CHAPITRE XXI
I»e L'ÉSaln.
SECTION PREMIÈRE
Propriétés.
ARTICLE PRBHtBR. — Métal,
L*ctain est d*un blanc presque aussi pur et aussi brillant que l'argent. — Il a une odeur et une saveur très-sensibles et désagréables. — Il est très-mnlléable : on peut le réduire en feuilles excessivement minces eu le ballant sous le marteau. Par rapport à cette propriété il lient le quatrième rang parmi les métaui . — Il est aussi très-dudile : cependant il y a six métaux qui le sont plu» que lui. — Dans Tordre de la ténacité il occupe le cinquième rang^ un fil de 2 millimètres de diamètre se rompt sous un ptiids d'environ 24 kilogrammes. — Il est très- mou . moins cependant que le plomb. — Il n*a aucune élasticité , et par conséquent il n'est pas du tout sonore. — On peut le plier un grand nombre de fois sur lui-même sans le rompre. Chaque fois qu'on le plie il fait entendre un craquement particulier qu*on appelle cri de Véiain ; ce cri est d'autant plus fort que le mctal est plus par. — On peut Tobtenir cristallisé. — La p. s. de rctain fondu est de 7,285 à 7.298 : elle n augmente pas sensiblement par le martelage. — Sa dilatabilité linéaire est de tIj pour Tintervalle thermométrique compris entre 0° et ]00^ — l/étain est le plus fusible de tous les métaux; il se liquéfie bien avant de rougir, et Ton peut le
458 ÉTAItf.
couler sur Hes étoffe» et sur du papier sans les roussir. La tempérai ure qu*il exige a été évaluée par Newton à 212'* et par Crichton à 228°. — Il paraît que rétain est volatil, puisqu'il brûle avec flamme el fumée; cependant on peut le tenir pendant plusieurs heures à la plus haute température d*un fourneau à vent , dans un creuset brasqué , sans qu*il perde rien de son poids. — L*é(ain est un métal électro-négatif qui se rapproche, par Tensemble de ses propriétés , de l'antimoine et du titane. — Il y a deux oxides d*é(ain.
L*air sec et même Pair humide allèrent peu Pétain; mais à l'aide de la chaleur Tair Toxide très-rapidement. Il se produit d*abord du protoxide, et si Ton chauffe plus longtemps celui-ci se change en deutoxidc. Lorsqu'on coule l'étain très-chaud dans des moules, sa surface présente toutes les couleurs de Tiris; fihénomène qui provient de ce qu'il forme une pellicule extrêmement mince d'oxide. — L'étain ne décompose Teau ni à la température ordinaire ni même à Ja température de I cbuliilion ; mais à la chaleur rouge il la décompose très-rapidement, et il se change en protoxide. Il décompose aussi ce liquide à la fiiveur de plusieurs acides, même sans le secours de la chaleur^ et il s'oxide également alors au premier degré ; le gaz hydrogène qui se dégage a une odeur nauséabonde particulière qu'il doit probablement à une petite quantité d'étain qu'il entraîne en dissolution.
L'acide nitrique à 50° n'agit pas sur l'ctuin. L'acide à 40* Tattaque très-vivement et le convertit en deutoxide sans le dissoudre. L'acide très-faible de 6 à 15° dissout l'étain à froid sans qu'il y ait aucun dégagement de gaz : l'eau et l'a- * cide sont décomposés en même temps , et il se forme du protoxide d'étain et de l'ammoniaque qui restent combinés avec l'excès d*acide. — L'acide sulfurique étendu d'eau n'attaque pas l'étain , du moins à froid ; mais l'acide concentré et chaud l'oxide facilement; il se dégage de l'acide sulfureux , de rhydrogène et de l'hydrogène sulfuré , et il se dépose du soufre, d'où l'on voit que l'eau et l'acide sont décomposés en même temps. Il se produit soit du proto-sulfate, soit du deuto-sulfate. — L'acide sulfureux agit sur l'étain : il se forme à la fois de Thypo-sulfate et du sulfate de protoxide. — L'acide muriatique dissout très -facilement l'étain ; la dissolution a lieu six fois plus proinptement à chaud qu'à froid ; il se dégage du giiz hydrogène, et il se forme du protochlorure qui reste en dissolution à la faveur de l'excès d'acide muriatique. — L'eau régale, même étendue de 3 à 4 p. d'eau , exerce une action très- vive sur Tétain. Les phénomènes qui se produisent varient selon la proportion relative d'acide nitrique et d'acide muriatique qu'on emploie ,
COIHFOHÉS OXIGÉnfs. 459
et selon la tempërature à laquelle on opère ; si la quantité d*acide nitrique est suflîsante la liqueur ne contient que du per-chlorure ou de l'hydro-ehlorale deper-oxide. — L'acide phosphorique vitreux et Taride arsénique sont décomposes par Tétain à la chaleur rouge. — L'acide acétique^ l'acide oxalique et plusieurs autres acides végétaux agissent sensiblement sur l'étain surtout à l'aide de la chaleur, ils le transforment en protoxide , et le dissolvent ; mais leur action est très-faible.
L*élain se dissout dans les alcalis fixes caustiques liquides en décomposant l'eau. — L'ctain réduit un grand nombre d'oxides métalliques , par voie sècâe et par voie humide , entre autres ceux de cuivre , d'antinfoine , de mercure , de bis^muth, de plomb et d'argent. (Relativement à l'action de la litharge, P^oy. T. I.) — Il décompose l'acide carbonique des carbonates alcalins , et il est rapidement attaque par le nitre : dans les deux cas il est transformé en deut> oxide qui forme avec l'alcali une combinaison peu fusible
l/ctain se combine directement avec le soufre à l'aide d'une douce chaleur, il se forme un proto-sulfure. A une température suffisante pour le fondre il décompose le gaz acide hydro-sulfurique dont il absorbe le soufre. 11 est promptement terni , et recouvert d'une pellicule de deutosulfure par le même acide dissous dans l'eau. Il décompose un grand nombre de sulfures métalliques. — Il se combine avec le sélénium, le phosphore, le tellure et l'arsenic à une température peu élevée. — 11 absorbe le chlore gazeux ■<avec chaleur et lumière, et se convertit en per-chlorure. Il se dissout dans le chlore liquide. Il décompose le gaz hydrochlorique sec à l'aide de la chaleur. — Il se dissout dans le sel ammoniac , et il le décompose par voie sècfie, — L'étain s'allie très-bien avec presque tous les métaux. Plusieurs de ses alliages sont d'un grand usage dans les arts; tels sont ceux qu'il forme avec le fer, avec Tanlimoine, avec le plomb et avec le cuivre. — Son atome pèse 785,294 Sn.
AjiTicLE II. -— Composés oxigénës»
§ ]•' — Oxides.
