CHAPITRE XI
De rarftne.
SECTION PREMIERE
Propriétés.
L*ttrafi« a été découvert en 1787 , par Klaproth , dans le mioerai qui porte le oom de pech-bleode.
ARTICLE PRiHin. — MétaL
Ce métal ge présente sons divers aspects. Quand il a été obtenu en réduisant le chlorure double potassique par le gaz hydrogène , il est en petits cristaux octaédriques réguliers d*un gris métailique presque noir , mais qui , vus au microscope , paraissent transparents et d'un brun-noir. — Quand on Ta préparé en réduisant Toxide par Thydrogène , il est en poudre d'un brun de cannelle. — Enfin , lorsqu'on réduit Toxide parle charbon , Turaneesten poudre noire, saos éclata mais qui vue à la loupe, paraît composée delàmelles d*un gris métallique. — Sa p. s. est de 8 à 9,0. — L'nrane est absolument infusible et fixe.
Il forme deux composés avec Toxigène. — Il ne s'altère pas à Tair à la température ordinaire , mais à la chaleur rouge il prend feu, se gonfle et se change en protoxide. — 11 est incapable de décomposer l'eau. — Il est à peu près inattaquable par les acides sulfurique et muriatique concentrés ; mais il se dissout facilement dans l'acide nitrique et dans l'eau régale, même à froid. — Il ne s'allie pas avec les métaux proprement dits.
Son atome pèse 2711,358 U.
ARTICLE n. — Composts oxigénés.
S V\ — Oxidea.
1" Le protoxide d'urane est d'nn gris métalloïde presque noir ou d'un vert sale. Sa poussière est verdâtre. — Il ne se fond pas. — Il est à peu près insoluble dans les acides sulfurique et muriatique étendus; mais il se dissout dans l'acide sulfurique concentré et bouillant , et en petite quantité dans l'acide muriatique concentré. Il est facilement soluble dans Tacide nitrique et dans l'eau régale. — Il est réduit par le gaz hydrogène a la chaleur rouge , et par le charbon à la simple chaleur blanche , même par voie de cémcD*ation. — Le gaz hydrogène sulfuré le réduit aussi , et sans le transformer en sulhire. — Le soufre ne le réduit pas^ mais le sulfure de carbone le change en sulfure. Les
0) l'RAlE.
per- sulfures alcalins piodiiisentla même transformation par voie sèoKe, — Avec le potassium il donne un alliage ioflamraable. — Il est composé , selon M. Ârfwedson , de : Urane. . . . 0,06443 — 100 (j
Oxigène . . . 0,03557 — 8,688
Il joue le rôle d'une base de force médiocre, et il parait ne remplir jamais les f[>nc(ions d'acide.
VKydrate de protoxide d'urane est d'un vert-grisâlre ti> rant quelquefois au brun ou au pourpre — Il se dissout bien dans tous les acides , même dans l'acide acétique , et produit des dissolutions vertes. — Il jaunit promptement à I air en se transformant en hydrate de deutoxide. — Lorsqu'on le fait bouillir dans l'eau non altérée, sa couleur se f^nce , et il se change en oxide anhydre peu soluble dans les acides.
On prépare le protoxide d'ura ne en calcinant le per-oxide ou l'uranate d'ammoniaque à larhnleur blanche.
2<* Le deutoxide parait être jaune, mais on n'est pas certain de l'avoir obtenu pur à l'état anhydre. — Son hydrate est d'un beau jaune. — 11 jour à la fois le rôle de base et le rôle d'acide faible. Il se dissout dans tous les acides , et produits des sels d'un très-beau jaune. Il est insoluble dans les alcalis, mais il les absorbe et s'y combine. — A l'état d'hydrate humide il se dissout facilement dans les carbonates alcalins , surtout dans le carbonate d'ammoniaque. — Lorsque l'on précipite ses sels par une base, c'est un uranatede cette base qui se dépose ; s'il existe dans la liqueur une base qui soit prëcipitable par les alcalis, ceux-ci la précipitent en combinaison avec l'oxide d'urane. — Le deutoxide d'urane perd une partie de son oxigène à In chaleur blanche, et se change en protoxide. — Le soufre ne le ramène qu'à l'état de protoxide. — Il se fond bien avec les substances vitreuses et leur communique une couleur jaune-orangé très-belle. On l'emploie à cause de cela pour colorer la porcelaine et les émaux ; mais il ne donne celte couleur (|u*au feu de moufle et avec les verres de plomb. — Au chalumeau il Colore le borax en jaune sombre et le sel de phosphore en jaune-paille; ces couleurs sont totalement changées au feu de réduction ^ et passent au vert. — Avec le borax la couleur est vert sale^ — mais avec le sel de phosphore elle est d'un beau vert pur. — Certaines combinaisons vitreuses do protoxide sont d'un très-beau noir ^ surtout lorsqu'elles contiennent un peu de coball.
