‹ Traité des études (volume 5)Chapitre 51 sur 68 · DU DEVOIR DES PARENTS · texte numérisé non relu

DU DEVOIR DES PARENTS

Quintiliea fait commencer le devoir des pères et mères ai moment même de la naissance de leurs enfants, parle soii qu'il veut qu'ils prennent de leur procurer des nourrices , ot dt mettre auprès d'eux des domestiques dont la sagesse et le; bonnes mœurs leur soient connues : et il exige d'eux dans 1< suite une attention continuelle à écarter d'auprès de leurs enfanti tout ce qui serait capable d'altérer le moins du inonde leur in nocence, et à ne rien dire ou faire eu leur présence qui puisse leur inspirer des principes dangereux op leur donner de mau vais exemples. '.

Ce qui regarde la matière que je traite ici, par rapport au parents, est d'abord le choix d'un maître et d'un collège , sup posé qu'ils prennent le parti d'y envoyer leurs enfants. Quic tilien» nous marque cette double obligation eu deux mots mais qui ne laissent rien à désirer. Il veut qu'ils choisissent poi maître un homme d'une vertu consommée, Prxce^jforem eti gère sanctissbnum quemque, cujus rei, prœcipua prudent, bus curât est; et, pour collège, celui où régnera une disci pline exacte et régulière, et disciplinam qux maxime se ver fuerit.

Pline' le jeune, dans une de ses lettres où il indique à une danj de ses amis un professeur de rhétorique pour sou {ils , lui donn sur cette même matière d'admirables avis , qui concerneD proprement le choix d'un collège et d'un régent, comme l'ei droit de Quintilien que j'ai cité auparavant, mais qui peuvei aussi regarder celui d'un précepteur. L'endroit est trop beà|>i< pour n'être pas mis ici dans toute son étendue.

« Le secret pour mettre votre fils^ en état de marcher dignjjj

1 Lib. 1 c. 2. berniam tuam tenuit : praeceptores doi

2 Lii, g] e'p 3. habait, ubi est vel erroribus modica , v

3 « Quib'us omnib-js ( avis et majori- etiam Dulla materia. Jara studia ejtis e bus ) ita demum similis adolescet , si im- tra limen proferenda sunt : jam ci butus honestis artilius fuerit : quas plu- cumspicieudus rhetor latinus, oujûT rinium refert a quo polissiraura accipiat. schol» «everitas , pudor imprimis , cas Adhuc iUum piieriti* i-atio intra contu- titas constet. Adest emm adolescent

lit

TBAITÉ DES ÉTUDES. 333

ment sur les traces de ses ancêtres, c'est de lui donner uu biii iiuide, qui sache lui montrer les routes de la science et de riionneur; mais il importe de bien choisir ce guide. Jusju ici l'âge encore tendre de votre fils l'a tenu auprès de vous -oiis la conduite de ses précepteurs et dans une maison particulière, où les dangers , supposé qu'il s'y en trouve, sont bien moindres. Aujourd'hui qu'il s'agit de l'envoyer aux leçons publiques , il faut choisir un professeur d'éloquence dans l'école duquel on soit assuré que règne une discipline exacte, Bt surtout une grande modestie et une grande pureté de mœurs. Car, entre les autres avantages que ce jeune homme a reçus de la nature et de la fortune , il est d'une beauté singulière; et c'est ce qui engage encore plus , dans un âge si I faible et si dangereux, à lui-donuer un maître qui ne lui serve pas de précepteur seulement, mais encore de guide et de gardien.

« Je ne vois personne plus propre à remplir ces devoirs que Julius Génitor'. Je l'aime; et l'amitié que je lui porte ne séduit point mon jugement, à qui elle doit sa naissance. C'est un homme grave et irréprochable; peut-être trop austère et trop dur dans ses manières , si l'on s'en rapporte à la licence de ces derniers temps. Comme le talent de la parole est un îvantage extérieur, qui se manifeste et se fait sentir, vous pouez, sur ce qui regarde son éloquence , en croire le témoignage pubhc. Il n'en est pas de même des qualités de l'âme; elle 1 des abîmes où il n'est presque pas possible de pénétrer : et ie ce côté-là je vous suis caution de Génitor. Votre fils ne lui sntendra rien dire dont il ne puisse faire son profit; il n'ap-

