‹ Traité des études (volume 4)Chapitre 19 sur 64 · EXPLIQUE SELON LES BÈGLES DE LA BHETOBIQUB · texte numérisé non relu

EXPLIQUE SELON LES BÈGLES DE LA BHETOBIQUB

Cet excellent cantique peut passer à bon droit pour une des plus éloquentes pièces de l'antiquité. Le tour en est grand , ]e$ pensées nobles, le style sublime et magnifique, les expressions fortes , les figures hardies : tout y est plein de choses et d'idées qui frappent l'esprit et saisissent l'imaginatioD. Cette pièce» qui , selon le sentiment de quelques personnes , a été composée par Moïse en vers hébreux , surpasse tout ce que les profanes ont de plus beau dans ce genre. Virgile et Horace , les plus parfaits modèles de l'éloquence poétique , n'ont rien qui en approehe. Personne n'a plus d'estimeque moi pour ces deux grands hommes, et je les ai étudiés avec une grande application et un grand plaisir pendant plusieurs années. Cependant , quand je lis ce que Virgile dit à la louange d'Auguste au commencement du troisième livre des Géorgiques ' et à la fin du huitième de^Énérde^ et ce qu'il fait chanter au prêtre d'Évandre , en l'honneur d'He^ cule,dans le même livre ^; quoique ces endroits soient trèsbeaux , je les trouve rampants au prix de notre cantique. Virgile me paraît tout déglace , et Moïse tout de feu. Il en est de même d'Horace dans les odes quatorze et quinze du quatrième livre, et dans la dernière des épodes.

Ce qui semble favoriser ces deux poètes et les autres profanes, c'est qu'ils ont le nombre, l'harmonie, et l'élégance du style, qu'on ne trouve point dans l'Écriture sainte. Mais aussi TÉcriture sainte que nous avons n'est qu'une traduction : et l'on sait combien les meilleures traductions françaises de Cicéron , de Virgile , et d'Horace , défigurent ces auteurs. Or, il faut qu'il y ait bien de l'éloquence dans la langue originale de l'Écriture, puisqu'il nous en reste encore plus dans ses copies que dans tout

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le latin de Faneieune Rome et daos tout le grec d'Athènes. Elle est serrée , concise , dégagée des ornements étrangers , qui ne serviraient qu'à ralentir son impétuosité et son feu. Ennemie des longs circuits, elle va à son but par le plus court chemin. Elle aime à renfermer beaucoup de pensées en peu de mots pour les faire entrer comme des traits , et à rendre sensibles les objets les plus éloignés des sens par les images vives et naturelles qu'elle en fait. En un mot, elle a de la grandeur , de la force , de l'énergie , avec une majestueuse simplicité , qui la mettent au-dessus de toute Féloquenee païenne. Que Ton prenne seulement la peine de comparer les endroits que je viens de dter de Virgile et d*Horace avec les réflexions que nous allons faire, et Ton sera convaincu de ce que je dis.

Occasion et sujet du Cantique.

Le grand miracle que Dieu fit au passage de la merHouge est l'occasion de ce cantique. Le dessein du prophète est de s'aband<mner aux transports de joie , d'admiration , de re^connaissance , sur ce grand miracle ; de chanter les louanges de Dieu libérateur ; de lui rendre des actions de grâces publiques et solennelles , et d'inspirer au peuple les mêmes sentiments.

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