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CHAPITRE VIII

Ba Tanadlam •

SECTION PREMIÈRE

Propriétés.

leraHadtttm a été découvert par M. Sefstrom, en 1830, dans le fer et les scories d*a(Gnage qui proviennent des minerais de Jaberg ^ non loin de Jonkoping en Suède. M. Rortélius a aussitôt étudié et fait connaître ses principales propriétés. Il a de très-grandes analogies avec le chr6me et avec le molybdène.

ARTICLE PREIIBR. Métal,

Le vanadium obtenu en réduisant des oxides par le potassium, est sous forme d'une poudre noire qui brille au suleil ^ et qui prend sous le brunissoir un éclat raétollique grisâtre. Mais lorsqu'on le prépare en réduisant le per-chtorure ammoniacal par le gaz ammoniac, il est enduit d'un éclat argentin qui donne une poudre d'un gris de fer. — Le vanadium n'est pas du tout ductile. — Il conduit bien l'électricité , et il est fortement négatif par rapport au zinc. — Il est infusible.

Il a trois degrés d'oxidation ^ savoir : le sous-oxide , Vojide et Yaeide vanadiqueê * et ces deux derniers peuvent le combiner ensemble en plusieurs proportions, — Le vanadium pulvérulent brûle tranquillement au dessous de la chaleur rouge et se change en oxide noir. Il ne décompose pas l'eau. — Les acides sulfîirique , mnriatique et fluorique, même concentrés et bouillants, ne l'altaquent pas du tout ^

5Î VANADIUM.

fnais Tacîde nitrique et Teaii régale le dissolvent aîsëment. — Les hydrates alcalins «d fusion ne l'otident pas. — Il ne se combine pas directement avec le soufre fondu ou en vapeurs ; il en est de même avec le phosphore. — Il parait qu'il forme facilement des alliages , et que ces alliages sont cassants en général.

Le poids de l'atome de vanadium est de 855,84 Y. ARTiCLK 11. — Composés oxigènès.

Les oxidesde vanadium sont irréductibles par céraenta* tion , ou ne sont ramenés qu*à Tétat de sous-oxides. Le gaz hydrogène les ramène au même degré d'oxidation , sans pouvoir les réduire complètement.

1° Le aoua-oxide est d'un gris demi-métaliiqne comme la plombagine. Il conduit bien Télectricité. — Il est infusible. Par le grillage il prend feu , se change en oxide noir; souvent même il s*oxide dans Pair humide à la température ordinaire. — L*hydrogène sulfuré le change en sulfure à la chaleur rouge. — Il ne se combine ni avec les acides ni avec les bases ; mais Tacide nitrique le dissout en le changeant en acide. — Le chlore gazeux le convertit en per -chlorure et en acide vanadique. ^ Il contient :

Vanadium. . . 0,89U — 100 ^

Oxigène. . . . 0,1086— 11,68 ^ On l'obtient en réduisant l'acide vanadique par l'hydrogène, ou en chauffant cet acide dans un creuset brasqué.

2» Voxide de vanadium est pulvérulent, infusible et noir; son hydrate est gris-brun ou noir, et léger, et perd son eau à la chaleur rouge. — Cet hydrate et Toxide , au contact de Teau , s'oxident peu à peu dans l'air, et deviennent d'abord bruns, et ensuite verts. — Us se dissolvent complètement dans les acides, mais ils ne se combinent pas avec l'acide carbonique; ils peuvent au contraire se combiner avec les bases. Les alcalis et les carbonates alcalins le dissolvent et se colorenten brun-foncé ; la liqueur renferme lin mélange de vanadite et de bi-carbonate. Les bi-carbonates le dissolvent aussi et se colorent en bleu ; il se forme alors un bi-carbonate double. — L'oxide contient :

Vanadium. . . 0,8106 — 100 c;

Oxigène 0,1894 — 28,37 ^

On obtient Foxide en chauffant au rouge-blano, dans une atmosphère d'acide carbonique , un mélange de 9 * p. de sous-oxide et de 1 1 |p. d'acidevanadiqne.On aThydraleen

composés OXIGÉRÉS. 53

precjpîUnt un sel par un flous-carbooate employé en léger eicés, et lavant à Tabri du contact de Tair.

