CHAPITRE XIX
Ba Cnlvre.
SECTION PR£]»1IÈRE
Propriétés.
Métal. — Le cuivre est d'un beau rouge et très-édatant.
— Selon M. Seebeck, il cristallise en rhomboïdes par fusion et refroidissement; tandis que par voie humide il cristallise en cubes ^ etc. , ainsi que celui qui se trouve dans la nature. — Il est doué d*une saveur et d'une odeur particulière très-désagréable. — Beaucoup de ses combinaisons sont des poisons. — il est plus dur que l'or et que l'argent, peu sonore, il tient le troisième rang parmi les métaux par rapport à la malléabilité , et le cinquième rang par rapport à la ductilité. — Après le fer il est le plus tenace de tous les métaux: un (il de 3 mill. de diamètre exige un Poids de 137*,4 pour se rompre.
— DeO»à IOO«»sa dilatation linéaire est de t),0017178= ^
— La densité du cuivre fondu est de 8,788 à 8,880, et celle du cuivre étiré en (il de 8,878 à 8,96. — Le cuivre entre en fusion à la t<>mpérature de 27» p. , qui correspondent à environ 788** centigrades. Chaude plus fortement il produit des vapeurs qui communiquent à la flamme une belle couleur verte. L'intensité de cetle couleur fait suu-
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vent croire qu*il est très-volatil ; mais il ne Test réellement que très-peu ; car en ayant fait chauffer un poids déterminé au four à porcelaine de Sèvres dans un creuset brasqué, nous avons trouvé qu'il n'a perdu que j pour iOO tout au plus , quoiqu'il soit reste dans lefour pendant toute la durée de la cuite ; nous pimvons donc le regarder comme étant àpeu-près fixe.
On ne connaît maintenant au cuivre que trois degrés d'oxidation. — Â la température ordinaire l'air séc ne Tatlère pas; mais l'air humide le couvre d'une rouille verte appelée vert de-gris^ et qui ))arait être un Hydro-carbonate de deutoxide. — Lorsqu'on le chauffe au contact de l'air sans le foncjre , il se forme à sa surface une croûte de protoxide (battitures) qui s'en détache par le choc. Si l'on chauffe jusqu'à fusion l'oxide se produit beaucoup plus rapidement , et l'on voit au dessus du bain une flamme claire d'un très-beau vert. Le cuivre fondu s'imbibe d'une*partie du protoxide dont il se recouvre ; il perd alors une partie de sa ductilité . et son grain devient rougé et terne. On lui rend ses qualités premières en le faisant fondre an contact du charbon. Le protoxide^ l'orsqu'il n*est pas en contact avec du cuivre métallique, absorbe une nouvelle quantité d'oxigéne par le grillage et se convertit en deutoxide. — Le cuivre ne décompose l'eau dans aucune circonstance^ même à l'aide des acides les plus forts. L'acide nitriaue l'oxide rapidement au second degré et le dissout: il y a dégagement de deutoxide d'azote. Le gaz nitreux Tattaque aus:ti , et peut même être totalement déco^nposé par ce / métal, avec dégagement d'azote. — L'acide sutfurtqne ' '^*'^'*'*V<*tendu ne l'attaque pns; mais l'acide concentré et bouillant // ^/A^J, le convertit en deutoxide avec lequel il forme un sel inso- /v,*r«*i lubie dans l'acide concentré, et il y a dégagement de gaz fff' ///, ,ncide sulfureux. — Lorsqu'on mouille des copeaux de cuivre ' ' '^âvec de l'acide sulfurique , même étendu, et qu'on les laisse \ ' exposés à l'air ; il se ^rme promptement beaucoup de sul-
fate de deutoxide de cuivre; mais alors l'oxidation a lieu aux dépens de l'air , et il ne se décompose ni eau ni acide. ^ L'acide murialique concentré attaque le cuivre, mais * *seutement lorsque ce métal est très-divisé, tel qu'on Tob- ' • ''- '* tient par exemple en le précipitant d'une de ses dissolutions par le fer: il se produit du proto-chlorure ou de Thydrochlorate de protoxide. — L'eau régale le dissout rapidement. — L'acide arsénique l'attaque par voie aèefie, — Les acides végétaux sont sans action sur lui dans le vide; mais lorsqu'il y a contact d'air ils déterminent promptement son oxidation , et il se forme des sels de protoxide. — Les huiles grasses et les graisses se comportent avec le cuivre comme
les acides végétaux ; ils déterminent son oxidation par l'air.
