Religion
J'ai souvent cité le célèbre entretien de Cambyse, roi de Perse, avec son fils Cyrus, que l'on regarde avec raison comme un abrégé des plus utiles leçons qu'on puisse donnera quiconque doit commander les armées ou être employé au gouvernement. Cet excellent discours commence et finit par ce qui regarde la religion , conmie si tous les autres avis sans celui-là devaient être inutiles. Cambyse recommande à son fils, avanttout et sur tout , de s'acquitter religieusement de tous les devoirs '\\iQ la Divinité exige des hommes; de ne former jamais aucune entreprise, petite ou grande, sans consulter les dieux; de com- ;nencer toutes ses actions par implorer leur secours, et de les faire suivre par des actions de grâces, tout bon succès venant de
' Il Sensere etiam barbari magnitii- fastigio aspernantis » (I.iv. lib. i7, q. IP.' liiiem uuiini , cujus niiracuio uoniiiiii - l.iv. lib. .38 , [cap. ÔO]. ilii mortales stupcrent, id ex luia alla
68 TaAlTE DES ETUDES.
leur protection, qui n'est due à personne, et devant par conséquent leur être rapporté. C'est en effet ce que Cyrus pratiqua toujours très-exactement, comme nous l'avons déjà remarqué en parlant de ce prince; et il avoue lui-même, dans l'entretien dont ceci est tiré , qu'il part pour sa première campagne plein de conflance dans la bonté des dieux , parce qu'il peut se rendre à lui-même ce témoignage, qu'il n'a jamais négligé leur culte.
Je ne sais si notre Scipion avait lu la Cyropédie , comme cela est certain du second , qui en faisait son étude ordinaire ; mais il est visible qu'il a imité en tout Cyrus , et surtout dans le culte religieux'. Depuis qu'il eut pris la robe virile, c'est-à-dire depuis l'âge de dix-sept ans, il ne commença jamais aucune affaire, soit publique, soit particulière, sans avoir auparavant été au Capitole pour implorer le secours de Jupiter *. On voit dans Tite-Live la prière solennelle qu'il lit aux dieux en partant de Sicile pour l'Afrique ; et le même historien ne manque pas de faire remarquer qu'aussitôt après la prise de Carthagène il remercia publiquement les dieux de l'heureux succès de cette entreprise : Postera die, militibusnavaUhusque sociis convocatis, primum diis immortalibus laudesque et grates egit\
Il ne s'agit pas ici d'examiner quelle était cette religion ou de Cyrus, ou de Scipion : on sait bien qu'elle ne pouvait être que fausse. Mais l'exemple qu'il donne à tous les commandants et à tous les hommes de commencer et de terminer toutes leurs actions par la prière et par l'action de grâces, n'en est que plus fort. Car que n'auraient-ils point dit et fait , s'ils avaient été comme nous éclairés des lumières de la vraie religion , et s'ils avaient eu le bonheur de connaître le véritable Dieu ? Après de tels exemples, quelle honte serait-ce pour des généraux chrétiens de n'oser paraître aussi religieux que ces anciens capitaines du paganisme
' Liv. lib. 26, n. 19. — = Id. lib. 29, n. 27. — ^ Id. lib 26 , n. 48.
ABTICLE II.
Principaux caractères et principales vertus des Romains par rapport a la guerre.
L'espace de temps dont j'ai rapporté l'histoire en abrégé , et que Polybe ■ avait choisi pour celle qu'il a écrite , a été , comme je l'ai déjà dit, le beau temps de la république romaine, qui a rendu Rome la maîtresse de l'univers , et qui a forcé toutes les nations à reconnaître qu'un peuple si supérieur en mérite et en vertu devait l'être aussi en puissance et en autorité. C'est en effet après ce temps que la puissance romaine , qui avait lutté plusieurs siècles avec ses voisins dans un terrain assez étroit , se répandit au dehors comme un fleuve et comme une mer qui a rompu ses digues, et inonda presque les trois parties du monde avec une rapidité incroyable.
