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CHAPITRE XVII

Du eolMiH.

SECTION PREMIÈRE

Propriétés.

Le cobalt a été obtenu pour la première fois à Tétat métallique par Brandt, en 1733.

ARTICLE PRBHIER. — Métal,

Il est d*un gris-blanc comme le platine. II reçoit aisément le poli , et il prend un grand éclat. Celui que Ton obtient en cémentant Toxide dans du charbon à la chaleur blanche, ou en réduisant cet oxide par le gaz hydrogène, est d'un gris^cendré mat; mais il prend un beau poli s^ous le brunissoir, et il s*aplatit sensiblement sous le marteau. Lorsqu'on le fond en culot dans un creuset brasqué il absorbe une petite quantité de charbon ; cependant il est demi-ductile comme de la fonte très-douce, et sa cassure est crochue plutôt que grenue, ce qui caractérise les métaux malléables : nul doute qu*on pourrait le travailler comme le fer. Il est assez dur, mais la lime Tentame facilement. Il n'a ni saveur ni odeur. — Sa p. s. est de 8,7 ou de 8,513, selon M. Berzëlius. — Il est attirable à Taimant, mais moins que le fer, dans le rapport de 5 à 9, selon Wollaston ; il peut acquérir la polarité. — Dans un creuset brasqué il se fond un peu plus difficilement que le fer. Il est fixe.

On connaît quatre combinaisons du cobalt avecToxigène : 1** le protoxide; 2** le per-oride; 3® le deutoxide^ que Ton

composes OXIGÉISÉS. 315

considère comme un composé des deux premiers^ et 4** Vacide cùbaltique.

Le cobalt fondu ne s*aUère pas dans Tair sec à la tempe* rature ordinaire; Tair humide le recouvre d*une rouille noire qui est deThydrate de per-oxide. Il s'oxide facilement par le grillage. Le métal pulvérulent^ préparé par le gai hydrogène à une basse température, et complètement refroidi, s*embrase spontanément dans Tair, et brûle en répandant une lumière rouge.

Le cobalt décompose Tean pure à la chaleur rouge, mais beaucoup moins rapidement que le fer. Il la décompose aussi, mais lentement à la température ordinaire, et plus promptement si l'on chaufFe ^ à la faveur des acides sulfu* rique, murîatique et phosphorique. — L*acide nitrique et IVau régale le dissolvent très-promptement. Les acides végétaux ne le dissolvent qu'à la longue, et seulement lorsqu'il y a contact de Tair.

Il détone avec le nitre et avec le chlorate de potasse. — Il précipite de leur dissolution , en s'oxidant^ Targent, le mercure , le cuivre, etc.

Quand on le chauffe au contact du carbone il en absorbe une petite quantité. — Il se combine facilement avec le soufre, le sélénium, le phosphore et Farsenio, lorsqu'on le chauffe légèrement. — - Il brûle dans le chlore gnzeux; le chlore liquide ie dissout. — Il décompose le sel ammoniac, qi4t ie change en chlorure. — 11 s'allie avec un grand nombre de métaux, et il peut produire beaucoup d'alliages ductiles. — Son atome pèse 368,991 Co,

ARTICLE II. — Composés oxigénés* § i»»-. — Oxidesm

Les oxides de cobalt sont fiïoilement réduits par l'hydrogène, le carbone, le soufre, le phosphore, l'arsenic, etc. Le charbon opère leur réduction par cémentation à une température suffisamment élevée, lors même qu'ils sont combinés avec des borates ou avec des silicates. — Le chlurelîquide convertit le proloxide partieen proto-chlorure partie en hydrate de per-oxide. — Le sel ammoniac les transforme en chlorure, et peut même les réduire.

Au chalumeau, sur le charbon, avec la soude, ils se réduisent aisément , mais sans que le métal se fonde. Avec le borax et avec le sel de phosphore ils donnent des verres transparents d'un très-beau bleu; il ne faut qu'une trèspetite quantité d'oxide pour produire une coloration trèssensible. Sur la feuille de platine, avec le carbonate de

soude , il ne s*en combine que très-peu , et la masse est grise ; mais avec le carbonate de potasse il s'en fond une beaucoup plus grande quantité, et la masse est noire.

