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CHAPITRE XVIII

Dv NlelLel.

SECTION PREMIÈRE

Propriétés.

Le nickel a été découvert en 1751 , ])ar Cronsledt. Ce m^iala beaucoup de rapport avec le cobalt ; il rnccompagne souvent dans les minéraux.

ARTICLE PRKHIBR. — Métal.

Le nickel préparé en réduisant Toxide par le gaz hydrogène^ ou en chauffant cet oxide h la chaleur blanche ^ dans un creuset brasqué , ou en calcinant Poxala^e en vase clos , uu enfin en chauffant son oxide avec du sel ammoniHC , est pulvérulent ou légèrement aggloméré, poreux et d'un grisblanc mat ; mnis il prend une belle couleur blanche et un grand éclat sous le frottement du brunissoir, el il s*aplatit très-sensiblement sous le marteau en s'égrenanl , ce qui prouve qu'il est malléable.— Il ne se fond pas au chalumeau.

Le nickel que Ton obtient en chauff.mt Toxide dans un creuset brasqué , à une très-haule température , est en culot compacte et fondu ; mais alors il contient , comme la fonte de fer^ une petite quantité de carbone en combinaison. Dans cet él'at il est d'un blanc-gris, à peu prés comme le platine demi-ductile comme la foute douce ; sa cassure est crochue : en le travaillant avec précaution à chaud , on peut le forger et le réduire en lames ; il prend alors la structure fibreuse. Il a à-peu-prè:i la dureté du fer; il reçoit aisément le poli^el il est doué alors d*un grand éclat. Il n'a ni saveur ni f>deur. — Sa p. ». est de 8,402 lorsqu'il a été fondu et de 8,882 lorsqu'il a été écroui. — Il est attirable à l'aimant , mais moins que le fer, dans le rapport de 2 ou S à 8 ou 9 , selon Wollaston ; il peut acquérir la polarité. — Dans un creuset brasqué il est un peu plus difficile à fondre que le fer ; mais il est beaucoup plus fusible que le manganèse. — Il est fixe. — Il y a deux oxides de nickel : on ne connaît pas d'oxide intermédiaire résultant de la combinaison des deux autres , et analogue à l'oxide intermédiaire de cobalt.

Le nickel ne s'altère pas à l'air il la température ordinaire ; au rouge il s'oxide , mais lentement et incomplètement. — II décompose l'eau à la ch<i1eur rouge , mais

COMPOSÉS OXIGÉNÉS. 339

hoanconp moins rapidement que le fer. fl décompose aussi ce liquide à Taide de la chaleur^ par Tintermédiaire des acides sulfurique , murtatique et phosphorique ; cependant l'action de ces acides est trés> faible. — L'ucide nitrique Tatlaque facilement, le convertit en protoxide et le dissout. — l/eau ri'gale le dissout aussi très-aisément. Les acides végétaux ne l'attaquenl que lentement, et seulement 1orsqu*i| y a contact d'air. — Il est uxidé par le nitre et par le chlorate de potasse. — Il précipite de leurs dissolutions^ en s*oxidant , l'argent , le mercure, le cuivre, etc. — Il peut se combiner avec le carbone à une certaine température. — Il se combine direclenient avec le soufre^ le sélénium, le phosphore et Tarsenic. — Chauffé dans le chlore gazeux, il ne s'enBamme pas ; mais il absorbe lentement ce gaz et se convertit peu à peu en proto-chlorure. L'hydrorhlorate d*ammoniaque le change aussi en chlorure à la chaleur sombre. — Il peut s'allier avec un grand nombre de métaux, et il peut produire beaucoup d'alliages ductiles. Son atonie pèse 369,675 INi.

ARTICLE II. — Composés oxiijénés.

S 1*"^ — Oxides.

Les OTÎdes de nickel sont très-facilement réduits par Thydrogcne , le carbone . le soufre, le phosphore et l'arsenic. Le chnrli(»n réduit les oxides de nickel par cémentation , à une température suffisamment élevée , lors même qu'ils sont engagés en combinaison dans des silicates ou dans des borates. Le chlore liquide convertit le protoxide en protochlorure et en hydrate de per-oxide ; et employé en excès il dissout ce dernier. Au chalumeau, sur le charbon, avec la soude . ils se réduisent sans se fondre ; avec le borax ils ftmdent facilement et donnent des verres transparents, d'un jaune-olivâtre ou d'un jaune de miel s'il y a peu d'oxide, et d'un rouge hyacinthe ou d'un rouge sombre s'il y en a beaucoup; au feu de réduction la couleur disparait et est remplacée par une teinte grise due au nickel métallique ; avec le sel de phosphore ils donnent des verres de même c«>uleur qu'avec le borax , mais beaucoup plus pâle : ces verres n'éprouvent aucun rhangi^ment au feu de réduction ; mais l'étain métallique les décolore au bout d*un certain temps, en réduisant le nickel. *- Selon il.Harkorl, l'oxide de nickel colore #u bleu pourpre les verres qui contiennent de la potasse, en brun ceux qui contiennent de la soude, e.i en brun-rouge ceux qui contiennent de la lithîne. — M Engelhart a remarqué qu'il colore en général les verres en

340 MCKEL.

hyacinthe voisin du bleu^ et qu'il donne au bleu de cobalt une teinte pourpre très-agréable.