Plutarque, dans un traité qui a pour titre de la Fortune des Romains, faitun magnifique portrait de la grandeur de l'empire I romain, dont on ne sera pas fâché de voir ici une partie. Les j plus puissantes nations du monde , dit-U , s'étant disputé ' l'empire avec les derniers efforts , une confusion horrible a long- ' temps régné dans l'univers , jusqu'à ce que , la république : romaine ayant réuni sous elle les peuples et les royaumes , tout I enfin a pris une assiette ferme et une consistance assurée sous un gouvernement qui , embrassant presque toutes les parties de la ■terre, les a fait jouir, à son ombre, des fruits du bon ordre 'etde'la paix, par le ministère des grands hommes qu'elle a portés, en qui brillaient toutes les vertus.... Après avoir dit que la rapidité avec laquelle Rome s'est étendue ne vient pas des hommes, mais de Dieu, il ajoute : Rome ne mesure plus ses victoires sur la multitude des morts , sur la grandeur des dépouilles , sur le nombre des villes emportées. Ses exploits désormais se terminent à asservir des nations , à assujettir des royaumes, a conquérir de grandes îles et de vastes contrées. On n'y voit plus que triomphes sur triomphes et conquêtes sur conquê-
' Polyb. p. 160.
tes. Un seul coup abat Philippe; un autre coup chasse d'Asie le grand Antiochus. Dans la même année, un mois lui suffit pour faire la conquête de la Macédoine, un autre pour faire celle du royaume d'Illyrie , et pour mettre aux fers leurs deux rois ■. Un seul de ses capitaines * , dans le cours d'une même expédition , soumet à son pouvoir l'Arménie, le Pont, la Syrie, la Palestme, l'Arabie, les Albaniens, les Ibères , et porte les bornes de sa domination jusqu'à la mer Caspienne et à la mer Rouge. Et ce qui est bien remarquable, ajoute le même auteur, c'est que cet heureux génie de Rome ne l'a pas favorisée seulement pour quelques jours et pour un court espace de temps , ni simplement ou par terre ou par mer, ni après de lents efforts et de longs délais, et ne l'a point quittée rapidement, comme tout cela est arrivé dans les autres empires ; mais , né en quelque sorte et accru avec Rome , il y a établi et fixé sa demeure , a toujours présidé à son gouvernement, en a toujours réglé la conduite , et lui aconstamm.ent procuré de glorieux succès, en guerre et en paix , par terre et par mer, contre les barbares et contre les Grecs.
Cet établissement de l'empire romain , le plus grand et le plus puissant qui ait jamais été, ne fut point, dit Polybe^, l'effet du hasard. Ce fut le fruit du mérite et de la vertu ; ce fut la suite de desseins concertés avec sagesse , exécutés avec courage , et conduits à leur fin avec une habileté et une attention qui ne se démentirent jamais. Il est donc utile et important, continue-t-il *, d'examiner quels furent, du côté des vainqueurs, les principes de conduite avant et après la victoire , quelles furent les dispositions des peuples à leur égard , et ce qu'on pensait de ceux qui tenaient le gouvernail de la république.
Nous avons vu quels ont été les grands honuues qui ont contribué pendant cet intervalle de temps à l'agrandissement de l'empire romain. II nous reste à considérer quel a été l'esprit et le caractère du peuple romain même.
Nous en trouvons uu magnifique portrait dans Salluste. « Il
• Pei-sée et Gentius. — - Pompée. — ' l'.ilyh. p. Oi. - ^ Id. p. 160.
ne faut pas croire ' , fait-il dire à Caton , que ce soit par de nombreuses armées que nos ancêtres ont si fort augmenté la puissance de Rome. D'autres avantages les ont rendus véritablement grands, et la république avec eux : au dedans, une '<■ vie laborieuse; au dehors, un gouvernement juste et sage; dans les délibérations, un esprit exempt de passious et de t vices.... Dans le camp comme dans la ville, dit ailleurs le même historien , les bonnes mœurs et les bonnes maximes < dominaient ; et le souverain empire qu'avaient sur les Romains la justice et la vertu était moins l'effet des lois que de leur bon naturel. Enfin ils se soutenaient eux et la république par deux moyens : en guerre, par la hardiesse et le courage ; en paix, parla justice et la modération. » Il ne faut pas conclure de ce que dit ici Salluste de ces belles innées de la république , et de ce que nous en dirons nous-ménes dans la suite , que tousles Romains alors , ni même le plus ;raud nombre, fussent tels. C'était là l'esprit de la république, 'esprit de ceux qui gouvernaient : et ce petit nombre entraînait ousles autres ^, et produisait ces merveilleux effets.
