‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 100 sur 141 · BISMUTH · texte numérisé non relu

BISMUTH

fleurs argentines de bismuth, — D'après M. Lflgerhjelra ,

Toxide de bismuth est composé de :

Bismuth. . . . 0,8986 — JOO p^'

Oxigèiie. . . . OJOU - 11,28

On Tobtient en oxiclant le bismuth fondu, à Taîr. ou en caU cinanl Thydrate ou le nitrate. — On obtient l'hydrate en précipitant un sel pnr Tammoniaque en excès.

S° Le per-oxide est de couleur puce f<>ncé. If se transforme en oxide jaune à une température voisine du degré d*cbuIlition du merrure. Il est réduit avec la "glus grande facilité et sans détonation , par le charbon , le soufre , etc.

— Les acides suJfuriquc phosphoriqne et nitrique, le dissolvent plus ou moins facilement en en dégageant de Toxigène ; Tacide sulfureux gazeux ne Tattaque pas , mais en dissolution dans Teau il le change en sous-sulfate. — Les acides acétique , oxalique , tartrique et citrique, ne l'attaquent pas, même à chaud. L'acide muriatique le transforme en oxi-cblorure ; les alcalis fixes et Tammoniaque sont sans artion sur lui. H a Tanalogie la plus complète avec Toxide puce de plomb. — Il est composé, selon M. Stromeyer^ de :

Bismuth . . 0,855 ~ 100 ^. ^ Oxigène. . 0,145 — 16.9 *** "^

On fobtient aisément en faisant bouillir de Toxide préparé par voie humide avec une dissolulion de cblorite alcalin ; la sur-oxidation n'aurait pas lieu à froid.

§ 2. — Sels.

Les sels de hismutfi solubles sont très-peu stables : la plupart sont décomposés pai^ Teau, qui les transforme en soussels insolubles et en sels très-acides solubles. Ils sonf presque tous incolores. *- Les dissolutions de bismuth sont précipitées en blanc par les alcalis, et par leurs carbonates; avec le carbonate de potasse la précipitation est complète, mais le dépôt retient un peu de potasse ; avec le carbonate de soude la précipitation est incomplète; il en est de même avec le carbonate d'ammoniaque , mais en abandonnant la liqueur à elle-même dans un lieu chaud^ elle abandonne peu à peu tout Toxide qu'elle retenait en dissolution. — Le carbonate de chaux les précipite complètement, même à froid.

— L'hydrogène sulfuré et les hydro-sulfates en précipitent tout le bismuth à Pétat de sulfure noir. — L'acide hydriodique et les iodures alcalins y forment des précipités noirs marrons d*oxi-iodtire Irès-soltiblesdans les iodures alcalins,

— Le prussiate de potasse juune les précipite en blanc : le précipité est insoluble dans l'acide muriatique;— le prus-

COMPOSÉS SCLFUKÉS. 535

siate rooge en jaune>brun : le précipité est sollible dans Tacide inuriatique. — Les phosphates alcalins les précipitent eu blanc. — La décoction de noix de galle les précipite en jaune clair. — Le fer, le zinc, et tous les métaux très-oxidables en précipitent le bismuth à l'état métallique sous forme d*une poudre noire, même dans les dissolutions acides. — L'acide acétique empêche les dissolutions de bismuth de se troubler par Teau ; mais les substances organiques n*empéchent pas la précipitation du bismuth par Teau et les réactifs. — L*acide oxalique y forme lenleddent un précipite ôristallln. — Le chrèraute de potasse y forme un précipité jaune.

ARTICLE III. — Composés êutfuréê et séiéniés.