Le deutoxide d'urane est composé de ;
Urane. . . . 0,947S« — 100 Oxigène. . . 0,05t67 - 5.532 U
COMPOSÉS OXIGERÉS. M
Pour avoir l'hydrate pur il faut laver compidtemcntt à fabri du coDlacl de Tair, Thydrate de proloxide précipité d'un sel par un alcali (sans cette précaution il se formerait de Turanate alcalin), et laisser ensuite cet hydrate exposé à Fair pour qu'il absorbe de i*oxigène.
J 2. — Sels.
On distingue des sels d'urane a base de protoxide , des sels à base de deutoxide , et des uranates.
1* Les sels à base de protoxide sont d'un vert assez intense, mais un peu sombre. Ils sont susceptibles de cristalliser : ils peuvent être parfaitement neutres , et il y en a même qui rougissent le curcuma comme les alcalis. Leur Mreur est astringente pure.— Ils se transforment peu à peu «-0 sels de deutoxide au contact de Fair. ^- L'acide nitriquo ou le chlore les amène promptement à cet état. — Leurs dissolutions donnent avec les alcalis des précipités d'hydrate vert, gélatineux, insolubles dans un excès d'alcali ; — avec les carbonates elles donnent des précipités de même aspect, solubles dans le carbonate d'ammoninque ; — avec le prussiate de potasse jaune ou rouge , des précipités d'un brunroogeâtre; — avec les hydro-sulfates, des précipités noirs de sulfure , insolubles dans les hydro-sulfates ; — avec la noîx de galle , des précipî'és d'un brun-chocolat. — l^*hydrogène sulfuré no les trouble pas. — Pour préparer l'*s sels de protoxide d'urane on précipite un sel de deutoxide par nn hydro-sulfate, on Inve, et l'on redissonl le dépôt dans nn acide , en ayant soin de le tenir A Tabri du contact de l'air.
2* Les sels de deutoxide sont d'un janne-citron ou orange pur, sans mélange de vert. Lorsqu'ils sont en dissolution ils ont toujours la réaction acide. Ils ont une grande tendaore à former des sels doubles. Les sels simples sont facilement décomposés par la chaleur ; les sels doubles supportent une température beaucoup plus élevée. — Les dissolutions de deutoxide d'urane donnent avec les alcalis des précipités gélatineux jaunes qui sont des uranates insolubles dans un excès d'alcali ; — avec les carbonates alcalins, den précipités jaunes de carbonates doubles , solubles dans un excès du précipitant et surtout dans le carbonate d'ammoniaque; -- avec les phosphates, des prcHpités blancs- verdâtres: — avec les arséniates, des précipités blancs-jaunâtres; — avec les arséniles , des précipités d'un jaune très-beau et Irés-éclatant ; — avec le prnssiate jaune de potasse et la noix de galle , des précipites semblables à ceux qui ont lieo dans les dissolutions de protoxide. — Le prussiale rouge ne les précipite pas. — Les oxalales ne les précipi-
9•^ URAnE.
tent pas. — L'hydrogène sulfure ne les trouble pas et neles ramène pas à un moindre degré d'oxidation. — L^acide tartrique empêche la précipitation des oxides d'urane par les alcalis.
Le meilleur moyen de préparer les sels simples consiste à faire absorber de Toxigène aux sels de protoxide , soit en les laissant exposés à l'air pendant un temps suffisant , soit en les faisant chauffer avec une petite quantité d*acide nitrique.
