OU
l*ainidon le précipité est rouge et ne se forme qa'avec une ftertaine lenteur, k^ Le sulfure el le chlorure d'or appliqués en couche très -mince sur du verre donnent par la chaleur à ce verre une couleur rouge par transparence . el ua reflet jaune métallique par réflexion. S® Si l'on arrose on cristal d'acide onalique ou d'oialate d'ammoniaque avec une faible dissolution d'or le métal se réduit au bout d'un certain temps, et le cristal se colore en rouge. — L'or n'a ni odeur ni saveur. — On peut l'obtenir cristallisé en pjratnides quadrangulaires, et il existe dans la nature S4ms des forme!» diverses qui dérivent du cube. — Il est plus mou que l'argent C'est le plus malléable et le plus duetite de tous les métaux. Sa malléabilité est telle, qu'on peut en le battant le réduire en Feuilles de 0"*^. 00009 d'épaisseur, c'està-dire qu'il faudrait plus de dix millions de ces feuilles pour iaire l'épaisseur de i"*-. et qu'avec 0^.065 d'or oo pourrait ciHivrir une surface de S"**, 68. Sa dooiilité est si grande, qu'avec I grain on a pu tirer un fil de 500 pieds^ et que SU grains suffisent pour couvrir un fil d'argent de 200 ra^rin mètres de longueur. — La ténacité de l'or est moins grande que celle du fer, du cuivre, du platine et de l'argent : un fil de S'**'- de diamètre rompt sous un poids de 68*. Lorsqu*oa le bat ou qu'un l'étiré il perd de sa ténacité , et il acquiert en même temps de la raideur et de rélaoticité : nu lui rend ses propriétés premières par le recuit. Quand on le chauffe \ la température simplement suffisante pour le fondre , il devient toujours aigre ; il faut le chaufl^r fortement pour qu'il jouisse de toute sa ductilité. Il s aigrit aussi quand on le coule dans une lingotière froide. — L*or au titre de Paria se dilate de 0.00U66I = ôtt <^i> longueur, de O*" à fOO ; il se contracte beaucoufi plus que tous les autres métaux ea passant de l'état liquide à l'état solide. — Sa p. s. est de 19^258 lorsqu'il a été simplement fondu, et de I9,S67 lorsqu'il a été fortement écroui. Selon M. Berzélius, elle est de IMOà 19,60.
L'or entre en fusion à la température d«^ 82* p. ; tant qu'il est liquide il parait d'un vert bleuâtre clair. — Il est à peu près fixe à la température de nos fourneaux ; mais il se volatilise sensiblement lorsqu'on le chauffe à la flamme du chalumeau à gaz oxigène ou au loyer d'une Kirte lentille. — L'or très-divisé devient incandescent dans le gaz hydrogène à la température de 50"*
On connaît deux oxides d'or, et Ton soupçonne Texistence d'un troisième. — L'or ne s'oxi le dans l'air ni à la température ordinaire ni à la température de sa fusion : il s'en oxide une petite quantité lorsqu'on l'expose à la chaleur d'uue lentille. 11 se volatilise et brûle avi^c une flamme verte
quand c»ti Pexpose en feuilles excessivetnenl minces ou en fils très-déliés, à raciion d*une forte batterie électrique ou d*iiae fitle voltaîqtie très-puissante , arec contact de l'air, ou encore quand on le chauffe au chalumeau à gnt oxigène et hydrogène. Dans le vide, Tctinceile électrique le réduit en petites particules métalliques. Dans toutes ces circons*taures il se change en une substance d'un beau pourpre que Ton considère comme un oxide ; mais plusieurs savants croient que ce prétendu oxide pourpre n'est que de l'or métallique très-divisé. — Selon M. Buchner, eo chauffant de l'or métallique avec diverses substances oxigénëes ^ à la flamme extérieure d'un chalumeau à alcool , mais de manière à ne pas le fondre , il s'oxide et se combine avec ces substances ; mais on le ramène en loUilité à l'état métallique en chatiffunt jusqu'à fusion , avec do borax, les divers composés oxidés dans lesqueU il se trouve. H. Buchner a obtenu de cette manière des composés d'oxide d*or avec les alcalis, les terres alcalines ^ les oxides de plomb , d'antimoine , de bismuth , de zinc , d'étain , de cadmium , de manganèse , d'oraoe, de chrome et de silice. — L'or ne décompose jamais l'eau , même par l'intermédiaire des acides.
L'or n'est attaqué que par un très* petit nombre d'acides. — L'acide nitrique dont la force est inférieure à dS»^ n'agit nullement sur l'or ; de 82 à 35^ il l'altaqne à peine ; mais l'acide qui marque 35 h 40* l'attaque sensiblement, quoique feiblement , à la chaleur de l'ébullition. — L'acide nitreux attaque aussi un peu l'or. — L'acide sulfurique , même concentré et bouillant, ne l'attaque pas du tout. — L'ocide sélénique le dissout en se transformant en acide sélénieux. —.Selon Proust, l'acide muriatique très-concentré et bouillant dissout en petite quantité l'or amené à l'état de division extrême. — L'eau régale^ et le mélange d'acide nitrique et d'acide hydro-bromique ou d'acide bydriodique , le dis<aolvent avec une très-grande facilité , et le transforment en chlorure^ bromure et iodure. — L'or est dissous aussi par un mélange d'acide muriatique et d'acide sélénique, on d'acide muriatique et d'acide chrômique , et en général par tous les mélanges desquels il peut résulter du chlore. — Pour dissoudre l'or on se sert souvent dans les arts du mélange de 4 p. d'acide nitrique et de 1 p. de sel ammoniac : on peut remplacer le sel ammoniac par un autre chlorure alcalin , et Too peut employer également un mélange d'acide muriatique et d'un nitrate quelconque. — On cite aussi quelques acides organiques , tels que l'acide sébacique , etc. , qui ont de l'action sur l'or ; mais si cette action est réelle, il est certain qu'elle est très-faible.
Les alcalis n'attaquent l'or ni par voie humide ni par vote
êèohe , mais on a vu plus haut qu'à une cerlaioe temperature ils peuvent , ainsi que beaucoup d autres oxides , déterminer Tabsorption de Toxigène de Tair par lur.
