‹ Traité des études (volume 4)Chapitre 61 sur 64 · DION · texte numérisé non relu

DION

Je ne sais si parmi les vies des hommes illustres que Plutarque

« l)e Orat. lib. 3, m 137, 141. » Ibid. n. I3«.

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nous a laissées il y en a aucune plus belle et plus curieuse que celle de Dion ; mais il n'y en a point certainement qui marque davantage quel est le prix de la l)onne éducation , et de quelle utilité peut être la conversation des gens savants et vertueux. Cest presque Tunique point auquel je m'arrêterai, en faisant quelques réflexions sur les circonstances de la vie de Dion qui y ont le plus de rapport.

PBEMIÈBB BEFLEXION.

Conversation des gens de lettres et de probité infiniment utile

aux princes.

Dion était frère d' Aristomaque , que le premier Denys avait épousée. Une espèce de hasard , ou plutôt, dit Plutarque, une providence particulière , qui jetait de loin les fondements de la liberté de Syracuse , y avait amené Platon , le plus célèbre des philosoplies. Dion devint son ami et son disciple , et profita bien de ses leçons. Car, quoique élevé dans des mœurs basses sous un tyran, quoique accoutumé à une sujétion craintive et servi le , quoique nourri dans le faste et les délices, en un mot dans un genre de vie qui fait consister le souverain bien dans la volupté et dans la magnificence , il n'eut pas plutôt entendu les discours de ce philosophe et goûté de cette philosophie qui mène à la vertu , qu'il sentit son âme enflammée d'amour pour elle.

liC second Denys avait succédé à son père dans un âge où, eomme le dit Tite-Live d*un autre roi de Syracuse ' , à peine était-il capable d'user modérément de sa liberté , loin de pouvoir gouverner avec sagesse. Dès qu'il fut monté sur le trône, le premier soin des courtisans fut de s'emparer de son esprit , et d'obséder ce jeune prince par des flatteries continuelles. Ils ne pensaient qu'à lui fournir tous les jours de vains amusements , le tenant toujours occupé à des festins, à des commerces de femmes, et à tous les autres plaisirs les plus honteux. Dion, persuadé que tous les vices du jeune Denys ne venaient que de la

> « Pnenim , Tixdam Bbertatem, ne- pnecipitandain in omnia TÎtia ac«epedum dominationem , modice latarum. runt. » ( Liv. lib. 24, n. 4.) \a\t id ingeniam tatorea atqae amid ad

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mauvaise éducation qu'il avait eue, chercha à le jeter dans des conversations honnêtes, et à lui faire goûter des discours capables de former les mœurs. Pour cela il rengagea à faire venir à sa cour Platon. Quelque répugnance qu'eût le philosophe pour ce voyage, dont il n'espérait pas un grand fruit, il ne put résister aux vives sollicitations qu'on lui fit de toutes parts. Il arriva donc à Syracuse, et y fut reçu avec des marques d'honneur et de distinction extraordinaires.

Platon trouva les plus heureuses dispositions du monde dans le jeune Denys , qui se prêta sans réserve à ses leçons et à ses conseils. Mais comme il avait lui-même infiniment profité des avis et des exemples de Socrate son maître, le plus habile homme qu'ait eu le paganisme pour faire goûter la vérité , il eut soin de manier l'esprit du jeune tyran avec une adresse merveilleuse, évitant de heurter de front ses passions , travaillant à gagner sa confiance par des manières douces et insinuantes , et surtout s'étudiant à lui rendre la vertu aimable, pour la rendre en même temps victorieuse du vice , qui ne retient les hommes dans ses liens qu'à force d'attraits, de douceurs, de plaisirs et de délices qu'il leur présente.