Il ne faut pas non plus s'imaginer que les vertus que nous aisons tant valoir ici fussent bien pures et bien solides. Nous es donnons pour ce qu'elles valent, c'est-à-dire pour des vertus jomaînes, et non pour des vertus chrétiennes. Et cependant, I uelque imparfaites qu'elles fussent , Dieu , selon la remarque de aint Augustin , les a couronnées par l'empire du monde ; récomjense digne des Romains , qui n'en attendaient point d'autre , et ussi vaine que leurs vertus. Receperunt mercedem siiam , dit Évangile. P^ani vanam, pourrait-on ajouter avec un Père^, ui parle ainsi de ces illustres païens. Après avoir pris ces précautions et employé ces préservatifs,
• « Noiite exLstimare majores nostros legibus magis quara natura valebat...
rmis rempublicam ex parva magnam Duabiis his artibus, aiidacia in bcUo ,
cisse... Alia fuere quie illos magnos ubi pax eveiierat œquitale, seque remijae
cere, qua: nobis nulla sunt : domi in- publicam curabant, » (Id. ibid.)
ustria, foris justum iniperium ; aiiimus ^ « Ac mihi inulta agitanli coustaliat ,
i cousulendo liber , neque delicto neqiie paucurum civium cgregiam virtuteni
bidiui obnoxius. » (Sallost. in Bello cuncta patravisse. m (Salhjst. iu !I:U.
atilin.) Catilin.)
« Diimi militiaîquc boni mores cole- ■* |S. Augiist, in psalai. 118.] lotur..,'. Jus boniimque apud eos nuu
il ne me reste plus qu'à rapporter les principales vertus des Romains dans la guerre. Je le ferai le plus succinctement qu'il me sera possible.
1 . Équité et sage lenteur pour entreprendre et pour déclarer la guerre.
Les Romains ne s'engageaient pas légèrement ni témérairement dans une guerre. Avant tout ils songeaient à se rendre les dieux favorables, n'attendant le succès que de leur protection ' ; et persuadés que , comme ils présidaient d'une manière particulière à l'événement des guerres, ils faisaient toujours pencher la victoire du côté qui avait pour lui la justice et le bon droit. De la venait que jamais ils ne prenaient les armes sans avoir envoyé chez les ennemis des hérauts , qu'on nommait feclales , pour leur exposer leurs griefs et leurs sujets de plainte ; et ce n'était que sur le refus qu'ils faisaient de donner satisfaction , qu'on leur déclarait la guerre. Ce fut pour ne point manquer à ces eérémonies, qui chez eux faisaient partie de la rehgion, qu'ils laissèrent périr misérablement Sagonte, dont la ruine, comme l'avait prédit un sage Carthaginois , retomba sur Carthage même, et entraîna sa perte. Les Romains usèrent de la même retenue à l'égard de Philippe, d'Antiochus et de Persée, quoique ces princes fussent les agresseurs, et qu'ils eussent depuis longtemps violé les traités par plusieuis infractions manifestes.
2. Fermeté et constance dans une résolution une fois prise et\, arrêtée. [
Plus les Romains agissaient d'abord avec lenteur et maturité»,} plus ils étaient vifs et persévérants dans l'exécution. Le siège de Capoue seul en serait une grande preuve. Il avait été résolu chez les Romains d'attaquer cette importante ville, dont la révolte , laissée impunie depuis plusieurs années , semblait être la honte de Rome.
' « Vicenint dii hominesqae ;etid ,de * « Quo lenios agunt, aegnins inci-
qao verbis ambigebatur , utcr popains piant , eo , quam cœperint , vereor ne
fœdas rupisset, eveatas belli , velut perseverantius saeviant. » (Lit. lib. 21 ,
aequas judex , unde jus stabat , ei Yicto- n. 10.) riam dédit. » 'Liv. lib 21 n.