Dans les circonstances ordinaires Tor n*est attaqué ni par le nitre ni par les chlorates alcalins; mais M. Tennant a fait voir que lorsqu'il est très-divisé il est sensiblement attaqué par le nitre , et qu'il se forme une combinaison d'oxide d'or et de potasse : lorsqu'on dissout cette combinaison, l'or s'en sépare en totalité à l'état métallique , parce que Toxide est réduit par le nitrite alcalin que contient toujours le mélange.
Quand on chauffe de l'or dans de la poussière de charboa il acquiert une très-belle couleur jaune à sa surface ; mais on ignore s'il se forme un carbure. — Le soufre et le sélénium n'ont absolument aucune action sur l'or, même à l'aide de la chaleur. Les vapeurs d'hydrogène sulfuré ne le ternissent pas ; mais les per-sulftires alcalins le transforment aisément en sulfure, qu'ils retiennent en combinaison, soit par voie Humide , soit par voie sècKe. — Le phosphore et l'arsenic se combinent directement avec l'or à l'aide de la chaleur. — Le chlore gazeux attaque l'or à l'aide de la chaleur. Le chlore liquide le dissout : la dissolution a lieu très facilement lorsqu'on fait passer un courant de chlore dans de l'eau qui tient en suspension de l'or très-divisé. — Le brome dissout bien Tor. — L'iode n'a pas d'action sensible sur lui et ternit seulement sa surface ; mais Facide hydriodîqne ioduré le dissout. — L'or peut s'allieir avec un très-grand nombre de métaux.
Le poids de son atome est de 1243,018 Au.
L'or doit être placé au rang des métaux électro-négatifs ; et quoique l'argent , a cause de sa beauté , de son inaltérabilité, de sa ductilité et de sa grande valeur, lui soit souvent comparé , on doit reconnaître que parmi les corps simples connus il n*en est pas qui diffèrent plus l'un de l'autre par fenseroble de leurs propriétés.
ARTicLB II. — Composés oœigénés* § !«'. — Oxides,
Les oxiden d'or sont complètement réduits par la chaleur rouge. La lumière solaire les réduit aussi à l'aide du temps.
1° Le protoxide est d'un vert-foncé. 11 n'<»8t pas permanent , et il se décompose spontanément en or métallique et en per-oxide. Les acides lui font éprouver la même décomposition y en sorle qu*il ne peut former aucun sel. — Il est composé , scion M. Berzélius , de :
COMPOSÉS OXIGâNltS. 741
Or. . . 0,9613 — 100 :
Oxigène. 0,0887 — 40,22 ^^ Il est très-difficile de Tavoir pur : on Tobtient en décomposant à froid les proto-chlorures par un alcali fixe en dissolution un peu étendue.
2** Le per-oxide est noir ; son hydrate est d*un jaune-rou> geatre. Il a une saveur styptique et métallique. — La chaleur en expulse aisément roxigène, et il est si focilemenl réductible par les combustibles , que lorsqu'on le dessèche à proximité de charbon en combustion , le gaz oxide de carbone qui se dégage lui enlève de Toxigène. — Il donne avec Fiode un mélange d'or métallique et d'iodate d*oxide. — M. Pelletier a prouvé que cet oxide ne peut pas former de véritables sels avec les acides, et qu'au contraire il se combine avec toutes les bases : c'est donc un véritable acide. Parmi les acides oxigéncs il n'y a que les acides nitrique , sulfurique et acétique qui aient la faculté de dissoudre le per-oxide d'or ; mais l'eau le précipite complètement de ces dissolutions, soit à l'élat d'oxide, soit à l'état métallique. L'acide nitrique ne dissout le per-oxide d'or qu'à l'étal de concentnition : la dissolution est d^un brun-jaunâtre ; elle laisse déposer de l'oxide d'or par l'évaporation ; et si Ton pousse celle-ci jusqu'à dessiccation , il reste un mélange d'or et d'oxide. L^acide sulfurique dissout moins bien i'oxide d'or que Tacide nitrique. L'acide acétique n*en dissout qu'une très-petite quantité. Les autres acides organiques le réduisent : il n'y a dégagement de gaz carbonique qu'avec l'acide oxalique. — Les acides hydro-chlorique^ bydro- 'bromique et hydriodique le dissolventen le transformant en chlorure, bromure et iodure. — Le per-oxide d'or récemment préparé , et mieux encore son hydrate , se dissolvent dans les alcalis fixes caustiques. — Il forme avec l'ammoniaque un composé fulrainaut qui est probablement un azolure métallique. — A l'état naissant l'oxide et Phydrate d'or se combinent aussi avec la baryte^ la magnésie, etaveo un grand nombre d'oxides métalliques , et constituent des aurates, — L'oxide d'or se dissout sensiblement dans les chlorures de potassium , de sodium et de barium j les liqueurs deviennent alcalines. — 11 se combine avec les substances vitreuses et avec le borax , et il colore ces substances en un très-beau jaune. — Il est composé de :
Or. . . 0,8928 — 100 i'â Oxigène . 0,1077 — 12,07
D'aprèsM. Pelletier, le meilleur moyen de préparer Toxide d'or et son hydrate consiste à faire chauffer de la magnésie ou de Toxide de zinc en excès avec une dissolution de per-
chlorure d*or, et à laver le dé|i6l avec dr* Tacide nîfrîque ^ qai décompose l'aurate forme. Qoand on emploie Tacide concentré Ton a le per-oxide ; quand i'acide est étendu Ton obtient Thydrate.
3® M. fierzélius prdsunie que le précipité pourpre de Ca9tiu8 contient un ovide d'or intermédiaire outre cpuk que noua venons de décrire, et qui renferme deux fois autant d*oxigène que le protoxîde.
S 2. — Aurateê,
Les dissolutions d*atira/0« sont II peu près incolores ; elles deviennent jaunes par l'addition d'un acide. — Les acides oxigcoés y forment des précipités d'hydrale ou de per-oxidf*, floconneux , d'un violet plus ou moins foncé , et qui passent luème au noir, selon que les dissolutions sont plus ou moins roncentrées. L'acide n>uriatique les décompose en formant un chlorure d'or : il en est de même des autres acides lorsqu'il y a présence d'un chlorure soluble quelconque. — Le proto-sulfale de fer et l'acide oxalique en précipitent l'or à l'état métallique.