tro, cura cœteris naturîe fortuuœque exposita statim cernitar. Vita hominuni

ibus,eximia corpoi-is pulcbritado : altos recessas magnasque latebras ha-

in iioc lubrico ietatis non prteceptor bat : cujus pi-o liemtore me sponsoreiu

do, sed custos etiam rectorque qnae- accipe. Kihil e\ hoc viro lilius tuus ac-

dus est. )> diet , nisi profatiirum : niliil discet ,

r. \ideor ego demonstrare tibi posse quod nescisse recliua fuerit. ^ec minus

iuni (ienitoi-em. .\matur a me : ju- saepe ab illo , quam a te nieque , admo-

0 liinit-n nicoDoD obstat cari tas, qune iiebilurquibus iinagiuibus oneretur ,qnE:: jiiiiiciu uata est. Vir est emendatus nomina et quuuta sustineat. l'roindc , ,r:ivis : paulo etiam horridii)r et du- faventibns diis , trade eum prieceptori, ■, ut in liac licentia temporum. Quau- a quo mores primum , niox eloqueutiaai

1 cb.queutia ïaleat, pluribus credere discat, qu;f malc sine nioribus disiitur. ; iiaui diccndi facultas -perta et ^ aie. »

kl

834 TBAITE DES ETUDES.

« prendra rien de lui qu'il eût été plus à propos d'ignorer, f '' « n'aura pas moins de soin que vous et moi de lui remettr' « sans cesse devant les yeux les portraits et les vertus de ses an » cêtres , et de lui faire sentir tout le poids du fardeau que leu " grands noms lui imposent. N'hésitez donc pas à le mettre en « tre les mains d'un maître qui le formera d'abord aux bonne « mœurs, et ensuite à l'éloquence, qui ne s'apprend jamai' « bien sans les bonnes mœurs. Adieu. »

11 ne suffit pas de faire choix d'un collège. Pour en tirer tou le fruit qu'on en peut attendre, il faut que les parents voien'J''^ souvent le principal, les régents, les précepteurs, pour s'infor" mer de la conduite de leurs enfants et du progrès qu'ils fontdanf l'étude ; qu'ils leur donnent des lumières sur leur caractère à'eér prit et leurs inclinations , qu'ils, doivent mieux connaître qui|^' tout autre ; qu'ils prennent avec eux des mesures pour les corp' riger de leurs défauts; qu'ils les appuient de toute leur autorité' qu'ils agissent en tout de concert avec eux pour les récompett ses, les louanges, les réprimandes, les punitions. On ne peu dire combien cette bonne intelligence des parents avec les mal très peut être utile aux enfants. ■•'j

Horace ' , dans la belle satire oii il témoigne sa vive reconnais sance des peines extraordinaires que son père avait prises pou^" son éducation, ne manque pas de remarquer qu'il avait soin d# voir souvent ses maîtres; et il attribue en partie à cette atten^^" tionle bonheur qu'il avait eu non-seulement d'avoir été exempj'''' des désordres ordinaires à la jeunesse, mais d'en avoir écarté cW'* soi jusqu'aux plus légers soupçons. 'f^

Atque si viliis mediocribus ac mea .paucis (

Mendosa est natura , alioqui recta .

Causa fuit pater his ;'*

Ipse milii custos incorruptissimus omnes» Circum doctores aderal. Quid multa? pudicum, Qui primus virtutis honos , serva\it ab omni Non solura facto, verum opprobrio quoque turpi.

C'est une faute , dit Piutarque ' , bien condamnable dans lesj parents, de se croire entièrement décharges du soin de veillée

' Un. I , Sat. 6. — ■' De li'oeris educandis.

r leurs enfants , dès qu'ils les ont remis entre les mains des aîtres , et de ne songer point à s'assurer par leurs propres yeux leurs propres oreilles du progrès qu'ils font dans l'étude et ns la vertu. Outre qu'il sied mal à un père, dans une affaire importante et qui le touche de si près, de s'en rapporter aveuiment à la bonne foi de personnes étrangères , qui, chez les ciens , étaient le plus souvent des esclaves ou des affranchis, est constant, continue le même auteur, que cette attention m père à s'informer de temps en temps, et à se faire rendre mpte des études et de la conduite de son flis peut servir en >me temps à rendre et les écoliers et le maître plus exacts et is vifs à s'acquitter chacun de leurs devoirs. Il applique à ce jet un proverbe, qui dit ' que rien n'est si propre à engraisser cheval que l'oeil du maître.

