‹ Traite des etudes. -- (volume 3)Chapitre 32 sur 75 · JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST

Il est établi chef de toute l'Église et toute créature lui est soumise.

Il est au-dessus de toute créature , mais soumis à Dieu comme homm(;.

Son nom de Jésus signifie sauveur, et il est en effet le seul par qui nous puissions être sauvés.

Toute créature doit fléchir le genou au nom de Jésus-Christ.

Il n'y a partout que pauvreté el qu'égarement : la vérité et la grâce ne se trouvent que dans l'Église , où règne Jésus-Christ.

Point de salut , point de grâce que par Jésus-Christ.

Toutes les nations entrent dans l'Église pour y trouver le salut.

Les Juifs reviendront un jour à Jésus-Christ, le reconnaîtront, l'adoreront, et entreront dans FÉglise.

Y a-t-il dans toutes ces applications (et j'en pourrais ajouter beaucoup d'autres) quelque chose de forcé et de contraint? Serait-il possible que le pur hasard eût ramassé ensemble tant de traits de ressemblance si différents, et en même temps si naturels? J'aimerais autant dire que le portrait le plus achevé et !e plus ressemblant ne serait aussi que l'effet du hasard. Il est visible qu'une main intelligente a répandu et appliqué à propos toutes ces couleurs, pour en faire un tableau parfait ; et que le des sein de Dieu , en réunissant dans la seule vie de Joseph tant d^ circonstances singulières , a été d'y peindre les principaux traits de celle de son Fils. Ce serait donc ne connaître qu'à demi l'histoire de Joseph, que de s'arrêter à la simple surface qu'elle présente, sans en approfondir le sens caché et mystérieux , qui en fait la partie la plus essentielle, puisque Jésus-Christ est la fin de la loi et de toutes les Écritures.

Je prie le lecteur d'observer que, quelque ressemblants et quelque naturels que soient les rapports de Joseph avec Jésus-Christ, \l n'en est point parlé ni dans l'Évangile, ni dans les écrits des paôtres; ce qui montre qu'outre les figures dont on trouve Tex-

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plication dans le Nouveau Testament, il y en a de si claires et de si évidentes, qu'on ne peut pas raisonnablement douter qu'elles ne renferment aussi quelque mystère. Mais il faut surtout, quand on parle aux jeunes gens , être sobre et retenu sur celles du dernier genre, et insister principalement sur les figures dont Jésus-Christ ou les apôtres ont fait Tapplication.

ABTICLE ÎI.

Délivrance miraculeuse de Jêrumlem sous Ézéchias.

Je ne prends dans la vie du saint roi Ézéchias que ce fait , l'un des plus éclatants qui soient dans l'iûstoire sainte, et des plus propres à rendre sensible la toute-puisance de Dieu , et son attention sur ceux qui mettent en lui leur confiance. Je ne ferai presque qu'en indiquer les principales circonstances, que le lecteur pourra voir dans toute leur étendue en consultant les livres historiques qui en font le récit, et surtout les prophéties d'Isaïe, qui en renferment une prédiction très-claire et très-détaiilée.

Sennachérib ï , roi des Assyriens, était parti de Ninive avec une armée formidable, dans le dessein d'exterminer la ville de Jérusalem avec son roi et ses habitants. Il se promettait une victoire assurée, et insultait déjà d'avance au Dieu de Jérusalem», disant qu'il le traiterait comme il avait traité tous les dieux des autres villes et des autres royaumes dont il avait fait la conquête^. Il ne savait pas qu'il n'était qu'un instrument dans la main de Dieu, qui l'avait appelé d'un coup de sifflet (c'est l'expression de l'Écriture), et l'avait fait venir des extrémités de la terre, non pour exterminer, mais pour corriger son peuple.