Wauraie de poia$*e, Vauraie de $oude et Vaurate de baryte sont trcs-solubles dans l'eau ; les dissolutions sont incolores et ont la réaction alcaline. Quand on évnpore à siocité une dissolutioi d*(iurate de baryte , il se fait un dépôt pulvérulent de couleur vioK tte , qui est un mélange d'oxide d'or et de carbonate de baryte.
Vaurate de magnènie est peu soluble dans l'eau pure et sensiblement plus soluble dans l'eau chargée de chlorure de magnésium ; à l'état solide il est aisément décomposé par l'acide nitrique, et il donne du per-oxide ou de l'hydrate de per-oxide d'or très-purs, selon qu'on emploie l'acide concentré ou étendu d'eau.
Pourpre de Cassim. — On appelle pourpre de Casetus le précipité d'un rouge pourpre qui se forme lorsqu'on mêle , dans des circonstances convenables , une dissolution d'or avec une dissolution de chlorure d'étain. On a beaucoup discuté sur la nature de cette substance , et cependant le sujet n'est pas encore tout à fait ét^lairci. Proust pensait que le précipité pourpre est un mélange d'or et d'étain métallique , l'un et Tautre très-divisés, et de deutoxide d'étain. A. Berzélius croit que c'est un mélange variable d'alliage d*or et d'étain, de deutoxide d'étain, d'un composé de protoxide d'étain avec un oxide d'or intermédiaire entre les deux oxides d'or eonnus. M. Robiquet est aussi d'opinion que l'or s'y trouve à Totat d'oxide ; mais , selon M. Buisson , le pourpre ne serait jamais qu'un mélange de deutoxide d'étaÎD et d or métallique dans un état de division extrême.
COMPOSÉS OXlGÉnfs. 74.1
Le pri^cipit^ ponrpri» relient de IVan à une tenîperatnré un peu supérieure à 100*« Pur <!alcinatmd il abMndonne cette eau MHft qo*il se dégage la plus petite traue d*oxigène ; il prend une c<iuicur briqut^tée, et Tor 7 est Hlors à Ttitiit m^-^ tallique ; d*où plusieurs savants induisent qu'à Taide de U chaleur Toxide d or réagit sur le prototide d'étain. — Le pourpre non calf*inë est décomposé par l'acide hydro-chlorîque concentré , qui dissout Toaide d'étain et Jaisse tout l'or à IVtat métallique, et sans qu'il se dégage de chlore. Quand il a été calciné il n'est plus attaqué par racyje niuriatique : mais l'eau régale en sépare tout l'or sans dissoudre roxided'étain. — L'ammoniaque dissout le pourpre humide : il en résulte un liquide d'un rouge-foncé d'où le pourpre se précipite h l'état de gelée par Tévaporation spontanée de rammoniaque, — Selon M, Buisson . en broyant le pourpre non calciné avec du mercure , tout Tor s'amalgame, et il reste de Toxide d'étaiu pur.
Il est difficile d'obtenir un très-beau pourpre* Le prutochlorure d'étain pur et le plus neutre possible , mêlé avtc une dissolution dor neutre, ue produit jamais de précipité rouge ; le dépôt qui se ftirrae est marron, ou brun, ou bleu, ou vert, ou même métallique, selon le degré de concentration des liqueurs. Le deuto-chlorure d'étain ne troublu pas la dissolution d*or ; m^iis le mélange des deux chlorures donne des précipités de couleur pourpre quand ils sont employés en de certaines proportituis ^ et qu'il*» sont convenablement étendus d'eau. Les liqueurs les plus étendues donnent le pourpre Je la nuahce lu moins foncée. Selon M. Oberkampf celte nuance tire d'autant plus sur le violet que la proportion du chlorure d'étain est plus considérable relativement à celle du chlorure d*or; et lorsque l'or domine^ la couleur tire plus ou moins sur le rose. — M Buisson donne le procédé suivant comme le meilleur qu'on puisse suivre pour obtenir de très-beau pourpre. On fait une dissolution neutre de proto-chlorure d'etain avec 1 p. de ce métal en grenailles , et de l'acide niurialique. D'une autre part on dissout 2 p. d'étain dans une eau régale composée de 8 p. d'acide nitrique et 1 p. d'acide muriatique , et de manière à ce que la dissolution soit neutre. ËnGn on dissout à chaud 7 p. d'or dans une quantité strictement suffisante d'une eau régale composée de 1 p. d'aride nitrique et de 6 p. d'acide muriatique. On étend la dissolution d'or de S j litres d'eau: on y mêle le deuto-chlorure d'étain , et l'on y ajoute goutte à goutte le proto- chlorure, jusqu'à ce que le précipité ait la nuance désirée : un excès de proto-chlorure brunit le précipité ; un excès de deuto-chlorure le fait au contraire passer au violet. On le lave le plus promptement
possible pour qu'il ne s'altère pas. — U se forme da précipité pourpre quand on se sert de proto-chlorure d'ëtaîn qui est resté pendant quelque temps exposé- à Tair, parce qu'alors il y a absorption d'oxigène et production de deutuxide d'étain. Le même effet a lieu lorsque avec du proto-chlorure d*étain pur on emploie une dissolution acide d*or faite par l'eau régale, à cause de la réaction que Tacide nitrique exerce sur le proto-chlorure.
M. Buisson a trouvé dans un échantillon de pourpre qu'il avait prégaré :
Or métallique. . 0,285
Deutoxide d'étain. 0.659
Chlore .... 0,052
mais il a constaté qu'en lavant ce précipité a grande eau l'on peut en séparer tout le chlore. Ce savant pense que quand on mêle du chlorure d'ur à un mélange des deux chlorures d*étain , l'or étant amené à l'état métallique , il se forme de l'oxi-chlorure d'étain qui entraîne le deutochlorure , et qu'ainsi Tor se trouve dans un état de division extrême, il assure avoir constaté que l'oxi-chlorure d*élain entraine effectivement le deuto*chlorure, même en l'absence de l'or.