L'ainnioniaque dissout assez facilement le cuivre métallique divisé, lorsqu*il y a contact de Tair: il se forme du deutoxide qui se dissout et colore la liqueur en bleu. Cet effet n'a nullement lieu dans un flanon bien bouché.
La litharge attaque le cuivre à Taide de la chaleur ; mais elle ne Toxide qu'au premier degré , et elle ne peut pas être complètement réduite par ce métal. Quand on emploie parties égales de litharge et de cuivre , le septième environ du cuivre est oxidé ; quand on emploie huit fois autant de litharge que de métal, on retrouve encore le quart du cuivre dans l'alliage plombeux qui résulte de la réaction des deux substances. Dans tous les cas il se forme des combinaisons très-fusibles d'oxide de plomb et de protoxide de cuivre.
Le per-oxide de manganèse oxide rapidement le cuivre a une température môme peu élevée , et est ramené par ce métal à Tétat de protoxide. Si Ton ajoute du verre au mélange on obtient une scorie très-fusible dans laquelle les deux métaux sont combinés à l'état de protoxide. 10^ de cuivre rouge en grenailles, 10 per-oxide de manganèse natif pur , 5 verre à pivette
produisent à la chaleur de 50 à 60*" p. une scorie huileuse, homogène , d'un noir-rougeàtre un peu métalloïde.
Le nitre , le chlorate de potasse et le sulfate acide de potasse oxident le cuivre. Avec le nitre ^ lorsqu'on emploie un excès de cuivre^ il se forme une combinaison de protoxide de cuivre et de potasse bleu de foie clair : cette combinaison se ramollit à In chaleur du 60® p. , mais elle n*entre pas en pleine fusion , et Texcès de cuivre y reste disséminé en grenailles. — Le cuivre ne décompose ni Tacide carbonique des carbonates alcalins ni Tacide sulfurique des sulfates alcalins neutres.
Le cuivre est facilement oxidé à la chaleur rouge par le sulfate de plomb.
2"" de cuivre en limailles. . . . 15^,82 et 1 de sulfate de plomb 87,91
se fondent avec effervescence et dégagement de gaz sulfureux , et donnent une matière très-fusible^ compacte, à cassure luisante, opaque et d'un très-beau rouge de cire à cacheter. Cette matière est un composé de :
Protoxide de cuivre . . . 0,89 — 2"' Oxide de plomb . . . . . 0,61 — 1
•àbs ci;iVKe.
Quand on emploie un excè* de sulfate de plomb , la iieo* rie est couleur chocolat , ei contient du protoxide et du deutoxide de cuivre. Lorsqu'au contraire ou met un eacés de cuirre , il s'en oxide â atomes pour I atome de suifate, et le surplus ne réunit en culot sans qu'il se réduise la plus petit<^ (race d'oxide de plomb.
L'eau qui contient une petite quantité de sel marin agit fortement sur le cuivre; mais les solutions très-ohargéea de ce sel ne l'attaquent pas du tout, probablement parce que celles-ci ne contiennent pas d'air en dissolution.
On croit que lorsqu'on tient pendant un certain temps dtl cuivre en fusion au contact du charbon il s'y combine un peu de carbone , et que o'est à cause de cela que l'on remarque que dans une pareille circonstance il devient toujours aigre. Cette prcsumplion est très-vraisemblable; mais elle n'a pas encore clé vérifiée par une expérience directe.
Le soufre, le sélénium , le phosphore et Tarsenio se corn» binent à l'uide de la chaleur avec le cuivre ; cependant la combinaison avec l'arsenic est difficile à opérer. — Le cuivre absorbe le chlore gazeux el le brome avec production de chaleur et de lumière; il se forme en même temps du proto-chlorure et du deuto-chlorure. — Il décompoite le set ammoniac à la chaleur ronge et se transforme en proto-chlorure qui se volatilise pour la plus grande partie.