1^ Le protoxide est d'un gris assez foncé ayant quelquefois un léger éclat métallique. — Lorsque après Tavoir chauffé au rouge on Tabandonne à lui-même , il absorbe, pendant le refroidissement, de Toiigène, et se convertit en partie en per-oxide. — A la chaleur rouge Thydrogène sulfuré le transforme en proto-sulfure. — Il se dissout dans les acides forts à Taide de la chaleur ; mais il est inattaquable par les acides faibles. — Son hydrate est d'un bleu de lavande ; il devient d'un rose pâle spontanément ou par l'ébullition , et vert-olive par l'exposition à l'air, en se changeant en mélange d'hydrate de deuloxide et de carbonate de protoxide. Il se combine aisément avec tous les acides. L'ammoniaque le dissout et se colore en rouge. — L'oxide de cobalt se combine par la toie sèche avec les alcalis ; les composés sont bleus; l'eau les décompose complètement. H se combine également avec plusieurs bases , entre autres avec la magnésie , l'alumine et Toxide de zinc. — On prépare aisément ces composés en chauffant les bases à une température convenable après les avoir arrosées avec une dissolution de nitrate de cobalt. Le composé magnésien est rose ; le composé ahimineux est d'un beau bleu d'outre-mer; et le composé zincifèreest d'un assez beau vert: on l'appelle vert de Riumann. — Le carbonate d'ammoniaque dissout l'oxide de cobalt , et donne une liqueur rouge qui contient du carbonate double de protoxide. — Il est composé de :

Cobalt. . 0,7868 — 100 Co

Oxigène . . 0,!21.32 — 27,097

On le prépare en calcinant une assez grande quantité de nitrate, laissant refroidir dans le creuset couvert , et ayant soin d'enlever la couche supérieure, qui est un peu suroxidée.

2° Le per-oxide est noir. — Il commence à perdre de foxigène à la chaleur ronge, et il est ramené à l'état de protoxide a la chaleur blanche. — Il se dissout à chaud, avec dégagement d'oxigcne, et en se changeant en protoxide, dans tous les acides forts, et même, quoique lentement , dans l'acide acétique. Les acides nitreux et sulfureux le dissolvent sans dégragement de gaz : il se forme du nitrate et du sulfate de protoxide. L'acide murinque le dissout avec dégagement de chlore. — L'ammoniaque liquide ne le dissout pas et ne l'altère pas. — Il est composé de ;

Cobalt. . . 0,711—100 €Ô Oxigène. . . 0,189 — 40,68

COMPOSÉS OXIGÉNlb. 317

Son fi^draU est d'un noir un peu brun ; il prend l'aRpect du jayet en se desséchant. A la chaleur sombre il perd toute son eau et une petite quantité d'oxigène. — Il contient ;

Per-nxidede cobalt. 0,8225 — 100 p . , Eau 0,1775 —21,8 '"^^^

On Toblient en faisant passer du chlore en excès dans de Teau tenant en suspension de l'hydrate ou du carbonate de protoxide non desséchés, ou en précipitant un sel de cobalt par un chlorite employé en excès.

Z^ On ne connaît le deutoxide qu'à l'état d'hydrate ; il est alors d'un vert-olive sale. — A la chaleur rouge il perd son eau et absorbe de Toxigène , à la chaleur blanche il se change en protoxide. — Il ne forme pas de sels particuliers. Les acides concentrés le dissolvent en en dégageant de Toxigène , et en le changeant en protoxide. Les acides affaiblis le changent en protoxide qui se dissout , et en per-oxide qui reste insoluble. — D*àprès la proporliou relative des deux oxides qui se forment dans cette circonstance, le deutoxide parait être analogue à i'oxide de fer maguétique, et contenir :

Cobalt . . . 0,735 — 100 •' V""'

Oxigène. . . 0,26S — «6—18^^+^^

Il se produit lorsqu'on laisse de l'hydrate de protoxide humide exy>osé à Pair.