Les oxides d'éiain sont réduits par le charbon à une température peu élevée au dessus de la chaleur blanche ; mais moins facilement que Toxide de plomb. Ils sont réduits aussi par le gaz hydrogène , par le soufre , etc. — Le fer les réduit complètement par voie sèche , et ramène le deutoxide à l'état de protoxide s'il n'est pas employé en proportion sufiisanle pour le réduire compléUj
460 ETAirr.
)«*^,70 deuloxidedeCain. . !•' 6,78 fer métal lique. . . 1
chauffes à 60o p. donnent 2^,30 d'étain métallique et une scorie fusible, compacte , a grains fins , cristallins, renfermant dans les ravîtes des cristaux très-petits et très-ccla> tants , d'un gris-bleuâtre métalloïde ; cette scorie doit être principalement composée de protoxide d*étain et de protoxide de fer. Quand on emploie le double de fer on a une scorie noire non fondue remplie de grenailles d*étaîn. — Les hydrates d*étain sont solubles dans les hydro-sulfates alcalins , les dissolutions renferment des composés de sulfure , de potassium et de sulfure d'ctain , etc. — Lorsqu'on chauffe un oxide d'étain , même calciné ^ avec du sel ammoniac, il se volatilise une grande quantité d'étain qui forme avec le sel ammoniac un composé que Teau décompose.
l*^ Le protoxide est tantôt en petits cristaux d'un gris métalloïde, tantôt eu poudre d'un jaune- olivâtre. Sa p. s. est de 6,67. — Il est fusible. — Lorsqu%)n le chauffe au con* taot de Kair il hrùie comme de Tamadou , et il se change en deutoxide. — Sou Hydrate est blanc ; il perd toute son eau de combinaison à la chaleur d'environ lOO*»; il est très-avide d'oxigène : rependant il ne l'absorbe pas dans l'air à la température ordinaire. — Le protoxide d'ctain est soluble dans les acides ^ dans les alcalis Gxes caustiques et dans la crème de tartre ; mais il est insoluble dans l'ammoniaque. — Ses dissolutions dans les alcalis laissent précipiter au bout d'un certiiin temps une substance cristalline d'un grisnoir que Proust regarde comme de l'ctain métallique , mais qui, selon Bertholet , contient un oxide. — L'acide nitrique et le chlore le transforment en per-oxide. — Il est composé de :
Élain. . 0.8803 — 100 *
Oxigènc. 0,1197 — 18,5 ^"
On préparc l'hydrate en précipitant une dissolution de proto- chlorure par de l'ammoniaque en excès, et lavant a froid avec de l'eau bouillie. — On a Poxidc anhydre en faisant chauffer l'hydrate pendant plusieurs heures dans de l'eau ammoniacale à la température de 97®, lavant à Peau bouillie et faisant sécher à la température ordinaire entre des feuilles de papier îoseph ; ou bien en chauffant l'hydrate au rouge dans une cornue de verre dont on chasse l'air en y introduisant du gaz acide carbonique.
2** Le deutoxide se présente sous deux modifications diffé.rentes dans lesquelles il possède des propriétés distinctes. Il est sous la première modification lorsqu'il a été préparé en oxidunt l'étain métallique par l'acide nitrique ou par le
COMPOSÉS OXIGÉNÉS. 401
deutoxicle de mercure, ou lorsqu*il a été sépare du précipité pourpre de Cassius calciné, par l'eau régale^ qui ne dissout que 1 or. On l'obtient sous la féconde modification en précipitant par l'ammomaque une dissolution de deuto- chlorure d*étain ou liqueur fumante de fAhaviuè,
Le résidu du traitement de Tétainpar Tacide nitrique est un hydrate blanc pulvérulent qui contient 0,1 1 d'eau. Il se change facilement en oxide anhydre par la calcination. Cet uxide est blanc. — Sa p. s. est de (j^64. — Il n'entre dans aucune combinaison par voie Humide, — L'hydrate est insoluble dans l'acide nitrique , même après qu'il a été mis en digestion avec de l'ammoniaque. Il ne se dissout pas dans l'acide sulfurique concentré , mais il absorbe une certaine quantité de cet acide en se gonflant et prenant une finance jaunâtre, l'eau lui enlève ensuite la totalité de l'acide avec lequel il s'est combiné. Il forme avec l'acide muriatiane un sel blanc , h |»eu près insoluble dans un excès d'àbide ^ mais soluble dans l'eau pure ; si Ton fait bouillir la dissolution, elle se coagule , et l'oxide s^en précipite.
S** Sous la seconde modification le deutoxide d'étain est d'un jaune-pâle. Son hydrate est gélatineux ; desséché à l'nir il devient d'un blanc lustré comme de la soie; à In ' température de B5° il perd la moitié de son eau , et se change en un autre hydral**, compacte, friable, à cassure vitreuse et demi-transparent. A l'étal humide cet hydrate se dissout dans l'acide nitrique ; mais l'oxide s'en sépare peu à peu^ â moins qiron n'ajoute du nitrate d'ammoniaque h la dissolu- , tion ; celle-ci se coagule à In chaleur de 50®, et l'oxide qui se dépose se redissout dans l'acide nitrique , si on le fait préalablement digérer dans ranimoniaque. L'hydrate se dissout très facilement dans l'acide sulfurique et dans l'acide muriatique , mèuio étendus, et les dissolutions ne se troublent ni par la chaleur ni par l'addition d'un excès d'acide.
Les propriétés suivantes appartiennent au deutoxide d'clain sous ses deux modifications. — Cet oxidejoue le rôle d'un acide faible; aussi lequalifie-t-on souvent d'acide stannique; à l'état d'hydrate humide il rougit le papier bleu , et il est sensiblement soluble dans l'eau. — 11 se dissout dans les alcalis fixes caustiques et dans l'ammoniaque étendue , mais non dans l'ammoniaque concentrée : lorsqu*on le fait digérer avec un carbonate alcalin , il se forme un stannate insoluble dans les liqueurs alcalines^ mais soluble dans l'eau, qu'il rend opaline. Il peut être obtenu en combinaison avec toutes les bases , et quand on décompose ces combinaisons par un acide , l'oxide d'étain conserve les propriétés qu'il avait avant de s'unir avec ces bases. — L'oxide calciné et l'oxide natif se combinent avec les alcalis par voie sècRe ^ et
si la matière alcaline est employée en proportion suffisante la combinaison qui se forme est soluble dans l'eau. — Les hydrates de deutoxided'étain et le deutoxide désagrégé par l'action des alcalis sont solubles dans les hydro-sulfates alcalins ; il se forme des stannates et des salfures doubles.