M. Oberkampf a trouvé
Dani le pourpre rioleif Dans le pourpre elair ,
Or 0,898 — 0,795
Oxide d'étain. . 0,602 — 0,205
M. Berzélius a obtenu par l'analyse d'un pourpre de belle nuance.
Or. 0,2835
Deutoxide d'éUin. 0,6400 Eau 0,0765
mais selon lui l'or y est oxidé , et l'étain , partie à l'état de protoxîde et partie à l'état de deutoxide.
M. Mercadier a remarqué que lorsqu'on traite par l'acide nitrique de l'argent contenant de l'or et de l'étain , il retle du pourpre de Cassius , et que , d'après son poids , on doit admettre que l'or et Tétain se trouvent l'un et l'autre dans cette substance à l'état de per-K)xide. Mais M. Gay-Lussac ayant répété l'expérience, a trouvé an contraire que d'après le poids de pourpre obtenu , on doit admettre que celui-ci contient l'or à l'état métallique.
On fait un très-grand usage du précipité pourpre pour colorer les verres et les émaux en pourpre. Il arrive quelquefois que la couleur disparaît par la fu&ton j mais elle renaît par le contact de la flamme fumante des matières combustibles. En mélangeant le précipité pourpre avec de
I cnaleur i
COMPOSÉS SULFURÉS. 745
Foxide d*argeat on doiioe aux verres une couleur cramoisie. L'oxide d*antitnoine employé en remplacement de Toxîde d'argent produit le brun-foncé.
On peut obtenir un précipité semblable pour la couleur au pourpre de Cassius en mêlant une dissolution de chlorure d'or avec du proto-nitrate d'étain , du chlorure d'antimoine ou du bismuth , ou même du proto-sulfate^de fer.
ARTICLE m. — Composés suifurés et teljâ
Sulfures. — 11 y a deux sulfures d'or qui H^jiondent aux oxides. Ils sont complètement réduits à la cnaleur rouge faible.
1" Le proto'sulfure est d'un brun- foncé presque noir. — On l'obtient en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré dans une dissolution bourllanle de chlorure d'or : il se forme en même temps de l'eau et de l'acide sulfurique. — Ce sulfure doit être composé de :
Or 0,9281 — 100 i
Soufre. • . . 0,0749 — 8,9 *"
2^ Le deuto-sulfure est floconneux , d'un jaune-foncé , et devient brun par la dessiccation. «— Il se dissout dans les sulfures alcalins et chasse l'hydrogène sulfuré des hydro-^ sulfates ; les dissolutions sont d'un jaune-rougeÀtre ; les acides en précipitent le sulfure d'or. — Le sulfure est décomposé par les solutions bouillantes de potasse et de soude caustiques, il reste de l'or métallique pur et il se forme une dissolution de sulfure double et d'hypo-suIGte alcalin. — D'après les expériences de M. Oberkampf le deulo-sulfure d'or est composé de :
Or 0,80^7 — 100 X
Soufre. . . . 0,1953 — 27,27 '^"
on l'obtient en précipitant à froid une dissolution d'or étendue par l'hydrogène sulfuré , ou en chauJBPant de l'or en excès avec du soufre et du carbonate de potasse ou de soude , lavant dans l'eau et saturant avec un oxide.
Tellurure. — L'or parait avoir une grande affinité pour le tellure. Il est précipité de ses dissolutions par l'hydrogène tellure. — Il y a dans la nature deux tellurures d'or qui sont combinés avec d'autres tellurures; l'un correspond à foxide, et contient :
Or. . . . 0,5072 - 100 ...
Tellure. . . 0,4928 — 97,5 '^" **
et l'autre renferme deux fois autant de tellure ou
Or. . . . 0,338 - 100 . . « . Tellure. . . 0,663 - 195 ^" ^"^
ARTICLE IV. — Composés phosphores y arséniés el azotés,
P^ù*p/iine. — On obtient l6 pfiosptiure d*or en Faînaiit pasî^ejyJe Thydrogène phosphore en etcèé dans un^ dissolutîmi flV|: tl se précipite d'abord de Tor inétnHiqiie , maiâ qiù M^Wh<3 ensuite le phosphore du gaz phosphore. — Le fjhoâj^Hj^âi noir et sans éclat métallique. Il est plus fu- «rble n^^B^* et quand il a été fondu il estd*un blanc-gribAtre^ ^^^Hn, cassant et à cassure grenue. )l se déoouipone ai^émeri^^^a chaleur , par le grillage et par le nitre. Le soufre en sépare le phosphore à Télat de sulfure. Il précipite For de ses dissolutions comme le phosphore pur.
Arséniure. — \Jarsèniure tTor ^ préparé en exposant de Tor è la vapeur de Tarsenic est blanc et irès-cassant. Lor chauffé avec Tarsenic en retient de un soixantième à un huit-centième , et devient cassant. Il est très-difficile d'en séparer les dernières portions d'arsenic même par une forte chaleur.
Or fulminant, — Il y a deux espères à* or fulminant. On les a pendant longtemps considérées Tune et TMoire comme dejï composés d\)xide d*or et d'ammoniaque; mais plusieurs chimistes soupçonnaient qu'elles ne renfermaient pasd'ozigène, et M. Dumàs a prouvé qu'elles sont essentiellement formées d'azoture d'or et d'amitiouiaqur.