3* Vacidê vanadique non fondu ressemble à Thydrate de per-oxide de fer. Il est sans saveur et sans odeur; mais il rougit fortement le papier bleu. — Il entre en fusion à la chaleur rouge, et ne perd pas d*oxigène à la chaleur blanche ; au moment oà il se solidifie , il devient tout-à-coup incandescent, et se prend en masse cristalline d'un ro*ige jaunâtre; lorsqu'il est S4»uillé par un mélange d'oxide de vanadium , il est violacé ou noir, et ne cristallise pas.r L'eau en dissout environ le millième de son poids et se colore en jaune-clair : la dissolution ne donne pas de cristaux, et s'altère par l'ëvaporalion, en perdant de l'oxigène. — Un grand nombn* de corps, tels que les acides nitrique rouge, sulfureux, oxalique, tartrique, etc. , le sucre , l'alcool , etc., ramènent l'acide ▼aoadique il l'état d'oxide par voie humide. L'hydrogène suU turé produit le même effet. L'acide muriatiquc le dissout en prenant une couleur orangée ; mais peu à peu il se dégage du chlore , et la liqueur change de couleur. L'acide acétique, même concentré, n'en dissout pas une trace. La plupart des acides végétaux en dissolvent une petite quantité et changent le reste en oxide. — La crème de tartre le dissout en le transformant en oxide. — Les hydro-sulfates le dissolvent en le changeant en sulfure. — Au chalumeau, sur le charbon , l'acide vanadique se change en sous-oxide cualeur de plombagine. Avec le sel de phosphore ou le bo» rax il donne des verres verts qui ne deviennent pas bleus avec l'étain , et qui ne changent pas dans la flamme extérieure, tandis que les verres colorés par le chrome passent au jaune par l'action de cette flamme.

L'acide vanadique contient :

Vanadium. . . 0,7404 — 100 y Oxigène. . . . 0,2596 — 85,05 On l'obtient en chauffant au rouge, dans un creuset de platine, et remuant fréquemment, du vanadated'ammoniaqne; la matière devient d'abord noire , et jaunit à mesure qu'elle s'oxide.

•i"* L'acide vanadique se combine en quatre proportions au moins avec l'oxide de vanadium. — \° Si, après avoir laissé exposé pendant quelque temps à l'air de l'hydrate vanadique humecté, on le met sur un filtre et on l'arroseavec de petites doses successives d'eau , la liqueur se colore en vert , puis eo brun- et en pourpre, et enfin elle passe incolore; la liqueur pourpre renferme du vanadate saturé d'oxide, qui est très-peu soluble. -^ S^'Si, après avoir laissé de l'oxide de vanadium se dessécher en plein air, on le fait

hé TAKADIL'ff.

digérer dans uoe très-petite quantité d eau , celle-ci deviVol d'un vert extrêmement funcë et contient du vanadate de vanadium. On obtient le même composé en faisant digérer de l'acide vanadique sur de Toxide^ou eu chauffant ensemble un mélange de 10 j p. d*oxîde et 23-^ p. d acide ^ le mélange se fond en un verre d*uu vert-ibncë. Ce vanadate est soluble dans Teau et ne cristallise pas par évaporatiun. Il se dissout dans l'alcool à 0,86, mais il est insoluble dans Falcool absolu ; le sel ammoniac le précipite de ses dissolutions. — âo On obtient un bi-vanadate qui ressemble au composé précédent , mais qui est moins soluble, en mêlant une dissolution de bi-vaiiadate de potasse avec une dissolution d'un sel neutre de vanadium. — 4** Enfin lorsqu'on laisse exposé h l'air les dissolutions pourprées et vertes de vanadium, elles s'oxident peu à peu , et deviennent d*uQ vert orangé , en passant par le jaune verdàtre. La dissolution donne après cela , par Tévaporution spontanée, des cristaux de aur^vanadaie solubles dans environ vingt-deux fois et demie leur poids d'eau.

S 2. - Sels.

Les combinaisons ox idées que peut former le vanadium sont, l"* les seU à base (Toxide, S** les sels à base d'acide vanadique , S^ les vanadites, dans lesquels Toxide de vanadium fait fonction d'acide, et enfin les vanadate»,

1® Sels d*ojffde de vanadium. — A l'état solide les 8els anhydres sont bruns et quelquefois verts; les «c/s /iydreux sont d'un bleu plus ou moins foncé, et quelquefois verdàtrea : la plupart sont solubles, et leurs dissolutions sont d'un bleu d'azur superbe. Leur saveur est astringente et un peu douçâtre. — Les dissolutions donnent : — avec les alcalis fixes , des précipités blancs grisâtres qui passent au brun et se dissolvent dans uu excès d'alcali ; — avec l'ammoniaque, des précipités bruns insolubles dans lalcali , mais solubles dans l'eau pure; — avec les carbonates, des précipités d'hydrate gris-blancs^ ; — avec le prussiate de potasse jaune, des précipités d'un jaune-citron qui verdissent à l'air;

— avec les h ydro- sulfates , des précipités noirs solubles dans un excès d'hydro-sulfute, qu'ils colorent en pourpre;

— avec l'infusiou de noix de galle, de& précipités d'un bleu tellement foncé qu'ils paraissent noirs. — L'hydrogène sulfuré ne les trouble pas.

