Des pratiques de dévotion
Il y a certaines pratiques de dévotion courtes et faciles , qui ne sont point à charge aux jeunes gens, mais qui les avertissent de plusieurs devoirs qu'on néglige pour l'ordinaire, et qui les accoutument à faire entrer la piété dans l'a plupart de leurs actions.
La dévotion à Jésus-Christ doit l'emporter infiniment sur toutes les autres ; et l'on ne peut inculquer aux jeunes gens trop fortement ni trop fréquemment ces paroles de l'évangile : La vie éternelle consiste à vous connaître , vous qui êtes le seul Ditu véritable, et Jésus-Christ , que vous avez envoyé^. Elles nous apprennent que la vraie piété est fondée sur la connaissance de Dieu et sur celle de Jésus-Christ, c'est-à-dire de ses mystères , de ses maximes, et de ses exemples. Ce que les évangélistes rapportent de sa divine enfance doit leur être parfaitement connu «•l familier, surtout ce qu'il (H à l'âge de douze ans dans le temple'; circonstance précieuse, que Jésus-Christ a voulu qui
i'»»o. 17. 3. — • Lac. 2, »! , 52.
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fût couservée dans l'Evangile ^ , afin que les jeunes gens y trouvassent un parfait modèle de toutes les vertus qui ronvienii ent à leur âge. Il faut souvent le leur représenter iWcin de tendresse pour les enfants* , leur imposant les mains et les bénissant av.ec bonté, leur donnant un libre accès auprès de lui, déclarant que le royaume des cieux leur appartient, et voulant bien regarder comme fait pour lui tout ce qu'on fera pour eux.
Il faut aussi recomnaander beaucoup aux enfants la dévotioa à la sainte Vierge , les exhorter à la prendre pour leur mère et leur protectrice dans tous leurs besoins , à solenniser avec une piété particulière toutes ses fêtes , et à la prier instamment d'obtenir pour eux deux grandes vertus , qui ont fait son caractère propre, et qui sont si nécessaires aux jeunes gens, la pureté et Thumilité.
On doit aussi leur recommander la dévotion aux saints anges, et particulièrement à leur ange gardien, qui leur est donné pour veiller continuellement sur eux et sur tous leurs besoins tant corporels que spirituels, et au saint dont ils portent le nom, et qu'ils doivent regarder comme leur patron particulier. De petites litanies où l'on fait entrer tous ces noms n'allongent pas de beaucoup la prière. Quand on célèbre dans le cours de la semaine la fête de quelque saint plus considérable , on eu insère le nom dans la litanie du soir précédent; et il est à souhaiter que le principal , dausl" instruction du dimanche, annonce ces fêtes et en dise un mot.
Dès que les enfants se réveillent , il est bon qu'ils s'accoutument à faire le signe de la croix ; et, comme si Dieu dans ce moment leur disait, Mon fils , donnez-moi votre cœur^ , qu'ils lu; répondent : « Je m'offre à vous, ô mon Dieu , de toute l'étendue « de mon cœur, corde magno etanimo volenti^. »
Chaque étude doit commencer par une courte prière. Quand les enfants parlent en public , et font quelque exercice , le signe de la croix doit en être le signal et le commencement. J'en dis autant pour les maîtres. On sait que les premiers chrétiens employaient ce signe salutaire en toute occasion.
' Matt. lU, 14. (i^rou. 23, 26.)
■ Luc. 9,48. "2 Machab. 1 o.
* « l'raîbe , fili mi, cor tuum mihi. »
Les prières avaut et après le repas sont régulièrement observées dans tous les collèges. Quoi de plus juste et de plus raisonnable, en effet, que de rendre cet hommage public à la bonté et à la libéralité de Dieu , de qui l'on tient tout, et que l'on doit pai conséquent remercier de tout ? Maintenant , à la honte de notre siècle, cette sainte coutume, consacrée par l'usage de tous les temps, même chez les païens, s*abolit de plus eu plus chaque jour parmi nous , surtout chez les riches et chez les grands , où il n'en reste presque plus aucune trace, et où il semble qu'on rougirait de paraître chrétiens. Il faut prémunir les enfants contre cet abus, en les accoutumant, même au déjeuner et au goûter, à faire le signe de la croix sur la nourriture qu'ils doivent prendre. On prend occasion de les instruire sur ce sujet en leur expHquant ce qui est dit de Jésus-Christ, que , s'étant mis à table avec les deux disciples qui allaient à Emmaùs, il prit le pain, le bénit, et, C ayant rompu ^ le leur donna.