10 — Le protoxide est d*UD beau vert tirant quelquefois sur le vert-oUve, infusible à la température des fourneaux de calcination. — Lorsqu'on le chauffe au contact de Pair jusqu'à la chaleur rouge , il noircit et se transforme en peroxide ; mais lorsque après l'avoir chauffé fortement on le laisse se refroidira Fair, il n'absorbe pas d'oxigène comme le protoxide de cobalt. — L'hydrogène sulfuré gazeux le transforme en sulfure a la chaleur rouge. — 11 se dissout aisément dans les acides Forts et dans un grand nombre d'acides végétaux. — Il est insoluble dans les alcalis fixes ; mais il peut former avec ces substances et avec toutes les bases des combinaisons dont il est très-difficile de l'extraire à l'état de pureté, et dans lesquelles il joue le rôle d'acide. L'ammoniaque le dissout, mais difficilement, et seulement en petite quantité.

V hydrate est d'un très-beau vert pomme pâle , gélatineux et très-léger. On peut l'obtenir cristallisé en décomposant une dissolution de carbonate ammoniacal par l'ébullition. Il ne se sur-oxide pas à l'air. La chaleur le change aisément en protoxide. Il se combine avec tous les acides. L'ammoniaque le dissout.

Le protoxide de nickel est composé de :

Nitkel. . 0,7871 — 100 ^-j Oxigène. 0,2129 — 27,05 ^^

Dans rhydrate l'eau contient autant d'oxîgéne que Toxide.

Le meilleur moyen de préparer l'oxide consiste à calciner le nitrate à la chaleur blanche.

2» Le per-oxide est noir ainsi que son hydrate. — On peut le chauffer an rouge sans le décomposer ; mais la chaleur blanche le change en protoxide. — Il se dissout dans fous les acides^ même dans les acides végétaux , avec dégagement d'oxigène ou d'acide carbonique, et dans l'acide muriatique avec dégagement de chlore , et il est ramené à l'état de protoxide. — L'ammoniaque le ramène au même état avec dégagement de gaz azote , et le dissout. «—Il contient une fois et demie autant d'oxigène que le protoxide, ou

Nickel. . 0,71 U 100 V-

Oxigène. 0,2886 — 40,88 ^"

11 perd 0,0962 d'oxigène en se changeant en protoxide. On l'obtient, \^ en chauffant le protoxide à l'air au ronge

cerise ; 2"* en calcinant le nitrate à une chaleur trés-mënagée. — On a l'hydrate, \^ en faisant passer un courant de

COMPOSÉS OXiGÉISES. 341

chlore dans de Feau tenant de Thydrate de protoxide en suspension ; 2^ en traitant le même hydrate par un chlorure d'oxide ; &^ ou en prccipitanl une dissolution de nickel par un chlorite. — On le purifie en le traitant par une petite quantité d'acide qui dissout le protoxide qu*ii pourrait retenir.

S 2. — Sets.

Sels êîmplea, — Tous les sels de nickel sont à base de protoxide. Ceux qui sont solubles sont d*un très- beau vert. Les sels insolubles qui contiennent de Teau de cristallisation ont la même couleur ; mais les sels anhydres sont jaunes ou de couleur fauve. — Leur saveur est d'abord sucrée et astringente, puis Acre et métallique. Les sels solubles ont tous la réaction acide. — Les alcalis fixes caustiques précipitent complètement les dissolutions de nickel à froid , même les liqueurs ammoniacales. — Les carbonates de potasse et de soude forment dans les dissolutions de nickel des précipités blancs -verdâtres de carbonate de nickel ; la précipitation n'est jamais absolument complète, lors même que Ton fait bouillir. — Le carbonate d'ammoniaque y forme des précipités semblables, solubles dans un excès de précipitant ; et la liqueur devient d'un bleu-verdatre. — Elles sont précipitées par le carbonate de chaux et le carbonate de baryte ; mais elles ne le sont pas par le carbonate de magnésie. — Les phosphates et les arséniates alcalins précipitent des dissolutions de nickel des phosphates et des arséniates d'un vert-pâle. — Elles ne sont précipitées ni par les succinates ni par les benzoates. — Le prussiate de potasse jaune les précipite en blanc laiteux verdâtre , et le prussiate rouge enjaune-verdâlre; ces précipités sont insolubles dans l'acide muriatique. — L'acide oxalique et les oxalales y forment des précipités verdàlres, et les décolorent presque complètement à la longue. — Lorsque ces dissolutions sont suffisamment acides elles ne sont point troublées par l'hydrogène sulfuré ; mais les hydro-sulfates y forment des précipités noirs de sulfure. — Le nickel ne peut être précipité a l'état métallique par aucun métal. — L'addition de l'acide tartrique empêche la précipitation du nickel par les alcalis, mais non par les hydro-sulfates et par les prussiates.

Sels doubles. — Les sels de nickel ont une grande tendance a se combiner avec les sels alcalins , et particulièrement avec les sels ammoniacaux. — Les sels doubles sont de couleur verte. — Lorsqu'on traite un sel neutre ou un sous-sel de nickel par l'ammoniaque en excès, il se dissout , et la liqueur est d'un bleu-violacé , parce qu'elle contient uil mélange de sel double et de nickolate d'ammoniaque. En laissant la liqueur à Tair, ou en la faisant bouillir, le nie-

kolale se dëcoropos?, Toxide de nickel se précipite, et ï\ ne reste en dissolution que le sel double. — Lorsqu'un mêle à une dissolution de uickel une suffisante quantité d'an sel ammoniacal^ elle n*est pas troublée par Fammoniaque ; mais la potasse caustique en précipite tout l'oxide de nickel, même h froid lorsqu'on Teniploie en grand excès.

