‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 32 sur 141 · CHROME · texte numérisé non relu

CHROME

renferme des vapeurs huileuses, et qui est absolument identique avec celui qui résulte de la dissolution de la fonte de fer dans les acides. La totalité de la matière métallique ne se dissout pas , et la proportion de la partie soluble dépend de la proportion de charbon qui a été mélangée avec le chrômalc. Quand on emploie 0,30 de charbon, la partie soluble s*élève à 0,60 de la malicre métallique } avec 0,20 de charbon la partie soluble est encore considérable, mais bien inférieure à 0,60 ; avec 0,40 de charbon elle se réduit à 0,11 , et enfin quand on mêle au chrômale O^A^ à 0,50 de charbon , le métal que Ton obtient est évidemment mécaniquement mélange d'une assez grande quantité de ce combustible, et il est absolument inattaquable par les acides les plus forts. Il semble qu'avec une certaine proportion de charbon il se produit un mélange de chrome pur et de chrome carburé soluble dans les acides, et que quand cette proportion dépasse un certain terme il se forme des carbures très-carburés sur lesquels les acides n*out pas d'action.

Carbonate, — Le carbonate de chrome est [lulvérulent , vert-grisâtre , facilement décoraposable par la chaleur, soluble dans tous les acides. On l'obtient, 1<* en précipitant les sels solubles de protoxide de chrome par un carbonate alcalin ; ^^ en faisant passer un courant de deutoxide d'azote et d'air à travers une dissolution de chrômate de potasse mêlé de carbonate de potasse ; S'* en évaporant à siccité , à une douce chaleur, un mélange de nitrate d'ammoniaque , de chrômate de potasse et de carbonate de potasse ; 4" en chauffant à une douce chaleur un mélange de muriate d'ammoniaque, de nitre, de chrômate de potasse et de carbonate de potasse.

L'acétate a une couleur améthiste très-belle. Il est extrêmement soluble, et ne parait pas pouvoir cristalliser. Il en est de même de Voxalaie.

ABTicLE VII. — j^lliageê.

Pour préparer les alliages de chrome il faut chauffer à une très-haute température le métal que l'on veut allier, avec du chrême métallique ou avec de l'oxide de chrême très-pur, mêlé de la quantité de charbon nécessaire pour lui enlever tout son oxigène. Le contact de quelques métaux , du fer par exemple, peut déterminer la réduction de l'oxide par cémentation , mais cela n'a lieu que pour un petit nombre. En général la présence des matières terreuses met obstacle à la réduction de l'oxide de chrême ; cependant cette réduction a souvent lieu, du moins partiellement,

MINÉR\l'X. 47

maigre la présence de ces substances, lorsqu'il y a en même temps contact d\in métal pour lequel le chrome ait beaucoup d*affinité. Dans ce cas^ si la scorie et Palliage sont bien fusibles, on peut obtenir celui-ci à Télat de pureté. Les borates, en même temps qirils sont très- fusibles , s'opposent beaucoup moins Fortement que les silicates à la réduction de Toiide de chrome. Il est évident d'après cela, que lorsqu'il y a nécessité de se servir d'un flux pour former un sllÏHge de chrome, c'est le borax que l'on doit employer. {Fuyez , pour les différents alliages du chrome , les divers) chapitres relatifs aux autres métaux , et notamment ceux qui concernent le fer, le cuivre , Tétain , le plomb tt l'argent.)

SECTIONS II ET IIL

Minëraux et produits d'arts.

Les minéraux qui renferment du chrome sont :

l*' Le protoxide,

2*^ Vhydraie ou wolkonskoïte.

%^ Le êpinelle rouye ou rubis.

■4* Plutieurs espèces de fer chromé. (Voy. Fer,)

5* Le chràmite de plomb, \

6" Le chrômate de plonb, { .^ p. , ^

7" Le chrômate de plomb et de enivre, j ^'

8** Le vanadate de plomb, J

9* Vémeraude verte, W Udiailage.

11^ Les serpentines.

3" Les seuls produits d'arts contenoat du chrome, qui soient de quelque intérêt , sont Voxide vert , le chrômate de potasse et le chrômate de pfomb. Nous avons fait connaître plus haut la manière dont se comportent les deux premiers parla voie sèche ; quant au troisième , voy, Tarlicle Plomb,

Le chrome existe dans tous les terrains , depuis les plus anciens jusqu'aux terrains des minerais de fer dits d'a/lution.

