‹ Traité des études (volume 4)Chapitre 41 sur 64 · Armée des Assyriens détruite par range exterminateur · texte numérisé non relu

Armée des Assyriens détruite par range exterminateur

La manière courte et simple dont les livres historiques racontent un événement si merveilleux est véritablement digne de la grandeur de Dieu : Cette même ntUt^ fange du Seigneur vint dans le camp des Assyriens , et y tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Qu'en coûte-t-il à Dieu pour abattre rorgueÛ d'un prince si fier , pour faire périr tant d'officiers si braves, pour exterminer une armée si nombreuse et si formidable ? un soufQe. Et il l'avait dit lui-même : Je lui enverrai un souffle, et il retournera dans son pays.

Mais la sublime grandeur qui paraît dans le style du prophète qui a prédit toutes les circonstances de ce grand événement n'est pas moins digne de la majesté du Dieu qui fait ici éclater sa toute-puissance d'une manière si merveilleuse. Que de nobles idées ne nous présentent point les expressions d'fsaïe > ! Lorsque tout paraît désespéré , Je changerai en un Instant la faoe de toutes choses , dit le Seigneur : Eritque repente confestim. Quand les ennemis de Jérusalem , qui ignorent que c est moi qui les ai mandés , s'en regarderont comme les maîtres , je les réduirai en poudre dans une seule nuit J'écarterai le reste , comme un tourbillon dissipe une poussière l^ère. Au réveil on ne trouvera pas un seul général ni un seul officier qui paraisse avec sa troupe ; et la confiance qu'ils avaient que Jérusalem était à eux, sera semblable à l'imagination d'un homme affamé qui songe en dormant qu'il mange, et qui en s'éveillant ne trouve rien. Sicut

1 Is. 20 . 5-8.

somniat eswiens , et comedit : quutn autem fuerit experyefactus , vacua est anima ejus.

C'est Torgueil insensé de Sennachérib , ce sont ses blasphèmes impies , qui réveillent le Seigneur qui paraissait comme en* dormi. £t Ton comprend alors toute la force et toute Ténergie de ces paroles ' : Nunc consurgam ; nunc exallabor ; nunc sublevabor*. C'est du trône et du sanctuaire que Dieu a sur la montagne de Sion , que sortent les éclairs et le bruit effrayant du tonnerre; c'est de Fautel même qu'il a dans Jérusalem, de ce brasier sacré où brûle à sa gloire un feu perpétuer , que sortent les flammes vengeresses qui dévorent ses ennemis. Hxc dicit Domimis y cujus ignis est in Sion , et caminus ejus in Jérusalem 3.

£n effet , selon Isaïe 4 , le massacre étonnant d'une armée entière immolée à la juste vengeance d'un Dieu jaloux qu'on avait outragé si indignement , fut pour lui comme un sacrifice public et solennel. La main de Dieu, dit ce prophète , frappera tout , écrasera tout , n'épargnera rien. Le bruit effroyable de son tonnerre sera pour lui et pour ses serviteurs , dont il prendra la défense , comme un concert agréable de tambours , de harpes , et d'autres instruments de musique , qui accompagnent dans les grandes fêtes Toblation des sacrifices ; et les Assyriens sacritiés à sa vengeance seront pour lui comme une victime solennelle. Auditam faciet Domînus gloriam vocis suœ, et terrorem brachii sut ostendet incomminationefuroris , etflamma ignis devorantis : aliidet in turbine et in lapide grandlnis. A voce enim Domini pavebit Assur, virga percussus. El erit transitus virgx Jundatus , quam requiescere faciet Dominus super eum in tympanis et cytharis ; et in bellls prœcipuis expugnabit eos. Le terme original est propre aux sacrifices. On peut traduire ainsi : Et bellis , ou certamine , quod sacrificio solemni simile erit, expugnabit eos.

* Isai. 33, 10. fl ma grandeur , je ferai éclater ina pais-

^ La tradnctioa française diminae « sance. m beaucoup la vivaché de cet endroit, et ^ Isai. 31 , 8 et 9. ne rend pas la répétition du nunc. a Je * Id. 3U , 30-32. « me lèverai maintenant , je signalerai *

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6 Raisons de la patience de Dieu à souffrir Sennachéribf et de sa lenteur à délivrer Jérusalem.

Personne ne connaît les desseins de Dieu avant qu'ils soient exécutés ; et lorsqu'ils s'accomplissent , on ne sait où se termineront mille événements dont on ne voit ni les liaisons , ni les usages , ni les motifs , et qui paraissent devoir entraîner une ruine universelle.

Dès que les maux publics commencèrent à se faire sentir, au temps d'Ézéchias , ils parurent extrêmes. I^orsque toute la campagne fut ruinée et toutes les villes détruites , on regarda ces malheurs comme ne laissant plus aucune ressource, et comme n'étant plus capables de remèdes. Mais quand Jérusalem vit la formidable armée des Assyriens à ses portes, qu'elle se vit désolée au dedans par la famine et la peste , et sans espérance du côté des hommes après l'entière défaite des Égyptiens venus à son secours, alors il parut de la folie à attendre quelque protection miraculeuse , puisque Dieu lui-même s'opposait à tous les moyens , et se déclarait en tout pour les ennemis.

Une faible foi ne peut soutenir une si iongue épreuve ; et ceux qui en eurent une plus ferme et plus persévirante s'étonnèrent de la lenteur avec laquelle Dieu accomplissait ses promesses , et de la patience avec laquelle il souffrait que tout pérît, et ne fdt presque plus en état de proGter de son secours. Mais ce n'est point à l'argile à juger du temps qu'on emploie à la figurer. Ce ne sont point les premiers coups de ciseau qui polissent une pierre, où qui en forment une belle statue : et ce n'est point un feu médiocre , ou pour la durée ou pour Tactivité ,.qui fond l'or et qui le puritie. Dieu est attentif à sa sagesse et à sa miséricorde , et non aux pensées des hommes , quand il fait son ouvrage. 11 ne le laisse point imparfait, pour se mesurer sur leurs vues bornées , ou sur leur impatience ; et il continue dans son dessein, sans mépriser néanmoins les gémissements et les larmes de ses serviteurs , jusqu'à ce que tout ce qu'il a résolu soit accompli.

Alors il fait cesser tout l'appareil , tous les mouvements, tous les ressorts dont il s'était servi pour achever son ouvrage. 11

arrête les mains qu'il conduisait ; il suspend Faction des instruments devenus inutiles ; il ne permet plus que le ciseau entame une figure dont tous les traits sont finis ; et il brise beaucoup de choses qui n'ont été employées que pour un temps.

C'est ainsi que Dieu en usa à l'égard de Sennachérib. Il s'était servi de lui comme d'un instrument pour corriger son peuple et pour purifier Jérusalem. Après qu'il eut réduit cette ville à un petit nombre de justes profondément humiliés sous sa main, pour lors il songea à punir les blasphèmes de ce prince , que l'orgueil avait conduit à l'impiété. Lorsque le Seigneur aura ac' compli toutes ses œuvres sur la montagne de Sion et dans Jérusalem Je visiterai , dit-il, cette fierté du cœur insolent du roi d'Ussur, et cette gloire de ses yeux altiers ».

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