Nickolates. — Le ntckolatede potasse est mi-gélatineux , blanc-verdàtre , insoluble dans l'ammoniaque. L'eau bouillante , em|floyée en grande quantité , le décompose en lui euleyaut toute la potasse.

On ne peut décomposer les nickolates de baryte . âestroniiane et de chaux qu'en les dissolvant dans un acide , et précipitant les terres parle carbonate ou le sulfate d'ammoniaque^ qui forment des sels doubles avec l'oxide de nickel.

Pour décomposer le nickoiate de magnésie il faut avoir recours à un hydro-sulfate alcalin.

Le nickoiate d'ammoniaque est d'un bleu de ciel. Le nickel est précipité de sa dissolution par la potasse ^ la baryte et la strontiane. — Quand on verse de Tammoniaque dans une dissolutitm d'oxide de nickel qui contient une autre base , une portion de l'oxide reste insoluble combinée avec cette base.

ARTICLE III. ~ Composés sutfuréêy et séléniéi,

Svlfitre. — On connaît deux su'f^tres de nickel-, Tun correspond au protoxide , et Tautre contient moitié moins de ."owfre.

1*" Le sulfure est d'un jaune bronzé métallique , comme la pyrite de fer , cassant , lamellaire , non magnétique. — Sa p. s. est de 5,76. — Il fond à la chaleur blanche. — Il est inattaquable par les acides sulfurique et muriatique ; mais l'acide nitrique le dissout à Taide de la chaleur. — Il ne rra(>it pas sur l'oxide de nickel , même à la chaleur blanche. — Il se produit, I" lorsque Ton réduit le sulfate en le chauffant avec une pniportion convenable de charbon; 2*" lorsque Ton fait passer du gaz hydrogène sulfuré sur du protoxide chaiifTé au rouge; 3" lorsque l'on ^ond du nickel , de Toxide ou de l'arséniure de nickel avec un persulfure alcalin. (Voyez Arséniure,)

2° On obtient le sous-sul/ure de nickel en faisant passer du gaz hydrogène sur du sulfate chauffé au rouge : il se dégage d'abord de l'eau el de l'acide sulfureux : mais vers la fin le gaz a l'odeur d'hydrogène sulfuré. Le sulfure est d'un jaune trèh-pâle , magnétique et attaquable par les acides,

ilc6 deux ëulfures sont composés comme il suit :

COMPOSES SULFiaÉS. 34:3

Sulfure. Souft-tulfure.

Nickel. 0^646 — 100 ' . 0,797 — 100 v-

Soufre. 0,854 — 54,41 ^^ 0,208 — 27,Î0 ^' Le sulfure qui se produit lorsqu'on niéle une dissolution de nickel avec un hydro-sulfale alcalin est probablement hydraté. Vu en masse, il est noir; mais quand il est trèsdivisé il parait verdâtre. Par l'exposition à Tair humide il se change peu à peu en sulfate. Il nW soluble qu'incomplètement dans Tacide muriatique^ et il est tout-à-fait insoluble dans Fanimoniaquè. L'acide sulfureux le dissout, du tnoîos pour la plus grande partie. Il est trés-sensiblement soluble dans Feau pure et dans les hydro-sulfates alcalins y avee lesquels il donne des dissolutions brunes ou noires: sa solubilité est beaucoup plus grande que celle du sulfure de cobalt.

Sulfate, — Le nnlfate neutre de nickel est d*un très-beau Tert éroeraude. Il est plus soluble à chaud qu'à froid ^ et il cristallise facilement par refroidissement. Ses cristaux sont des prismes hexaèdres obliques, qui, sel >n M. MiUcherlich, dérivent d*un oclaèdre aigu à base carrée. Ils perdent peu à peu leur transparence ^ surtout lorsqu'on les expose au soleil ; et sans changer de forme extérieure , ils prennent une structure toute nouvelle et perdent une petite quantité d'eau. — Le sulfate de nickel chauffé au rouge naissant perd son eau sans se décomposer e( devient d'un beau jaune paille ; à une chaleur plus forte il se change en oxide ; mais il est difficile de lui enlever les dernières traces d'acide. — Lorsqu'on le chauffe dans un creuset brasqué , sans mélange de charbon , il donne un sulfure non saturé de soufre^ parce qu'une portion du sulfate se trouve décomposée par la chaleur avant d'avoir pu être réduite par l'acte de la cémentation. — Le sulfate et le sulfure de nickel se décomposent réciproquement à la chaleur rouge et lais^ent pour résidu de l'oxide pur, quand on les a mêlés dans la proportion de 1 atome de chacun.

Les deux sulfates sont composés, selon M. Milscherlich , de :

Tranaparont. Opaque.

Oxîde de nickel. . . 0.267 — 0,281 Acide sulfurique. . . 0,285 — 0,300 Eau 0,448 — 0,419

Sulfate ammoniacal, — Ce sel cristallise en prismes à huit pans trés-aplatis , d'un beau vert. Il est soluble dans 4 p. d'eau f.

Sulfate pot asiiqve. — Ce sulfate cristallise en rhomboïdes trau'^parents d'un beau vert-émeraude. Il est beaucoup

moins soluble dans Teau que le sel correspondant de cobalt.

Séiéniate, — Selon M. Milscherlich . le âéléniate de nickel est isomorphe avec le sulfate , et sa composition atomique est la même.