8° Uranates, — Les uranateê qui sont saturés de base sont la plupart inaltérables par la chaleur rouge , et même, lorsque la base est forte ^ par la chaleur blanche ; mais lorsqu'ils contiennent un excès de deutoxide d*ur«ine ^ une grande partie de cet oxide est amenée à Tétai de protoxide par la calcination , et reste mêlée avec un uranate basique, lequel est soluble dans Tacide muriatîque étendu , tandis que le protoxide d*urane ne s*y dissout pas. — Lorsque Ton fait passer du gaz hydrogène sur des urauates dont les bases sont faciles à réduire, on obtient, à la chaleur rouge, des poudres qui brûlent à Tair comme des pyrophores , et qui paraissent être des uranures.
Les uranates alcalins ^ et ceux qui ont pour base un oxide incolore , sont , après qu'ils ont été calcinés , d'un beau jaune-orangé ou briquelé d'autant plus foncé que le sel est plus basique.
Quand on chauffe Vuranaie dépotasse dans du gaz hydrogène^ le sel se change en un composé de protoxide d'urane et d'hydrate alcalin : l'eau ne sépare que peu d'alcali de cette combinaison , mais les acides la détruisent et en séparent du protoxide d'urane qui est dans un état de division , tel qu'il passe à travers les ûltres.
Vuranate d'ammoniaque peut être chauffé à 200^ i^ans se décomposer. A une température plus élevée il se change en protoxide en abandonnant de l'ammoniaque , de l'eau et de l'azote. Il est un peu soluble dans l'eau chargée de sel ammoniac. — On l'tibtient en précipitant un sel simple d'urane par l'ammoniaque en excès ^ ou bien en précipitant par le même alcali les sels doubles qui renferment des bases qu'il ne précipite pas , telles que la potasse , la soude , etc. , pourvu toutefois que ces bases ne soient pas en excès , sans quoi il s'en précipiterait une partie en combinaison avec l'urane.
Vuranate de baryte est soluble dans l'acide nitrique. L'acide sulfurique le décompose et en sépare la baryte. Pour l'avoir pur il faut précipiter le nitrate d'urane par la baryte caustique en excès, et laver à grande eau. Dans le sel
URANATES. 93
qui se formç Tacide contient deux fois autant d'oxigène que la baryte.
ABTiCLB ni. — Composés sulfurés et séléniés.
Sulfure, — Le sulfure d^urane est d'un gris de plomb foncé métallique. — Il se dissout très- notablement dans Facide sulfurîque et dans Tacide muriatique. — Il se change en protoxide par le grillage. -^ On Tobtient , 1<» en faisant passer de la vapeur de sulfure de carbone sur de Toxide chauffé au rouge ; 2^ ou en chauffant au blanc , dans un creuset brasqué , un mélange de parties égales d'oxide d'urane , de carbonate de soude el de fleur de soufre , et lavant à grande eau pour enlever le snlFiire alcalin ; préparé par ce second procédé , il est en lamelles cristallines métalliques.
Le sulfure que Ton obtient par voie humide , en précipitant une dissolution d'urane par un hydro-sulfate , est noir. — Il est un peu soluble dans les hydro-sulfates , qu*il colore en brun-foncé , et même dans Teau pure. — L'acide snIForeux le dissout immédiatement, et la dissolution est jaooe. — Par la dessiccation il se contracte beaucoup , et se change en un mélange intime de protoxide d^urane et de soufre. — Exposé , humide , au contact de l'air, il se convertit au bout d'un certain temps en o xi- sulfure }anne qui se change , par la calcination , en protoxide , avec dégagement d'acide sulfureux , et qui , traité par les acides , laisse dégager de Thydrogène sulfuré , et donne un dépôt de soufre. — Le même oxi-sulfure se forme lorsque Ton fait passer de l'hydrogène sulfuré à travers de l'uranate de potasse humide. Si le gaz était employé en excès, tout l'urane serait converti en sulfure.
Sulfates. — Le sulfate de protoxide cristallise aisément. Il forme avec le sulfate de potasse un sel double presque insoluble.
Le sulfate de deutoxide est incristallisable. — Par la calcination il se change en sel de protoxide. — Il est soluble dans 20 à â5 p. d'alcool. La dissolution alcoolique se décompose à la lumière solaire ; elle se trouble , verdit , répand une odeur éthérée , et il s'y forme un dépôt de sous-sulfate de protoxide gris-verdâtre.