TBAITE DES ETUDES. 73
Dans le temps que l'Italie était ravagée par un ennemi tel qu'Annibal , et que les horreurs de la guerre s'y faisaient le plus sentir, ils abandonnèrent tout, et quittèrent Annibal luijnême, pour assiéger Capoue , et ils y envoyèrent les deux consuls avec chacun une armée. Le siège dura plus d'un an. Il n'y eut point d'efforts que ne fît Annibal pour sauver cette ville , qui devait lui être si chère. Enfin , pour dernière tentative , il marche vers Rome avec une armée nombreuse ^ « Il n'y a point, « dit un citoyen de Capoue , de bête si acharnée à sa proie , à « qui on ne la fasse lâcher si l'on va vers son antre pour enlever « ses petits. Mais, pour les Romains, ni le siège de Rome, ni « les cris et les gémissements de leurs femmes et de leurs en- « fants , qu'ils entendaient presque de leur camp , n'ont pu les « arracher du siège de Capoue ^ » La prise et la punition exemplaire de cette ville rebelle firent connaître à l'univers la persévérance des Romains à poursuivre la vengeance d'alliés infidèles, et l'impuissance d' Annibal pour secourir une ville qui s'était mise sous sa protection.
Mais où ce caractère de fermeté et de constance me paraît le plus admirable dans les Romains , c'est lorsqu'il s'agissait de traiter de paix avec les ennemis. Dès le commencement de la guerre ils en marquaient les conditions , et nul événement ensuite n'était capable d'y apporter aucun changement. ]Ni des échecs qu'ils recevaient quelquefois n'en faisaient rien relâcher, ni des victoires considérables qu'ils remportaient n'y faisaient rien ajouter, tant ce peuple était ferme et invariable dans ses résolutions, parce qu'il les croyait fondées en raison et en équité. Les traités qu'ils firent avec les Carthaginois, et avec |les trois princes dont la défaite suivit celle des Carthagmois , furent tous de cette sorte.
3. Accoutumance aux pénibles travaux et aux exercices militaires. Sévérité incroyable pour la discipline. Diverses récompenses du mérite.
On peut bien dire que les Romains étaient un peuple desol-
• Uv. lib. 2G, n. 13. - Id. ibid. n. 16.
TB. PES ÉTCn. T. fil.
74 TEAITE DES ETUDES.
dats, né et fonne pour la guerre, dont il tirait toute sa gloire et toute sa puissance , comme il en faisait sa principale occupation. Ce n'étaient point des troupes ramassées au hasard , mais des citoyens établis à Rome ou à la campagne , qui combattaient pour eux-mêmes en combattant pour l'État. Ils étaient endurcis aux travaux militaires dès l'âge le plus tendre : Robustus acri tnilitia puer condiscat^ , etc. C'est une chose étonnante de voir de quels fardeaux ils étaient chargés dans une marche. Chaque soldat portait des vivres pour plusieurs jours, un pieu et quelquefois plusieurs , et tout ce qui lui était nécessaire pour l'usage de la vie; sans parler du bouclier, de l'épée , du casque, qu'on ne comptait point parmi les fardeaux, parce que les armes faisaient comme partie du soldat , et étaient regardées comme ses membres. Les longs sièges, les marches pénibles, les expéditions éloignées, le poids extraordinaire de leurs armes, de leurs bagages et de leurs munitions, le travail ordinaire de fortifier le camp pour des séjours très-courts , et plusieurs exercices de cette nature très-fatigants , ne pouvaient vaincre leur amour pour la gloire de leur patrie : et une patience si invincible les mettait en état de vaincre toute la terre.
Il est aisé de juger quelle impression avaient faite sur les esprits ces sanglantes exécutions, où des pères et des consuls, pour maintenir et assurer la discipline militaire' , qu'ils regardaient comme le principal appui de l'État , s'étaient crus obligés de répandre le sang de leurs propres enfants et des premiers officiers de l'armée. Après de tels exemples , un simple soldat ne pouvait passe flatter que sa désobéissance pût demeurer impunie.