On peut faire passer Toxide d'élain de Tune de ses modifications à l'autre. — Pour le ramener de l'état dans lequel le produit l'acide nitrique à l'état dans lequel on Tobtient en le précipitant du chlorure, on fond l'oxide au creuset avec un alcali caustique , ou avec 5 à A p. de carbonate alcalin , ou bien on distille l'hydrate avec un excès d'acide muriatique ; il passe à la distillation du deulo-chlorure aqueux qui se comporte comme le liquide de Libavius, et il reste dans la cornue un hydro-chlorate qui conserve sa modification primitive. — Pour donner à l'oxide provenant du chlorure Ips propriétés qui appartiennent à celui qui est préparé par l'acide nitrique , on fait digérer à chaud un mélange de deuto-chlorure et d'eau avec de Tacide nitrique, et il s'en précipite un chlorure qui donne avec Tammoniaque un hydrate insolubledans l'acide nitrique : le même hydrate se forme également lorsque l'on traite de l'étain par de l'eau régale contenant un grand excès d'acide nitrique.
Le deutoxide d'étain est composé de :
Êtain. . 0,7867 — 180 '•
Oxigène. 0,213S — 27,20 ^"
^ S 2. - Sels.
L'étain est précipité de ses dissolutions salines ^ sous forme de paillettes d*un gris-blanc, par le fer et le zinc.
Les aeh de protoxide s'altèrent promptement à l'air en absorbant de Toxigène. Ils enlèvent ce corps à un grand nombre de combinaisons ; ils ramènent au minimum d'oxidation les sels des métaux très-oxidables , et ils réduisent complètement les autres. — Leurs dissolutions se troublent par Teau , à moins qu'on ne les acidiGe avec de l'acide muriatique. Les sels insolubles dans Teau , mais non calcinés, sont la plupart solubles dans Tacide muriatique. — Leurs dissolutions donnent avec les alcalis fixes caustiques des précipités blancs solubles dans un excès d'alcali ; — avec [ammoniaque , des précipités semblables insolubles dans un excès d*nmmoniaque ; — avec les carbonates alcalins , des précipitais blancs qui ne contiennent pas d'acide carbonique, et qui sont insolubles dans un excès de réactif;-* avec rhydrogène sulfuré des précipités bruns ; — avec les hydro-sulfales des précipités semblables qui se dissolvent dans un grand excès de ces réactifs , mais seulement s^ils
COMPOSES OXIGÉMÉS. 403
8ont Irès-sulfurés ; — avec !e pnissiate dépotasse jaune des précipites blancs ; — avec le prussiale rouge , des précipités également blancs , mais qui sont solubles dans Tacide murîatique; — avec les iodures alcalins, des précipités qui deviennent promplement rouges et qui sont solubles dans un excès d'iodure. — La décoction de noix de galle ne les trouble pas.
Les dissolution 8 de deutoxide donnent avec les alcalis fixes caustiques des précipités blancs solubles dans un excès d*alcali; — avec Tiimmuniaque, des précipités blancs insolubles dans un excès de réactif; — avec les carbonates alcalins , des précipites blancs qui ne contiennent pas diacide carbonique, et qui rendent Teau pure laiteuse ; — avec le phos- / pbate de soude et les succinates alcalins , des précipites blancs qui peuvent se filtrer; — avec Thydrogène sulfuré , des précipités jaunes sales , mais qui se forment lentement , à moins qu'on ne chauffe ; — avec les hydro-sulfates , des précipités semblables , solubles dans un excès d*hydro-sul. fates ; — avec le prussiate de potasse jaune et rouge , des précipités gélatineux jaunâtres solubles dans Tacide niuriatique , et qui se produisent lentement, — avec le zinc des précipités blancs d*oxide d'clain ^ avec dégagement d'hydrogène. — Elles ne sont troublées ni par Tacide oxalique, ni par les iodures alcalins , ni par le prussiale de potasse rouge.
Stannates, — Les stannates sont décomposés oar les acides. — 11 n'y a de solubles que ceux à base de potasse, de soude et d*ammoniaque. — Quand on les calcine à la chaleur rouge ils se décomposent de telle sorte que Tacide stanoique passe à Tétat d'indifférence , et que la base n'en retient que fort peu : si ccito base peut absorber de l'acide carbonique elle s'en sature, et ne retient pas du tout d'oxide d'étain.
En général les dissolutions alcalines saturées d'acide staunique se prennent spontanément en gelée au bout d*un certain temps , et la gelée donne avec l'eau des liqueurs laiteuses qui passent à travers les filtres. — Si Ton fait bouillir de l'hydrate d elain en excès avec de la potasse caustique , on obtient une liqueur d'un jaune-foncé par transparence et opalin par réQexion qui contient un stan* nate formé de 16 p. d'acide stannique pour 1 p. d'alcali. Si J'en traite par la polasse caustique l'hydrate stannique préparé par l'acide nitrique , la dissolution donne par évaporation des petits cristaux blancs grenus , et l'alcool précipite delà dissolution un surs-tannate. —Pour former par voie sèche un stannate de potasse ou de soude soluble dans Teau , il faut employer un grand excès d'alcali bien caustique.
Le stannate d^ ammoniaque est soluble dans Teau pure , mais insoluble dansTeau chargée d'ammoniaque ou d*un sel. II se forme un précipité de stannale d'ammoniaque qaand on mélange une dissolution des tannâtes de potasse avec du sel ammoniac.
Les stannates alcalins donnent avec l'eau de baryte ^ de 8trontiane ou de chau\ , des précipités blancs qui sont des stannates h base de ces terres ; et avec les dissolutions salines , des précipités de stannates qui contiennent la base du sel.
AHTiCLE III. 7— Composés sulfurés et séléniés.
Sulfures. — On admet maintenant Texistence de trois sulfures.
1" Le proto-sulfure est d*un gris de ploutb métallique , niou^ demi'ductile , à cassure laruelleuse. — Il est un peu moins fusible que Tétain. — Il cristallise par refroidissement. — Il est inaltérable par la chaleur. — Par le.grillage il se transforme en deutoxide , avec dégagement de gaz sulfureux. — L^acide murialique concentré le dissont à chaud , avec dégagement d'hydrogène sulfuré. — Lorsqu*OD le chauffe avec de l'acide sulfurique concentré, après l'avoir mélangé de soufre , il se change en deuto-sulfure. — Le fer le décompose , mais n*on sépare pas l'ctain : en quelque proportion que les deux substances soient mélangées , il se forme des composés homogènes , fusibles , d'étain , de fer et de soufre. — Les mêmes composés se produisent quand on fond des mélanges quelconques de pyrites de fer avec de l'étain ou avec des alliages de fer et d*étain. — Ce sulfure se mélange en toutes proportions avec l'ctain métallique. — Lorsqu'on le chauffe avec du deutoxidc d'élain il n'y a ni combinaison ni décomposition réciproque. — Il est composé de ;
Élain. . . 0,7852 ^100 '
Soufre. . . 0,2 U6 - 27, U ^"
On l'obtient par voie sèche en chauffant de Tétaîn avec du soufre; pnr voie humide^ en précipitant une dissolution de [«rotoxide par l'hydrogène sulfuré ou par un hydro-sulfate alcalin ne contenant point d'excès de soufre.