Sélénite. — Le sélénite neutre est vert , insoluble dans Teau , et soluble dans Tacide sélénieux.

ABTicLB. IV. — Composés phosphores , arséniés et azotés.

Phosphure. — LepHosphure de nickel préparé à Taide du mélange phosphurant est d*un blanc éclatant , très-fragile, lamelleux « présentant souvent des aiguilles prismatiques entre-croisées dans les cavités , non magnétique et trèsfusible. — Si, comme cela est vraisemblable, il est analogue au phosphure de fer , il doit contenir :

Nickel. . . . 0,798 — 100 ^^.^p

Phosphore. . . 0,202 — 26,53 ^^^ ^

Selon M. H. Rose, on obtient un phosphure composé de :

Nickel 0,739

Phosphore 0,261

en faisant passer du gaz hydrogène phosphore inflammable spr du sulfure de nickel.

j^A f } f ^^ Phosphate» — Le p/ios/iAa/e obtenu par double décompo- '^sillon est floconneux, d'un vert pâle, insoluble dans Teau, soluble dans les acides forts ^ réductible en phosphure par le charbon.

Arséniure. — Varséniure obtenu par la réduction de l'arséniateau creuset brasquë est d'un gris-blanc, sans nuance de rouge , cassant , à cassure grenue presque unie ; maïs quelquefois cristalline , non magnétique, très-fusible. — Chauffé à 150° avec du fer en toutes proportions , il produit des arséniures doubles , homogènes , très-durs, cassants, et d'un gris-blanc comme la fonte. — 11 est composé de :

Nickel. . . 0,611 — 100 «.^

Arsenic. . . 0,389 — 63,0 ^^^ ^^

Il y a dans la nature deux arséniures qui renferment, l'un deux fois et l'autre quatre fois autant d'arsenic.

On transforme aisément les arséniures de nickel en sulfure en les fondant avec un per-sulfure alcalin.

^rséniaie, — Varséniate préparé par double décomposition est gélatineux ; desséché h l'air il devient pulvérulent et d'un beau vert clair tirant sur le jaune ; calciné, il est d'un jaune-blond sale. — Il se dissout très-bien dans les acides nitrique, sulfurique et muriatique, mais il ne se dissout dans l'acide acétique que lorsqu'il est récent et non desséché; encore faut-il pour cela une grande quantité

GOUPOSés CHLORÉS. ^-^^

d*acîde. — U est soluble dans rammoniaque, complètement décomposé par la potasse et par les hydro-sulfates alcalins»

— Si dans une dissolution d'arséniate de nickel il y a du per-oxide de fer , et si l'acide arsénique ne suffît pas pour former des sels neutres avec les deux oxides, Tammoniaque en précipite un sous-arséniate double de fer et de nickel couleur vert olive , ou un mélange de ce sous-sel double et de sous-arséniate de fer. — Uarséniate de nickel se réduit très-aisément par cémentation : le quart de Tarsenic qu'il contient se volatilise, et il se produit un arséniure. — Il est composé de :

Proloxide de nickel. 0,496-- 100 j^.3^^5 nickel.. 0,S9 Acide arsénique. • 0,504 — 101,6 arsenic. 0,83

Nitrate, — Le nitrate cristallise en prismes octogones réguliers, déliquescents et efflorescents. Il est d'un vertbleuâtre , soluble dans 2 p. d'eau f., et soluble dans l'alcool. La chaleur le transforme d'abord en sous-sel de couleur olivâtre^ puis le décompose tout-à-fait en per-oxide ^ etc.

ABTicLB V. — Composé» chlorés , brôtnés et fluorés*

Chlorure, — Le cRlorure de nickel est volatil , et se sublime, sans se fondre, en paillettes nacrées d'un jaune d'or.

— Il attire Thumidité de l'air , et devient vert. U est soluble dans 7 à 2 p. d*eau; la dissolution fournit par évaporalion des cristaux confus de chlorure hydraté d'un très-beau vert 9 qui sont à la fois déliquescents et efflorescents. — Il est un peu soluble dans l'alcool , qui acquiert la propriété de brûler avec une flamme d'un bleu pâle. — Par calcination en vase clos il perd son eau sans se décomposer ; au contraire il se décompose par le grillage , avec dégagement de chlore , et il se transforme en per-oxide. — Il est facilement ramené à l'état métallique par le gaz hydrogène au rouge naissant. — Lorsqu'on chauffe de l'oxide de nickel avec du sel ammoniac en excès, il se transforme promptement en chlorure sans qu'il y ait fusion, et à la chaleur rouge ce chlorure est décomposé à la faveur du sel ammoniac, avec dégagement d'acide hydro-chlorique et d'azote , et il reste du nickel métallique pur sous forme d'épongé , d'un blanc d'argent et ductile. — Il est composé de :

Nickel. . 0,485 — 100 ^. ^ » Chlore. . 0,645 — 119,8 ^^^^

Bromure, — Le bromure est en masses brunâtres ou en paillettes jaunâtres. — Il est volatil au rougeblanc. — Il se décompose par le grillage. — II est très-déliquescent, et soluble dans l'alcool, l'éther, l'acide muriatique et l'ammoniaque. — Il est composé de :

846 mCKBL.

Nickel. . 0,W4« iy. p , Br6iue, . 0,7257 ^' ^^

Fluorure, — Le fluorure est décompose par l'eau en oxtfiuorure insoluble , et en une dissolution de fluorure dans Tacide hydro-fluorique.