Tout céda aux armes victorieuses de ce prince, et en peu de temps il se rendit maître de toutes les places fortes qui étaient dans le pays de Juda. L'alarme fut grande dans Jérusalem 4. Ézéchias avait pris toutes les mesures nécessaires pour mettre la ville en état de faire une vigoureuse résistance ; mais il n'attendait sa délivrance que du secours divin s. Dieu s'était engagé par une promesse solennelle, et plusieurs fois réitérée, à défendre la ville contre l'attaque du roi d'Assyrie, mais à condition que ses habitants ne compteraient que sur lui , se tiendraient en repos, et n'auraient point recours au roi d'Egypte 6. Si vous

' 4 Reg. 18 ,13. < 2 Parai. 32, 2 . 8.

îsai. 10,7, 15. i Isai. cap. 30

3 Id. 5 , 26 , 7 ; 18 , 10 , 6 et a « V. Ift.

demeurez en paix, leur ^vait-il dit , vous serez sauvés : votre force sera dans le silence et dans l'espérance ' . Il leur avait déclaré plusieurs fois que le secours d'Egypte tournerait a leur honte et à leur perte*. Pour leur rendre cette prédiction plus sensible, il avait obligé le prophète Isaïe de marcher nu-pieds et sans habits au milieu de la ville, en déclarant que tel serait le sort des Égyptiens et des Éthiopiens.

Les grands , les politiques ne purent se résoudre à demeurer dans l'inaction, et à compter sur la promesse de Dieu 3. Ils amassèrent une somme considérable d'argent , et ils envoyèrent des députés au roi d'Egypte pour implorer soc secours. Plusieurs même prirent Je parti de se retirer dans ce pays-là , espérant y trouver un asile assuré contre les maux dont ils étaient menacés. Dieu leur en fit plusieurs fois des reproches par son prophète , mais toujours en vain. Le saint roi Ézéchias leur répétait sans cesse 4 : Le seigneur nous délivrera ; Jérusalem ne sera pas livrée entre les mains des Assyriens. On ne l'écoutait point.

Ce saint roi ^ , craignant d'avoir commis quelque faute en rompant le traité qu'il avait fait avec le roi des Assyriens , résolut , pour n'avoir rien à se reprocher , et pour mettre tout le bon droit de son côté, de lui en faire satisfaction. Il lui envoya donc des ambassadeurs à Lachis , et lui dit : J'ai fait une faute ; mais retirez-vous de mes terres , et je souffrirai tout ce que vous m'imposerez. Le roi des Assyriens ordonna à Ézéchias de lui donner trois cents talents d'argent et trente talents d'or. Il ramassa cette somme avec beaucoup de peine, et la lui envoya. Il y avait lieu (l'espérer qu'une telle démarche désarmerait la colère de Sennachérib : mais il n'en devint que plus fier ; et, ajoutant la perfidie à l'injustice , il envoya sur-le-champ un gros détachement de son umée contre Jérusalem, avec ordre à Rabsacès, qui commanilnit ce détachement , de sommer Ézéchias et les habitants, de in part du grand roi, du roi des Assyriens, de se rendre. Cet ofûcier s'acquitta de sa commission en des tp.rmes pleins de

' V. ï ,5. « 4 lleg. 18,33 et 10, 10.

2 Id. 20, I ,6. *4Reg. 18 et 19.

3 Id. 30.

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mépris pour fe roi de Juda, et d'insultes contre le Dieu d'Israël. Kzéchias , l'ayant appris, déchira ses vêtements, se couvrit d'un sac , et entra dans la maison du Seigneur, d'où il envoya ses principaux officiers vers Isaïe, pour lui rapporter les paroles inso' lentes de Rabsacès. Le prophète leur répondit : Vous direz ceci 'a votre maître : Voici ce que dit le Seigneur : Ne craignez point ces paroles que vous avez entendues , par lesquelles les serviteurs du roi des Assyriens m'ont blasphémé. Je vais lui envoyer un souffle : il entendra un bruit; il retournera en son pays , et je l'y ferai périr par l'épée.