2° Le per-sulfure est connu sous le nom d'or mussif, or mosaïque^ or de Judée. — Il est en masses écailleuses ou en lames micacées d'un jaune de laiton tirant sur le jaune de bronze. — Il se décompose à la chaleur rouge avant de se fondre , et se transforme en proto-sulfure en abandonnant In moitié du soufre qu'il contient. — L'acide nitrique l'attaque difficilement ; l'acide sulfurique et l'acide muriatique
COMPOSÉS SULFURÉS. 4G5
De rattaqnent pas du tout. — fliaîs Fean rég;ale le dëcompose rapidement, et le convertit en sulfate de per-oxide insoluble dans Tacide. — Il contient deux fois autant de soufre que le proto-sulfure , ou
Étain. . . 0,6463 — 100 ''
Soufre. . . 0,85B7 — 84,70 ^"
Pour que ce sulfure puisse se former il faut que le soufre et Tétain se trouvent en contact, à une température inférieure au rouge^ à Tétat naissant , ou du moins dans un état de très-grande division. On Tobtieut par un grand nombre de procédés : *— 1** en faisant passer du soufre en vapeur sur du proto-sulfure chauffé à une température ménagée ;
— ^0 en distillant un mélange de proto-chlorure d*étaiu et de soufre : il se dégage d'abord de Tacide rouriatique , puis du deulO'chlorure , et il reste de Tor musif ; — 3° en distillant un mélange d'étaîn et de soufre avec de Tacide sutfurique concentré ; — 4® en précipitant une dissolution de deutoxide d'étain par l'hydrogène sulfuré ; — 5* en distillant un mélange à parties égales de proto-sulfure d*élain et de cinabre : il se volatilise du mercure ; — 6o en distillant un mélange de proto-sulfure d*étain et de per-chlorure de mercure : il'se sublime du mercure et du deuto-chlorure d eUin ; — 7° en distillant du proto-sulfure d'ctain ou un amalgame d*étain avec du soufre et du muriate d'ammoniaque : le mercure ne sert qu*à rendre Tétain susceptible d être très-divisé. C'est ce procédé qu'on suit ordinairement pour préparer l'or musif en grand. On emploie 2 p. d'étain, 1 p. de mercure , 1 ^ p. de soufre , et 1 p. de sel ammoniac. On fait d'abord l'amalgame , puis on triture le tout ensemble , en y ajoutant un peu d'eau \ on place le mélange dans des creusets couverts ou dans des cornues , et Von chauffe au bain de sable pendant plusieurs heures & une chaleur qui ne doit pas dépasser le rouge naissant.
So M. Berzélius admet un troisième sulfure d*étain^ intermédiaire entre ceux dont nous venons de parler^ et qui contient :
Élain. . . 0,701 — 100 'g"
Soufre. . . 0,299 — 44,72 ^"
Il est d'un jaune-grisàtre foncé doué de l'éclat métallique.
— La chaleur blanche le change en proto-sulfure , avec dégagement de soufre. — L'acide rouriatique concentré le change en or musif, et il se dissout le quart de l'étain qu'il contient , avec dégagement de gaz hydrogène sulfuré.
— On Tobtient en distillant dans une cornue , à la chaleur ronge sombre , un mélange de proto-sulfure et de soufre , jusqu^à ce qu*il ne se volatilise plus de soufre.
466 ÉTAin.
La liibarge , employée dans la proportion de SO p« , déconpose compléLeipent les sulfures d*étain : le soufre se dégage à Tétat diacide sulfureux , et rétain , oxidé au minimum j reste en totalité dans la scorie. Quand on emploie moins de 80 p, de litharge la scorie retient du sulfure d'étain en combinaison. (T. I.)
Le nitre attaque vivement les sulfures d'étain , et change en même temps le soufre en acide sulfurique et l'étain en oxide.
Les carbonates alcalins décomposent partiellement les sulfures d'étain , de telle sorte que la matière fondue , d'apfiarenoe homogène , contient un sulfure double d*étain et d*alcaU « et de Toxide d'étain ; mais il ne se forme pas d'acide sulfurique.
Lorsqu'il y a contact ou mélange de charbon , la portion d*étain qui, sans cela, se serait oxidée^ se sépare al état métallique.
9^,87 proto-sulfure d'étain. . — 1«* 6 ,60 carbonate de soude. , — 1 chauffés , dans nn creuset brasqué , a la chaleur blanche, donnent environ 4^,67 d'étain , c'est-à*dire moitié de ce qu*en contient le sulfure , et une scorie grise sans éclat métallique*
1U,36 or musif. 1«
1 B ,82 carbonate de soude. . • 2
chauffés comme dans l'expérience précédente , ne donnent que 1^,7 d'étain , le quart environ de ce qu'en contient le sulfure , et par conséquent moitié -moins de ce qu'en donne le proto-sulfure. — En augmentant la proportion de carbonate alcalin on obtient une plus grande quantité d*étain ; mais il ne parait pas qu'à la température de 50 à 60"* on puisse jamais extraire du proto-sulfure plus des trois quarts de rétain qu'il renferme. Âvec£S p. de flux noir il en donne facilement 0,55.
(.es sulfures d'étain peuvent se combiner par voie sèeÂe ou par voie humide avec la plupart des autres sulfures. — Les deux expériences précédentes fournissent déjà un exemple de la formation des composés de proto-sulfure d'étain et de sodium. On peut avoir ces composés exempts de carbonate de soude en chauffant , au creuset brasqué , du protosulfure d'étain avec du sulfure de sodium ou avec un mélange de carbonate de soude et de soufre équivalant à ce sulfure.
18^,78 proto-sulfure d'étain. . 2"' 6,60 carbonate de soudo . . 1 2,01 soufre 2
GOUPOSÉS SULFLTRIÊS. 467
donnent un sulfure double trèt-f usible , d*un gris-mëtallique fonce , à cassure grenue ^ et qui renferme dans les cavités des métaux aciculaires. — On pourrait remplacer le mélange de carbonate de soude et de soufre par un mélange équivalent de sulfate de soude et de charbon.
On obtient de la même manière les composés doubles de per-sa)fure d*étain.
115^,36 ormusif. . . . . 1« 6,66 carbonate de soude. . 1
2,08 soufre 2
forment une combinaison si fusible qu'elle traverse ïa brasque pour la plus grande partie. Elle est compacte, cristal^ line ^ couleur café au lait, et ressemble à de la blende. Elle se brise promptement en éclats à l'air, et elle se dissout dans Teau sans résidu.
Le per-sulfure d'étain est soluble dans les hydro-sulfates alcalins neutres, avec dégagement d'hydrogène sulfuré. La dissolution a lieu facilement, même à froid ^ si le sulfure a élé obtenu par voie humide y lentement et difficilement s'il a été préparé par voie spcfie, — Les dissolutions sont jaunâtres ; elles contiennent une combinaison formée d'un atonie de chaque sulfure, et qu'on peut séparer de l'hydro-suU fate en excès par le moyen de l'alcool , qui ne dissout que ce dernier. — Les dissolutions de per-sulfure d'étain dans les hydro-sulfates alcalins forment, dans les dibsolutions des sels terreux et métalliques , des précipités insolubles ou trèspeu solubles qui sont des sulfures doubles stanniques*
Le per-sulfure d'étain est soluble dans les alcalis fixes caustiques bouillants et dans leur carbonate ; les dissolution.^ contiennent un sulfure double et un stannate ou stannite alcalin.