ABTiCLB vr. — Composés carbonés,

. Carbure. — Selon M. Rose, on obtient du carbure de niehel très-carburé en chauffant le métal très-divisé avec du charbon. —- Ce carbure ressemble à la plombagine, mais il est plus micacé. Lorsqu'on le chauffe très-fortement , le nickel fond , et la plus grande partie du carbone s'en sépare. Il est inattaquable par l'acide nitrique ; en sorte que l'on peot par ce moyen le séparer de Teicès de nickel , et l'avoir pur.

Carbonates, — Le carbonate obtenu parles carbonates alcalins neutres est floconneux et blanc-verdâtre. Après qu'il a été desséché à l'air il est pulvérulent et très-léger. — Celui qui se forme par les sous-carbonates est d'un beau vi-rt pomme , et conserve sa couleur en se desséchant. — L'ammoniaque les dissout aisément Tun et Taulre; si l'on évapore à plusieurs reprises la dissolution à siccité, tout le nickel se sépare à l'état d'hydrate. On n'a pas encore obtenu le carbonate anhydre. Il serait composé, ainsi que lesrdeux précédents, comme il suit :

Anhydre. Carb. neutre. Sout-oarb.

Oiide de nickel. . 0,6S1 — 0,483 - 0,475 Acide carbonique. • 0,g69 — 0,210 — 0,140 Eau — 0,307 — 0,?8S

Si Ton fait passer un courant d'acide carbonique dans de l'ammoniaque saturée d'hydrate ou de carbonate de nickel, il se fait un précipité de carbonate double. Ce sel est d'un vert-blanchâtre, et insoluble dans l'eau. Il se dissout dans l'ammoniaque ; la dissolution, soumise à Tébullition, laisse déposer de l'hydrate de nickel.

Oxalate. — Voxalate est pulvérulent et bleu-verdâtre , insoluble dans l'eau et dans l'acide oxalique, soluble dans l'ammoniaque. — La dissolution ammoniacale concenlréeest violette; la dissolution étendue est bleue. — Par évnporation spontanée elle laisse déposer peu à peu tout le nickel à l'état d'oxalate double cristallisé en petites houppes aiguillées et soyeuses d'un bleu clair. Ce sel est absolument insoluble dans l'eau pure ; mais il se dissout aisénii^nt dans Tant muniaque.

HINÉRAUX. 347

Acétate, — Vaeètate est d*UD verl de chrysoprase et cristalhse confusément. U est légèrement efflorescent. Il est soluble dans 6 p. d*eau f., et insoluble dans Taicool absolu. Sa dissolution p^nt être évaporée jusqu*à siccilé à une douce chaleur sans qu'elle éprouve de décomposition.

ARTICLE VI. — AUiages.

Le nickel s*allie ircs-bien avec le fer. le cobalt, lecuivre, l'antirooine, le zinc , Télain ^ etc. On le trouve allié avec le fer dans les masses météoriques. Il forme avec le cuivre et le zinc réunis des alliages blancs dont on fait maintenant usiige dans les arts. Il ne s*allie qu'imparfaitement avec le plomb et avec l'argent, (f^oy, ce qui concerne ces divers métaux.)

SECTION II

Minéraux.

On admet maintenant dix espèces dans la famille nickel , savoir :

1*» Voxide,

2* Le êulfure ,

3» Varséniure NA ou kupfemickel ,

4» L'arjénwreNA',

5*» Varsénio' sulfure ou nickel gris ,

6° Vanti/nonio-sulfure ^

7*» Uarséniate ,

8» Varsénite ,

9® Le silicate ou pitnélite ,

1 0® V alliage avec le fer ou fer météorique. (Voy. Fer,)

Le nickel ne se rencontre que dans les terrains anciens et dans les pierres météoriques. — Il accompagne souvent les minerais d'argent et les minerais de cobalt; mais il n'est pas abondant.

1° Oxide, — Voxide dénichai est tout-à-fnit accidentel , et on ne le rencontre qu'en très- petite quantité , accompagnant d'autres minéraux de nickel.

2** Sulfure, — Le sulfure est très-rare. Il se présente en cristaux capillaires d'un jaune de bronze , éclatants, un peu flexibles et tendres. — On le trouve en Bohème et en Saxe. — On le considérait autrefois comme du nickel natif, mais M. Arfwedson a prouvé que c'est le sulfure qui correspond au protoxide. --Au chalumeau, dans le lube ouvert, il exhale Todeur d'ucide sulfureux , et devient noir sans se

MGKEI.

fondre ; sur le charbon il finit par se transformer en nickel métallique à demi-fondu , malléable et magnétique.

8*, 4° Kupfernickel^ arséniure ^k\ — Le kupfsmickel est l'espèce la plus commune de la iamille nickel. — Il est d'un gris-rouge&lre métallique approchant du rouge de cuivre, amorphe, a cassure conehoïde ou unie, très-fragile; les fractures fraîches se ternissent promptement à Tair. — Il répand Todeur d*ail par le choc du briquet. — Sa p. a. est de 7,29 k 7,65. — L'acide muriatique ne l'attaque pas; Facide nitrique l'attaque vivement; Teau régale le dissout facilement. — Lorsqu'on le chauffe à 150° dans un creuset brnsqiié il ne perd presque rien de son poids, et ne change pas d*aspcrt. — Par le grillage il répand une grande fumce arsenicale , et se convertit en sous-arséniate vert-jaunâtre qui présente souvent avec les flux la réaction du cobalt.