Je n'ai pas besoin d'avertir de l'obligation indispensable où nous sommes de prier tous les jours pour la personne sacrée du roi ; le statut de l'université y est formel , et il s'observe partout exactement.
Il faut aussi se souvenir des besoins, tant publics de la rehgion et de l'état , que particuliers par rapport aux parents et aux amis.
On ne doit pas oublier, aux quatre-temps , d'avertir les jeunes gens de se joindre aux prières communes de l'Église, et de demander avec elle à Dieu qu'il lui plaise de nous accorder le repentir et le pardon de nos péchés, de répandre sa bénédiction sur les fruits de la terre, et de donner à son Église de bons pasteurs et de bons ministres , qui sont les trois motifs pour lesquels ces prières ont été établies. Chacun des trois jours après la messe on pourrait s'acquitter de ce devoir. Ut remissioncmpecraiorum nostrorum nobis dojies : Ut fructus terrx dare et conservare digneris : Ut sacerdotes tui induantur justitiam '. A chaque article les écoliers répondront , Te rogamus , audi nos.
' Nous vooi prions de nons accorder De revêtir voa miniitre* de JMtice et d* le pardon dr oo> p^ché* t Denou* donner tainlet^. «t de nnoi eMiM-rver Iti fraita de lo terre :
•^OÔ TllAlTE DES ETUDES.
Le samedi, jour de fordination, on peut ajouter celte prière, composée des paroles de l'Écriture: Domine Jesu^ , ostium ovium , per quem si quis introierit salvabitur ; bone pastor , qui animam tuam posuisti pro ovibus tuis , miserere populorum, qui sunt afjlicti et jacentes sicut oves non habentes pastor em. Messis quidem multa, operarii auteni pauci. liogamus ergo tedominum messis , ut mlttds operarios in messem tuam. Tu, qui corda nosti omnium, ostende quos elegeris. Amen*.
Lorsque quelqu'un des parents ou des amis, quelque évêque ou quelque magistrat, est dangereusement malade, on peut dire tous les jours à la fin du repas ; Domine ^ , ecce quem amas in- Jîrmcitur 4. Quand il est sorti du danger , on en remercie Dieu : Agimus tibigratiaSy Domine^ , pro famulo tuo , cujus infirmitas xonfuit admortem, sed pro gloriatua^. S'il meurt, on prie Dieu pour lui après sa mort.
Quandlasonnetteavertitqu'on porte le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ à quelque malade, on se met à genoux, et l'on fait les trois prières suivantes, dont la première est un acte de foi pour adorer Jésus-Christ, la seconde regarde le malade, et par la troisième on demande pour soi-même la grâce de recevoir un jour Jésus-Christ en viatique. Tu es Christus,Jilius 7 Dei viui ». . . Domine y ecce quem amas infirmai ur. Domine, semper da nobis panem huîic , prxsertim in hora mortis ^
Chaque écolier peut avertir du jour de sa naissance et de son haptême ; et l'on prie les autres de s'en souvenir le lendemain , à la messe, et d'en rendre grâces pour lui et avec lui.
' Seigneur Jésus , qui êtes la porte des ' Seigneur , celui que vous aimez est
brebis, et par qui il faut entrer pour malade,
être sauvé; bon pasteur, qui avez donné * Joaon. 11,3.
votre vie pour vos brebis , ayez pitié des * Nous vous remercions pour votre
peuples qui sont languissants et disper- serviteur, dont la maladie n'a point
ses comme des brebis qui n'ont point de été à la mort , mais seulement pour votre
pasteur. La moisson est grande, Sei- gloire,
gneur; mais il y a peu d'ouvriers : nous <> Joann. 11,4.
vous prions donc , vous qui êtes le mai- ' Voua êtes le Christ , le fils du Diju
tre de la moisson, d'y envoyer des ou- vivant... Seigneur , celui que vous aimez
vriers. Vous qui connaissez les cœurs de est malade... Seigneur, donnez-noui
tous les hommes, montrez qui sont ceux toujours ce pain , surtout à l'heure de l*
que vous avez choisis. Nous vo'is «jn mort,
prions , ô Dieu , qui vivez et réguez éter- * Matt. 16 , 16.
Dc'lement. y^me», '■• Joau». G . ï4.
• loana. 10; Matt. 9; Act. I.
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Ces petites pratiques , fort faciles par elles-mêmes , et qui ont lieu en différentes occasions , selon les différents besoins , ne tendent, comme on le voit aisément , qu'à inspirer aux jeunes gens du goût pour la piété , et à les accoutumer de bonne heure à s'acquitter de certains devoirs de religion qui sont ordinairement ignorés ou négligés.