Il est très-facile de reconnaître la présence du chrome , même eu très-petite proportion , dans une substance minérale quelconque. Le meilleur moyen consiste à fondre la substance avec de la potasse ou avec du nitre, et à laver la matière avec de l'eau : la plus petite quantité de chrome colore la liqueur en jaune si elle n'est pas trop étendue. I^rsquH y a du man{][anèse^ la liqueur est verte ; mais en la laissant exposée à l'air pendant quelque temps , le manganèse se dépose, et elle devient d'un janne pur. — Les

48 ClinCttE.

minéraux qui contiennent du chrome donnenl un verre couleur d^ënieraude lorsqu'on les chauffe avec du borax au dard extérieur du chalumeau , pourvu toutefois qu'ils ne renferment pas en niétne temps d*autres métaux capables de donner des couleurs particulières aux verres.

10 Le protoxide de chrome natif e%i d'un vert-poireau un peu grisâtre. Sa cassure est inégaie, raboteuse et terreuse. Il est tendre , et inattaquable par les acides. — On ne le trouve qu'en petite quantité : 1" au Couchet^ département de Saône-et- Loire , dans J'arkose , et ^^ en Dalécarlie, dans un porphyre.

2o La icolkonêkotte d'Okhusks , dans le gouvernement de Pern en Sibérie , parait être une sorte d'écume de mer colorée par de l'oxide de chrome. Ce minéral se trouve en veines minces et en nids dans un grès. Il est compacte , à cassure conohoide ou inégale matle. Il prend le poli sous le frottement du doigt. Il est tendre et doux au toucher. Sa couleur est le beau vert d'herbe. — Il donne beaucoup d'eau , et devient couleur merde d'oie ou brun par calcination. — Il fait gelée avec l'acide muriatique concentre et bouillant ; mais cet acide ne dissout que la moitié tout au plus du chrome qu'il contient, et laisse le reste mélangé avec la silice.

11 est composé de :

Oxide de chrome. . . . 0,840

Per-oxide de fer. . . . 0,072

Magnésie 0^073

Silice 0,272

Eau 0,282

On ne saurait se prononcer avec certitude sur l'état de combinaison dans lequel ces cléments se trouvent entre eux. Si l'on suppose qu'ils forment un seul composé homogène , les données de l'analyse conduisent à la formule (F.M^Cr*) S'° -{- lôAg; mais si l'on considère que bien qu'il se dissolve du chr6me dans lacidc muriatique , ce métal ne s'y dissout cependant pas a beaucoup près en totalité, et qu'en admettant qu'il soit à l'état d'hydrate Crkq (contenant 0,232 d'eau) , et que le minéral soit mélangé d'une petite quantité de quarz ^ les autres éléments forment entre eux la combinaison très-simple (FlVP) S^ -f> 5Ag ^ qui est analogue à l'écume de mer, on préférera peut-être cette dernière supposition ; alors le silicate terreux serait composé de :

MINEftAUX. 19

Protoxidc de fer. . . . 0,131

Magnésie 0J54

3* Le êpinelîe rouge ou rubis est un minéral rare. Il cris" tailise en octaèdre régulier. Il est d*an très-beau rouge et transparent ^ extrèmecnent dur. Sa p. s. est de 3,523. — Au chalumeau il noircit el devient opaque sans se fondre ; mais en se refroidissant il reprend sa couleur, en devenant d*abord vert^ puis presque incolore. — Quand il a été réduit 60 poudre impalpable , il est attaquable par Tacide sulfurique concentré^ et même par Tacide muriatique. — M. Vauqueliu l'a trouvé composé de :

Alamine 0,8247)

Magnésie 0,0878|0,9743

Acide chrômique. . . . 0^0618)

9* Vémeraude est une pierre qui se trouve ordinairement cristallisée en prismes hexaèdres réguliers. Sa forme principale est un rhomboïde de 104» 40'. Elle est très-dure. Sa p. s. varie de 2,678 a 2,782. Elle est inattaquable par les acides. Celle qui coalient de Toxide de chrome est d'un trèsbeau vert-poireau, et ordinairement transparente; celle qui De contient pas de chrome est d'un vert-pàle, ou même iocolore , transparente ou opaque.