1° La première espèce d'or fulminant s'obtient en faisant digérer de l'oxide d'or dans de l'ammoniaque ou dans du sulfate d*ammoniaque. — Elle est d'une couleur foncée ou grise. Elle se décompose avec explosion soit par une chaleur très-peu plus élevée que celle de rébullition de l'eau , soit par le choc, soit même par le plus léger frottement ; il se dégage de Tammimiaque^ de Teau et de Tazote^ et l'or reste à l'état métallique. On peut la décomposer sans danger en la chauffant avec dix fois son poids de soufre, ou avec vingt à trente fois son poids de deotoxide de cuivre ou de massicot. ~ Elle contient , selon M. Dumas :
Or 0,7760 — 2"'
Azote 0,0556 — 2
Ammoniaque. . . . 0,0665 -^ 3
Eau 0,1125 — 8
S® Vor fulminant de la seconde espèce se prépare en décomposant le chlorure d'or par l'ammoniaque faible en excè». Il est d'un jaune-foncé. — Il détone violemment à la température de 148** ; mais si on le chauffe graduellenient , ei pendant un certain temps , jusqu'à 130°, il ne détone plus qu*à 150^ et même 160**. et si l'action de la chaleur a été
GOVPOSJEs GHLOnâs. « 747
Ifmgteiiips prolongée il ne détone pas même an rouge.— II esl composé , selon M. Dumas , de :
Or 0,7860 — 6«'
Chlore 0,0430 — 2
Aiiote 0,1040 — 4
Ammoniaque. . . . 0.0842 — 8
Eau 0,1021 - 9
Sa formule est (Au* Az* + A«* H'*) + (Au» €1»+ Kz*
H**) 4^ 91Î' Quand on le lave pendant longtemps avec de Feau bouillante il se fi»rme de Thydro -chlorate d*ammoniaque , et il reste un sou8-az<»ture ammoniacal dont la formule est Au^ Az^ -[- Az' H^. — On peut décomposer les or« fulminants sans détonation en les faisant digérer avec du fer, du zinc ou du mercure, dans de l'acide hydrochlorique étendu.
ABTICLI v, — Composés chlorés , brôtnés et iodés.
Chlorures, — 1* Le proto -chlorure est d'un jaune pâle. — La chaleur le réduit très-aisément. ~ L'eau ne Taltère pas \ froid ou dans Tobscurité ; mais au contact de la lumière ou à Taide de la chaleur elle le change en or métallique et en deoto-chlorure. — Les acides oxigéncs , saturés d'oxigène produisent le même effet : les deux tiers de 1 or se séparent à Tétat métallique. — Les alcalis en dissolutions étendues le décomposent totalement et le changent en protoxide. — On Toblient en chauffant avec précaution du dcuto-chlorure d*or à la température de 200 à 2^0" jusqu'à ce quMI ne se dégage plus de chlore , puis lavant le résidu avec de IVau froide dans robscurité pour enlever la portion de per-chlorure qui a pu résister à la décomposition. — Il doit contenir :
Or. , . . 0,9151 — 100 i ^,
Chlore. . . 0,0849 - 17,8 '^^ ^
2° Le per-chlorure est d*un rouge-brun très-foncé ^ déliquescent 9 incristallisable , Irés-soluble dans IVau et dans Falcool, qu*il colore en rouge de rubis. Desséché il est anhydre. — La chaleur le réduit aisément en le faisant passer à Tétai de proto-chlorure. La lumière solaire le réduit aussi au bout d*uD certain temps. — Lorsqu'un l'agite avec Tclher il se dissout , et la liqueur se partage |»ar le repos en deux partie». Tune inférieure incolore, qui n'est que l'eau chargée d'acide hydro-chlurique , et l'autre d'un beau jaune qui surnage , et qui contient tout l'or. — On ne connaît pas bien sa nature. On employait autrefois cette dissolution Jaune dans la médecine ^ sous le nom d*or potable. Elle est extrêmement caustique. Elle se décompose spontanément ,
748 on.
et au bout d*un certain temps presque (out l'ur s'en sépare à Télat métallique sous forme de petits cristaux brillants. — Quand on chaulSeune dissolution de per-chlorure d'or avec de Tacide sulfurique , de l'acide phosphorique ou de l'acide arsénique^ au moment où la température approche de 150^ il se dégage du chlore ^ et il se dépose du proto-chlorure d'or mélangé d or métallique. Ces acides n'agissent qu'en ce qu'ils permettent à la liqueur de prendre une température élevée ; aussi les acides très-volatiis n'agissent-ils sur le chlorure d'or que comme l'eau pure. Les acides acétique, citrique et tartrique ne le réduisent pas. L'acide oxalique le réduit en quelques jours. Les acétates , citrates et tartraies le réduisent ^ mais très-lentement. L'oxalate acide de potasse le réduit en moins de vingt-quatre heures , et l'oxalate neutre en quelques heures seulement ; la réduction a lieu avec dégagement de gaz acide carbonique.
Le per-chlorure d'or forme avec l'acide hydro-chlorique une combinaison que l'on considère soit comme un hydrochlorate de chlorure , soit comme un chlorure double dor H d'hydrogène. C'est ce qu'on nommait autrefois le murtaie acide. — Cette combinaison est d'un beau jaune d'or ; elle est moins soluble dans l'eau que la chlorure , et elle cristallise aisément par refroidissement en aiguilles ou en petits prismes allongés. — Lorsqu'on la soumet à l'action de la chaleur il s'en dégage d'abord de l'acide hydro-chloriqne , puis un mélange de cet acide et de chlore, et il reste da per-chlorure mêlé de proto-chlorure.
Le per-chlorure d'or a grande tendance à se combiner avec le chlorure de potassium , avec le chlorure de sodium, et avec la plupart des autres chlorures. Ces combinaisons se produisent dès que les chlorures se trouvent ensemble dans une même dissolution. Cette propriété explique le» phénomènes qui ont lieu quand on traite le chlorure d'or par les bases.
La potasse et la soude caustiques décomposent les dissolutions de ce chlorure; il se fait un précipité pulvérulent noirâtre d'autant moins abondant qu'on emploie plus d'alcali^ et qui ne s'élève jamais à plus d'un dixième de la quantité d'or contenue dans la dissolution. Ce précipité est de l'oxide anhydre qui retient un peu de potasse. La liqueur surnageante est à peine colorée en jaune-verd&tre : elle tient en dissolution un mélange de chlorure double et d'aurate de potasse. En la saturant d'un acide elle redevient jaune , et l'addition d'un alcali peut ensuite en précipiter une certaine quantité d'or.
La baryte caustique précipite la plus grande partie de Tur de la dissolution du per-chlorure ; cependant la liqueur
COMPOSÉS CHLORÉS. 749
relient une petite quantité d*aurate de baryte. Le dépôt est de Taurate de baryte mélo de chlorure. Si Ton n*a pas employé un grand excès de la terre alcaline ]*acide nitrique décompose ce dépôt et le change en hydrate de per-oxide gélatineux et qui reste «longtemps en suspension dans la liqueur ; mais cet hydrate est presque toujours mélangé d'un peu de baryte et d*un peu d'or métallique.