Le sulfate de deutoxide d'urane et le sulfate de potasse peuvent se combiner en plusieurs proportions. Le sel double neutre, dans lequel les deux bases renferment la même quantité d'oxigène, cristallise. — Il est insoluble dans l'alcool.— Il n'est pas décomposiible complètement par la chaleur.
Le sulfate d'urane ammonique cristallise en petits grains
Cl HP ANE.
d'un jaune-ritron. Il esl Irèst-soluble, et tolalemcnt dëcomposé par la chaleur.
Suifite, — Le sulfite de deuioxide est pulvérulent » jaune , peu soiuble dans Teau . mais ires-solub^e dans un excès d'acide sulfureux. — La chaleur de rébullition ne le transfiorme pas en sel de protoxide.
Séléniteê, — Le aélènite de deutoxide neutre est pulvérulent et d'un jaune-citrun. Il abandonne son acide à la chaleur rouge.
Le sélénite acide est d*un jaune pâle , et ressemble à un vernis transparent. Privé d'eau , il esl blanc et cristallin.
ABTfCLB IT. — Composés phospRor es , arséniés et azotés.
Phosphates, — Le pfiospfiate de protoi-ide est don vert sale et insoluble.
Le pHospfiate de deutoxide obtenu par double décomposition est gélatineux, d'un blanc*verdâlre . insoluble dans Teau , — soiuble dans les acides forts , soiuble dans le carbonate d*unimoniaque , dont il se sépare sans altération par rebuiliiion; — décomposé par les alcalis caustiques et par leut^s carbonates , — réductible par le charbon. — L*oxide d'urane fondu avec les phosphates acides de soude ou de chaux donne des verres d'une belle couleur émeraude lorsqu'il y a présence de matières combustibles.
Arséntate, — \^arséniate de protoxide est d*un blanc légèrement jaunâtre.
Arséntte, — Varsénite esi d'un jaune-orangé très-beau cti irès-brillant.
Nitrate, — Le nitrate de deutoxide neutre cristallise aisément, par refroidissement, en longs prismes rectangulaires aplatis y et terminés par des pyramides à huit faces. — Il est soiuble dans la moitié de son poids d'eau f. — L'alcool en dissout plus de irois fois sou poids : la dissolution chauffée a 45^ laisse déposer uu sel qui paraii contenir un acide végétal. Le nitrate est soiuble aussi dans l'éther su!furique ; la dissolution verdit peu à peu, il s'y forme un dépôt noir de protoxide , et la liqueur contient de l'éther nitrique. — Lorsqu'on calcine le nitrate il se change d'abord en sous^nitrate , puis en niire ^ et enfin en protoxide ; mats tant que te résidu contient du deuioxide , il retient de l'acide.
Il y a un nitrate acide qui cristallise aisément^ et qui est moins soiuble que le sel neutre.
ARTICLE V. — Composée cfilorés et fluorés.
C/îlorures^ hydrocRiorates, — Les dissolutions de protoxide dans l'acide muriatique ne cristallisent pas : elles se
COMPOSÉS OXIGÉISÉS. (5
décomposent totalement par rëvaporation à siccité , et laissent dn protoiide pour résidu.
Les dissolutions de deutuxide dans le même acîde soit également incrîstallisables. Par évaporation douce elles donnent une masse déliquescente, soluble dans l'alcool et dans Tëther. Les dissolutions daB^ Télher, exposées au so* ieil. se troublent^ et laissent déposer du tnuriate de protoxide d*an vert-foncë.
Lorsqu'on ajoute un chlorure alcalin à une dissolution muriatique de deutoxide d'urane, on peut obtenir des chlorures doubles crîstallisables.
Le cHlorure (furane potassique cristallise en petits prismes ou en grains transparents d'un beau jaune , dans une liqueur qui contient un excès de chlorure de potassium. — H est soluble dans lalcool. — Par la calcination , il fond» abjiDdonne du chlore et devient vert. — Les deux chhirures qu'il contient renferment la même quantité de chlore.