Le proto-sulfure d'étain se combine et se fond en tontes proportions avec les sulfures de fer , de cuivre ^ de plomb , etc.
Sulfates. — Le sulfate de protoxide est soluble dans l'eau, et cristallise en prismes très-minces par évaporation lente. Il est réduit à chaud par le gaz hydrogène en métal mêlé d'un peu de sulfure. — On l'obtient en versant de l'acide sulfurique dans une dissolution concentrée de proto-chlorure. — Quand on le chauffe avec de l'acide sulfurique concentré il se change en sulfate de per-oxide très-acide et incristallisable. — 11 y a plusieurs sulfates de deutoxide. (Voy. Deutoxide,)
Séléniures, ^ !<> Le proto-séléniure est d'uo gris métal^ lique très-éclatant , fusible en masse boursouflée. Le grillage le décompose aisément , avec dégagement de sélé" nium.
468 ÊTAIIf.
2° L'hydrogène sélénië précipite da deuto-séiêniure des dissolutions de deutoxide d*étain.
ABTiCLBiY. — Composés phosphores ^ arséniés et a%oiés,
Pho^phures, — Selon M. Landgreb, le phosphure d'étain obtenu en chaufFant le métal avec du phosphore est blanc d'argent, malléable, mais moins que létain , à cassure lamelleuse , très-fusible, et contient 0,155 de phosphore. — Lorsqu'on chauffe de Tétain avec un mélange phosphurant , à une haute température , on a un culot qui ressemble au métal pur : on ne sait pas s*il contient du phosphore.
Phospfiates. — Le pRotpâate de deutoxtde est blanc , insoluble dans Teau , et fusible en verre. — On l'obtient en précipitant le per-chlorure d'étain par un phosphate alcalin ou eil faisant chauffer de Tétain avec de l'acide phosphorique vitreux.
j^néniures, — L'étain et l'arsenic se combinent en toutes proportions par voie sècRe. — Les arséniures sont gris , lamelleux, cassants, moins fusibles que l'étain. — Par le grillage ils exhalent de l'acide arsénieux. — L'acide muriutique concentré les décompose : tout l'étain se dissout ; il se dégage un mélange de gaz hydrogène arsénié et de gaz hydrogène pur, et il reste une certaine quantité d'arsenic pur. — Il ne faut que très-peu d'arsenic pour altérer la ductilité de l'étain ; cependant lorsqu'il n'en contient pas plus de 0,005 l'étain peut être travaillé et servir dans les arts. — L'arséniure qui contient 0^06 d'arsenic cristallise en grandes lames comme le bismuth.
y^rséniates. — Uarséniate de deutoside est insoluble dans Veau , mais soluble dans un excès d'acide. La dissolution se prend en gel^e par l'évaporatlon.
Nitrates. — Le nitrate deprotoxide se décompose si aisément , qu'il est impossible de l'obtenir à l'état solide ; par l'cvaporation le protoxide réagit sur l'acide et se dépose à l'état de deutoxide.
Le nitrate de deutoxide se décompose totalement à la chaleur de rébuliition.
ARTICLE V. — Composés chlorés ^ brômés et ioclés.
Chlorures. — !• Le proto^chlorure d'étain est blanc-grisâtre , éclatant , à cassure résineuse , — fusible au dessous de la chaleur rouge , — volatil et distillable à une température très-peu plus élevée que celle qui est nécessaire pour le fondre; ses vapeurs se condensent en une masse bitumineuse qui devient cassante quand elle est tout-à-fuit froide.
COMPOSÉS CHLOnéS. 409
— Il a Todeur de Tétain ; sa saveur est astriDgenle et styptique. — ChaufiFé avec un excès de soufre il donne du deuto-sulfure et du deuto-chlorure. — Il absorde le chlore avec chaleur et lumière , et le change en deutochlorure. — La vapeur d'eau le décompose à chaud. Il se dissout dans une petite quantité d*eau , mais ce liquide employé en grande proportion le décompose ; il se fait un précipité d*oxi* chlorure qui contient I atome de protoxide et 1 atome de proto-chlorure , et la liqueur, qui devient fort acide, retient du proto>chlorure. — Il est soluble sans décomposition dans Tacide muriatique , plus à chaud qu*à froid ; en se refroi dissant les dissolutions laissent déposer des aiguilles prismatiques blanches qui paraissent être un composé de chlorure et d'eau. — Les dissolutions de proto*chlorure d'étain sont extrêmement avides d'oxigène ; en absorbant ce corps elles se changent en un mélange de deuto-chlorure et de deutoxide y et ce dernier se précipite quand les liqueurs ne sont pas très-acides. — Elles se troublent promptement a Tair et par l'addition de l'acide nitrique. — Elles ramènent au minimum d'oxidationles per-oxides de fer, de manganèse, etc.
— Elles changent en oxide bleu le» acides molybdique et tungstique j et en oxide vert l'acide chrômique. — Elles précipitent l'or de ses dissolutions ; le précipité est brun , marron , bleu ou vert y selon le degré do concentration de la liqueur; si le proto-chlorure est mêlé de deuto-chlorure, le précipité est d*une belle couleur pourpre. — Elles réduisent complètement les acides arsénieux et arsénique, les oxides d'antimoine et de zinc , etc. — Elles absorbent le chlore gazeux et le changent en per-chlorure. Elles enlèvent aussi le chlore à un grcnd nombre de corps , et se changent alors en dissolution de deuto-chlorure. C'est ainsi qu'elles précipitent du proto- chlorure de cuivre des dissolutions qui contiennent du deuto-chlorure de ce métal ; qu'elles décomposent les dissolutions de deuto-chloi*ure de mercure , et qu'elles en précipitent tout le mercure à l'état métallique si le proto-chlorure d'étain est employé en excès, ou du proto chlorure de mercure dans le cas contraire, — Le proto-chlorure d'étain se combine avec la plupart des autres chlorures , et entre autres avec ceux des métaux alcalins. — Il est composé de :
Étain. . 0,6242 — 100 c„p„ Chlore. . 0,3758 — 61 °"^' On Tobtient soit en distillant de l'amalgame d'étain avec du proto-chlorure de mercure, 6oit en chauffant en vase clos, jusqu'à fusion, le chlorure acide cristallisé en aiguilles.
— Ce dernier sert dans la teinture. On le prépare en grand
en traitant Tëtain luëtallique en grenailles par l'acide nui* riatique. N. Bérard verse l'acide sur les grenailles , transvase le liquide, laisse les grenailles mouillées exposées pendant quelque temps à Tair, remet Tacide dessus pour dissoudre le proto-chlorure qui s*est ^rmë , transvase de nouveau, etc.
