RÉFLEXIONS
Je n'entreprends point d'en faire sur le récit qui précède ; elles se présentent d'elles-mêmes en foule au lecteur, et ne peuvent échapper aux yeux même les moins perçants. On y voit combien ^une éducation mâle , robuste , vigoureuse , est propre en même temps à fortifier le corps et à perfectionner Fesprit ; et que ce n'est point par des airs de grandeur , mais par des manières douces et honnêtes , que les jeunes gens de qualité peuvent se rendre estimables et aimables. Je me contente de faire remarquer l'habileté de l'historien dans l'excellente leçon qu'il donne sur la sobriété. 11 pouvait la faire d'une manière grave et sérieuse, et prendre le ton de philosophe ; car Xénophon , tout guerrier qu'il était, n'était pas moins philosophe que Socrate, son maître. Au lieu de cela , il la met dans la bouche d'un enfant , et la déguise sous le voile d'une petite histoire , racontée dans l'original avec tout l'esprit et toute la gentillesse possible. Je ne doute point qu'elle ne soit entièrement de son invention ; et c'est en ce sens que je crois qu'il faut entendre ce que dit Cicéron > de cet admirable ouvrage, que l'auteur n'a point prétendu y suivre les lois rigoureuses de la vérité et de l'histoire, mais qu'il a voulu donner aux princes , dans la personne de Cyrus , un modèle parfait de la manière dont ils doivent gouverner les peuples. Cyrus ille a Xenophonte non adjidem historix scrîpfus, sed ad ejjigiemjusti imperii. C'est-à-dire qu'il a ajouté au fond de l'histoire, très véritable en soi-même, comme j'aurai bientôt lieu de le faire remarquer, quelques circonstances particulières pour en relever la beauté et pour servir à l'instruction
' Lib. I , Epist 1. ad Qaint. fratr.
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des hommes. Telle est , à ce que je pense, l'histoire du petit Cyrus devenu échauson ; infiniment plus propre à montrer combien Texcès du vin déshonore les princes , que tous les préceptes des pliiiosophes.