l'argent employé. L'alliage s'est réduit au laminoir en une feuille très-mince, raide, élastique, mais tenace et susceptible d'être pliëe plusieurs fois sur elle-même avant de se rompre.
Biêmutâ, — Les alliages de bismuth et d'argent sont cas-
sants et lamelleux ; on eo sépare aisément le bismuth par la coupellation.
L'alliage composé de :
Argent. . . 0,87 — 2<" Bismuth . . 0,S8 — 1
est d*un blanc qui s'approche beaucoup de la couleur de Targenl , mou , mais fragile : il s'aplatit un peu sous le marteau avant de se briser : sa cassure est cristalline et peu éclatante.
Plomh. — Une petite quantité de plomb diminue beaucoup la ductilité de VargenL Les alliages de ces deux métaux sont cependant ductiles. Ils sont plus fusibles que les métaux composants. On en sépare aiscmeut le plomb par la coupellation.
L'alliage composé de :
Argent. . 0,61 — 1«' Plomb .. 0,49 — I
se rapproche beaucoup plus du plomb que de l'argent par la couleur. Il est mou, bien ductile, et l'on peut le réduire en feuilles très-minces et très- flexibles au laminoir.
Mercure — Uorgent s'amalgame très-bien a?ec le fitereure lorsqu'on triture ces métaux ensemble à la température ordinaire ou mieux à une douce chaleur. La combinaison s'opère plus promptement encore en projetant de l'argent chauffé au rouge dans du mercure. — Les amalgames qui contiennent un excès de mercure sont liquides, mais moins que le mercure pur; en les comprimant dans une peau de chamois ou dans des vases de bois poreux , le mercure en excès s^écoule, et il reste un nmalgame mou comme de la cire et blanc comme de l'argent ; on s'en sert pour argenter les métaux. — Les amalgames d'argent sont facilement décomposés par la chaleur rouge : le mercure n'entraîne pas d'argent ; mais il parait que l'argent retient des traces de mercure qu'on ne peut pas lui enlever en le chauffant même très- fortement.
On obtient par voie humide un amalgame d'argent composé de petits grains cristallins groupés en forme de ramifications et qu'on nomme arbre de Diane , en procédant comme il suit : on mêle 3 p. d'une dissolution de nitrate d'argent saturé de métal, avec 2 p. d'une dissolution de nitrate de mercure également bien saturée de métal , et l'on place au fond du vase qui contient le mélange un amalgame fait avec 7 p. de mercure et 1 p. d'argent. Au bout de 48 heures tout l'argent est précipité à l'état d'amalgame solide: si l'on employait trop de mercure tout l'amalgame se dissoudrait dans le métal.
Or, — {Foy. oe qui esl relatif à ce métaL)
Platine, — Les alliages d'argent et de platine sont beaa« coup moins ductiles et moins blancs que Titrgent ; 0,07 de platine suffisent pour aigrir Fargent. Lorsque ce dernier métal domine dans Talliage on peut en séparer une partie par liquation. L*acide nitrique les attaque et dissout une quantité considérable de platine avec Targent. L*acide sulfurique concentré en sépare tout le platine à Tctàt métallique en dissolvant l'argent.
L'alliage composé de :
Argent. . . 675 — !«' — 0,«57 Platine. .. 1238 — 2 — 0,643
se fond à 150** en un culot qui s'aplatit sous le marlean , mais qui se brise quand on veut le passer au laminoir. Sa couleur est intermédiaire entre teWe du platine et celle de l'argent.
SECTION II
Minératia;*
La famille argent est assez considérable : on connaît ac-< tuellement les espèces suivantes :
Minéraux métalliques. — V argent natif ;
l"" Le sulfure nmpU ,
Minérauxsulfurés, séléniés et tellurés :
Minéraux arséniés.
Minéraux carbonés
Minéraux chlorés iodés :
et
^ Les sulfuresA doubles
cuttreus, antimùniaujfn ( araénicmux ,
(cuivre et antimoine^ plomb et antimoine^ »- 1.C9 i»u*,m,v3 plonib et bismultiples \ ^tiM,
jtluitfre , anti" f moine ei ar- \ senic;
4° Le séléniure simple^ 6° Le séléniure cuiereus^ ë* Le tellurure simple , 7* Les tellurures aurifères (voy. Or)',
— Varséniure;
— Le carbonate;
Le efilorure , L'tWwrey
Alliages.
ARGENT SULFURÉ. 68j
1" Les anltMoniures, X 2^ L'amalgame^ I 3« Les aurures. (Voy. Or.)
L'argent se Irouve en outre ipél^ngë en très -petite proportion, soit à Télot métallique, soit à rétatde sulfure, dans un grand nombre de minéraux métalliques ; savoir, les pyrites arsenicales, le mispickel, les cuivres gris, le bismuth et le mercure natif, la galène , le séléniure de plomb, et quelquefois, mais plus rarement, dans le cuivre pyrîteux , le sulfure d*antimoine et la blende.
Les minerais d^argcnt appartiennent en général aux terrains anciens. âiisprimUifs ou de transition : on le trouve en filons dans le gneiss, les schistes micacés , les schistes argileux, les calcaires intermédiaires et les porphyres; mais il pénètre jusque dans les terrains secondaires , car c'est dans le zechstein que s*expIoitent les minerais terreux qui partent le nom de pacos au Pérou : ils y existent en masses considérables entre les bancs calcaires.
ABTiCLB 1 ET II. — Argent natifs sulfuré, féiénié et tellure.