Le changement fut prompt et étonnant. Le jeune prince , plongé jusque-là dans l'oisiveté , dans la mollesse et dans l'ignorance de tous ses devoirs, qui en est une suite inévitable, sortant comme d'un sommeil léthargique , commença à ouvrir les yeux , à entrevoir la beauté de la vertu , à goûter les douceurs et les charmes d'une conversation également solide et agréable, et il se livra avec autant d'empressement au désir d'apprendre et de s'instruire qu'il en avait eu auparavant d'éloignement et d'horreur. La cour, qui est le singe des princes , et qui suit en tout leurs inclinations , entra dans les mêmes sentiments. Toutes les salles du palais, comme autant d^écoles de géométrie, étaient pleines de la poussière dont les géomètres se servent pour tracer leurs figures ; et en très-peu de temps l'étude de la philosophie et des plus hautes sciences devint le goût dominant et général.

Le grand fruit de ces études , par rapport à un prince , n'est pas Feulement de lui remplir l'esprit d'une infinité de connais-

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sinoes très-curieuses, très-utiles, et souvent très-nécessaires, mais encore plus de le retirer de Toisiveté, de Tindoleoce et des vains amusements de la cour; de Taccoutumer à une vie ap> pliquée et sérieuse ; de lui faire naître le désir de s'instruire des devoirs de la royauté, et de connaître ceux qui ont excellé dans Tart de régner; en un mot, de le mettre en état de gouverner par lui-même et de voir tout par ses propres yeux , c'est-à-dire d^étre véritablement roi. Mais c*est à quoi s'opposeront toujours les courtisans et les flatteurs , comme cela ne manqua pas d'arriver sous le jeune Denys.

SECONDE BÉFLEXION.

Fiat leur S j peste funeste des cours et ruine des princes.

Ce que dit Cicéron ' de la flatterie par rapport à l'amitié n'est pas moins vrai par rapport à la cour des princes, qu'elle en est le poison le plus mortel : Sic habéndum est, nuUam in amicitiis pestem esse majorem, quam adulationem ^. Il entend par flatteurs ces hommes faux et doubles , d'un esprit souple et pliant , qui, vrais protées, prennent mille formes différentes selon le l)esoin ; uniquement attentifs à plaire au prince , toujours occupes à étudier ses goûts et ses inclinations , et à lire sur son visage ce qu'il désire ; se faisant une loi de ne lui présenter jamais aucune vérité choquante, de ne le contredire en rien , et de parler toujours le même langage que lui. Les gardes veillent autour du palais des rois , dit un ancien , pour écarter des ennemis moins dangereux que n'est la flatterie. Elle trompe les sentinelles ^ ; elle pénètre non-seulement dans le cabinet , mais dans le cœur du prince , et elle travaille à lui enlever ce qu'il y a de plus précieux et de plus essentiel à son bonheur, c'est-à-dire un esprit sage et équitable, le discernement du vrai et du faux , l'amour de la justice et du bien public.

Il n'est pas étonnant ^ qu'un jeu ne prince comme Denys , qui ,

* De Amicit. n. 91. ditur. » ( Strks. de Regno )

* Ibid. n. 91-93. < n Vix artibas honestia pndor retiue- ^ n Sola quippe hiec (adulatio), ne- tur, uedum iiiter rertamina vitiuram pu-

quicqaatn vi^ilHiitibas satfilitibus impe- dicitia , ant modestia, aut quidqunm riuin depraedatiir; regiimque nobilissi- probi moHs .<^crvaretur. » (Tac. Annal. mam partem, antmam uimirum, aggre- iib. 14, cap. L'*.)

TBÂlTé DBS ÉTUDES. 403

avec le plus excellent naturel et au milieu des meilleurs exemples , aurait eu bien de la peine à se soutenir, ait eniin succombé à une tentation si délicate dans une cour infectée depuis longtemps, où il n'y avait d'émulation que pour le vice, et où il était environné d'une troupe de flatteurs qui ne cessaient de le louer et de l'applaudir en tout. Ils commencèrent par jeter un ridicule parfait sur la vie retirée qu on lui faisait mener , et sur les études auxquelles on rappliquait, comme s'il s*agissâit d'en faire un philosophe. Ils allèrent plus loin , et travaillèrent de concert à lui rendre suspect , et même odieux, le zèle de Dion et de Platon , en les lui représentant comme d'incommodes censeurs et d'impérieux pédagogues ' , qui prenaient sur lui une autorité qui ne convenait ni à son âge ni à son rang. Enfin Dion et Platon , sous différents prétextes et en différents temps , furent éloignés de la cour, qui se trouva de nouveau abandonnée à toutes sortes de désordres et d'excès.