S® Sels à base diacide vanadique. — Ces sels sont rou(je8 ou jaunes , et ont une saveur astringente et aigrelette. La plupart sont solubles; leurs dissolutions verdissent peu à peu a l'air, et s^ décolorent souvent lorsqu'on les chauffe. —

COXPOSéS OXICiNRS. V)

Elles sont ramenées au bleu par un frrnnd nombre de corpH désoxidantg, tels que Tb y drogène sulfuré ^ Ta Icool, le sucre, le tannin , plusieurs acides végétaux ^ etc. *"- Le prussiate de potasse jaooe y forme des précipités verts qui deviennent jaunes par le contact des corps désoxidants.

3* Vanadiiet. — Les vanaéiîes sont bruns en général , ils s'oxideot rapidement à Tair humide , et se convertissent en vanadates. — Les acides les transforment en sels doubles de couleur bleue. — Le gaz hydrogène sulfuré les change eo sulfures doubles. — Les vanadiles alcalins sont les plus soliibles.

Le vanadite de potasne cristallise en écailles brunes et brillantes. Il est très-soluble dans l'eau pure et beaucoup plus à chaud qu*à froid ; il ne se dissout pas dans Talcool anhydre; — on Tobtient en mêlant une dissolution chaude d'un sel de vanadium avec nn petit excès de potasse, et laissant refroidir dans un flacon bouché.

Le vanadite d'ammoniaque est sotuble dans Teau pure , mais insoluble dans IVau qui contient de Tammoniaqne en excès.

4* F'anadafes, — Il y a des vanadatea neutreê dans lesquels l'acide contient trois fois autant d oxigène que la base, desbi'Vanadate» qui renferment deux fois autant d'acide que les premiers, et des sur-vanadates . — Les vanadates neutres à bases incolores sont ordinairement jaunes ; mais ceux qui renferment des bases fortes se décolorent spontanément et souvent en très-peu de temps, surtout si l'on chauffe jusqu'à lOQo. Cette décoloration parait être un phénomène d'isomérisme. Les bi-vanadates à bases incolores sont orangés^ et les sur-vanadates sont d'un rouge-brun. — La plupart des vanadates sont solubles, mais en général ils ne se dissolvent qae très-lentement dans l'eau froide. La noix de galle les colore en bleu-noir.

Le vanadaie de potasse neutre est Irès-fusible. — Le i&tramié/a/e cristallise en larges feuilles ou en écailles de cou* leur orangée, brillantes et métalloïdes, beaucoup plus ■oiobles à cKaud qu'à froid , et insolubles dans l'alcool.

Le vanadaie de soude neutre ressemble à celui de potasse. — Le bi^vanadate est très-soluble, et se dépose, par évaporation^ en grands cristaux transparents qui seffleurissent à Tair sec. Ce sel est insoluble dans lalcool. Il est en grains cristallins ou en poudre blanche. H jaunit à lu chaleur de iO*, en perdant un peu d'ammoniaque.

Le vanadaie d'ammoniaque neutre est soluble dans l'eau pure y beaucoup plus à chaud qu'à froid; mais il est à peu prés insoluble dans l'eau saturée de sel ammoniac , et dans l'alcool. — Cbaufle dans un creuset couvert , il laisse une

56 YAPÎADfUH.

masse noire qui contient une quantité variable d'oxigéne. — Par le grillage il se change en acide vanadique. — On le prépare en mettant des morceaux de sel ammoniac dans une dissolution de vanadate de potasse neutre.

Le bt'Vanadate d'ammoniaque est en grains cristallins ou en cristaux transparents d'un rouge-orange foncé. Il est plus soluble à chaud qu*à froid, et insoluble dans Talcool. —

Le sur-canadate d'ammoniaque est en petits grains cubiques, de couleur brune.