\. Argent natif, — l/argent natif sg trouve tantôt cria-? tallisé en cube , en octaèdre ou en hexaèdre ; tantôt en feuilles, en filets tortueux, en fils déliés ou en dendrites, et tantôt en masses amorphes. Il est presque toujours terne a la surface; mais il prend le blanc de Targent par la raclure.---^ Il accompagne qn grand nombre de minéraux métalliques ; mais il se trouve surtout en grande quantité dans les hydrates de fer quarzeux ou argileux qui constituent les mi* neraisquon nommepacoi au Pérou, et colorados au iVlexique. A Âllemonl et dans d'autres lieux ces minerais sont en inéme temps cobaltiques et nickellifôres. — L*argent natif fst rarement pur ; il renferme souvent du cuivre, et quelquefois de l'antimoine, de Tarsenic, etc.
B. Sulfure simple^ argent vitreux ^ glanters. ~t Ce sulfure est d'un gris de plomb foncé, terne à l'extérieur , éclatant dans les coupures. -^ Il cristallise en cube ou en octaèdre; niais il es^ le plus souvent amorphe ou filiforme; il jouit 4'Mn certain degré de malléabilité, et il est assez tendre pour qu'on puisse le couper au couteau.» Sa p. s. est de 7,196. — Au chalumeau ilfonddèsqu*il devient rouge, et il se ré* duit bientôt en argent pur. — Il est identique par sa composition avec le sulfure artificiel.
C. Sulfures doubles, — Le sulfure (Targentse trouve combiné avec les sulfures do cuivre, d'antimoine et d'arsenic.
\° Le sulfure cuivreux a été trouvé h Schiangenberg. —
6S6 ARGBffT.
Il esl d'un gris qai tient le milieu entre le gris de plomb et le noir de fer, avec une légère nuance de rouge de cuivre; sa cassure est conchoîde. S'i p. s. est de 6,255. — Au chalumeau, sur le charbon, il fond aisément, dégage de l'acide sulfureux, et se résout en une boule métallique grise et demi- ductile. — MM. Hausmano etStromeyer Tont trouvé composé de :
Sulfure d'argent. . 0,607
de cuivre. 0,S86
de fer. . 0,007
Cuivre.
Fer. .
SouFre.
composition qui correspond à la formule gu -(- Ag.
2*" On connaît trois espèces différentes composées de «u/fure (Targeni et de sulfure d'antimoine : on les confond ensemble sous le nom d'argent rouge- foncé ^ ou rotfigultigerz. Elles sont d'un rouge-foncé, translucides ou transparentes; elles ont un éclat à la fois diamantaire et métalloïde a la surface. Leur cassure est coucboïde. — Au chalumeau, dans le niatras, elles fondent sans s'altérer ; sur le charbon elles décrépilent un peu, fondent, brûlent, et répandent pendant quelques instants une fumée antimoniale: dans le tube ouvert elles fument beaucoup , répandent l'odeur de l'acide sulfureux , et dégagent une fumée antimoniale qui se dépose sur les parois du tube. Après quelque temps d'insufflalion il reste un bouton d'argent pur. — L'acide nitrique les attaque facilement ; l'acide muriatique ne les attaque pas, du moins lorsqu'il n'est pas très-concentré. — La potasse caustique les décompose en dissolvant la plus grande partie du sulfure d'antimoine, selon Proust. — Les trois espèces d'argent rouge anlimonial sont désignées , la première sous le nom de roncKgtwâcfis , la seconde sous le nom de sprod-^ glaserz^ et la troisième sous le nom de miargyrite : on verra plus loin quelle est leur composition.
8° he sulfure d'argent arsenical, argent rouge clair^rubin^ blende^ a absolument les mêmes caractères que le sprôdglaserz, et il cristallise aussi en prisme hexaèdre : il n'en diifere qu'en ce qu'il est d'un rouge plus clair. — Au chalumeau, dans les ma(ras, il fond et devient noir sans s'altérer; dans le tube ouvert il fond , fume un peu et dépose sur le verre des petits cristaux d'acide arsénieux : sur le charbon il met beaucoup de temps à se griller, et ne répand qu^une faible odeur arsenicale ; à l'aide d'un bon feu d'oxidation on obtient del'orgentpur; l'addition delà soude accélère sa réduction.— 11 est solubledans l'acide nitrique; Tacide muriatique ne l'attaque pas. — Lorsqu'on le traite par la p(»tasse caustique
ARGBIIT SULFURÉ.
toul le sulfure d'arsenic se dissout , et îl reste du sulfure d*argenl pur. — La couleur , la transparence et Taspect métallique de Vargent rouge ont fait croire pendant longtemps qu'il renfermait de Toxigène. Proust a combattu cette opinion il y a déjà longtemps (/oum. de Pây»,, T. LIX) , et M. Bonsdorfa prouvé qu'il n'en contient pas la moindre trace, en montrant que lorsqu'on le décompose par le gaz hydrogène il ne se forme pas d'eau, qu'il ne se dégage que du gaz hydrogène sulfuré , et que le rési lu est un antimoniure ou un arséiiiure d'argent pur. L'analyse a donné les résultats suivants :
Roielvgewaohi.
Argent. .
Antimoine.
Arsenic. .
Cuivre. .
Fer. . .
Soufre. .
Sulfure aQtimoQial.
SprAdgUter*.
Mi«rSTrite.
Sulfure ■rtenical,
(1) Rosc/igewAcfis de Sehemnitz en Hongrie. (M. H. Rose.) / // Sa formule est 6Ag -}- Sb.
(â) Sprôdgiaserz de Saxe. (M. Bonsdorf ) Sa p. s. est de