Lorsqu'on chauffe dans une cornue deyerre 1 p. de carbonate d*urane avec deux parties de sel ammoniac , il se dégage une partie de ce sel , et il reste une matière liquide d'un brun-verdâtre , qui doit être un chlorure double. — A une température un peu élevée ce liquide bout comme de leau ; il s'épaissit peu à peu et à la chaleur rouge , il se convertit en urane métallique pulvérulent, couleur cannelle et parfaitement pur. Dans cette expérience il se produit d'abord do per-cblorure, puis du proto-chlorure ammoniacal, qui se décompose avec dégagement de sel ammoniacal, d'acide hydro-chlorique , et par conséquent d'azote.
Fluorure. — Le fluorure est très-soluble et incristallisable. il forme avec les fluorures alcalins des composés trèssolubles.
ARTICLE VI. — Composés carbonés.
Carbonates ^ etc. — Le carbonate de proioxide est soluble dans le carbonate d'ammoniaque ^ qu'il colore en vert. Il se transforme en protoxide lorsqu'on le fait bouillir avec de l'ammoniaque.
En dissolvant de l'hydrate de deutoxide d'urane dans du bi-carbonate de potasse on obtient un carbonate double qui se dépose spontanément en croûtes cristallines d'un beau jaune. — Par la calcination ce sel devient d*un rouge de brique , ^t se change en un mélange de carbonate de potasse que i'eau peut enlever, et d'an uranate dans lequel Tacide contient deux fois autant d'oxigène que la potasse.
Lorsque l'on mêle une dissolution concentrée de deutoxi'ie d'urane avec un excès d'une dissolution concentrée
96 URANB.
de carbonate d*aininoniaque , on a une dissolalîon de ear^ bonaie double qui ne tarde pas à se déposer en partie , sous forme de très-beaux cristaux d'un jaune-orangé. — Ces cristaux ne sont solubles que dans un grand excès de carbonate d*ammonidque. En faisant bouillir la dissolution il s'y forme un précipité grenu d'un jaune-clair, qui est un car* bonate double avec un grand excès de base , et que Feau entraîne à travers le filtre , à moins qu'on n'y ajoute du sel ammoniac.
Oxalate. — VoxalaU de protoxide est vert-jaunâtre et très-peu soluble dans les acides.
Voxalate de deutoxide saturé de base laisse peu \ peu déposer de sa dissolution un sous-sel en croûtes cristallines très-peu solubles dans l'eau , mais solubles dans l'acide oxalique. — L'oxalate neutre donne de l'urane métallique pur par calcination en vase clos. — Il est com-
Deutoxide d'urane. . . 0,7076 Acide oxalique . . . 0,1673
Eau 0,1251
Le eous-oxalaie se transforme par la calcination en protoxide.
Les tarifâtes^ citrates , bensoates , sont jaunes , et insolubles dans l'eau.
Acétate, — Vacétate de deutoxide cristallise en petits prismes quadrangulaires très-solubles dans Teau. — Lorsqu'on évapore la dissolution à siccité , à une douce chaleur, et qu'on reprend par l'eau , ce liquide dissout de Tacélate neutre , et il reste un sous-acétate pulvérulent d'un très-beau jaune.
ARTicLX vil. — Composés métalliques.
CRràmates, — Le cfirômate de deutoxide obtenu par double décomposition est d'un assez beau jaune et insoluble dans l'eau. Il forme avec l'acide chrômique un sel acide aoluble et cristailisable en grains d'un rouge de feu.
Tungstate ^ molybdate, — Le tungstate et le molybdate de deutoxide sont jaunes , insolubles dans l'eau , solubles dans les acides forts et dans le carbonate d'ammoniaque.
SECTIONS II ET III
Minéraux et produits (Part.
La famille urane renferme six espèces qui sout :
]o h'oxidule ou pecR-blende ,
2'' V/iydrate de deutoxide ,
S^ Le sulfate ou jofianite ,
4^ Vuranite ou pRospfiate calcifère ,
^'* La ckolkoliie ou pfiospfiate cuprifère ^
6* Le earbanaie.
En outre ^ Turane se trouve dans quelques minerais de tantale , peut-être à l'état de iantalite.