Les vanadates neutres de cobalt , de zinc , de cadmium , d'urane , de deutoxide de mercure et d'argent, sont insolubles. Les vanadates neutres de plomb et de per*oxide de fer sont très-peu solubles.

ikRTiGLB m . — Composée êulfurés,

1 '* Sulfures. — Le sulfide tanadeux préparé par toie sèche est pulvérulent^ noir, non métallique. — Il brûle avec une flamme bleue. — L'acide nitrique le convertit en sulfate , mais il est insoluble dans les acides sulfurique et muriatique et dans les alcalis caustiques. — On l'obtient en faisant passer du gaz hydrogène sulfuré sur du sous-oxide de vanadium chauffé au rouge. — Le même composé préparé par voie humide est d'un brun-noir et inaltérable k l'air» — Il est insoluble dans les acides muriatique et sulfurique. — Il se dissout au contraire très-bien dans les alcalis et dans les hydro-sulfates , et colore les liqueurs en pourpre extrêmement riche ; il se dissout aussi dans les carbonates alcalins ^ qu'il colore en jaune brunâtre. — On Tubtieut en saturant les dissolutions alcalines par un acide. — Ce sulfure est composé de :

Vanadium. . . 0,6«02 — 100 " Soufre. ... 0,8198 — 47 ^

On obtient les êulforanadites en traitant l'hydrate ou les sels d'oxide par les hydro-sulfates alcalins non sulfurés en excès.

2** Le sulfide vanadique est brun , et jouit de propriétés analogues à celles du sulfide vanadeux, mais il perd du soufre par la chaleur, et ses dissolutions alcalines ont la couleur de la bière forte. Il est composé de

Vanadium. . . 0,8865 — 100 '" Soufre. . . . 0,4185 — 70,5 V

On Tob tient en saturant d'acide un su Ifo* vanadate.

On se procure les sulfo-vanadates en f^iisant passer de l'hydrogène sulfuré dans une dissolution de vanadate neutre , ou en dissolvant l'acide \anadiqiie dans un hydrosulfate.

COMPOSÉS SULFURÉS. 57

Suifates. — Le su/fats vanadique neutre cristallise difficilement. Il est déliqaesceDt , mais insoluble dans Talcool anhydre. — il se décompoise, par la chaleur, en acides sulfurique et sulfureux , et en acide vaaadique. — Il forme un sel soluble avec le sulfate de potasse.

Le êui/ate hyper-vanadique est en paillettes cristallines d'an brun-rougeàtre , très-déliquescentes. — Il se combine avec le sulfate de potasse.

AtTicLS iT. — Composés phosphores , arséniés et azotés,

PiospKure, — Le pfiospâurea la couleur et le brillant de la plombagine. Il est infusible. *-- On Tobtient en chaufFant le phosphate au contact du charbon.

Phosphates. — Le pâospRate vanadique neutre ne crislallisf* que difficilement. Quand il a été calciné ^ ï\ est insoluble dans Tean. Il y a des sous-sels insolubles ; l'acide nitrique tes transforme en pRospRate flyper-vanadique» — Le sel neutre est en petits cristaux grenus, d'un beau jaune de citron , et très-peu solubles dans Teau.

Il existe une combinaison triple d'acide vanadique^ d'acide phosphorique et de silice , que l'on obtient en traitant par l'acide nitrique un mélange de vanadate , de phosphate et de silicate alcalin ^ évaporant a sec et lavant avec de l'eau. Cette combinaison est en paillettes très-légères d'un jaunecitron. — Elle est soluble dans l'eau chaude , mais très-peu soluble dans l'eau froide. — Le carbonate d'ammoniaque en sépare la silice. — Elle est composée de ;

Acide vanadique. . . 0,^90

Acide phosphorique. . 0,300

Silice 0,195

Eau 0,115

Arséniates, — Varséniate vanadique est très-soluble dans l'eaiiy mais ne se dissout que lentement; il est insoluble d«ios l'alcool , — très-soluble dans l'acide muriatique. — L'acide nitrique le transforme en hyper-vanadate analogue à l'hyper-photiphate.

Ni/rate, — Le nitrate verdit par l'évaporatîon , et lorsqu'on le dessèche , il laisse de l'acide vanadique retenant une petite quantité d'acide nitrique. Le nitrate hyper-vanadique se décompose presque complètement par l'évaporatîon.