Lorsqu'on chauffe une dissolution de chlorure d'or avec de la magnésie sans excès il se précipite de l'hydrate d'or imprégné de chlorure d'or et de magnésie : et la liqueur, qui est d'un jauue-brunàtre ^ contient encore du chlorure d'or ; mais quand on met un excès de magnésie , le préci- • pité est de Faurate de magnésie sans chlorure de magnésium , et la liqueur retient en dissolution un peu d'aurate de magnésie. — L'oxide de zinc^se comporte avec le chlorure d'or comme la magnésie. — Ainsi les bases salifiables oxident For pour s'emparer du chlore avec lequel il est combiné , et si elles sont en quantité suffisante elles s'unissent avec l'oxide formé. — L'ammoniaque précipite des dissolutions de chlorure d'or de l'or fulminant en poudre jaune. — Les carbonates alcalins se comportent comme les alcalis caustiques avec le chlorure d'or.
Le sulfate et le nitrate d'argent le décomposent instantanément : il se fait un précipité brunâtre , et la liqueur ne retient que de l'acide sulfurique ou de l'acide nitrique , si l^on n'a pas employé un excès de sel d'argent. Le précipité est. un mélange de chlorure d'argent et d'oxide d'or dont on peut séparer celui-ci au moyen de l'acide muriatique, qui le dissout très-facilement.
Le nitrate de plomb le décompose absolument comme le nitrate d'argent. £n soumettant le précipité à la coupellation on a de l'or purl ^=. Le proto- nitrate de mercure y forme un précipité gris-bleu composé, selon M. Fischer, de deutoxide de mercure et de sous-oxide d'or, et inattaquable à froid par l'acide muriatique»
Le per-chlorure d'or est composé de :
Or. ... 0,65185 — 100 j, , ri3 Chlore. . . 0,84817 — 53,41 ^" ^*
On se sert de la dissolution d'or dans l'eau régale pour dorer les métaux en les frottant avQc un bouchon imbibé de cette dissolution. On l'emploie aussi pour préparer l'or divisé, le précipité pourpre, l'oxide d'or, etc.
L'or est précipité à l'état métallique de ses dissolutions , par un grand nombre de corps; savoir, le gaz hydrogène (In liqueur devient d'abord pourpre), le charbon, le phosphore, lazote , le deutoxide d'azole, la plupart des substances végétales et animales, la plupart des métaux, les acides sulfureux, phosphoreux et nitreux, les sulfites et les
750 Ott.
pho5f)hitP9, Irv sein (ifprotoxide de mercure et les sels de proti»iKide de fer. — La noix de gaile colore d'abord la disjiolulion en vert; mais cette couleur disparaît peu à peu â mesure que le précipité se forme. — Avec les sels de prot* oxide de mercure le dép^t est mêlé de protu -chlorure de mercure qu'on peut en séparer par la chaleur. — Avec les sels de protoxide de fer, le précipité est pur si la liqueur est maintenue acide. C'est par le moyen du proto-sulfate de fer qu\>u prépare ce qu'on appelle l'or dirisé^ qu*on applique sur les émaux en le mêlant avec un fondant. Quand la dissolution est concentrée, et qn\m emploie nn excès de sel de fer, la liqueur devient d'abord d*un beau vert; puis à mesure que le précipité se forme elle passe au bleu, et elle finit par se déoolorer tout à fait; lorsqu'au contraire la dissolution est étendue, l'addition dé sulfate de fer la fait devenir s>ur-le-champ d\in bleu indigo, puis elle se décolore peu à peu. L'or précipité est sous la forme d'une pondre rougeâtre matte qui prend de l'éclat par le frottement. — L'étnin et le proto-chlorure dVtain forment dans les dissolutions d'or des précipités bruns ou pourpres dont la nuance varie, et qui sont connus sous le nom âe pourpre de Canêiu», — Le gaz hydrogène sulfuré précipite l'or à l'état de sulfure noir; les hydro-sulfates produisent le même effet et redi.ssolvent le précipité lorsqu'on les emploie en excès. — l/hydrogène phosf»horé fait passer les dissolutions au pourpre, et en précipite ensuite l'or à l'état métallique si le gaz est employé en quantité insuffisante pour opérer une précipitation complète, et à l'état de phosphore noir s*il est ?^ employé en excès. — L'acide hydriodiqne et les hydrio-
- \ dates colorent les dissolutions d'or en noir et en précipitent « , \ du pr«>to-iodure vert jaunâtre. — Le prussiate jaune les co- % lore en vert émeraude. Le prussiate ronge ne les précipite
.' 4 f^^^* "^ ^^* dissolutions d'or colorent la peau et toutes les substances organiques en poudre.
Les cfilorures doublée d'or et d*alcaU sont d'un jaune d'or pâle , solubles et rristnllisables. Leurs dissolutions ne sont pas troublées par les alcalis. — Exposés à l'action de la chaleur, ils abandonnent d'abord de l'eau, bientôt après ils se fondent en un liquide rouge-brun foncé, et ils ne commencent h se décomposer qu à la température à laquelle le verre se ramollit.
Le cHlorure d'or et de potansium cristallise en prismes quadrangulaires allongés ou en tables hexagonales, transparents. Les cristaux s'effleurissent dans l'air sec , et perdent leur eau a 10'^". Le sel efBeuri se fond à une chaleur faible , abandonne du chlore, et se change en un chlorure double KKI -f- A"6l <!"« l'^fl" «* Tacide muriatique séparent deTor,
COMPOSÉS CHLORÉS. 751
— Le <:hlorure double oeutre a pour formule Kgi ^ A*i€l^ -{~ ^H» selon M. Berzëlîu9, et est composé de : Chlorure de potassium* 0,17560
Or 0,46827
Chlore 0,28014
Eau 0,10593
Le cfilorure dor et de $odium cristallise aussi en prismes qnadrangulaires allongés, d*un jaune orange, inaltérables à Tair. Il est plus soluble à chaud qu*à froid. II ne peut abandonner son eau sans perdre du chli>re. — Selon M» Berzé-
lius, sa formule ost Na£l -f' Au c*^ + 4", et il contient :
Chlorure de sodium. 0, 1 4680
Or 0,26675
Chlore 0,4954.5
Eau 0,09000
et il est composé , selon IVI. Figuier, de :
Per-chlorure d'or. , . 0,700 -— 1'" Chlorure de sodium. . 0,184 — 1 Eau 0,166 — 8
Le c^/oro-aura/ocfeiba/'/tiin est jaune et cristalliseen prismes rhomboédriques aplatis de 105", déliquescents.