Pendant cet intervalle, Tharaca », roi d'Ethiopie, avait envoyé des courriers à Jérusalem , pour assurer ses habitants qu'il marchait à leur secours. Lui-même arriva bientôt après avec son armée et celle des Égyptiens >. A la première nouvelle qu'en reçut Sennachérib, il résolut de marcher contre lui. Mais auparavant il envoya ses ambassadeurs à Ézéchias , pour lui remettre en main une lettre pleine de blasphèmes contre le Dieu d'Israël. Ce saint roi , pénétré de douleur, alla aussitôt au temple , étendit cette lettre impie devant le Seigneur , et lui représenta , par une prière vive et touchante , que c'était lui-même qu'on attaquait ; qu'il s'agissait de la gloire de son nom , et qu'il osait, par cette raison , lui demander un miracle , afin , dit-il , que tous les royaumes de la terre sachent que c'est vous seul qui êtes le Seigneur et le vrai Dieu. Dans le moment même , Isaïe envoya dire à Ézéchias que Dieu avait exaucé sa prière , et que la ville ne serait pas même assiégée. A qui , dit Dieu en s'adressant à Sen- .nachérib, penses-tu avoir insulté? Qui crois-tu avoir blasphémé? Contre qui as-tu haussé la voix et élevé tes yeux insolents? C'est contre le Saint d'Israël. Tu m'as attaqué par tes insultes pleines d'impiété, et le bruit de ton orgueil est monté jusqu'à mes oreilles. Je te mettrai donc un anneau au nez , et un mors à la bouche ; et je te ferai retourner par le même chemin par lequel tu es venu.

Le roi d'Ethiopie ^ , plein de confiance dans les troupes innombrables qu'il amenait , avait cru qu'il n'aurait qu'à se montrer, pour mettre en fuite les Assyriens et pour rendre la liberté à

» Is. 18, I, 3. Isai. c, 18 et 19.

' 4 iieg. 19, 9,34.

liAilE iy£S ÉTUDES. 2Î3

î érusalem. 11 ne savait pas Tanathème que Dieu avait prononcé contre lui , parce qu'il avait osé se déclarer le protecteur et le libérateur de Jérusalem et du peuple de Dieu , comme si Tuii et l'autre eussent été sans espérance et sans ressource, s'il ne se hâtait d'en prendre la défense. Son armée fut taillée en pièces. Le carnage fut si grand et la fuite si prompte , qu'il ne resta personne pour enterrer les morts. Après le gain delà bataille, le roi d'Assyrie porta la guerre dans l'Egypte même. Le trouble et la confusion s'y répandirent partout. Dieu enleva aux sages si renommés d'Egypte le conseil et la prudence , et répandit parmi eux un esprit de vertige. Il ôta aux chefs toute force et tout courage. On ne fit aucune résistance , et tout le pays fut à la discrétion d'un prince également avare et cruel , qui emmena un nombre infini de captifs , comme Isaïe ^ l'avait prédit.

Quand Sennachéril) » eut ramené ses troupes victorieuses devant Jérusalem , on s'imagine aisément quelle fut la consternation des habitants de cette ville. Ils voyaient une armée innombrable campée à leurs portes, et toutes les campagnes voisines couvertes de chariots de guerre. L'ennemi se préparait à assiéger la ville, et poussait des cris contre la montagne de Sion. Le moment de leur perte paraissait venu : mais c'était celui de la miséricorde divine , et de leur délivrance 3. La nuit même (qui sans doute précéda le jour où se devait faire l'attaque générale), l'ange du Seigneur vint dans le camp des Assyriens , et y tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Sennachérib , s' étant levé au point du jour , vit tous ces corps morts, et s'en retourna aussitôt à Ninive , où , peu de temps après , il fut tué par ses propres en fauts, dans le temple et sous les yeux de son dieu.

RÉFLEXIONS

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