TROISIÈME MOBGEAU DE L'HISTOIRE ROMAINE
Espace de cinquante-trois ans, depuis le commencement de la seconde guerre punique jusqu'à la défaite de Persée.
Je prends pour troisième morceau de l'histoire romaine ce que Polybe avait choisi pour sujet de celle qu'il avait composée ; je veux dire les cinquante-trois années qui se passèrent depuis le commencement de la seconde guerre punique jusqu'à la fin de la guerre de Macédoine , qui se termina par la défaite et la prise de Persée, et par la destruction de son royaume.
Polybe regarde cet intervalle comme le beau temps delà république romaine, où parurent les plus grands hommes, où Ton vit briller les plus solides vertus , où se passèrent les plus grands et les plus importants événements ; en un mot , où les Romains
• n EycAtot eoram comitiorom do- poslta certamlna laeorrupto Jadkio cuit, alioé anfmos in oontentione Iiber> efie. » (Lit. lib. 4, n. 0.) Itttis dignitatisqae , alios secundam de-
commencèrent à entrer en possession de ce vaste empire qui dans la suite embrassa presque toutes les parties du monde connues pour lors , et qui parvint par de$ progrès suivis et fort rapides à ce degré de grandeur et de puissance qui a fait l'admiration de tout l'univers.
Or, rétablissement de l'empire romain étant, selon Polybe », le plus merveilleux ouvrage de la Providence divine parmi les hommes, et ne pouvant être regardé comme Teffet du hasard et d'une fortune aveugle , mais comme la suite d'un plan et d*un dessein formé de loin, concerté avec poids et mesure, et conduit à sa fin avec une sagesse qui ne s'est jamais démentie, n'est-ce pas , remarque encore le même auteur, une curiosité bien louable et bien digne d'un esprit solide, de vouloir connaître en quel temps , par quels préparatifs , par quels moyens , et par le ministère de quels hommes , une si belle et si grande entreprise a été exécutée ?
C'est ce que Polybe , l'historien le plus sensé que nous ayons, et qui était lui-même grand homme de guerre et grand politique , avait montré fort au long dans l'histoire qu'il avait composée , dont le peu qui nous en reste doit faire extrêmement regretter la perte. C'est aussi ce que j'entreprends de tracer dans ce morceau de l'histoire romaine, mais d'une manière fort courte et fort abrégée, en tâchant pourtant d'y faire entrer une partie de ce qui me paraîtra de plus beau dans Polybe , dans TitelA\e et dans Plutarque , qui sont les sources où je puiserai presque tout ce que j'ai à dire sur ce sujet, soit pour les faits mêmes , soit pour les réflexions que j'y joindrai.
• rolyb. Ub. I.