‹ Traite des etudes. -- (volume 2)Chapitre 12 sur 66 · Justice · texte numérisé non relu

Justice

L'exercice de cette vertu est proprement la fonction de ceux qui sont constitués en dignité et en autorité . C'est par elle que à'cipion rendit la domination romaine si douce et si agréable aux alliés et aux nations conquises , et qu'il se fit lui-même ai- 'ner si tendrement par les peuples , qui le regardaient comme leur protecteur et leur père. Il fallait qu'il eût un grand zèle oour la justice, puisqu'il se piqua de la rendre aux ennemis même, après une action qui les en rendait tout à fait indignes. Les Carthaginois , pendant une trêve qu'on avait accordée à leurs instantes prières , prirent et pillèrent , au su et par l'ordre de la république , quelques vaisseaux romains qui s'étaient mis en mer; et, pour mettre le comble à l'insulte , les ambassadeurs qu'on avait envoyés à Carthage pour en porter les plaintes furent attaqués à leur retour, et presque pris par Asdrubal. Les ambassadeurs de Carthage, qui revenaient de Rome, étaient tombés entre les mains de Scipion. On le pressait d'user du droit de représailles : « Non ^ , dit-il. Quoique les Carthaginois « aient violé ^non-seulement la foi de ,la trêve , mais jBncore le « droit des gens dans la personne de nos ambassadeurs , je ne « traiterai point les leurs d'une manière qui soit indigne ou des « principes de la grandeur romaine , ou des règles de modéraa tion que j'ai toujours suivies jusqu'ici. »

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