4° Acide cobaltique, — On n'a pas obtenu Vacide cobaliique à l'état isolé ; mais M. L. Gmelin a prouvé son existence, et a trouvé qu'il renferme deux fois autant d'oxigène que le protoxide , ou qu'il contient :

Cobalt. . . 0,648 — 100 ;r

Oxigène. . . 0,852 — 64,10 ^®

Il se forme lorsqu'on expose de l'hydrate de proloxide tenu en suspension dans de l'ammoniaque , au contact de fair ; il y a absorption d^oxigéne , et l'acide, à mesure qu'il se produit , se dissout en colorant la liqueur en brun. — Cet acide est d'ailleurs très-peu permanent , car sa dis8o« liltion ammoniacale se décompose peu-à-peu dans des vases ouverts , a la faveur de l'acide carbonique de l'air ; il se dégage de l'azote , et l'acide , ramené à l'état de protoxide , donne naissance à du carbonate double ammoniacal qui colore la liqueur en rose.

S 2. — Sels.

Tous les seh de cobalt sont à base de protoxide. — Leurs dissolutions sont d'un beau rose fleur de pécher , ou d'un

rougfe de grenat quand elles sont concentrées : les sels cristallisés ont tous cette dernière couleur. Les sels solubles calcines et les sels insolubles soit calcinés, soit simplement desséchés , sont ou roses , ou lilas , ou même tout-à-fait bleus. «— Les sels solubles ont tous la réaction acide. — Leur saveur est astringente et peu métallique. — Les alcalis fixes caustiques précipitent complètement tous les sels simplcM ; les précipités sont bleu de lavande , et paraisseni être de Toxide : par rébullilion dans Teau ces précipités deviennent d'un violet-rougeàtre et se changent en hydrate. — Les carbonates de potasse et de soude y forment des précipités de couleur rose ; la précipitation n*est jamais abso« lumcnt complète , lors même que Ton fait bouillir. — Le carbonate d*ammoniaque y forme des précipités semblables, solubles dans un grand ejLcès de précipitant : les liqueurs deviennent alors d'un beau rouge. — Le cobalt est précipité par le carbonate de chaux ^ mais il ne Test pas par le carbonate de magnésie. — Los phosphates alcalins font dans les dissolutions neutres de cobalt des précipités d'un très-beau bleu-violacé. — Les arséniates alcalins y font dans la même circonstance des précipités d'un rose fleur de pêcher. — Ces dissolutions ne sont troublées ni par les oxalates, ni par les succinates , ni par les benzoates. — L'acide oxalique en précipite à la longue tout le cobalt à Télat d'oxalute d'un rose pâle. — Le prussiate de potasse jaune le précipite en vert sale; le prussiate rouge , en brun-rouge : les précipités sont insolubles dans l'acide muriatique. — Lorsque les dissolutions sont suffisamment acides elles ne sont pas troublées par l'hydrogène sulfuré ; mais les hydrosulfates y forment des précipités noirs de sulfure; ce sulfure est insoluble dans un excès d*hydro-sulfate , mais soluble dans la potasse caustique , avec laquelle il forme une liqueur brune. — Le cobalt ne peut être précipité à Tétat métallique par aucun métal* — L'addition d'une suffisante quantité d'acide tartrique , etc. , empêche la précipitation du cobalt par les alcalis , mais non par les hydrosulfates et par les prussiates*

Les sels de cobalt out une grande tendance a se combiner avec les sels alcalius , et particulièrement avec les sels ammoniacaux. Les sels doubles sont rouges. — Lorsqu'on verse de Fammoniaque dans une dissolution de cobalt il se fait un précipité bleu qui passe au vert si Ton emploie beaucoup d'alcali. Dn grand excès d'ammoniaque redissout ce précipité presqu'en totalité, et produit une liqueur qui renferme un mélange de sel double ammoniacal et d'une combinaison ammoniacale de protoxide. Cette liqueur brunit a Pair , parce qu elle absorbe de l'oxigène, et qu'il se forme

composés suLFuaéd. 3i9

Âe racîde cobaliiqiie. Une dîssolutton de cobalt, raèlëe avec ttoe quantité suffisante d*un sel ammoniaoal , n*est précipitée ni par les alcalis fixes caustiques ni par l'ammoniaque ; mais si avant d*y avoir ajouté un excès d*alcali on la Lusse exposée a Tair, elle brunit, parce qu'il se forme de l'acide cobaltique, et au bout d'un certain temps il s'en précipite du per-oxîde de cobalt.