S"* Le deuiO'Chlorure , liqueur fumante de Libaviuê , «piniu$ Libavii^e&t liquide à la température ordinaire, incolore, transparent, très-fluide, plus lourd que i'eau » d'une odeur piquante et insupportable, très-volatil. Il bout à 12û*>. Il a la propriété de répandre des fumées blanches dans l'air ; ce qui dépend de la grande affinité qu'il a pour l'eau. — Quand on le mêle avec ce liquide il l'absorbe avec avidité et avec bruit : si l'eau est employée dans le rapport de 22 p. pour 7 p» de chlorure ^ le mélange se prend en masse blanche cristalline ^ soluble , sans se troubler, dans une plus grande masse de liquide , et soluble également dans l'aU cool. — Le deuto-chlorure dissout l'élain métallique et se change en proto-chlorure* ,
Il absorbe l'ammoniaque gazeuse et forme avec cet alcali un ammonio-chlorure qui, selon Davy et M. Persoz, contient 0,209 ou 2 atomes d'ammoniaque, se dissout en partie dans l'eau , et est décomposé par l'ammoniaque, qui précipite tout l'étain à l'état de deuloxide; mais d*après M. H. Ruse, il ne contient que 0,1 17 ou 1 atome d'ammoniaque, et l'ammoniaque ne précipite pas sa dissolution aqueuse. Cet ammonio-chlorure est d'un blanc pur et n'éprouve aucune altération à Tair ; il se sublime sans se décomposer et se condense en masse cristalline qui ressemble au per-chlorure de mercure. Il donne avec l'eau une liqueur transparente qui laisse déposer une gelée quand on la chauffe ou quand on l'expose au froid. Les dissolutions évaporées dansle vide reproduisent le chlorure ammoniacal sans altération.
Le (feu/o-cA/orura d'étain forme avec le chlorure de soufre un composé très-volatil, liquide h la température ordinaire» et qui cristallise à un certain degré de froid.
Le deutO'Oâlorure d'étain anhydro donne un précipité lorsqu'on le mêle avec de l'acide muriatique , mais le deuto* chlorure cristallin hydreux se dissout dans cet acide sans se décomposer.
Le deuto-c/iiorure hydreux est décomposé par la chaleur ; il se dégage de l'acide hydro-chlorique , qui entraîne une petite quantité de deuto-chlorure, et Tétain reste a l'état do deutoxide.
Le deuto-chlorure est composé de :
Étain. . . 0,450 — 100 ^ ^. Chlore. . . 0,550 -^ 122 ^°^*
COMPOSÉS CARBONÉS. 471
On le prépare ordinairement en distillant, à une chaleur ménagée^ un mélange de 4 p. de sublimé eorrosif, et de 1 p. d'étain amalgamé avec environ le tiers de ton poids de mercure.— On prépare le deuto-chlorurehydreux en dissolvant de rétain dans de Teau régale et faisant cristalliser.
Bromures, — 1® Le proio-hrÔmure est soluble. — On l'obtient en traitant Tétain par Tacide hydro*br6mique.
2» Le deuto-brômure est solide, blanc, cristallin, trèsfusible et très-volatil. H ne répand dans rair que très-peu de vapeurs blanches. Il se dissout dans Teau sans échauffement. L'acide nitrique en dégage le brome ; mais il n*est pas attaqué par Tacide sulfurique. — On Tobtient en traitant rétain métallique par le brème.
lodureê. — Le deuto-iodure est orange- foncé ou cmileor de verre d'antimoine; l'eau le décompose en acide hydriodique et deutoxide d'étain. 11 se combine avec la potasse. — On le prépare 0h traitant l'étain par l'iode.
▲iTiGLi VI. — Composés carbonés»
Carbure , carbonates^ — Il parait que l'étain ne se combine pas avec le carbone^ et que ses oxides sont des bases trop faibles pour qu'elles puissent se combiner avec l'acide carbonique.
Oxalate. — L'oxalate acide est soluble dans l'eau et cristallise en prismes transparents, par évaporation lente.
acétates. — Vacétate de protoxide cristallise en petites aiguilles.
Uacétaie de deutoxide se prend en masse gommeuse par l'évaporation. — On obtient ces deux acétates en décomposant les chlorures par l'acétate de plomb.
Succinate, — Le succinate de protoxide est soluble dans l'eau et cristallise en lames transparentes.
Le succinate de deutoxide est insoluble.
Le tartrate double de protoxide et de potasse est très- soluble et cristallise difficilement. Les alcalis et les carbonates alcalins en précipitent l'étain.
ABTicLE VII. — alliages.
Potassium^ — Selon M. Sérallas, lorsqu'on chaufie fortement de rélain avec son poids de crème de tartre il se combine avec du potassinm ; nais il n'en prend qu'une trèspetite quantité, et aes propriétés sont pe» altérées.
Chrome. — En chauffant dans on creuset brasqué, à 150®, 4e Vétain avec de l'oxide de chrême mêlé de la quantité nécessaire de charbon pour le réduire, on obtient des alliages des deux métaux.
472 iTAIIf.
Celui qui contient :
Étaîn. . . 0,808 — 4-* Chrome. . 0,192 ^ 1
est d*un blanc un peu gris, mou , mais moins que l'ëtain, demi-ductile , mais non susceptible d'être laminé. Sa cassure est grenue , d'un gris de fer. Le culot est rempli de cavités tapissées de cristaux aciculaires très-petits , et il est recouvert de cristaux semblables, à sa surface.
Tungstène, — Les alliages d'étain et de tungstène s'obtiennent facilement en chauJOTant de l'ëtain avec de Tacide tungstique dans des creusets brasqués, à 150,. Les trois alliages suivants ont été préparés de cette manière :
Éiain. . . 0,88 — 12-' 0,710 — A^ 0,549 — 2*'
Tungstène. 0,12 — 1 0,290— 1 0,451 — 1 Ils étaient -tons trois d'un blanc aussi pur et aussi brillant que Tétain ; ils se laissaient couper au cotlteau, et ils étaient si ductiles qu'on a pu sans difficulté les réduire au laminoir en feuilles aussi minces que du papier ; seulement les feuilles qui provenaient du troisième alliage étaient dentelées sur les bords , parce que le culot était caverneux , et qu'il n'a pas été possible d'en extraire des morceaux exempts de cavités. — L'acide murîatique sépare l'étain de ces alliages et laisse le tungstène à l'état métallique, et pur.
Molybdène, — Les alliages que forme Vétain avec le moiybdène ont absolument les mêmes propriétés que ceux qu'il donne uvec le tungstène. Pour les préparer il faut se servir de molybdène métallique ou d'un mélange d'acide molybdique et de charbon , parce que si l'on se contentait de réduire cet acide par cémentation il pourrait s'en volatiliser une partie.
