‹ Traité des études (volume 5)Chapitre 32 sur 68 · ABTICLES III ET IV · texte numérisé non relu

ABTICLES III ET IV

1 philosophie sert a orner l'esprit (Tune infinité de connaissances curieuses.

Ile sert aussi à inspirer un grand respect pour la religion.

Je joins ici ces deux choses ensemble, parce qu'en effet elles it une liaison naturelle, et que l'une doit conduire à l'autre , mme on le verra par ce que j'ai à dire sur ce sujet. Il est étonnant que l'homme, placé au milieu de la nature, li lui offre le plus grand spectacle qu'il soit possible d'imaner, et environné de tous côtés d'une infinité de merveilles li sont faites pour lui, ne son^e presque jamais ni à considér ces merveilles si dignes de son attention et de sa curiosité , à se considérer soi-même. Il vit au milieu du monde , dont il

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est le roi, comme un étranger, pour qui tout ce qui s'y passe serait indifférent, et qui n'y prendrait aucun intérêt. L'univers . dans toutes ses parties , annonce et montre son auteur ; mais . pour le plus grand nombre, c'est à des sourds et à des aveugles, qui ont des oreilles sans entendre et des yeux sans voir.

Un des plus grands services que la philosophie puisse nous rendre, c'est de nous réveiller de cet assoupissement, et de noui tirer de cette léthargie qui déshonore l'humanité, et qui uouf rabaisse en quelque sorte au-dessous des bêtes, dont la stupi* dite n'est que la suite de leur nature , et non l'effet de l'oubli ou de l'indifférence. Elle pique notre curiosité , elle excite notn attention, et nous conduit comme par la main dans toutes les parties de la nature , pour nous en faire étudier et approfondir les merveilles.

Elle présente à nos yeux l'univers comme un grand tableau dont chaque partie a son usage , chaque trait sa grâce et Sii beauté, mais dont le tout ensemble est encore plus merveilleux En nous montrant un si beau spectacle , elle nous fait observai , avec quel ordre , quelle symétrie , quelle proportion , tout y es placé; avec quelle égalité cet ordre général et particulier s'ob serve et se maintient : et par là elle nous fait reconnaître l'ia telhgence et la main invisible qui règlent tout.

La philosophie, en conduisant ainsi l'homme de merveiilei en merveilles , et le promenant , pour ainsi dire, dans tout l'uni vers , ne souffre pas qu'il demeure étranger par rapport à lui même, ni qu'il ignore le fond de son propre être, où Dieu s'es peint lui-même d'une manière inflninient plus sensible et plui " parfaite que dans le reste des créatures.

On voit bien que je parle ici principalement de cette partie d<' ' la philosophie qu'on appelle physique, parce qu'elle s'occupe ; considérer la nature. Je l'examinerai sous deux faces. J'appellera l'une la physique des savants , et l'autre la physique des enfants Celle-ci n'est attentive qu'aux objets mêmes et à ce qui frappi les sens; au lieu que la première en examine à fond la nature et tâche d'en découvrir ies causes.

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