ARTICLE III. — Composés sulfurés et séléniés.

Sulfures. — On connaît trois sulfures de cobalt : l"* Le sulfure de cobalt^ correspondant au protoxide, est d'un jaune bronzé métallique plus pâle que le proto-sulfure de fer. — Il se fond très-aisément. — Lorsqu'il est en masses, i'acide muriatique ne l'attaque pas ; mais lorsqu'il est très-di visé il peut se dissoudre lentement dans cet acide. Le sulfure préparé par voie humide se dissout dans l'acide sulfureux, dit moins pour la plus grande partie. — Le sulfure obtenu par voie humide est insoluble dans les bydro-sulfates alcalins^ et il ne se dissout pas complètement dans Tacide muriatique ; mais il est soluble dans la potasse caustique. — Il est composé de :

Cobalt. . 0,647 — 100 Soufre. . 0,358 — 54,51

Co

On l'obtient facilement soit en chauffant du sulfate avc(? une quantité suffisante de charbon , soit en décomposant Farséniure par un per-sulfure alcalin.

î© Sulfure £o. — Quand on chauffe du per-oxide de cobalt dans du gaz hydrogène sulfuré , en ayant soin de ne pus élever la température jusqu'au rouge , on obtient le

sulfure £o. — Il est d'un gris-foncé. La chaleur rouge l'amène à l'état de proto-sulfure. — Quand on le traite par l'acide muriatique il se dissout du cobalt ^ avec dégagement d'hydrogène sulfuré, et il reste un bi-sulfure.

8® Sulfure Co. — Selon M. Setterberg, lorsqu'on chauffe en vase clos du peroxide de cobalt avec trois fois son poids de soufre, ou du carbonate de cobalt avec une fois et demie son poids de soufre, à une température très- peu supérieuri? à celle à laquelle le soufre se volatilise, il se forme un sulfure qui contient deux fois autant de soufre que le précédent , ou qui contient :

CobâU. . 0,479 — 100 Qo Soufre. . 0,521 — 109,02

Ce sulfure est noir^ sans éclat métallique , inattaquable par l'acide muriatique ; il devient acide à Tair. — La chaleur en déf^age du soufre , et le change en proto -sulfure.

OxÙ8ul/ure, — On obtient un oxi-sulfure composé de

I atonie de protoxide et 1 atome de proto-sulfure en réduisant le sulfate de cobalt par le gaz hydrogène. — Les acides le changent en sulfure en dissolvant Toxide. — Le gaz hydrogène sulfuré le transforme en un sulfure qui contient un peu plus de soufre que te proto-sulfure.

Sulfates. — Le sulfate neutre cristallise facilement : les cristaux ont un grand nombre de faces; ils sont d'un beau rose, efflorescents, et solubles dans 24 p. d'eau f... Le sel perd facilement son eau de cristallisation quand on le chauffe, et il supporte la chaleur rouge sans se décomposer. Le sel calciné est rose et attire l'eau atmosphérique sans tomber en déliquescence. — Le charbon le réduit en sulfure ; si Ton opère par cémentation sur une masse un peu grande, une portion de sulfate se décompose avant que la réduction ait pu avoir lieu, et l'on a un mélange de métal et de sulfure. — Le gaz hydrogène le change en oxi-suifure, et le gaz hydrogène sulfuré en sulfure. — 11 réagit sur le sulfure de telle manière , que si le mélange contient 1 atome de sulfure et 3 atomes de sulfate, le résidu est de l'oxide de cobalt pur.

Ce sel est composé de :

Protoxide de cobalt. 0,488 — 100 p «, Acide sulfurique. . 0,517 — 106,87^^^ il contient 0,2l d'eau de cristallisation.

Sulfate potassique. — Ce sel cristallise en prismes rhomboïdaux ; il est moins soluble que le sulfate simple , et beaucoup plus soluble que le sel correspondant de nickel.

Séléniure, — Le séléniure est d'un gris-foncé métallique, lamelleux , très-fusible.

Séléntte, ~ Le sélénite neutre est rose, insoluble dans l'eau, et soluble dans l'acide sélénienz.