Sulfure, — Le sulfure de hismutR ressemble au sulfure d'antimoine. Il est d'un gris- bleuâtre métallique, éclatant. K cristallise en prismes tétraèdres aricnlaires entrelacés. — • Sa p. s. est de 7,50. — Il est très-fusible, mais moins que le métal ; au contraire il parait être plus volatil. Il se mé* lange en toutes proportions avec le bismuth métallique ^ par fusion. Lorqu'on le grille il bouillonne et répand de la fumée, qui se mêle avec le gaz acide sulfureux. — L'acide nitrique l'attaque aisément. — Il est réduit par le fer, etc. ^ 11 est composé , selon H. Lagcrhjelm, de :

Bismuth. . 0,8162 — lOO Soufre . . 0,1849 ~ 22,52

Il paraîtrait ^ d'après les expériences de Vanqnelin , qu'il existe un sulfure qui renferme deux fois autant de soufre que le précédent.

Sulfates, — Le sulfate neutre est d'un blanc de neige , insoluble dans l'eau , mais soluble dans l'acide sutfuriqiie. On peut le tenir chaufiFé au rouge naissant sans le décomposer; mais la chaleur blanche le décompose complètement.— On l'obtient aisément en chauffant du bismuth en poudre avec un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfnrique , évaporant a sec et chauffant au rouge pour chasser l'excès d'acide. — La dissolution acide de ce sel est décomposée par l'eau en un sel plus acide qui reste dans la liqueur , et en un sous-sel blanc et insoluble. — Ces deux sels sont composés comme il suit :

Sel neutre, 8oai-«el.

Oxîde de bismuth. . 0,6686 — 0,855 Acide sulfurique . . 0^3364 — 0.145

Sulfite. — Le sulfite est insoluble dans l'eau et dans un excès d'acide sulfureux . ^^^^ ^ . — -..,,^

[university, Californie-

530 BISULTU.

Séléniure, — Le séléninre est d'un blanc-argentin , cristallin , fusible à la chaleur rouge.

ABTiCLB IV. — Composés phosphores y arséniés et a%otés,

P/io^pfiure, — Le hismuifi et le pEospHure ont très-peu d'affinité Tun pour Tautre. Le phosphure est décomposé par la chaleur.

PRosphate. — Le pRospRate neutre est insoluble dans Feau , soluble dans facide phosphorique , avec lequel il forme un sel acide susceptible de cristalliser. Il se dissout dans les acides forts sans se décomposer. Il est fusible et fixe.

jirséniure. — Varséniure est décomposé presqu'en totalité par la chaleur, et le bismuth fondu retient tout au plus un vingt-cinquième de son poids d*arsenic. — Le bismuth rend Tarsenic très-combustible : lorsqu'une fois l'arsenic bismulhique a été embrasé par le grillage il continue à brûler jusqu'à la fin après qu'on l'a retiré du feu, et lors même qu'on le met en contact avec un corps froid ; un centième de bismuth peut communiquer cette grande combustibilité à l'arsenic.

Arséniate. — Varséniaie est insoluble dans feau^ soluble dans l'acide muriatique^ difficilement fusible, et très-aisément réductible en arséninre par le charbon.

Nitrates, — D après M. Ménignud, quand on dissout du bismuth dans de l'acide nitrique concentré il se forme de grands cristaux incolores transparents de sel neutre. Ces cristaux blanchissent à l'air sec , et tombent en déliquescence dans l'air humide. Ils sontsolubtes dans une très-petite quantité d'eau; mais quand on les traite par quatre-vingts fois leur poids au moins de ce liquide ils sont complètement décomposés en un sel acide que l'eau n'altère plus en un sous-sel qui est toul-à-fuit insoluble. Ce sous-sel est pulvérulent et blanc , et porte les noms de blanc de fard ou de magister de bismuth, — Le nitrate neutre^ cliaufic dans un creuset de platine , se fond promptement dans son eau de cristallisation, bouillonne sans se boursoufler, et se dessèche en une masse blanche qui commence presque aussitôt à se décomposer, en laissant dégager beaucoup de vapeurs nitreuses , à la chaleur rouge la décomposition est complète, et il ne reste que l'oxide de bismuth pur et fondu. — Les trois nitrates son! composés comme il suit :

Sel neulre. Sol acide. Sftna-«el.