Les minéraux d'urane sont rares , et ne se sont encore rencontrés que dans les terrains anciens.
\^ Oxidule ou pechblende. — La pecfi-hlende est compacte, amorphe, d'un noir-grisâtre, ayant quelquefois un faible éclat métallique : sa cassure est imparfaitement conchoïde, souvent grenue , et quelquefois feuilletée. Elle ressemble a un schiste houiller. — Sa p. s. varie de 0^40 à 7,50. — Elle est presque toujours mélangée d'argile , de chaux carbonatée , de cuivre pyriteux , de pyrites arsenicales , de galène , de blende , de mispickel et de minerais de cobalt. — Elle existe en assez grande quantité dans les mines de plomb de Joacfaimsthal et de Johangeorgenstadt en Bohème. — Au chalumeau elle est inaltérable et infusible ; mais elle colore la flamme en vert. — Quand on la traite par Tacide muriatique il se dissout de la chaux , de la magnésie , du plomb , du enivre et du fer ; maïs il ne se dissout qu'une très-petite quantité d'urane. L'acide nitrique l'attaque trèsfacilement , même à froid , avec dégagement de gaz nitreux, et dissout tout, excepté l'argile. —Deux échantillons ont donné à l'analyse :
Protoxide d'urane. . . 0,516 — 0,600
Argile 0,172 — 0,090
Peroxide de fer . . . 0,072 — 0,025
Carbonate de chaux . . 0,OSâ — 0,0S2
Carbonate de magnésie . 0,033 — . . . •
Galène 0,060 — 0,035
Cuivrppyriteux et sulfuré. 0,012 — 0,055
Pyrite de fer arsenicale . 0,058 — 0,092
Blende - 0,0U
Eau et bitume. . . . 0,042 — 0,052
mais sa composition est très-variable. — Selon M. Karsten, les minerais d'urane de Johangeorgenstadt contiennent une quantité notable de sélénium qui parait provenir du silicate (le cuivre dont ils sont mélangés \ mais les minerais do Joachimsthal n*en offrent point la moindre trace.
2« Hydrale de deutoxide. — V hydrate de deutoxide est le plus souvent le produit de l'altération delà pech-blende. — Il est tantôt pulvérulent et tantôt compacte , el le plus sou* vent d'un jaune-citron. Cependant on en trouve à Johani;eorgenstadt , qui est d^un jaune-rougeâtre. Cette dernière variété esiopalifortne, et ressemble au succin ou au mellite.
98 URAFCE.
Sa cassure est coii('h(»îJe ; elle est ordinairemenl opaque , mais quelquefois translucide. — Sa p. s. est de 3,98 à 4,16. — Par lu calcination il s'en dégage de l'eau pure , et elle devient d*nn rouge- bruii.On la trouve en petites masses fen- 'dillées. — Elle contient, selon M. Karsten :
Oxide d*iirane 0.780
Eau 0,147
Silice 0,048
Chaux 0.060
Acide phospborique .... 0,0^3
Oxido de manganèse 0,001
Acides fluorique et arsënique. • trace
On peut la considérer comme formée de t atome du
phosphate de chaux Ca^P-'^ et de 4 atomes de l'hydrate de deutoxide d*urane îf îî^.
.lo Sulfate imjohanite, — On n'a rencontré jusqu^ici [a jofianite que dans les travaux abandonnés de la mine d'Elias , près de Joachimsthal en Bohème. Elle est en petits cristaux qui recouvrent des minerais d'uraue, et qui sont ai compagnes de gypse aciculaire ; ses formes dérivent d'un octoèdre rectangulaire dont les angles sont de 1 1 |o, ] |8^ et 128o,82. Elle est d'un beau vert d*herbe, deml-transparenie et très-tendre ; son éclat est vitreux. — Sa p. s. est de 3^19. Elle est soluble dans Teau. — C'est un sulfaie double de deutoxide d'urane et de deutoxide de cuivre.