Le câloro-aurate de strontium est semblable au précédent, mais non déliquescent.
Le cliloro-aurate de calcium cristallise en longs prismes rhomboîdaux aciculaires, un peu déliquescents. — Il est composé de :
Chlorure de calcium. . 0,1345 -- !•' Deutochlorured'or. . 0,7âo4 — S
Eau 0,1301 -- 6
Le cfUoro-aurate de magnésium est d*un très-beau j.iune citron, et cristallise en prisme» rhomboîdaux de lOB" qui se liquéfient quand il fait chaud. Il est composé de : Chlorure de magnésium. 0J050 — 1*" Deulo-chlorure d'or. . 0,6610 — 8 Eau 0,2340 — 12
Le câloro-aurate de manganèse cristallise en prismes rhomboïdaux jaunes.
Le cRloro-aurate de cobalt cristallise en longs prismes rhomboïdaux très-obliques, d'un jaune-foncé , permanents à r«<ir.
Lechloro-aurate de nickel est d'un jaune-vert et isomorphe avec les comp(»scs de magnésium et de zinc.
Le chloro^aurate de %%nc ressemble au composé de magnésium.
Le chloro-aurate de cadmium est d*un jaune-foncé et cristallise en aiguilles prismatiques permanentes à l'air.
Bromure. — Le per-brômure d^or sec est d'un gris- noirâtre, sans éclat métallique. Il se dissout facilement dans l*eau, qu'il colore en rouge-fbncé. La dissolution fournit des cristaux de même couleur. — Il doit contenir :
Or. . . 0,468 — 100 Brome. . 0,532 — 113,69
lodure, ^ he pèr-iodure est d'unjaune-verdâtre, insoluble dans Tean f. , à peine soluble dans l'eau b. ; mais soluble dans l'acide hydriodique ioduré. — Il se réduit à la température de 150°. -«- A froid les acides nitrique^ sulfurique et muriatique ne raltèrent pas ; mais a l'aide de la chaleur les mêmes acides en déterminent la réduction. — Les alcalis le décomposent totalement: l'or reste à l'état métallique, et il se forme un mélange d'iodate et d'iodure alcalin. — Il est composé de :
Or. . 0,â4K — 100
Iode. . 0,655 — 190
ABTiCLB VI. — AUiagea.
M. Hatchett a fait sur les alliages d*or un travail important dont nous allons faire connaître les principaux résultats :
ManganÀtc. — L'alliage contenant 0,12 de manganèês est d'un gris-jaunâtre pâle, presque aussi éclatant que l'acier, très-dur, un peu ductile, à cassure grenue et spongieuse , moins fusible que l'or. Il se décompose par le grillage.
/^cr. — L'or a une très-grande affinité pour le fer. Ces deux métaux peuvent s'unir en toutes proportions , soit qu'on emploie le fer pur, soit qu'on l'emploie à l'état de. fonte ou d'acier. On peut souder le fer avec l'or. — L'alliage qui contient un douzième de for est gris-jaunâtre pâle , très-ductile, très-tenace, et plus dur que l'or; il y a dilatatiou dans la combinaison. — L'alliage qui contient de un cinquième à un sixième de fer est gris , et prend un trèsbeau poli : on l'emploie dans la bijouterie sous le nom d'or gris, — EnGn l'alliage qui contient les trois quarts ou les quatre cinquièmes de fer a la couleur de l'argent, et il est très-dur : on pourrait en faire des instruments tranchants — On ne parvient à séparer l'or du fer qu'en employant des affinités très-énergiques.
Cobalt. — L or et le cobaU s'allient très-bien par fusion; il y a dilatation. Les alliages sont d'un jaune terne, et cassants , h moins que la proportion de cobalt ne soit moindre qu'un soixantième.
ALUA.GES. 753
Nickel. — Les alliages d'or el de nickel ont Jieu avec dilatalioD. Ils sont d'uo jaune de laiton et cassants.
Le cobalt et le nickel étant ductiles et ayant la propriété de former beaucoup d^alliages qui ie sont rgalemcnt, il est étonnant que ceux qu'ils donnent avec for soient cassants : peut-être M. Hatchctt n'a-t-il pas pu , à Tépoque où il a fait son travail, se procurer du cobalt et du nickel purs.
Cuivre. — Vor el le cuivre ont une grnnde nffinité l'un pour l'autre, el s*allient en toutes proportions. Dans tous les alliages il y a dilatation. — Le cuivre rehausse la couleur de For. lui donne de la dureté, et diminue peu sa ductilité; la dureté est à son wasimum dans ralliage qui renferme un huitième de cuivre. Les alliages de cuivre et d*or sont plus fusibles que Tor pur : c'est à cause de. cela qu'on les emploie pour soudure. — La monnaie d'or françnise renferme 0,100 de cuivre, et par tolérance 0,098 à 0,102; la vaisselle en renferme de 0,08 à 0,2?. Dan» la monnaie anglaise il y a un douzième de cuivre ou un douzième de cuivre et d'argent.
Pour que les objets fabriqués en or aient une belle nuance métallique on y allie presque toujours un peu de cuivre à la surface seulement ; c^est ce qu'on appelle donner la couleur.
Les recettes pour donner la couleur varient beaucoup ; voici la plus suivie, selon Ribenuoourt. On fait fondre 1 livre de cire jaune, on y projette 2 onces d*alun calciné, 12 onces de crayon rouge, 2 onces de vert-de-gris, â onces de cendres de cuivre; on mélange exactement, et l'on moule la matière en bâtons. On frotte la pièce à laquelle on veut donner la couleur avec un de ces bâtons, on la chauffe jusqu'à ce que tonte la cire soit consumée , on la brunit et on In lave dans une liqueur composée de 1 pinte d^eau , 2 onces de cendres gravelées, 2 onces de sel marin, et 4 onces de soufre.