Oxide de bismuth . 0,593 — 0,421 — 0,921 Acide nitrique . , 0,407 — 0,579 — 0,079 Le sel neutre renferme 0,16B5 d'eau de cristallisation.

COMPOSÉS CHLOBéS. 537

AHTiCLB V. — Composée cRlorés^ brôméê et iodè^.

CRlorure et ost-cRorure. — Le cRlorure est incolore. Il a la consistance du beurre; c*est pourquoi les anciens l'appelaient beurre de bismut/i, — Il est très-fusible et très-volatil. Fondu, il forme un liquide jaunâtre qui se prend en masse blanche cristalline nacrée en se solidifiant. • — L'eau le décompose et en sépare un oxi-chlorure pulvérulent et blanc qui contient 1 atome de chlorure pour 7 atonies d'oxide ; la liqueur renferme de l'acide hydro-rhlorique qui relient en dissolution une certaine quantité de chlorure. — Voxi-cfiiorure chauffé au rouge se fond, sans se décomposer, en une masse d'un blanc-grisâtre, opaque et à structure grenue. — Le chlorure est composé de :

Bismuth. . 0,667 — 100 Chlore. . . 0,333 — 50

Bromure. — Selon M. Sérullas le bromure est d'un gris d'acier foncé., et ressemble à Tiode. Il fond à 200** et bout à une chaleur voisine du rouge-brun. Il attire l'humidité de Tair, et devient d'un beau jaune de soufre en se transformant en bromure hydraté. — L'eau employée en quantité siiilisante le décompose en oxi-bràmure insoluble , et la liqueur ne contient que de l'acide hydro-brômique. — On l'iibtient en chauffant dans une cornue un mélange de brome et de bismuth ; il se produit en mérae temps des vapeurs j.tunâtres qui paraissent être un super-brômure. — La préparation est plus facile encore en employant un arséniure de l)ismuth contenant 0,25 d'arsenic au lieu de bismuth pur; le bromure d'arsenic se sépare par distillation.

lodure, — Viodure est très-fusible et volatil, il cristalline, par condensation de ses vapeurs , en paillettes métalliques. Il est aisément soluble dans les iodures alcalins. L'eau le décompose en oxi-iodure de couleur marron et en acide hydriodique qui retient en dissolution un peu d'iodure. La potasse et la soude caustique le changent en oxide pur ; mais les carbonates alcalins ne le décomposent que partiellement. — On peut le préparer, selon M. Berthemot , en faisant fondre dans un petit mortier parties égales de bismuth et d'iode.

ABT1CI.X VI. — Composés carbonés.

Carbonate. — Quelques personnes disent que le précipité blanc que les carbonates alcalins forment dans les dissolutions de bismuth retient de l'acide carbonique ; d'autres affirment que c'est de l'hydrate pur.

Oxaiate.— Voxalate se présente sous forme d'une poudre

518 BI$4MUTn.

blanche on cIb grainii crirtaHins. li est à peu près insoluble dans Teaii el dans les acides.

Acétate, — Vacétate est soluble et cristallise en écailles qai ressemblent à Tacide borique. On peut Toblcnir en décomposant le nitrate de bismuth par Tacêtate de potasse. — Lorsqu*on (mite de Thydrate de bismuth , même humide , par de Pacide acétique en excès , il ne sVn dissout qu*une très-petite quantité; fa liqueur donne des écailles minces par évaporation. L'eau décompose ces écailles ; il se dissout un peu de bismuth , mais il se précipite pour la plus grande partie par rébullition , et l'acétate se décompose totalement par Tévaporation à siccité.

Tartrate. — Le tartraie est à peu près insoluble.

ABTtCLB VII. — Composés métalliques.

Cfirômaie, — Le cfirômate est d'un très^beau jaune, insoluble dans Teau, et s(»luble dans l'acide nitrique. — On l'obtient en étendant d'eau un mélange de nitrate de bismuth et de chrômate de potasse.