Quelque juste que soit ce devoir, quelque facile qu'il soit à

nplir, il est rare pourtant que les parents s'en acquittent. Ils

veillent guère davantage sur la conduite de leursenfants lors-

'ils sont devenus plus grands et qu'ils sont sortis du collège ;

la plupart font paraître sur ce point une indifférence et une

?ligence qu'on a peine a comprendre. Plusieurs la couvrent

prétexte de leurs affaires et de leurs occupations, comme si

lucation de leurs enfants n'était pas la plus importante de

tes, et comme si la qualité de père devait jamais être effacée

■ celle de magistrat et d'homme public.

%ton remarque que c'est un défaut assez ordinaire à ceux

sont chargés du gouvernement de l'État, de négliger le soin

eur propre fauiille; et, dans un dialogue qui a pour titre La-

s,'\\ introduit deux hommes des plus considérables d'Athènes,

reconnaissent avec douleur que , s'ils ont acquis peu de mé-

et de gloire, c'était la faute de leurs pères, qui, célèbres

Heurs par de grandes actions tant en paix qu'en guerre, etto-

ment livrés aux affaires d'autrui, n'avaient pris aucun soin de

r éducation, et les avaient abandonnés à eux-mêmes et à leur

pre conduite dans un âge où ils avaient le plus de besoin

'.re veillés et retenus. Plût à Dieu que bien des enfants n'cir-

Oùûèv ouTw Ttiaîvei tôv ïtitiûv, w; [îadiXsw; àï)f>a>.[/.6;.

336 TBàlTE DES ETDDES.

sent pas encore aujourd'hui sujet de faire les mêmes plaintes

Caton le censeur, quoique occupé des plus grandes affaire^

de l'État, chargé des plus importants emplois, et Pâme des déli-

pc

berations du sénat, ne tomba pas dans ce défaut, lui qui voulut servir de précepteur à son fils. Paul Emile, au milieu de ses plus grandes occupations , trouvait le temps d'assister aux conférences que faisaient ses enfants, et d'animer leurs études par sa présence. Il fut bien payé de ses peines , et la réputation qu'ils s'acquirent ' en fut une juste et douce récompense. |

Ces grands hommes étaient bien éloignés d'un défaut trè commun maintenant , surtout parmi les grands seigneurs et gens de guerre, qui ont grand soin de dire et de répéter à leu enfants qu'ils ne veulent point faire d'eux des docteurs, et qu' ne les ont mis au collège que pourleur faire passer quelques année: en attendant qu'ils aient atteint l'âge d'aller à l'académie ou d'eirfl' trer dans le service. Un tel discours est capable de ruiner tout 1 fruit des études, parce qu'il tend directementà étouffer et à étein dre dans l'esprit des jeunes gens toute ardeur d'émulation : ai lieu que les parents devraient employer tous leurs soins à faii naître cette émulation, à l'entretenir, à l'augmenter; parce que si leurs enfants y sont sensibles dans les classes , ils la porteroi j!" ensuite dans les emplois qui leur seront confiés, et se piqueror ifc pareillement d'y réussir et de s'y distinguer. ■■

Je reviens au choix d'un précepteur. Plutarque, dans un traii "' que nous avons de lui sur la manière d'élever les jeunes gens ■* veut qu'on trouve dans les maîtres une vie irrépréhensible, ù caractère d'esprit raisonnable, un grand fonds d'érudition, I une habileté à conduire, formée par une longue expérience. Ma fii il se plaint amèrement de la négligence ou plutôt de la stupid^ des parents qui, dans un choix qui décide pour l'ordinaire >ort et du mérite de leurs enfants pour toute la vie , s'en rap"-*portent au premier venu, n'ont égard qu'à la recommandatioi de personnes peu sûres, et, poussés par une sordide avarice vont au rabais dans le ciioix d'un précepteur, et trouvei)t qu, celui qui leur coûte le moins est le meilleur. Il rapporte à ■

' Scipion l'Afi-icain le second fut l'un de ses enfants.

iu'jii une parole d'Aristippe , pleine de sens. Un père, surpris ju'il lui demandât mille drachmes ' pour instruire son ûls, Quoi ! î'écria-t-il, j'achèterais à ce prix un esclave I Vous en aurez deux 30ur un, répliqua le philosophe; insinuant par là à ce père ivare qu'il ne ferait qu'un esclave de son fils.