ABTiCLB IV. — Composés phospfiorés y arséniés et azotés,

Pâospâure. — Le pRospRure obtenu par voie sèeâe soit en réduisant le phosphate, soit à l'aide du mélange phosphuront, est d'un blanc éclatant, très-fragile, lamelleux , non magnétique. Il se présente souvent en cristaux prismatiques entre«croisés dans les cavités. Il se fond au blanc naissant.

II doit être composé de :

Cobalt. . . . 0,790 — 100 p ,p

Phosphore. . . 0,210 — M,K8 ^ *^

GOHPOSÉS CHLORÉS. 321

Phosphate. — Le phosphate récemment précipité esl gélatineux et d'un bleu violacé ; desséché a Tair il est d'un très-beau bleu. Par la calcination il perd beaucoup d'eau , et devient d*un noir violacé. — Il est insoluble dans Teau et soluble dans les acides. — Le charbon le réduit complète* ment , même par cémentation. — En mélangeant bien intimement 1 p. de phosphate de cobalt humide avec 8 p. d'alumine humide également, faisant dessécher h Tétuve et calcinant ensuite au rouge 'cerise pendant une demi-heure dans un creuset couvert, on obtient la belle couleur qui esl connue sous le nom de Bleu de Thénard,

Arsèniure, — Varséniure chauffé h une forte chaleur est d'un gris-blanc^ très-fragile, à cassure grenue , non magnétique 9 très-fusible. — H est compose de :

Cobalt. . . . 0,615 — 100 ^ ,. Arsenic. . . . 0,38S ~ 62,5 ^""^^^

Les principaux arséniures de cobalt sontcomposés comme il suit :

CoAs CoAs^ CoAs^ CoAs* Cobalt. . 0,440 -^ 282 — 0,208 — 0,1645 Arsenic. . 0,560 — 718 — 0,792 — 0,8375

Arséniate. — Varséniate récemment précipité et humide est d'un très-beau rose fleur de pêcher; sa couleur ne change pas par la dessiccation , il la conserve quelquefois après la calcination^ mais souvent aussi il devient lilas ou même bleu. — Il est insoluble dans Teau , mais soluble dans les acides. — Le charbon le réduit aisément en arséniure ; le quart de l'arsenic qu1l contient se dégage. — Il est composé de :

Cobalt. 0,887 Protoxide de cobalt 0,494 — 100 p 3* 5 Arsenic 0,480 Acide arsénique. . . 0,506 — 102;3^^ *

Nitrate. — Le nitrate de cobalt cristallise en petits prismes de couleur rouge^ déliquescents: il est soluble dans l'alcool.

Le nitrate ammoniacal cristallise en grains cubiques ou en trémies. Il est d'un beau rose , inaltérable à l'air, plus soluble à chaud qu'à froid. Lorsqu'on le calcine il se décompose rapidement en produisant une flamme jaunâtre*

ARTICLE V. — Composés chlorés , brames et fluorés^

Chlorure, — Le chlorure de cobalt anhydre est d'un gris de Un bleuâtre. — Il commence à se volatiliser au rouge, et se condense en petites paillettes nacrées. — Il est très-