Alliages. — On peut voir ce qui concerne les alliages que lé bismuth forme avec divers métaux^ à l'article de ces me* taux : nous ne ferons mention ici que de ses alliages avec le tungstène et avec le manganèse.

Tungstène. 17^,74 bismuth. 8"'

5 ,08 tungstène. 1

chauffes dans un creuset brasqué, à 150^, ont donné un culut pesant 15^,90 ; il s'est donc volatilisé 6^^5 de bismuth ; le couvercle était tapissé de grenailles. L'alliage devait contenir environ 0,S0 de tungstène ou I atome pour 2 atomes de bismuth. — Il était bien fondu, compacte, grisblanc, très-cassant, grenu uu centre et lamelleux près de la surface.

Manganèse. 19^,74 bismuth en poudre. • . i'*'

18t 28 protoxide de manganèse . 1

1 , 00 charbon en poudre.

1, 00 borax vitreux.

chnufFés dans un creuset brasqué^ à 150^, ont donné un colot métallique pesant 32^,50 et une très-petite scorie : la volatilisation du bismuth a donc été très-peu considérable; l'alliage devait contenir environ :

Bismuth. . . 0,55-4 — 1«« Manganèse. . 0,445 — 1

Il était bien fondu, d'un gris-blanc^ très-tendre, se laissant couper au couteau, cassant, & cassure grenue et cristalline.

R exhalait une farte odeur d'hydrogène sous riûsufllation de l'haleine.

SECTIONS II ET III

Minéranûp et produits d'arts.

Les espèces de la famille bismuth sont les suivantes :

l*» Le hUmutfi natif y

2» Voxide^

3° Le sulfure^

4» Le sur-iuifure,

5** Le sulfure cuivreux (voy. Cuivre),

6^ Lp svifure phmho- cuivreux (nadelerz ,

7" Le nul fur e plombo-argeniifère,

8® Le iellurure ,

fl** Varséniure^

1 0* Le phospfio'silicate ♦ biêniutfi-bfende.

Le bistnuf/i est assez rare , et ne s'est rencontré jusqu'iri que dans les terrains anciens, accompagnant les minerais de plomb, de cuivre et d*argent.

1® BisMutfi natif — C'est presque toujours sous cet citât qu'on rencontre le bismuth dans la nature. 11 est en masses ^lamellaires ou cristallisé en petites lames carrées ou en petits cubes. Il est gris-blanc rougeâtre , éclatant à Tintérieur , mais terne à la surface, fragile . tendre . et se laissant couper au couteau. — Sa p. s. est de 9,0^2 à 9,787. — Il contient presque toujours (in peu d'argent et un peu d'arsenic. — On le trouve en divers lieux de la Saxe , de la Bohême, de la Carinthie, de la Suède et de la Morwége : il y en a aussi dans les mines de Redruth et de Garrucken Angleterre.

2* Oxide» — Cette espèce est très-rare , et ne se rencontre qu'à l'état pulvérulent ou en croûtes à In surface des morceaux de bismuth natif. -> Elle est d'un jaune de paille « tantôt matte , tantôt éclatante , très^ tendre. — S. p. s. est de 4,37. — M. Lanipadius y a trouvé :

Oxide de bismuth. . . 0,864)

— de fer 0,051 f ^ ggp

Acide carbonique. • • 0.041 ( '

Eau 0,034/

3^ Sulfure. — Ce minéral est d'un gris de plomb éclatant iamelleux ou en aiguilles rayunnées, aigre, tendre et tachant. — Sa p. s. est de 6,ë49. — Il est fusible à la flamme d'une boBgie. Au chalumeau, sur le charbon , il fond , bouillonne et projette de petites gouttes incandescentes pendant quelques instants. Dans le tube ouvert il donne de l'acide sulfureux et un Biiblinié blanc; puis au rouge il bouillonne, se

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