Le poète satirique* fait les mêmes plaintes, et ne peut souf- Mr que les pères et mères, pendant qu'ils font mille folles dépenses pour leurs bâtiments, leurs meubles, leurs équipages, eur table, épargnent tout pour l'éducation de leurs enfauts.

Hos inter sumptus sestertia Quintiliano ,

Ut multum, duo suflicient. Res nulla miDoris

Constabit patri quam lilius.

Cratès le philosoplie^ disait qu'il aurait souhaité monter au ieu le plus éminent de la ville , pour crier de là aux citoyens : « Hommes de peu de sens , quelle est donc votre folie , de ne » songer qu'à amasser des richesses , et de négliger absolument i l'éducation de vos enfants , pour qui vous dites que vous les i amassez? »

Les parents 4 payent bien cher quelquefois leur nonchalance !t leur avarice, lorsque , dans la suite , ils ont la douleur de voir jue leurs enfants , abandonnés à toutes sortes de désordres , les tléshonorent en mille manières, et font souvent plus de dépense !D une seule année pour satisfaire leurs passions, que les parents l'en eussent fait pendant dix années pour leur procurer une éduiation honnête et solide.

Ils doivent donc ne rien épargner pour avoir un bon précepeur, et se souvenir que le plus noble aussi bien que le plus saluaire usage qu'ils puissent faire de l'or et de l'argent , c'est de 'en servir pour acheter des hommes de mérite, en quelque genre |ue ce soit, et surtout pour ce qui regarde l'instruction de leurs infants.

Lorsque Sénèque ^ voulut remettre entre les mains de Néron .es grands biens, qui lui attiraient l'envie, ce prince lui réponlit que, quelque grands que parussent ces biens, il y avait des

' 500 livres. =910 fr.— L. •• Plut. ibid.

» Juven. 1. 3 ,8at. 7. [t. 186.] » Taeit. Ann, Hb. 14, c. 66.

* Dut. de Liberis educandis.

TH UtJ) ETUI). T. ni.

personnes , infiuiment au-dessous du mérite de Sénèque, qui en possédaient davantage. « J'ai honte, lui dit-il, de voir des affran- « chis plus riches que vous; et qu'étant le premier dans mon « estime, vous ne soyez pas le plus grand dans mon empire.» Pudet referre libertinos, qui ditiores spectaiitur. Unde etiaiu rubori mihiest, quod prxcipuus caritate, nondiim omnesfortuna antecellis. Je n'examine point si Néron pensait comme il parle ici ; mais ce qui est certain , c'est que les parents sensés et raisonnables doivent penser de la sorte, et voir avec quelque peine qu'un intendant, un secrétaire, quelquefois même un portier, fait chez eux une plus grande fortUQC que le précepteur du fils de la maison.

Il faut avouer qu'il y a des pères et des mères , quoique le nombre en soit petit, qui sur ce point ne manquent pas de noblesse et de générosité ; et qui , non contents de payer de bons appointements aux précepteurs de leurs enfants , se croient encore obligés de leur assurer pour toute leur vie un revenu raisonnable , qui les mette en état de jouir en repos et en liberté du fruit de leurs travaux. Quelle diminution fait sur de grands biens , tels qu'en ont tant de personnes riches , une pension viagère de trente, cinquante, cent pistoles, plus ou moins, selon les différentes circonstances ? Approche-t-elle des services dont elle est le prix? Je lis toujours avec un plaisir singulier le discours admirable que tient à son père le jeune Tobie au sujet du guide qui l'avait conduit pendant son voyage, etj le dénombrement qu'il fait des services qu'il en a reçus , dont il expose la grandeur et le nombre avec la même exactitude que s'il devait lui-même en tirer la récompense , et non pas la donner. « Mon père, lui dit-il' , quelle récompense pouvons- « nous lui donner, qui ait quelque proportion avec les biens « dont il nous a comblés? Il m'a mené et ramené dans une « parfaite santé : il a été lui-même recevoir l'argent de.Ga-|'t « bélus : il m'a fait avoir la femme que j'ai épousée; il a éloigné^'B" « d'elle le démon qui la tourmentait; il a rempli de joie soU'! « père et sa mère : il m'a délivré du poisson qui m'allait dévo-

Tob. 12,2-4.