Le cuivre a la faculté de s'allier avec tous les métaux, excepté avec le Fer et avec le plomb. Plusieurs de ces alliages sont employés dans les arts: tels sont ceux qu'il forme avec Tétain, avec le zinc, avec l'argent , avec l'or , etc.
L'atome de cuivre pèse 395,69!$ Cu.
ARTICLE n. — Composéa oxigénés.
S l".— O rides.
Les oxides de cuivre sont facilement réductibles par lliydrogène , le carbone^ le soufre, les substances organiques, et par plusieurs métaux , entre autres le fer et le zinc. — La réduction par le gaz hydrogène est si rapide, que lorsqu'on met dans une (Iule remplie de ce gax un morceau d'oxide de cuivre chaud, mais non pas rouge, il se réduit immédiatement à sa surface, et devient lumineux.
Ils forment des combinaisons fusibles avec la lilhorge.
1* Le protoxide est d'un rouge de foie. — Il se fond à la chaleur blanche. Chauffé au contact de Tair il absorbe de Toxigène et se convertit en deutoxide. — Il n'est doué que de faibles affinités , et il a grande tendance à se déeoniposer par voie humide en cuivre métallique et en deutoxide : c^est
COMPOSÉS OXICÉNés. 3î)9
ce qa\ a Heu par exemple lorKju'on le traite par Tacide acétique ou par i*acide sulfurique affaiblis. — L'acide nitrique coDcentré le chan{|;e totalement en deutoxide qu'il dissout.
— L*acide muriatique le dissout sans le décomposer. — L'ammoniaque le dissout également sans le découiposer ; la liqueur est incolore, — 11 se fond bien aven les carbonates alcalins. •- Il forme avec la litharge des combinaisons rouges très-fusibles. -^ Son hydraU est de couleur orange.
— On le prëpHfe facilement en cbauiFant jusqu'à FuNÎon du deutuxide de cuivre avec un petit excès de cuivre métallique eu limaille. On l'obtient encore aisément en chauffant à la chaleur rouge le chlorure fondu avec les trois cinquièmes de son poids de carbonate de soude anhydre, et lavant la musse en fusion avec de l'eau. — Il est composé de:
Cuivre. . . . 0,8878 — ÎOO /^
OMgéne. . . . 0,1122 - 12,64 ^"
2<> Le deutoside de cuinre est noir. Il condense promptemetit dans ses pores Thumidité de l'atmosphère, même pendant qu'il est chaud. — Il supporte une forte chaleur blanche sans se fondre ni se décomposer. Quelques personnes supposent qu'a une température plus élevée il se change en proloxide; mais cela est fort douteux ; et il parait n'éprouver ce chnngement que par Teffct du contact des vapeurs combustibles. — Il est facilement réduit par les substances végétales et animales: avec celles-ci il ne donne que du gaz azote sans mélange de gaz nitreux. — Le plomb le ramène aisément à Tétat de proloxide , et réduit en partie celui-ci. — Le deutoxide de cuivre est une base assez forte ; aussi se dissout-il dans la plupart des acides même Torsqu'il a été calciné.
Il se combine par la voie sèche avec la potasse et la soude caustique ; mais la combinaison , qui est verte ou bleue ^ est entièrement détruite par l'eau. A la chaleur rouge il décompose enjjartiejkscarbona tes alcalins, et forme descomposés doubles fusibles de cuprates et de carbonates. L*oxide contenu dans les combinaisons a grande tendance à passer à Tétat de protoxide. I p. de deutoxide de cuivre et S p. de carbonate de soude forment un composé trèsfusible, compacte, opaque^ vert à la surface, mais d'uu rouge très-foncé au fond du creuset. — Il est soluble dans le carbonate d'ammoniaque , et dans Tammoniaquo caustique lorsqu'il y a contact de gaz acide carbonique ; les dissolutions sont d*un bleu intense et très-beau ; les alcalis caustiques en grand excès le précipitent coroplétenienl de Cff dissolutions.
Oo le prépare facilement en calcinant du nitrate de cui-
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