Antimoine.-- Vantimoine s'allie facilement avec Vorj il y a contraction dans l'alliage. Les antimoniirres d'or sont d'unjaune plusou moins pâle, cassants, à cnssnre grenue et matte comme celle delà porcelaine. Il ne faut qu'une trèspetite quantité d'antimoine pour altérer la duotilité de For. Ces alliages sont décomposés par le grillage à une température un peu élevée; ils le sont également pur le nitre.
Etain. — Dans tous le» alliages d'or el èîétain il y a contraction. Ces alliages sont tous plus fusibles que l'or. — Celui qui renferme un soixantième d'élain est ductile jusqu'à la température de 10** p., à laquelle il se désagrège. — Celui qui en contient un trente-septième est très-ductile à froid ; mai» il tombe en morceaux lorsqu'on le chaufFe au rouge. — Enfin l'alliage qui renferme un douzième d'élain
ost d*iin jauoe pâle , et très- peu ductile; an cassure est grenue et terreuse.
Zinc, — Il y a contraction dans les alliages ifor el de zinc. Le zinc rend Tor cassant; ses vapeurs même produisent cet effet à un degré sensible. — L'alliage qui oonlieni un dixième de zinc est d*un jaune de laiton et trés-carisant. — L'alliage qui en renferme la moitié deson poids est blanc, très-dur, et susceptible de recevoir un trè^t^beau p»li. — HeDot assure que lorsqu'on chauffe un alliage qui renferme 7 p. de zinc pour 1 p. d*or, ce dernier métal se volatilise en totalité avec le zinc.
BiêfMuih, — Les vapeurs du bismuth suffisent pour diminuer la ductilité de Vor, Les alliages de ces deux, métaux ressemblent au laiton , et sont cassants ; ils ont lieu avec forte contraction.
Mercure. — Lorsqu'on plonge de Vor dans du mercure il blanchit aussitôt, et il finit par s*y dissoudre ^ même à la température ordinaire, (la chaleur accélère beaucoup la combinaison. — L'alliage, saturé de mercure et comprimé dans de la peau de chamois, est blanc, mou d*abord , mais solide au bout d*un certain temps. Il cristallise en prismes à quatre pans. Il renferme environ 2 p. d'or et f p. de mercure. — L'amalgame pétrîssable contient 7 p. de mercure el I p. d'or. On l'emiiloie beaucoup pour dorer les métaux. On l'applique immédiatement sur l'argent. Mois pour fixer l'or sur le cuivre il fdut d'abord frotter relui -ci avec du sublimé corrosif, afin de le recouvrir de mercure, et l'enduire ensuite d'amalgame ; en chauffant les pièces ainsi préparées on volatilise tout le mercure , et elles se trouvent couvertes d'or mat. On leur donne le poli en les frottant sous IVau avec une brosse de laiton , etc.
Plomb. — Il y a expansion dans tous les alliages d'or et ôe plomb. Ils sont très-cns.«ants. II ne faut qu'an demi-mîllieme de plomb pour altérer la ductilité de lor. — L'alliage qui renferme un douzième de plomb est d*un jaunepaie, extrêmement fragile, à cassure grenue et matte comme celle de la porcelaine. Ou sépare complètement le plomb de l'or par la coupellatton.
Argent, — L'or et Vargent peuvent s*anir en toutes proportions par fusion rapide; mais on prétend qu'en laissant refroidir lentement le mélange fondu il se sépare de l'argent , un peu aurifère qui surnage sur un alliage composé de 5 p. d'or pour 1 p. d'argent. Les alliages d'or et d'argent sont )>lus fusibles que rorpur,el servent pour soudnre.^ Selon M. Prinsep, l'alliage qui cuntienl 0,10 d'or fond à 1048* cent., et celui qui en confient 0,Î6. à 1 121". — Les alliages d or el d'argent suni d'un bl.ittc-verdâti*e : un vingtième
ALUAGKS.
d^argent suffit pour changer toul à fait la couleur do Pur. Ces alliages sont bien ductiles, m«*)i8 plus durs, plus ëlas* tiques et plus sonores que l'or et que Targent. La dureté est à son maximum dans Tallioge qui renferme un tiers de son poids d*argent. — LV vert, dont on fuit usage dans la bijouterie, contient 0,708 dor et 0,292 d'argent. — L'acide nitrique et Tiicide sulFurîque purs attaquent les alliages d*or et d'argent , et en séparent tout l'argent quand celui-ci depasse une certaine proportion. — Voici la composition de quelques alliages d'or et d'argent supposés contenir les deux métaux en rapports atomiques.
Or.
Atomes.
Argent.
Atomes.
Formules.
Au Ag« Au» Ai Au» Ag Au* Ag Au 5 Ag Au« Ag Au' Ag Au» Ag Au' Ag Au»» Ag Au«* Ag Au»« Ag
j^rgeni ci cuivre. — On donne aux alliages d'or, d'argeni et de cuivre le nom de doré.
Platine, — L'or et le platine s'allient en foutes proportions. Pour que leurs alliages soient htmiogènes il est nécessaire de les préparer A une température suffisamment élevée pour tes faire entrer en pleine fusion. Ils soDt tous bien ductiles et très-élastiques. L'acide nitrique ne les attaque pas. — L'alliage qui contient environ un quinzième à un dixième de platine a la couleur jaune pâle de l'argent ferni* — Celui qui en contient environ un cinquième ressemble absolument au platine. — Au contraire Palliagequi ne contient qu'un dix-septième de platine ressemble à de iVir pur , et Ton ne peut pas y soupçonner la présence de Por.
Platine et argent. — Le platine^ Vargent et l'or s'allient en toutes proportions. Les alliages qu'ils forment sont ductiles^ mais plus raides et plus éîastiques que les alliages d*or el d'argent, et ne jouissent de cette propriété remarquable que quand les tiois métaui s'y trouvent en de certaines jiroporlions^ Tacide uiiriquc dissout toul l'argent et en même