On voit par là combien il est difficile à un prince d'éviter les pièges qui lui sont tendus par la conspiration d'un petit nombre de personnes qui occupent les premières places auprès de lui et les premiers emplois; qui ont intérêt à se ménager les uns If s autres, à lui cacher une partie de ce qui devrait lui être connu , et à s'accorder sur divers points malgré leurs intérêts différents, leurs jalousies, leurs haines secrètes , pour se rendre seuls les maîtres des affaires , pour borner à eux seuls la conOance du prince, et pour le tenir comme captif dans l'étroite enceinte dont ils Font environné. Claudentes prîncipem senem, et agentes ante omnia ne quid sciât '.

TROISIEME BEFLEXION.

Grandes qualités de Dion mêlées de quelques légers déjauts.

Il est difficile de trouver réunies dans une seule personne autant d'excellentes qualités qu'on en voit dans le prince dont nous parlons. Grandeur d'âme, noblesse de sentiments, générosité à répandre ses biens , valeur héroïque dans les combats accom-

■ u Tristes et saperciliosos aiienie vitœ Episl. 123. ) ccnsoves, puUIicos psedagngos. » ( Skm. * Lamprid. in Vita Alex.

pagnée d*un sang-froid et d'une prudence peu commune , un esprit vaste et capable des plus graudes vues , une fermeté inébranlable dans les plus grands dangers et dans les revers de fortune les plus inopinés , un amour de la patrie et du bien public porté presque jusqu'à Texcès : voilà une partie des vertus de Dion. II saisit les préceptes de la philosophie avec une ardeur dont Platon témoigne avoir vu peu d'exemples ; et il Tétudia , non par curiosité ou par vanité, mais pour s'instruire de ses devoirs et pour en faire la règle de sa conduite.

Quelque passionné qu'il fût pour la philosophie , cette étude ne le détourna jamais de son devoir , et il sut contenir son ardeur dans de justes bornes*. Après que Denys l'eut obligé de quitter Syracuse et la Sicile , il menait dans son exil la vie la plus agréable qu'il soit possible d'imaginer pour un homme qui a bien goûté une fois la douceur de l'étude ; jouissant tranquillement de la conversation des philosophes, assistant à leurs disputes. y brillant d'une manière toute particulière par la beauté de son génie et par la solidité de son jugement; parcourant les villes de la docte Grèce pour y cueillir, s'il est permis de parler ainsi, la fleur des beaux esprits , et pour y consulter les plus habiles politiques ; laissant partout des marques de sa libéralité et de sa magnificence , également aimé et respecté de tous ceux qui le connaissaient, et recevant dans tous les lieux où il passait des honneurs extraordinaires , qu'on rendait encore plus à son mérite qu'à sa naissance. C'est du milieu d'une vie si douce qu'il s'arracha pour aller secourir sa patrie qui implorait sa protection, et pour la délivrer du joug de la tyrannie sous lequel elle gémissait depuis longtemps.

Jamais peut-être entreprise ne fut plus hardie, et n'eut en même temps un succès plus heureux. Il partit avec huit cents hommes seulement et deux vaisseaux de charge, pour aller attaquer à main armée une puissance aussi redoutable que celle de Denys. « Qui aurait jamais cru , dit un historien , qu'un « homme, avec deux vaisseaux de charge, fût venu à bout de « détrôner un prince qui avait quatre cents navires de guerre ,

' a Retinuitque, quod est difdciilimain, ex sapientia modum. u ( Tac. ia /'i/a Àgric. n. 4. )

TBAITB DBS ETUDES. 405

a cent mille hommes de pied, dix mille chevaux , une aussi grande « provision d'armes et de blé, et autant de richesses qu'il en fal- « lait pour entretenir et pour soudoyer des troupes si nombreu- « ses ; qui , outre cela , était maître d'une des plus grandes villes a de Grèce; qui avait des ports, des arsenaux, des citadelles «( imprenables, et qui était soutenu et fortiûé par un grand noma bre d'alliés très-puissants? La cause des grands succès de Dion « fut sa magnanimité et son courage , et l'affection de ceux à « qui il devait procurer la liberté'. »