Varséniure NÂ^ ressemble au kupfernickel , mais il est plus gris et sans teinte de rouge. — Ces deux espèces paraissent être souvent mélangées ensemble. On en jugera par les analyses suivantes :

Kupfernickel.

Araéniure.

Nickel. .

Cobalt. • Fer. . , Arsenic.

Antimoine Soufre .

Gangue.

OASS 0.080 0.020

(1) KupfemickeL (M. Stromeyer.) L'espèce pure contiendrait 0,5599 d'arsenic.

(2) Kupfernickel de Zinkvand en Hongrie. Il est accompagné de carbonate de chaux ^ dont il est facile de le débarra.Hser par le lavage. Sa nuance rouge est pâle , parce qu'il est mélangé de mispjckel.

(3) Kupfernickel des Étals-Unis d^ Amérique. Il estd*un gris-rougeâtre terne. — On le trouve dans une roche amphybolique verte ^ accompagné de mispickel. Il est évidemment mélangé d'une grande proportion de ce minéral et de cobalt arsenical.

IttlNÉRAUX.

(4) Kupfernickel d'AUemont , département de Flsère. Sa p. s. est de 7,29. C'est un mélange d^arséniure et d*antimonio-sulfure.

(5) Arsèniurede Sckneeberg en Saxe (M. Hoffmann); d'un blanc d'étain, à cassure inégale. L'espèce pure contiendrait 0,718 d'arsenic. Il est mélangé d'une petite quantité de sulfure de cuivre et de sulfure de bismuth.

(6) Arêéniure de Sladning (M. Hoffmann.) C'est l'arsé* niure (N , C , F) A * mélc de 0, 1 S98 de pyrite de fer.

5** ArséniO' sulfure ou nickel gris, — Le nickel gris est d'un gris-blanc métallique éclatant. — Au chalumeau, seul dans le roatras, il décrépite fortement, et donne a la chaleur rouge une grande quantité de réalgar, et le résidu prend l'aspect du kupfernickel. — Cette espèce est analogue au mûpickely et se compose de 1 atome d'arséniure et 1 atome de bi-sulfure de nickel. Elle est souvent mélangée de nickel arsenical et de mispickel .

6^ uéntimoniO' sulfure ou nickelspeisglanzers, — Cette espèce a absolument le même aspect que le nickel gris, mais elle est souvent un peu rosée. — On la trouve quelquefois cristallisée sous des formes qui dérivent du cube. — Sa p. s. est de 6,45. — Elle est analogue au nickel gris par sa composition , et elle en est souvent mélangée. — Au chalumeau, dans le tube ouvert, elle dégage une abondante fumée d*oxide d'antimoine et se fond ; mais quelque loin que Ton pousse le grillage de la boule métallique, elle demeure toujours fusible et non malléable. Il se manifeste quelquefois une odeur sensible d'arsenic , et avec les flux on obtient souvent la réaction du cobalt. — Le tableau suivant donne la composition des espèces 5° et 6*^.

Arsénio-aulfuret.

Antiraonio-tulfaret.

Nickel. .

Cobalt. .

Fer. . .

Arsenic .

Antimoine Soufre. .

Gangue .

nSO niGKEL.

(1) Nickel gris; composition thëoriqne de l'espèce NS* + NAV

(2) Nickel gris de Laos eu Neisîngfand. (M. Berzélius.) ff est mêlé de mispîckel.

(8) Nickel gris (Tllasselhue . près de Tanne au Harz. (M. Hoffmann.) Il contient de l'arséninre en excèi.

(4) Antimonio-sulfure ; coraposition théorique de l'espèce NS'4-NSft.

(5) JntimoniO'Sulfure de la mine de Landskirone , dans le pays de Siegcn. (M. H. Rose.)

(%) AntimoniO'Sulfure de Treusbourg^ dans le comté de Sain. (Klaproth.) Sa p. s. est de 6.58. Il est accompagné de fer spalhique. La proportion relative de Tarsenic et de Tantimoine n'a été déterminée qu'approximativement ; c est un mélange d'anlimoniure etd'arsénio-sulfure.

II y a à Balen^ dans les Basses-Pyréuées , un minerai de nickel qui a absolument le même aspect que le kupfernickel , mais qui ne contient que peu d*arsenic et qui renferme no contraire beaucoup d'antimoine. Il est accompagné de blende brune et de galène. Vauquelin l'a examiné , mai.<% il n'en n pas été fait d'aoalyse exacte. Quelques essais approximatifs portent à penser que ce minorai doit constituer une espèce distincte de l'an timonio-sul Pure et composée de 2 atomes de nii-kel et I atome d*anlimoine.

7° Jrséniate, — Varséniate de nickel est presqne toujours adhérent au kupfernickel , et parait provenir de sa décomposition spontanée. Il est tantôt compacte et d*un très-beau vert pomme ^ et tantôt friable^ et d'un blani;verdâtre ; il se dissout aisément dans les arides , même h froid. — Au chalumeau , dans le matras il dtmne de l'eau ; sur le rharbon il répand une forte odeur d'arsenic et il se réduit en un grain d'arséin'ure. — Celui que l'on a trouvé à Alleniont est composé de :

Oxide de nickel. . 0,362

Okide de cobalt. . 0^02S -,3^5 j^ «.

Acide arsénique. . 0,868^^-^ -h OAq.