L'alliage composé de :
Étain. . . . 0,88 — 4*' Molybdène. . 0,17 — 1
est aussi blanc , aussi ductile et aussi tenace que l'étain pur, et peut être réduit en feuilles excessivement minces au laminoir. — L'acide muriatique en sépare l'étain et laisse le molybdène a l'état métallique.
{Tirana, titane, — On a tenté sans succès d'allier Yétuin avec Vurane et avec le titane,
Manganèse, — L'é/atn et le manganèse s'allient en toutes proportions. On obtient facilement ces alliages en chaufiani dans des creusets brasqués, à ISO^p.^ des mélanges d'étain ou d'oxide .d*étain , d'oxîde de manganèse , de charbon en quantité nécessaire pour réduire cet oxide, et de borax dans la proportion d'environ 6 pour 100 d'oxide de manganèse.
L*aUiage compose de :
Étain. . . 0,674 — 1 Mangaoèse . 0,226 — 1
at
est d^un gris de platine ^ tendre , se laissant couper au couteau , s'aplatissant un peu sous le marteau , mais cassant et même susceptible d'être réduit en poudre. Sa cassure est cendrée , inégale et un peu cristalline. L'alliage composé de :
Étain. . . 0,826 — 8«* Manganèse. 0,174 — 1
est tendre et se laisse couper au couteau. Il est blanc-grisâtre, et il a un grand éclat dans les coupures fraîches. Il s'aplatit un peu sous le marteau , mais en se gerçant et en se réduisant en morceaux. Sa cassure est grenue et matte.
Fer, — Véiainei le fer ont beaucoup d'affinité l'un pour l'autre. Ils s'allient directement ou lorsqu'on chaujQTe leurs oxides avec du charbon ou avec du flux noir. — Il ne faut qu'une très-petite quantité de fer pour diminuer la malléabilité de l'étaîn, ternir sa couleur blanche, et lui donner de Ja dureté. La plus petite trace est décelée par l'action que l'étain exerce sur le barreau aimanté. — Lorsqu'on chauffe à une chaleur graduée un alliage de fer et d'étain dans lequel celui-ci domine , il s'en écoule d'abord de l'étain pur, puis de l'étain de plus en pins allié de fer, et il reste un alliage dans lequel le fer domine et qui entre en fusion sans se décomposer. On pratique cette opération en grand pour purifier Tétain ferreox.
L'alliage composé de :
Étain. . . 0,351 — • ias Fer. . . . 0,649 — 4
est d'un gris de fer clair, cristallin , et assez cassant pour qu'on puisse le réduire en poudre impalpable. L'alliage composé de :
Étain. . . 0,1M) Fer. . . . 0,50
est fusible a SO^ p., d'un blanc-grisÀtre, très-cassant, à cassure grenue.
Lorsqu'on étame des feuilles de fer décapées il se forme on alliage au contact du fer, et la surface extérieure seulement est de l'étain pur.
Cobalt, — Vétain et le cobalt s'allient directement. On peut aussi préparer leur alliage en fondant des mélanges d'oxide d'étain et d'oxide de cobalt avec du flux noir.
474 ÉTAIX.
L*aliiage composé de :
Cobak, . . 0,20 — 1
est bien fusible à 60» p. , d'^un blanc-grisàtre , tendre, se laissant couper au couteau ; il reçoit i*enipreiDte du marleaUy mais il est très-cassant, à cassure inégale et cristalline. Il n*est pas du tout magnétique.
Nickel, — On prépare les alHages d*é/af» et de nickel comme les précédents.
L'alliage composé de :
Élain. . . 0,923 — 6«' Nickel. . . 0,077 — I
est cristallin , à très-grandes lames entre-croisées en divers sens, et ressemble à une fonte blanche manganésée. Il est d'un blancr un peu grisâtre, très-mou y il s'aplatit un peu sous le marteau, mais en se gerçant.
L'alliage composé de :
Étaio. . , 0,80 — V" Nickel. . . 0,2a — l
est d'un gris-blanc, assez tenace , mais cassant, à cassure inégale, cristalline , briflaate. 11 ne feit aucunement mouvoir le barreau aimanté.
Cuivre,
Antimoine, — Les alliages d'éfain et dtantimoine sont aussi blancs que l'étain, beaucoup plus durs et moins ductiles. Ils deviennent cassants et même purvérisables lorsque l'antimoine s'y trouve en forte proportion.
L'alliage composé de :
Étain. . • 0,80 Antimoine. . 0,20
quoique moins malléable que l'étain pur« l'est assez pour qu'on poisse lui donner toutes sortes de formes. C'est avec cet alliage qu'on fabrique la plupart des ustensiles d*étain. L'alliage composé de :
Étain. . . 0,75 Antimoine. . 0,25
est beaucoup moins malléable que le préeédcnt. Sa p. a. est de 7 059.
L'alliage qui contient :
Étain. . . 0,50 Antimoine. • 0,50
est dur et très*aigre ; ou peut le réduire en poudre. Sa p. s« est de 6,80t.
ALLIàGBS. 475
L'addition d*an peu de plomb augmente beaucoup la fragilité des alliages a étain et d^antimoine.
L'acide nitrique oxide ces alliages sans rien dissoudre ; la matière ox idée est sohible dans l'acide mur iatique concentré. L'eau précipite de cette dissolution de rantimonile d'étain; et si l'antimoine entre pour un tiers au moins dans l'alliage, il ne reste pas d'étain dans la liqueur. — L'acide muriatique les attaque, mais avec difficulté, lorsqu'ils renferment beaucoup d'antimoine , et dissout une certaine quantité de ce dernier métal en même temps que l'étain et le résidu antimonial retient de l'étain; cependant , selon M. Chaudet , quand l'antimoine ne se trouve dans l'alliage que dans la proportion de 0,04 à 0,05 au plus , l'acide muriatique dissout facilement tout l'étain sans dissoudre une quantité notable d'antimoine.
Zinc, — M. £d. Rœchlin a fait sur les alliages d'é/am et de zinc des expériences d'oii il résulte que ces alliages sont ductiles, pourvu toutefois que le zinc soit bien pur et surtout exempt de fer ; et que celui qui est composé de parties égales d'étain et de zinc est presque aussi tenace que le laiton, et résiste au moins aussi bien au frottement : cet alliage fond a la température de 460 à 500^ — L'alliage composé de 1 d'étain et 8 de zinc fond de 250 à 300''. — L'alliage composé de 1 d'étain etde 2 de zinc fond de 300 à 360. — Enfin, l'alliage composé de 3 d'étain et 2 de zinc foadde2ë0à350o.
L'alliage d'élain et de zinc composé de
Étain. . 0,87 — !«' / ^„„.v^„ Zinc. . 0;63 - 8 j «"^"•^"
a une couleur intermédiaire entre le blanc de l'étain et le gris-bleu du zinc. 11 est demi-ductile , à cassure cristalline très-éclatanle. Il s'aplatit sous le marteau sans se gercer, et peut être réduit en feuilles trè^-minces^ au laminoir ; mais ces feuilles sont raides et se brisent quand on les plie deux ou trois fois sur elles-mêmes. A la température de 150® le zinc s*en sépare à peu près en totalité.