Mais ce que je trouve de plus beau dans la vie de Dion , de plus digne d'admiration, et, s'il était permis de parler ainsi, de plus au-dessus de l'humain, c'est cette grandeur d'âme et cette patience inouïe avec laquelle il souffrit l'ingratitude de ses citoyens. Il avait tout quitté pour venir à leur secours ; il avait réduit la tyrannie aux abois , et touchait au moment où il devait les rétablir dans une entière liberté. Pour prix de tant de services, ils le chassent honteusement de leur ville, accompagné d'une poignée de soldats étrangers dont ils n'ont pu corrompre la fidélité ; ils le chargent d'injures , et ajoutent à la perfidie les plus durs outrages. Il n'a , pour punir ces ingrats et ces rebelles , qu'à fa ire un mouvement; il n'a qu'à laisser agir l'indignation de ses soldats. Maître de leur âme comme de la sienne, il arrête leur impétuosité, et , sans désarmer leurs mains , il met un frein à leur juste colère , ne leur permettant , dans le feu même et dans l'ardeur du combat , que d'effrayer et non de tuer ses ennemis , parce qu'il les regardait toujours comme ses concitoyens et comme ses frères.

Il disait, dans une autre occasion , « que les capitaines pas- « saient ordinairement leur vie à s'exercer aux armes et à ap- « prendre le métier de la guerre ; que , pour lui , il avait passé « un fort long temps à Athènes, dans l'académie , pour y appren- « dre à dompter la colère, l'envie et le ressçntiment ; que la « marque de la victoire que l'on a remportée sur ses passions , (t ce n'est pas d'être doux et affable à ses amis et aux gens de « bien , mais de se montrer humain à ceux qui nous ont fait in- « justice, et d'être toujours prêt à leur pardonner... Il est vrai •,

* Diod. Sic. Hist. Ub. 16.

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« disait-il , que , selon les lois bamaines , il est plus pardonnat. ble et plus permis de se venger quand on a été maltraité que « de commettre le premier une injustice contre les autres. Mais « si on consulte la nature, on trouvera que l'une et Tautre de « ces fautes viennent de la même source , et qu'il y a autant de « faiblesse à se venger d'une injure qu'à la faire le premier. »

Toutes les injustices et les ingratitudes de sa patrie ne furent pas capables de ralentir son zèle. Après beaucoup d'aventures il Ja rétablit dans sa liberté, et en chassa les tyrans. Il n'eut pas la consolation de jouir du fruit de ses travaux. Un traître forma un complot contre lui , et l'égorgea dans sa propre maison. Sa mort replongea Syracuse dans de nouveaux malheurs.

On ne pouvait , ce me semble, reprocher à Dion qu'un défaut: c'est qu'il avait quelque chose de dur et d'austère dans l'humeur, qui le rendait moins accessible et moins sociable , et qui éloignait un peu de lui jusqu'aux plus gens de bien, et jusqu'à ses meilleurs amis. Platon l'avait souvent averti de ce défaut. Il avait tâché même de l'en corriger, en le liant particulièrement avec un philosophe qui avait du jeu et de l'agrément dans l'esprit, et qui était fort propre à lui insphrer des manières douces et insinuantes. Il l'en fit encore depuis souvenir dans une lettre qu'il lui écrivit, où il lui parle ainsi : « Faites réflexion ' , je vous « prie, qu'on trouve que vous manquez de douceur et d'affa- « bilité; et mettez-vous bien dans l'esprit que le moyen le plus A sûr de faire réussir les affaires, c'est de se rendre agrénbie à « ceux avec qui l'on a à traiter. La fierté * écarte le monde , et

' *Ev6v{JioO 8è xal Ôti SoxeTç tktIv d'occasion de la faire paraître. Ce vice êv8ee<rrépa)(; xoO TtpoaYJxovTO; Ôepa- demande des témoins et des spectateurs.