Mais ce qui rendait les armées romaines invincibles était ce grand principe , établi anciennement et gardé inviolablement parmi les troupes, que c'était une honte ineffaçable et un crime impardonnable pour un Romain que de livrer ses armes et de se rendre volontairement à l'ennemi; principe qui ne laissait aucun milieu entre la victoire et la mort. Aussi , quand , a près la bataille
' Horat. Cic. Tnsc. Qoaest. Ub. 2 , potius uostro delicto plectemur , quam
n 37. respublica tanto suo damno nostra pec.
- « Quemadmodum... quantum in te cara luat. Triste exemplum, sed in pos-
fait , discipliuam militarem, qua stetit terum salubre juventuti erimus. » [Liv.
ad hauc diem romauares, solvisti... nos lib. 8, n 7.)
TEAITE DES ETUBES. 75
de Cannes, on proposa dans le sénat de racheter les soldats qui s't'taieut rendus à Annibal au nombre de plus de huit mille, Mii'lque instance que fissent leurs parents, et quelque besoin qu'eût alors de troupes la répubhque , on s'en tint à la maxime yncienne de ne point racheter les captifs ', comme absolument nécessaire, dans la conjoncture présente , pour affermir et conserver la discipline militaire ; et l'on aima mieux armer un pareil nombre d'esclaves, que de donner la moindre atteinte à un principi' qui faisait la sûreté de l'État. Ou comprit bien, dit Polybe', que la vue d'Annibai , dans l'offre qu'il faisaitde rendre les prisonniers pour une certaine rançon , n'était pas tant de tirer une somme d'argent considérable, dont pourtant il avait un extrême itesoin, que d'ôter aux troupes romaines ce sentiment et cet aiguillon d'honneur et de gloire qu'elles portaient au combat , en leur faisant entrevoir une ressource et une espérance de salut pour ceux qui cédaient à l'ennemi. Mais le sénat, en rejetant absolument cette proposition , voulut par ce refus confirmer aulhentiquement la loi ancienne des P«.omains , ou de vaincre ou lie mourir dans le combat 3. Une telle fermeté, ajoute Polybe, et une telle grandeur d'âme , déconcertèrent Annibal , et lui causèrent plus de crainte et de frayeur que sa victoire ne lui avait causé de joie et d'espérance.
Ajoutez à ces différents motifs les marques d'honneur et les récompenses qui se donnaient publiquement après une bataille ;u après quelque action importante ; les louanges que les généraux ^e faisaient un devoir d'accorder aux officiers et même aux sim- )les soldats, comme Tite-Live le remarque de Scipion ; les témoignages glorieux qu'ils rendaient en plein sénat, au retour de la 'campagne, à ceux qui s'étaient le plus distingués : tout cela jetait lans les troupes une ardeur, une émulation, un courage, qu'on 11' peut exprimer. Par là de simples officiers acquéraient le nerite d'un général, comme on le vit dans une occasion impor- .11, te qui conserva l'Espagne aux Romains. Après la mort des I ]\ .Scipions, les affaires paraissaient absolument désespérées.
; ' I.iv. lii,. 22, n. 60. f, viy.àv |j.a/o[iivO'j; , r, Ôvrjoxîiv.
l'ulyb pag. 50(1. (^Poiyb;)
■* Toi; Tcap' a-J:ot.; évofAoSïTriTav
76 TBAITÉ DES ETUDES.
Un simple chevalier romain ', encore fort jeune, mais d'un courage et d'une grandeur d'âme au-dessus de son âge et de sa condition , qui avait servi plusieurs années sous Cn. Scipion et avait appris sous lui la science militaire , fut choisi d'un commun consentement pour chef, et , par une hardiesse accompagnée de prudence, sauva l'armée. C'est ce Marcius dont notre Scipion lit tant de cas quand il fut arrivé en Espagne , et qu'il distingua toujours , dans la suite , d'une manière particulière. Voilà comment d'habiles officiers se formaient sous d'habiles commandants.