4° Uranite ou phosp/iaie calvi/ère. — BI. Berzéims a cru d'abord que Vuranite était un uranaie de chaux ; mais MiVf. Philipps et Laugier ont f>ait voir que c'était un phosphate double calcifère. Ou trouve ce minéral a Autun et dans quelques autres lieu\, disséminé dans des roches anciennes. — 11 se présente cristallisé en lames carrées, entrecroisées, translucides, d'un très-beau jaune tirant qui'l* quefois sur le rouge, ayant l'éclat nacré ; il est tendre et fragile.— Sa p. s. est de 3,1 IK. — Au chalumeau, dans le ma« tras^ il donne de l'eau, et devient d'un jaune pâle et opaq^je; sur le charbon il se réduit en un grain noir ; avec le borax et le sel de phosphore il donne un verre d'un jaune sombre au feu d'oxidation , et d'un beau vert au feu de réduction ; avec la soude il produit une scorie jaune. — Il est soluble dans Tacide nitrique et dans l'acide muriatique. Les carbonates alcalins le décomposent totalement par voie sècfle,
5o Cftaikolite ou pfiospRate cuprifère. — Ce minéral a absolument la même forme et les mêmes caractères extérieurs
queFuranite ; il o en diffère que par la couleur^ qui est d*ua beau vert-émerande , et il paratl que les deux espèces peuvent se mêler ensembla en timtes proportions.^ On trouve la cbaikolite en Cornouailles , dans le département de TAveyron et dans quelques autres lieux. — Au chalumeau , dan» le tuatras, elle perd de Teau qui entraîne avec elle une petite quantité d*acide phosphorique; avec la soude elle donne des grains blancs métalliques de phosphure de cuivra ; avec le burax et Tétain elle produit un verre rouge coloré par le proloxide de cuivre. — Elle se comporte avec les réactifs comme Puranite. M. Berzélius a trouvé ces deux espèces composées comme il suit :
Uranile. Ghaikolito.
Oiîded'urane .... 0,5987 — 0,6025
Chaux 0,0ô65 —
Oxidc de cuivre — 0,08-44
Baryte 0,0161 —
Magnésie ï 0 0019 ~
Oiide de manganèse . .^ '
Oside pbosphorique. . . 0,1403 — 0,1856
Eau . 0,1490 — 0,1SU5
Acide âuorique. . . trace — trace
Oxide d'étain .... trace —
Gangue . . . ^ . . . 0,0285 — 0,0070
nés deux espèces ont pour formule ( Cu , Ca )' P* -f- 2 U' *** + Î4 Aç.
6* Carbonate. — Le carbonate ne se trouve qu'en petite quantité , et parait provenir de Taltération spontanée de la pecb-blende. Il a été observé par M. Zippe, do Prague.— H est en petites lames cristallines d'un jaune de citron iipani sur le jaune de soufre , peu éclatant, opaque et trèsleodre,
SECTION IV
Moyens d'essai. — Préparation,
Moyens d'essai. -— Vurane étant infusible et ne formant »«cun alliage fusible , il n'est pas possible de le séparer, par toiegècfie , des substances hétérogènes avec lesquelles il se trouve mêlé, lors même que ces substances peu\ent former «Dire elles un composé bien fusible. L'oxide tl'urane se réduit très-facilement, et la présence des silicates n'oppose qu'un wible obstacle à sa réduction; mois le métal reste disséminé dansle verre, et il y est dissémine en particules tellement té-
]00 URANE.
nues , que la masse a l'apparence homogène : elle est colorée en brun plus ou moins foncé.
Préparation. — Comme Toi^ide d*urane est employé dans plusieurs manufactures de porcelaine pour colorer la cou- ?erte en jaune ou en noir , nous croyons devoir indiquer comment on peut Textratre de la pech-blende. Il y a pour cela plusieurs procédés.
l^' M. Arfwedson traite le minéral réduit en poudre par Teau régale ^ et fait passer de l'hydrogène sulfuré dans la liqueur^ puis il filtre ; de celte manière il sépare Targile, le plomb , le cuivre et l'arsenic. Ensuite il fait bouillir la dis • solution avec de l'acide nitrique , pour sur-oxider le fer , et il la sursature d'ammoniaque : cet alcali précipite Turaoe , le fer , Talumine , et une partie de cobalt et de zinc. Après avoir bien lavé le précipité il le fait digérer avec du carbonate d'ammoniaque qui dissout l'urane , le cobalt et le zinc, et laisse Toxide de fer. Il fait bouillir la liqueur, et tout l'urane se précipite en entraînant une certaine quantité des deux autres métaux. 11 calcine le dépôt à la chaleur rouge , et le traite après cela par de l'acide muriatîque étendu , jusqu'à va qu'il soit totalement changé en une poudre fine d'un gris-foncé. Cette poudre est du protoxide pur. La dissolution muriatique contient une petite quantité d'uranate de zinc et de cobalt. Si Ton ne veut pas la négliger on la précipite par l'ammoniaque en excès qui retient une partie du zinc et du cobalt ; on calcine au rouge le dépèt f et on le traite comme le premier.