ABT(CtB V. — Composés cRlorés et bromes,

1*" On ne peut pas obtenir le cÂiorure vanadique à l'état anhydre ; on l'obtient dissous dans l'eau , 1» en traitant la-

58 VANADIUM.

cide vanadique par Tacide innriatiqne et un corps réducttf, et alors il e&t bleu ; 2° en dissolvant Toxide vanadique dans l'acide muriatique , et alors il est brun : les deux composés paraissent être identiques , et présenter un nouveau cas d'isomérisrae. Les dissolutions ne cristallisent pas, et laissent par évaporation à sec des oxi-chlorures.

2* Le ctiloride vanadique est un liquide d'un jaune-pàle qui répand une fumée jaune-rougeâtre dans Tair, mais qui ne bout pas à 100°. — Il absorbe le gaz ammoniac sec . avec lequel il forme un composé pulvérulent, blanc , volatil et complètement réductible par le gaz ammoniac sec. — Le rhloride roélé avec de Teau devient rouge , et ensuite , par Tévaporation , il abandonne du chlore , devient vert., puis bleu , et se convertit en chlorure. — On l'obtient en Faisant passer un courant de chlore sur un mélange' de sous-oxide de vanadium et de charbon.

Les bromures , iodurts et fluorures ont beaucoup d'analogie avec les chlorures. On ne connaît pas les fluorures à l'état anhydre.

ARTICLE VI. — Componés bores et silices.

Borate. — Le borate vanadique est d'un gris-brunâtre , insoluble dans l'eau, soluble dans l'acide borique.

Silicate. — Le silicate vanadique obtenu par double décomposition est grisâtre et verdit à l'air. La silice parait avoir beaucoup d'affinité pour Facide vanadique. — Le composé est soluble dans les acides sulfurique et muriatique , et dans les alcalis : — on ne peut séparer exactement ses deux éléments qu*en les traitant par Tacide fluorique.

ARTICLE vil. — Composés carbonés.

Ojsalates, — Voxalate saturé est incristallisable ; Voxalate acide cristallise. Ces sels peuvent former des composés solubles avec l'oxalate de potasse.

Acétate. — Vacétale est soluble , verdit par l'évaporation, et laisse pour résidu des cristaux cubiques et microscopiques d'un vert- foncé , solubles dans Teau. On ne peut obtenir Tacéta te qu'en traitant rhydraie par de Tacide acétique concentré.

Succfnate. — Le succinate est pulvérulent, blanchâtre et presque insoluble; cependant les succinatcs ne troublent pas les dissolutions de vanadium.

Benzoate. — Le bens^oate est pulvérulent, jaune et à peine soluble.

Tartrate. — Le tartrate est très-soluble, surtout à chaud, et incristallisable. L'ammoniaque ne trouble passa dissolu

GOHPOSés aÉTALLIQUES. 59

tion et fait passer sa couleur bleue au pourpre. Il forme un composé aolubie avec le tartrate de potasse.

AATiCLi viii. — Compoêéa métalliques,

Chràmaie. — V acide chrômique donne avec l'uxide de Tanadiom une dissolution jaune- brunâtre, incristal lisable , et dont l'hydrogène sulfuré précipite les deux métaux sous fîirine de masse verdâtre.

Molybdaie, — Lorsqu'on mêle du molybdate d'ammoniaque avec du sulfate de vanadium , on obtient un liquide pourpre.

Tungêtate, — Le tungêiate vanadique préparé par double décomposition est d'un jaune-brunàtre , et peu soluble; mais au contact de l'air l'oxide de vanadium s'acidifie , et la combinaison devient beaucoup plus soluble.

SECTIONS II ET III

Minéraux et produits darts.

Minéraus. — Le vanadium existe dans les minerais de fer de Jaberg , mais il n'y est qu'en extrêmement petite quantité, et Ton ignore dans quel état il s'y trouve. Le seul minéral dans lequel il est partie essentielle est le prétendu sous-chrÔHiate de plomb de Zimapan, au Mexique, dans lequel M. Delrioa\ ait déjà annoncé en 1801 lexistence d'un nouveau métal qu'il avait nommé érythronium : c'est une masse cristalline blanche ou brune qui, d'après M. Wohler, est composée d'environ les trois quarts de son poids de vauadatesesqui-plombiqueet de chlorure de plomb bi-basique, et qui contient presque toujours aussi un peu d'arséniate de plomb , d'hydrate de fer et d'alumine.