Mercure, — L'étain et le mercure se combinent à cbaud en toutes proportions et s'amalgament même à froid. La surface métallique réfléchissante des glaces est un amalgame d'étain dans lequel le mercure domine , et qui est fixé au verre par adhérence. — L'alliage qui renferme un quart de son poids d'étain cristallise en lames grises éclatantes ou en cubes.
Plomb. — 11 y a toujours légère dilatation dans l'acte de la combinaison de l'étain et du plomb. Les alliages composés de ces deux métaux sont plus durs et beaucoup moins blancs que l'étain, lors même qu'ils ne contiennent quo
476 ÉTAIIf.
peu de plomb. — Ceux qui renferment beaucoup de plomb ne sontque demi-ductiles ou même cassants, à cassure greoue; mais parmi ceux dans lesquels Télain domine, il y en a qui sont plus tenaces que ce métal pur. — L'alliage qui possède le ma^pimum de ténacité et de dureté est composé de :
Étain. • 0,75 environ S"*
Plomb. . 0,25 environ 1 Sa p. s. est de 7,994.
Les alliages d'étain et de plomb sont tous plus fusibles que le plomb , et il y en a qui sont même plus fusibles que l'étain. La soudure des plombiers, qui est composée de :
Étain. . 0,33 environ l"*'
Plomb. • 0^67 environ 1
est dans ce cas. Sa p. s. est de 9,55'itS.
Lorsqu'on expose à Tair des alliages de plomb et d*étain en fusion , ils s*oxident très-rapidoment. Quand les deux métaux sont unis entre eux dans la proportion d'environ 2 à 1 , comme dans la soudure, ils s'oxident simultanément et produisent alors ce qu'on appelle la potée ffétain^ dont on se sert pour polir le verre^ etc.; mais quand l'alliage contient beaucoup plus de plomb que d'étain , il arrive un moment où tout l'étain est scorifié, et où tout le plomb qui reste se trouve pur,
L'étain garantit le plomb de l'oxidation par l'eau et les acides faibles. M. Vauquelin a reconnu que l'alliage qui ne contient que 0,17 à 0,18 de ce métal n'est pas sensiblement attaqué par le vin et le vinaigre , ni même par les huiles, et qu'on peut s'en servir sans danger pour faire des vases à mesurer les liquides.
Trois alliages d*étain et de plomb, pris dans le commerce, ont été trouvés composés comme il suit :
Étain. . 0,820 — 0,820 — 0,790 Plomb. . 0,145 — 0,160 — 0,190 Cuivre. . 0,025 ~ 0,015 — 0,015 0,990 0,995 0,995 L'acide nitrique agit vivement sur les alliages de plomb et d'étain ; cet acide dissout le premier métal et per-oxide le second. — L'acide muriatique dissout les deux métaux contenus dans l'alliage, lorsque l'étain y domine.
SECTION II
Minérauo!.
Les seules espèces minérales que constitue l'é/atn sont toxide et le sulfure ; encore le sulfure est-il extrêmement
MINiRAUX. 477
rare,et doit-il plutôt être placëavec les minéraux de cuivre. Nous n'avons donc à nous occuper ici que de l'oiide.
On trouve Toxide d'étain en Glons, en amas, et le plus souvent en veinules très-disscininées , dans les terrains anciens. On le rencontre souvent aussi en galets dans les allu- Yions qui proviennent des détritus de ces terrains. EnGo il parait qu'il se présente quelquefois en veines dans le porphyre du grès rouge. Il est presque toujours accompagné de wolfram , de molybdène sulfuré et depyrites arsenicales. — Les gîtes d*étain exploitables ne sont pas en grand nombre. Les principaux se trouvent aux Indes, auChily, au Mexique, dans le Cornouailles , en Espagne , en Saxe et en Bohème. On a découvert récemment deux gîtes d*étain en France , l'un a Piriac, département de la Seine-Inférieure, et l'autre à Vaulry^ département de la Haute-Vienne; mais ces gîtes n'ont aucune importance.
Les minéraux de tantale, de titane, d'urane et de zinc^ contiennent fréquemment de très-petites quantités d'oxide d'étain comme principe accidentel.
Voxide (Tétain est le plus ordinairement d'un brun-rougeàtre pâle; mais quelquefois il est d'un brun très-foncé et même noir^ gris-jaunàtre, vert ou verdâtre, ou même presque incolore; tantôt transparent, tantôt translucide, et le plus souvent opaque. Il est dur et aigre ; sa cassure est imparfaitement conchoïde. Sa poussière est blanche ou grisâtre. — Sa p. s. est de 6,519 à 6,700, ou 6,96. — Il cristallise en prismes droits carrés dans lesquels la hauteur est aux côtés de la base à peu près t! 4S I 32. Ses cristaux sont souvent hémitropes. — L'oxide d'étain est isomorphe avec l'oxide de titane , et il a absolument le même aspect. Il a aussi quelque ressemblance par ses caractères avec le grenat et avec Tidocrase; mais il est très-facile de le distinguer de ces substances. — Â.u chalumeau il est infusible sans addition; sur le charbon, lorsqu'il est pur, il se réduit complètement sans addition, à l'aide d'un feu vif et soutenu ; l'addition de la soude rend la réduction très-facile ; mais quand il contient de l'acide de tantale il ne se réduit pas complètement sans addition, et la réduction ne se fait que difficilement, même avec la soude : elle a lieu très-rapidement dans tous les cas quand on ajoute un peu de borax â la soude. Avec le borax Toxide d'étain fond très- difficilement, et donne un verre transparent qui se conserve tel pendant le refroidissement; le verre saturé d'oxide étant chauflfé au rouge naissant, après qu'il a été complément refroidi , devient opaque et subit une sorte de cristallisation confuse ; il ne change pas de couleur au feu de réduction. Lorsque
Foxide d'ëtaîn contient de Foxide de tantale, le verre transparent qu'il donne avec le borax a la propriété de devenir opaque au flamber et même par le simple refroidissement. Avec le sel de phosphore Toxide d'étain fond difficilement et donne un verre transparent et incolore : si Ton y ajoute de Foxide de fer, cet oxide perd sa propriété de pplorcr le verre; Farsenic rend celui-ci opaque. Avec la soude , sur le platine , Foxide d^élaiii donne une masse boursouflée infusibie et qui ne peut pas se dissoudre dans un excès de soude. — L'oxide d'étain est inattaquable par les acides les plus forts.
Il est très-rare que Foxide d*étain natif soit pur ; il contient presque toujours une certaine quantité d'oxide de fer en mélange intime, et quelquefois aussi de Foxide de manganèse et de Foxide de tantale , ainsi qu*on peut le voir par les analyses qui suivent.
A1l«rnon
Gvana-
zuato.
birge.
Piriio.
FinlM.
Deutoxide €l*élain. . . .
Per-oxide de fer. . . .