soliible dans Teati . el soliihie dans Talcool ; la «iusoloiion Aquense donne par évaporation et reFroidissemenr du ch^o. rnre hydrate en petits cristaux prismatiqites d'un rougp lie rubis, inaltérables à l'air lorsqu'ils sont très-purs , mais déliquescents pour peu qu'ils contiennent du fer ou du nr'ckfl. Leurs dissolulions étendues sont roses ou fleur de pécher: quand elles sont concentrées et chaudes elles scint d'un blea très beau et très- intense ; la moindre trace de cuivre oq de nickel les rend vertes. Mais si on les laisse refroidir oa si on les étend d'eau , elles passent au rouge. Le résidu de révaporation à siccilé est aussi d'un très-beau bleu ; mais si on le laisse pendant quelques instants à l'air il allire promptemcnt de l'eau atmosphérique , et il devient ruuge comme les dissolutions que l'on étend d'eau. De là les effets de ce qu*on appelle encre de sympathie qui n'est autre chose qu'une dissolution étendue de muriate de cobalt contenaDt un peu de cuivre ou de nickel. En traçant sur le papier des caractères ou des figures avec cette encre ils sont à peine visibles tant qu'ils ne sont pas secs ; mais en chauffant légèrement le papier ils se montrent avec une couleur bleueverdÀlre ; si dans cet état on laisse le papier se refroidira l'air ils disparaissent au bout de peu d'instants, et ^n chauffant de nouveau on peut les reproduire encore , etc. ; seulement il faut avoir grande attention de ménager beauooup la chaleur ; car si elle était trop forte les cataclères prendraient une couleur nuire et ne disparaîtraient plus par le refroidissement. Cela tient à ce que le chlorure de coball est compléiement décomposé et changé en per-ot ide ptr le grillage ; dans cette opération il se dégage du chlore qui n'entraine pas aven lui de chlorure en quantité notable , lorsque la chaleur est convenablement ménagée. — Le chlorure de cobalt est facilement réduit par le gaz hydrogène. — Quand ou chauffe de Toxidc de cobalt avec du «el ammoniac il se transforme promplement en chlorure. S'il y a excès de sel ammoniac le chlorure reste en amibiiiaiaon , et se fond en un liquide d'un beau bleu. En chauffant au rouge , ce liquide bout en laissant dégager du sel ammoniac , puis il s'épaissit peu à peu , et il finit par se êolidifier en se transformant en cobalt métallique pur, qui reste vous fiirme d'épongé d'un blanc d'argent et ductile.— Le chlorure de cobalt est composé de :

Cobalt 0,455 — )00 ^ p„

Bromure. — ^ Le hràmure de cobalt est vert , fusible au rouge-blanc , très-déliquescent ; sa solution est rose. — La chaleur en sépare l'eau sans le décomposer. — Il contient :

COMPOSÉS CAKBONÉS. 3^:)

Cobalt. . , . 0.27S8 — l"' Brome. . . . 0,7262 — 3 Fluorure. — Le fluorure est insoluble dans l'eau, soluble

dans Tande fluoriqiie , et déceraposé par l'eau b. en oxi-

fluorure îosolubte , etc.

ABTicLB VI. — Composée carbonés»

Carbure. — Le cobalt fondu dans un creuset brasquë absorbe une petite proportion de carbone.

Carbonates. — On connaît deux carbonates de cobalt que Ton obtient « Tun en précipitant une dissolution de cobalt par UD carbonate alcalin neutre « et l'autre en employant un soua-carbonnte. — Ils sont tous les deux gélatineux , et so- Inbles dans le carbonate d'ammoniaque et dans le murinte d'ammoniaque. Ils se dissolvent aussi en petite quantité dans les carbonates de potasse et de soude neutres ; mais ils se séparent presqu'eu totalité de ces dissolutions par l'ëbulliiinn.

Le premier est d'un bpau rose fl(*ur de pêcher ; en se desséchant il devient pulvérulent et conserve sa couleur. Il est composé de :

Protoxide de cobalt. 0,61 S ]

Acide carbonique. .0.175 v CoC -f~ CoAq^.

Eau 0,220 \

Le second carbonate est d'un violeCgrîs&tre , et ta con- Ifnr se fonce beaucoup par la dessiccation : il contrent proi>ablement moins d'acide carbonique t\ue le premier.

le carbonate ammoniacal abandonné à lui-même se de- <^on)pose peu à peu , et laisse déposer du carbonate simple en petits cristaux.

Oxafates. — Voxalate est d'un rose pâle, insoluble dans Teao et dans Tacide oxaliqne ; mais an peu soluble dans les «cides forts. — Il se dissout aisément dnns raromoninque; la liqueur est d*un rouge-foncé ; elle ne se trouble à I air qu'au bout d*un temps assez long ^ mais par l'évaporation lente elle fournit un dépAt d'oxalate double en cristaux digaillés d'un beau rouge de grenat^ un peu soluble dans l'eau froide, et plus encore dans l'eau bouillante.

Acétate. — Vacétaie est incristailisable et déliquescent. Su dissolution froide est couleur fleur de pécher ; elle devient bleue birsqu'oD la chauffe. On peut l'évaporer à siecité , à Une chaleur modérée , sans altérer le sel.

ABTICLB VII. — Alliages,

Alliages. — Le cobalt s'allie très -bien avec le fer,leni<kel le cuivre , rantimoine , le linc . l'étain , etc. Il ne s'allie

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