Eau 0,245

S*» Arsenile, — M. Stromeyer fait mention de cette espèce dans ses Mémoires, et lui attribue la formule N^A^-}-^^ ^?-

9^ Silicate^ pimélite, — La piméliie est d*un vert pomme , pulvérulente ou en masses tendres et douces au toucher. KHe est accompagnée de chrysoprase ^ qui n*est autre chose que du quarz coloré par un peu d'oxide de nickel. — On l« trouve dans le Furstemberg en Sité^ic. — Au chalumeau

MINéRAVX. 351

elle àég»ge de heaii qui aent le pétrole et ae colore en noîr par an mélange de charbon ; quand celui-ci est brûlé, la masse devient d'un gris-verdâtre ; elle est infusible sans addition. Avec la sonde, sur le charbon , elle donne du nickel métallique. — Elle fait gelée arec les acides. — Klaproth y a trouvé .•

Silice 0,350

Oxide de nickel . . 0.166

Oxidedefer . . . 0,046

Chaux 0,004

Magnésie 0,012

Alumine 0,050

Eau 0,382

Sa formule parait être AS*+ 2 (N, F, C, M) S» + 15 Aq.

SECTION III

Produits d'arts.

Le seul produit d'arts que nous ayons à conbidérer est le speiss , substance métallique qui s'amasse au fond des creusets dans lesquels on prépare le smalt ou bleu de cobalt. On sait que cette préparation se fait en fondant un mélange de sable quarzeui, de potasse et de minerai de cobalt grillé : comme le grillage n'est jamais parfait , une partie des métaux échappe à Toxidation, et lorsqu'on fond le mélange , le cobalt, qui est plus oxidable que le nickel el que le cuivre, réagit sur la portion de ces métaux qui a absorbé de Toxigène pendant le grillage , et les réduit en s oiidant luimême : le nickel et le cuivre se concentrent dans le spsiss^ et le smalt n'en contient presque pas.

La composition du speiss est très-variable ; deux échantillons ont donné :

Nickel. . . .

Cobalt. . . .

trace

Cuivre. . . .

trane

Arsenic . . .

Suiifre . . .

Anlinioiae .

Sable adhérent.

Il y en a qui ne contient presque pas de cobalt. Le speiss a absolument le môme aspect que le knpfernickel. M. Wohler en a observé de cristallisé sous la forme

353 mCKEl.

d'octaèdre à hase carrée , modifiée de manière qu*il présentait des parai lélipipèdes reclangrulaires aplatis. Ces cristaax étaient essentiellement formés de Tarséniure N^As* composé de :

Nickel. . 0,5413 Arsenic. . 0,4587

et contenaient en outre 0,0165 de soufre et 0,01 16 de fer, de cuivre et de manganèse.

SECTION IV

Moyens d'essai. — Préparation.

Essai. — Le nickel se comporte absolument comme le fer et comme le cobalt dans les opérations de la voie sèche , et Ton peut lui appliquer à-peu-près tout ce que nous avons dît de ce dernier métal , dont il ne diffère qu'en ce qu'il est un peu moins oxidable.

Préparation.-- On fait maintenant un assez grand usage du nickel métallique pour en composer avec le cuivre et le zinc un alliage ductile qui ressemble à l'argent. C'est toujours du speiss que Ton extrait le nickel. Nous allons faire connaître les moyens de préparer , 1^ le métal ^ â"" Voride pur , 3* le sulfure pur^ et 4*» Varséniure pur.

Préparation du métaL — On prépare le nickel avec de l'oxide pur absolument de la même manière que le cobalt.

Préparation de l'oxide, — Lorsqu'on a de S'arséniure ou du sulfure de nickel exempt de cobalt il est aisé d obtenir de l'oxide pur en procédant de la même manière que pour l'oxide de cobalt : seulement on ne peut pas employer le traitement par le sulfate acide de potasse, parce que le sulfate de nickel ne supporte pas la chaleur rouge sans se décomposer , et lorsqu'on se sert du spath-fluor et de l'acide sulfurique il faut avoir grande attention de ménager beaucoup la chaleur afin qu'il ne reste pas d'oxîde de nickel dans la partie insoluble.

Préparation du sulfure, -**• On prépare le sulfure de nickel comme le sulfure de cobalt avec du speiss, du carbonate de soude et du nitre; l'opération est môme beaucoup plus facile , parce qu'à la chaleur blanche, le sulfure de nickel se réunît en culot , et ne reste pas disséminé en paillettes dans la scorie , ainsi que cela arrive pour le sulfure de cobalt : cependant comme le culot métallique est imprégné de la combinaison de sulfure de sodium et de sulfure d'ar-

PRRPABATION. 353

senîc dont se compose la scorie , il faut, pour le purifier^ le concasser, le délayer dans Teau, le bien laver, puis le traiter à froid par de Tacide sulfurique étendu qui ne l'attaque pas, et enfin le fondre avec un peu de borax.

Préparation de rarséniure, — Le speiss est un arséuiosulfure qui contient presque toujours du cobalt : pour le changer en arséniurepur il suffit donc d'en séparer le soufre et le cobalt.

On peut séparer le soufre du speiss en le fondant avec du carbonate de soude pur ou mêlé de charbon ; mais le cobalt y reste : on enlève à la fois le soufre et le cobalt par les moyens suivants.