2® M. Uerschel précipite la dissolution du minerai d'urane par le prussiate de potasse, lave par décantation à l'eau froide, et traite le précipité humide par le carbonate de potasse a froid , l'urane seul se dissout ^ et il se dissout en totalité. Il le précipite ensuite de la liqueur par la potasse caustique ajoutée en excès. De cette manière l'urane est parfaitement exempt de fer et d'acide phosphorique ; mais il est évident qu'on ne l'obtient qu'à l'état d'uranate de potasse. Z"" On commence par faire digérer à chaud le rainerai réduit en poudre très-fine, avec de l'acide muriatique ua peu affaibli qui dissout In chaux , la magnésie , l'oxide de fer et même une partie du plomb et du cuivre : il se dissout en même temps un peu de protoxide d'urane ; mais la quantité en est si petite qu'on peut la négliger. Le résidu bien lavé Cbt ensuite traité par l'acide nitrique du commerce ; on évapore lu dissolution jusqu'à siccité à une chaleur modérée, en ayant soin d'agiter continuellement la matière ; on reprend par l'eau bouillante , et l'on filtre : on sépare ainsi toute l'argile et la presque totalité du fer retenant l'acide arscnique. En évaporant ensuite la liqueur à siccité.
et calcinant le résidu au rouf];e, on a de l'oxidc d'uranequi D est pas absoluinent pur, mais qui le plus souvent Test assez poar qu'on puisse remployer dans la peinture des émaux. Quand on veut avoir cet oxide tout-à-fait pur , au lieu d*éva~ porer la dissolution , on la chauffe jusqu'au point d*ébullitioo , et Ton y fait passer un courant de gaz hydrogène sulfuré ; le plomb , le cuivre et Parsenic s'il en reste , sont précipités , et le fer est ramené au minimum d'oxidation. Alors on verae du carbonate d'ammoniaque dans la liqueur peu à peu, tant qu'il s'y fait un précipité d'un jaune pur , et de inanière à laisser un peu d'urane dans la dissolution ; on 6kre et on lave rapidement avec de Teau bouillie. Le prédpité est du carbonate d'urane ammoniacal pur, qui par calcination donne de l'oxide. Tous les autres métaux restent dans la liqueur avec une petite quantité d'urane que l'on peut négliger. On a proposé de substituer , par économie , nn mélange de carbonate de soude et de sulfate ou de muriate d'ammoniaque au carbonate d'ammoniaque ; cela peut se faire effectivement ; mais alors il arrive presque toujours que l'oxide d'urane retient une quantité notable de soude. •4* En chauffant le minerai à une forte chaleur blanche dans un creuset brasqué , ou bien en le calcinant dans un creuset nu après l'avoir mélangé de charbon, on en expulse la presque totalité de l'arsenic , ainsi que beaucoup de soufre; les pyrites se changent en proto-sulfure , et l'oxide d'urane se réduit à l'état métallique. Si alors on fait bouillir le minerai ainsi traité avec de l'acide muriatique concentré, tout le fer se dissout, ainsi que la chaux, la magnésie et la plus grande partie du plomb , sans qu'il se dissolve la plus petite trace d'urane^ et celui-ci reste mêlé d'argile et de sulfure de cuivre : dans cet état il pourrait être employé pour la préparation des émaux : on en extrait d'ailleurs aisément de l'oxide d'urane pur, en le traitant par l'acide nitrique , faisant passer de l'hydrogène sulfuré dans la liqueur, Gltrant , évaporant à sec , et calcinant le nitrate à la chaleur ronge. Ce procédé de préparation est le plus simple de tous et le plus économique.