Ces deux variétés sont composées de

H. Klaprollb. V. Benéliai.

Silice 0,6850 — 0,6835

Glucine 0,1250 — 0,1313

Alumine ». 0,1575 — 0,l7fiO

Oxide de chrome .... 0,0300 —

Oxidedefer 0,0010 — 0,0072

Oiide de tantale . . . — 0,0027

La formule de l'espèce est GS^ 4" ^^^'*

10* et 1 1<» Les dtaliages et les serpentines sont des pierres qui ne renferment ordinairement que des traces d*oxide de cbrème.

SECTION IV

Préparation. — Moyens (Fessai.

^/é/a/. -— Pour préparer le chrome niélallîque, il faut réduire de Toxide pur de la manière qui a été iudiquée,uu

50 GHROMB.

bien chauffer iimnëdiatetnent le bi-chrômate de potasse avec du charbon.

Oxide, — Oo peut se procurer de Toxide de chrome pur par un grand nombre de moyens : l"" en calcinant du chrômate de mercure à la chaleur rouge ; — 2** en chauffant du chromate de plomb ou du chrômate d'argent dans un creuset brasqué , et traitant le résidu , qui se compose d'un mélange d*oxides de chrome et de plomb ou d'argent métalliques , par l'acide nitrique pour dissoudre ces métaux ; — S"" en chauffant à la chaleur blanche du bi-chr^mate de potasse, dans un creuset de platine ou de porcelaine, parce que l'argent serait attaqué, et lavant avec de l'eau, une partie de l'acide chrômique se réduit , et se transforme en oxide , que l'on obtient ainsi sous forme de paillettes cristallines; — 4° en réduisant le chrômale ou le bi-chrômate de pf)tasse par le charbon : si l'on opère sur de petites masses, on chauffe le sel à la chaleur blanche dans un creuset brasqué, on triture la masse fondue, on la fait digérer dans de l'eau , et l'on met la liqueur en ébullition pendant quelques instants pour qu'elle se décolore : lorsque l'on opère sur de grandes quantités à la fois , il devient nécessaire d'ajouter au chromate un réductif, mais on en débarrasse aisément l'oxide par le grillage , et l'on peut achever de le puriGer en le traitant par un acide ; — 5"^ en chauffant au rouge , dans un creuset de terre fermé , un mélange à parties égales de chromate de potasse et de soufre, et lessivant la masse avec de l'eau : l'oxide ainsi préparé est léger et d'un très-beau vert ; — 6" en calcinant, dans un creuset de terre, un mélange à parties égales de bi-chrômnte de potasse et de sel ammoniac avec une quantité un peu moindre de carbonate de soude, et délayant la niasse fondue dans l'eau: l'oxide est sous forme de paillettes ; — 8^ en sursaturant d'hydrogène sulfuré une dissolution de chromate ou de bichrômate de potasse , et calcinant le précipité pour en séparer le soufre dont il est mélangé ; — 8*^ en sursaturant les mêmes dissolutions d'acide sulfureux, et précipitant par l'ammoniaque ; — 9** en évaporant à sec une dissolution de chromate alcalin tivcc de l'acide muriatique et de l'alcool , reprenant par l'eau et sursaturant la liqueur avec de l'ammoniaque qui en précipite tout l'oxide de chromo h l'état d'hydrate ; — 10** enfin en réduisant par les sulfures alcalins le minerai de chrome appelé fer cârômé» Pour cela , on chauffe h une très-forte chaleur blanche 1 p. de ce minerai réduit en poudre très-fine, avec au moins I p. de carbonate de soude et 1 p. de soufre ; on lave la masse fondue, d'abord avec de l'eau, qui dissout le sulfure alcahn, et ensuite avec de l'acide muriatique, qui dissout le sulfure de fer.

GOIPOSlS OXIGÉIféS. ai

«mi qne la silice et raluoiine. Si l'acide était concentre , il {worraitse dissoudre une quantité assez considérable d*oxide de chrome. Si l'on chauffait trop fortement , Toxide serait mélangé de sulfure , mais on décomposerait aisément ce solfure par le grillage.

Moyenê tTensai, — Le chrême étant înftisible et Toxide de chrome étant extrêmement difficile à réduire , on ne peut en gênerai doser le chrome par voie sèche , qu'en l'alliaotsTec des métaux fusibles pour lesquels il ait beaucoup d'aflinité, le fer par exempte ; encore faut-il pour cela employer des flux qui n'opposent pas trop d'obstacles a la rédaction de l'oxide de chrome. ( Foyet^ chap. Fsa ^ sect. iV, «equi concerne le fer chromé. }

Page 1