TBAITE DES ÉTUDES. 3:59

rer : il vous a fait voir à vous-même la lumière du ciel; et c'est par lui que nous nous trouvons remplis de toutes sortes de biens. Que pouvons -nous donc lui donner, qui égale tout ce qu'il a fait pour nous ? Mais je vous prie . mon père , de le supplier de vouloir bien accepter la moitié de tout le bien que nous avons apporté. »

Quelle noblesse de sentiments ! Le jeune Tobie ne s'imagine is faire rien de grand pour son guide par une offre si avantause ; mais il croit qu'il recevra lui-même une grâce dont il trouvera fort honoré, si le guide daigne accepter son offre : forte dignabitur medietatem de omnibus , quse allata sunt, n asswnere. Voilà un modèle parfait pour les parents ; comme description qu'il fait des services que son guide lui a rendus est un aussi pour les précepteurs, qui doivent servir d'anges rdiens à leurs élèves.

Tous les pères ne sont pas en état de faire la fortune des prépteurs de leurs enfants ; mais tous sont en état et dans l'oblition de les honorer, de leur marquer toujours beaucoup de Qsidération, et de leur attirer par leur conduite l'estime et respect des enfants et de toute la famille. Il y doit être regardé respecté comme le père même : c'est l'idée que les anciens liaient qu'on eût d'un précepteur.

Di , majorum umbris tenuem et sine pondère terram... Qui prœceptorem sancti voluere parentls Esse loco '.

^oique tous les parents , ceux même qui ne peuvent don-

que des appointements très-médiocres, doivent apporter

lucoup d'attention dans le choix d'un précepteur, il ne faut

cependant que sur ce point ils portent la délicatesse trop

1 , ni qu'ils s'attendent à trouver toutes les qualités qu'on

t désirer dans un bon maître. Rien n'est plus rare qu'un

nme qui réunisse en lui toutes ces qualités. Les plus grands

;neurs , les princes même , ont bien de la peine à en trouver

tels. On est souvent obligé de confier l'éducation des enfants

à e jeunes précepteurs qui sont sans expérience , et ne peu-

Juven. lib. 3 , sat. 7. [t. 207.]

vent pns encore avoir acquis beaucoup d'érudition. Pourvuj qu'ils apportent de la bonne volonté et de la docilité, qu'Us nel manquent pas d'esprit et de jugement , qu'ils aiment le travail ,i et que surtout ils aient des mœurs pures et un fonds de religion et de piété, on doit être content. Il faut seulement tâcher de les adresser à quelque personne sage et expérmientee dans ce genre , pour la consulter dans les occasions et se, conduire par ses avis. I\Iais ce qui me paraît absolument nécessaire, et à quoi les parents ne doivent jamais manquer, c'est de^ commencer par mettre entre les mains du maître à qui ils conflent leurs enfants quelques livres propres à leur ap-. prendre la manière dont il faut s'y prendre pour les bien élever,^ tels que sont ceux de M. de Fénelon et de M. Locke, Anglais, et, d'autres pareils. Je souhaiterais que les miens pussent leur être utiles ; du moins c'est la vue que j'ai eue en les composant.

Les pères et mères ne doivent point omettre un moyen puis-, sant qu'ils ont entre les mains, d'attirer sur leurs enfants b bénédiction de Dieu : c'est de contribuer plus ou moins , seloE la mesure de leurs revenus , à la subsistance de quelque pauvn écolier, et de l'aider à faire ses études. J'ai reçu autrefois ui, pareil secours de la libéralité de feu M. le Peletier le miois, tre J'eus le bonheur de me trouver dans les mêmes classes qu(. messieurs ses enfants • au collège du Plessis, et de proliter d( l'excellente éducation qu'on leur donnait. Je leur disputais sou, vent les premières places et les prix. M. le Peletier mère, compensait comme eux. Je puis dire que pendant tout le courj de mes études il m'a tenu lieu de père, et depuis il m'a^tou, jours témoisné une bonté véritablement paternelle. Il n'y :, point de jour dans ma vie, où je ne m'en souvienne; et m reconnaissance devient d'autant plus vive, que je sens mie% de jour en jour de quel prix est une bonne éducation. J,

» Feii M. révèque d'Angers , et M. le PeleUer , ancien premier président.

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