CHAPITRE XXIV
Bn Blamath*
SECTION PREMIÈRE
Propriétés.
Les Grecs et les Romains ne connaissaient pas le bismuth; mais Agricola en fait mention dans ses écrits. (1529)
ABTICLB PEEMIBB. — Métal.
Ce métal est d'un blanc-gris un peu rougeâtre , trèséclatant. Sa structure est lamelleuse à grandes lames. — On peut facilement Tobtenir cristallisé en trémies pyramidales qui dérivent du cube. — 11 n'a ni saveur ni odeur. Lorsqu'il est parfaitement pur il jouit d'une certaine ductilité , et l'on peut même te ployer plusieurs fois sur lui-même avant de le rompre. M. Cbaudet dit qu'il fait alors en'tendre un cri semblable à celui de Tétain. Il est très-peu tenace , et un peu moins dur que le cuivre. Sa p. s. est do 9,822. — fl fond à la température de 247'' ; et il peut être coulé snr du papier sans le roussir. — Il est très>volatil ; à la température de 80<* p. il répand dans l'nir une fumée très-visible : cependant on ne peut pas le distiller.
On connaît deux oxides de bismuth ^ et l'on soupçonne qu'il existe un sub-oxide. — Le bismuth ne s^oxide pas dans l'air sec à la température ordinaire ; mais il se ternit dans l'air humide. Il se convertit rapidement en oxide par le grillage ; lorsqu'il est chauffé au rouge il brûle avec une petite flamme bleue et en répandant des vapeurs jaunes. — Il ne décompose Peau ni à Taide de la chaleur ni par l'in-^ termédiaire des acides. — L'acide nitrique et l'eau régale le dissolvent facilement. L'acide muriatique et l'acide sulfurique étendus ne l'attaquent pas sensiblement ; l'acide sulfurique concentré le dissout à chaud , avec dégagement de gaz acide sulfureux. — Il réduit la lilharge , du moins partiellement: avec 1 p. de bismuth et 2 p. de lilharge on obtient l \ p. d'un alli.ige ductile d(^ plomb et de bisnitilh , et une scorie cristalline entièrement semblable a la lilharge , et composée d'oxide de plomb cl d'oxide de bismuth. — Il détone avec le nilra et avec le chlorate de potasse. — 11 se combine directement avec le soufre et avec
CO.<tIPOSÉvS OXIGÉNés. 533
le sélëiiiam à Taîde d'une faible chnletir ; la température 8*élève considérablement pendant la combinaison. Il a très* peu d'affinité pour le phosphore et pour Tarsenic. Lorsqu'on le chauffe dans le chlore gazeux il s'enflamme et se convertit en chlorure. Il décompose le sublimé corrosif a l'aide de la chaleur. — Il s'altie très-bien avec la plupart des mé* taux. — Son atome pèse 1320,876. Bi.
ARTicLis II. — Composés oxiyénés.
S !•'. — Ojcidea.
1° Lorsqu'on laisse pendant longtemps du bismuth réduit en poudre fine exposé à l'air il se change en une substance d'un brun-rougeâtre que Ton considère comme un sousoxide. Le même composé se produit encore quand on grille du bismuth à une chaleur fiu'ble. Les acides transforment ce nouS'Oxide eï\ métal et en oxide ordinaire.
2° Voxide de bismuth est d*un jaune-olivâtre comme la gomme-gutte ^ ou vert olive sombre, cristallin comme la litharge quand il a été fondu. — Il n'a ni odeur ni saveur. — Sa p. s. est de 8,21 1 . — Il se fond et devient très-liquide à la chaleur rouge , et il traverse les coupelles et les creusets poreux , comme la litharge. Il est fixe. — Il est facilement réduit par le charbon, l'hydrogène, le soufre et le chlore ; mais il ne l'est pas par Tîode. — Au chalumeau il se rcdnît instantanément sur le charbon: le métal chauffé se sublime peu à peu ^ et laisse une auréole dont le bord est rouge ou orange ; si l'on chauffe cette auréole au feu de réduction elle disparaît sans que la flamme se colore. Sur le platine il fond en un verre jaunâtre \ en chauffant fortement le verre il se réduit, et le bismuth perfore le platine. Avec le borax et le sel de phosphore il donne des verres transparents et incolores ; lorsqu'on chauffe ces verrjBs au dard intérieur le bismuth se réduit. Les substances avec lesquelles le bismuth a le plus de rapports par la manière dont il se comporte au chalumeau , sont l'antimoine et le tellure. — L'hydrate de bismuth est d'un beau blanc et inaltérable à l'air ; il perd facilement son eau de combinaison par la chaleur, et il l'abandonne même lorsqu'on le fait bouillir dans l'eau. — L'oxide et l'hydrate de bismuth se combinent aisément avec la plupart des acides. — Ils ne se combinent pas avec les alcalis ; cependant l'ammoniaque dissout une petite cpiantité d'hydrate. Ils se dissolvent dans les huiles. — Lorsqu'on chauffe l'oxide avec du sel ammoniac , il se forme un chlorure double qui se volatilise , et qui se condense en une poudre blanche qui porte le nom de