TreuTixô; Vivai- jx^ o^ XaveaveTaTdè f "»" » îtîT ^t" \! Ï.T/' ï ^*??- ^ , ^ , , *^ ' - , û ' n vent dire que la fierté écarte tout le

OTl 6ta TOy opeaxeiy toi; avepoîHOlÇ, ^«nde; qu'elle éloigne de nous ceai qui

xai TO Ttoatreiv e<mv. ^ nous devraient être le pins nuis : qu'au ^ 'H 6 a06âSeia, èpr^LiCf. ^voixo;. lien qne l'affobilité attire du monde de Cette pensée de Platon est parfaitement tous cotés auprès des grands , et les fait belle, mais ne se fait pas sentir tout comme habiter au milieu d'une foule de d'un coup. M. Dacier l'a traduite ainsi : - personnes, même inconnaes et étt an- La fierté est toujours compagne de la SO' gères , qui les approchent volontiers et liltule ; ce qui n'offre aucune idée , ou qui s'empressent de s'attacher à eux ; au plutôt en présente une absolument con- contraire la fierté fait autour d'eui un traire à la vérité. Car il n'est point vrai désert, met tout en fuite, et les réduit que la fierté se trouve toujours dans la à demeurer seuls comme dans une 8oli> solitude. Un homme seul et réduit à lui- tude, et par là les prive du secours des même en est peu susceptible, et n'a point hommes dont ils ont besoin pour le suc-

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« réduit un homme à la solitude. » Malgré les reproches qu'on lui faisait de la gravité trop austère et de l'inflexible sévérité avec laquelle il traitait le peuple ' , il se piqua toujours de n*ea rien relâcher, soit quo son naturel fdt entièrement éloigné des attraits de Finsinuation et de la persuasion , «oit que, dans le dessein qu'il avait de corriger et de ramener les Syracusains gâtés et corrompus par les discours flatteurs et complaisants des orateurs , il crût devoir employer des manières plus fermes et plus mâles.

Dion se trompait dans le point le plus essen^el du gouvernement. A compter depuis le trône jusqu'à la dernière place deJ'fttat, quiconque est chargé du soin de gouverner et de conduire les outres doit, avant tout, étudier l'art de manier les esprits', de les fléchir, de les tournera son gré, de les amener à son point; ce qui ne se fait point en voulant les maîtriser durement, en leur commandant avec hauteur, en se contentant de leur montrer la règle et le devoir avec une rigidité inflexible. Il y a dans le bien même et dans la vertu , et dans l'exercice de toutes les charges, une exactitude et une fermeté , ou plutôt une sorte de roideur, qui souvent dégénère en vice quand elle est poussée trop loin. Je sais qu*il n'est jamais permis de courber la règle : mais il est toujours louable et souvent nécessaire de l'amollir et de la rendre plus maniable : ce qui se fait surtout par des manières douces et insinuantes , en n'exigeant pas toujours le devoir avec une extrême rigueur, en fermant les yeux sur beaucoup de pe-. tites fautes qui ne méritent pas d'être relevées, en avertissant avec bonté de celles qui sont plus considérables ; en un mot , en tâchant par tous les moyens possibles de se faire aimer, et de rendre la vertu et le devoir aimables.

ce» de leur» affaires. 'H Ô* aÙ6à8eia , ' 'AXXà fUdSl TE ^«(vETai TTpÔ; xb

épY){i.tql ^ûvoixoç. La fierté réduit un ntdavàv SucncepourrC}) xexpYijiivoç, &v-

homme à la solitude. Ticnr^v T6 Tou; Supaxouffiou; èr(<iy

= Rnllin explique très-bien cette &yet(JLévoiK xai ètaTeOpu(Jl(JlévOUÇ ICpO*

pensée de Platon , que Plutarque aimait 6u{ii0U(i£V0{. ( Pi«ut. in f^ita Dion. ) hrnucoup, et a laquelle il fait allusion ^ C'est ce qu'un ancien poëte appelait

plus d'une fois (in Dione , i^S. — Op. flexaMma atque omnium regina rerum

moral, p. 09, SOS ). — L oratio. u (Cic de Divinat Ub. I. n. 80.)

40S TBAITB OIS BTOOS8.

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