1' Lorsque Ton fond le speiss avec environ les 0,40 de son poids de nitre , il se forme beaucoup de sulfate de potasse sans qu'il s'oxide une quantité importante de substance métallique, et l'arséniure se trouve tout-à-fait purgé de soufre. Le déchet est d'environ 0,1 5. Si l'on fond ensuite l'arséniure obtenu avec le cinquième de son poids de nitre et autant de carbonate de soude on a une scorie d'un noir-grisâtre à l'intérieur et d'un très-beau bleu à la surface, et un culot d'arséniure. La scorie contient beaucoup d'oxide de cobalt et de nickel : en la traitant par la voie humide on peut séparer ces deux oxides l'un de l'autre. L'arséniure est ordinairement pur; son poids s'élève aux 0^60 environ du poids do speiss employé dans la première opération. Pour lui enlever les dernières traces de cobalt , ou pour s'assurer qu'il n*en renferme plus, il convient de le fondre une troisième fois avec 0,10 de nitre et autant de carbonate de soude : on recueille la scorie , et si elle ne contient pas de cobalt on peut par une opération simple en extraire de i'oxide de nickel pur.

2^ Le nitre mêlé de verre et employé a une haute température sépare le cobalt du speiss tout comme il sépare le fer des minerais de cobalt.

100^ de speiss 20 de nitre 100 de feld-spalh de Sèvres

220" chaufies à 150** ont donné un arséniure de nickel pesant 63^ et qui ne contenait plus qu'une trace de cobalt, et un verre compacte qui en masse paraissait noir et opaque; mais qui en éclats minces était transparent et d'un très-beau bleu. On pourrait donc par ce moyeu puri6er le speiss et tirer en même temps parti du cobalt qu'il contient.

S<* Si Ton chauffe du speiss avec quatre à cinq fois son poids de plomb dans nn scorificatoire placé sous la moufle T. n. ^

354 MIGKEL.

d*iin foiirne«a de coupelle, il se fond et vient nagera la surface du plomb sans se combiner ni se niéler avec lui. puis il se grille y et les oxides qui se forment entrent en fusion à la faveur de la iitharge qui se produit en même temps ^ et sont rejetés sur les bords du scorificatoire. Peu il peu le speiss perd de sa fusibilité , et il arrive on moment oii Ton ne peut plus le tenir liquide, même à la plus haute température du fourneau. Si 1 on arrête Topération à cette époque ^ et si Ton plonge le scoriGcatoire dans Teau aussitôt que le plomb s'est solidifié , ou en détache aisément one plaque lentirulaire de speiss dont il rst facile de séparer mécaniquement la plus grande partie des scories qui y adhèrent, et que Ton peut achever de nettoyer en la faisant bouillir avec de Tacide muriatique. Ce speiss est un arséniure sans soufre , et qui ne contient plus la moindre trace de cobalt.

4'' Quand on veut opérer sur des quantités un peu grandes de npeiss la scoriGcalion est embarrassante, et elle exige un temps très-long: il est préférable alors de se servir de litharge , de nitrate de plomb ou de sulfate de |>loinb^ qui produisent le même e£Pet. Avec la litharge on prend 3 p. de cette substance que l'on mêle intimement avec f p. de speiss réduit en poudre fine, et Ton chauffe rapidement le mélange dans un creuset jusqu'à une forte chaleur bUnche; il entre en pleine fusion ; et Ton obtient, l" un culot de plomb, S® un nouveau speiss, et 3° une scorie compacte , d'un gris-noir , dont la poussière a une légère teinte bleiiAtre. Quelquefois le nouveau spoiss ne contient plus dn tout de cobaU; mais ordinairement il en retient une petite quantité. Ou lui enlève jusqu'aux dernières traces de ce métal en le fondant une seconde fois avec 1 ou 2 p. de litharge. Le déchet total dans les deux fusions est de 0,40 à 0^50. Les scories ne doivent pas être rejetées : en les fondant séparément après les avoir pulvérisées et mélangées avec 0^00 à 0;08 de charbon tamise elles donnent du plomb, deux nouveaux speiss et deux scories. Le plomb est demi-ductile , et contient 0,03 environ de nickel, d'arsenic et de soufre. Le speiss de la première scorie est très-riche en cobalt; celui qtfi provient de la seconde scorie est àpeu-près de même nature que le speiss du commerce; enfin les scories font gelée avec les acides , et elles renferment beaucoup de cobalt que Ton peut en extraire par la rota Humide.

Le nitrate de plomb agit sur le speiss de la mène manière que la litharge^ avec cette diflerence qu'il ne se produit pas du tout de plomb métallique. On sépare complètement le cobalt du speiss en traitant celui-ci deux fois de

CUITKE. 355

sntte par son propre poids de nitrate de plomb , et souvent il en faut beaucoup moins. On réduit les scories par le cbarbon , comme nous Tavons dit plus haut.

Le sulfote de plomb peut aussi servir à la purification du speiss. La réaction de ces deux substances commence à avoir lieu à la chaleur ronge, avec dégagement diacide sulfureux; puis eu chauffant un peu plus fortement^ la matière se fond et d(*vieut très-fluide y mais aî Ton continue à la chauffer après qu'elle s'est fondue . elle se boursoufle considérablement et passe par dessus les bords du creuset, le dégagement du gaz sulfureux continuant toujours. Il ne se produit ni plomb métallique nî sulfure de plomb , et le speiss qui reste est très-pur. Il faut employer au moins 2 p. de sulfate de plomb , et il est bon de mélanger un peu de litharge avec ce sel.

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