M. Johnston a reconnu l'existence du vanadate de plomb dans des minéraux qui proviennent de Tancienne mine de Wanlock-Hende, près de South> Bridge en Angleterre. Cette substance se préseste sous deux aspects : le plus communément elle est d'un jaune-paille ou brunrougeâtre , opaque, terne et fragile, en petits mamelons répandus sur la surface d'une calamine, et cristallisée en petits prismes à six pans groopés. Sa p. s. est de 7,2B. Mais quelquefois elle est amorphe on en grains arrondis , recouvrant ta calamine comme une poudre noire, grise et poreuse et tout* à-fait semblable au per-oxide de manganèse.

Produite d'artg, — Le vanadium que renferme le minerai de Jaberg passe dans la fonte , et par suite dans le fer et dans les scories d'affinage; il se concentre dans ces derlijères, et on l'en extrait comme nous allons le dire.

^^ YARADIUM.

SECTION IV

Essais. — Préparation.

Esiais, — Le vanadium pouvaot former des alliages fusibles avec les métaux , mais son oxide n'étant pas réductible par cémentation, il doit se comporter comme le cbrôme dans les essais par voie êèehe.

Préparation. — On prépare le vanadium métallique en réduisant l'acide vanadique par le potassium, ou le chtoride ammoniacal par l'ammoniaque. 1° Lorsqu'on emploie te potassium , on met dans on creuset de porcelaine des morceaux de ce métal et des morceaux d'acide vanadique préalablement fondu; on attache le couvercle, et Ton chauffe à la lampe ; la réduction se fait instantanément et avec une sorte de détonation. On laisse refroidir, et on lave avec de l'eau. 2^ Pour extraire le vanadium du cbloride ammoniacal , on introduit du chloride simple dans une boule de verre soufflée au milieu d'un tube , et l'on fait passer à travers ce tube du gîiz ammoniac sec , jusqu'à ce que le chloride soit saturé ; alors on met une lampe h espritde-vin sous la boule , en continuant à faire passer le gaz, et la réduction a lieu.

Le vanadium se trouve dans les scories d*affinage à Tétat d acide vanadique ^ avec de la zircône , de l'acide phosphorique , etc. ; on ne peut Ten extraire à l'état de pureté que par des moyens compliqués. Voici celui qu'a employé M. Sefstrom. On chauffe fortement, pendant une heure, 1 p. de scorie porphyrisée avec 1 p. de nilre et 2 p. de carbonate de soude; on broie la matière refroidie, on la lave a l'eau b. et l'on jette le résidu. La liqueur renferme l'acide vanadique, Tacide phosphortque, delà silice, de l'alumine etde lo KÎrc^oe.On la sature avec de Tacide nitrique, et l'on y ajoute ensuite du muriate de baryte ou de l'acétate de plomb, qui précipite les acides vanadique et phosphorique à l'état de va> nadate impur ; on fait digérer ce vanadate encore humide , avec de Taeide suifiirique concentré, et au bout de quelque temps onyajoutederaicool,eton laisse encore digérer; Tacide vanadique se change par ce moyen en oxide qui reste dissous. Onfillrela liqueur bleue, on l'évaporé, et lorsqu'elle est concentrée on y ajoute un peu d'acide ffuorique pour séparer la silice qu'elle contient, puis on conduit l'évaporation jusqu'à siccité, et l'on chauffe jusqu'au rouge. Il reste de l'acide vanadique qui contient de la zircône , de l'alumine et de lu silice ; pour le purifier on le fait fondre et on y ajoute du nitre par petites porti<»ns , jusqu'à ce que la matière fondue ne soit plus rouge. En traitant par Teau , il

PRÉPAR/lTIOlf. 01

se dissout du vanadate de potasse mêle de phosphate; mais le résidu retient encore du vanadium , qu'on lui enlève , soit en le faisant digérer avec un hydro-sulFate^ soit en te fuodant avec un carbonate alcalin et du soufre , etc. Pour avoir l'acide vanadique pur et libre, on met dins la dissolution de vanadate de potasse des morceaux dez^el ammoniac asseigros pour qu'ils ne se dissolvent pas en totalité, on recueille le vanadate d'ammoniaque qui se précipite ; on le lare d'abord avec une dissolution de sel ammoniac, puis avec de falcool à 0,86 , et enfin on le chauffe doucement daos un creuset ouvert. Pour que l'acide vanadique soit par il est essentiel que la dissolution de vanadate de potasse ne soit pas alcaline, sans quoi il se précipiterait di sousphosphate d'ammoniaque avec le vanadate.

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