TR. DF.SCTLD. T. UI
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ordre du roi le retenait à Vilieneuve-le-lloi, dans le diocèse de Sens. Jlais l'éloignement n'empêchait pas M. PioUin de le consulter sur tout ce qu'il écrivait , comme il avait toujours fait a Paris.
T. II, p. 394.
( Lnseul vol.) Le vol entra dans Lacédémone avec l'or et l'argent. Lysandre introduisit dans sa patrie l'or et l'argent qu'il avait conquis sur les Athéniens : etGjiippe, porteur du trésor, en vola une partie.
T. Il, p. 408.
( Avec les commissaires de Corinthe. ) Syracuse était une colonie de Corinthe , et elle avait imploré le secours de sa métropole , (|ui lui avait envoyé Timoléon, à la tête d'un corps de troupes. Ainsi Corinthe usait de ses droits, en contribuant à policer une ville qu'elle avait fondée et remise en liberté.
T. IF, p. 418.
; Les peuples de toutes les provinces étaient admis au you- 3 vernement de VÉtat. ) Ce ne fut que sous l'empereur Caracalla a que le droit de citoyen romain fut accordé à tous les sujets de l'empire indistinctement. IMais longtemps auparavant les choses s'y acheminaient, et la distinction entre citoyens et alliés ou sujets tendait, par des décroissements continuels, a s'effacer et à s'abolir.
T. II, p. 433. ]j
( Aucun ne s'est hasardé a prendre le diadème. ) Caligula en eut la pensée ; mais on l'en détourna, en lui faisant comprendre (|u'il était bien au-dessus des rois. Héliogabale osa se servir du «iiadème , mais dans son palais seulement. Aurélien est le preimer des empereurs romains qui l'ait porté en public.
T. II, p. 435. lit
( Dujuçieinent des consuls et du sénat. ) Le s:^nat ne juseait|"ii l'Oint , si ce n'est en des cas très-rares, les affaires des particuliers.||iofr î! délibérait sur les affaires de l'État , sur les lois , sur la paix e|| la guerre, etc. Aussi le sénat n'est-il point nommé par Tite-jjf^, Live dans l'énoncé de la loi de l'appel au peuple , mais seule^,j
ment les magistrats : De provocatione adversus magistratus ad populum.
T. Il, p. 436.
( Comme Us le déclarèrent publiquemeni . ) Les tribuns ne s'en sont pas toujours tenus à une simple déclaration verbale. Rome a vu ses consuls menés réellement en prison par l'ordre des tribuns. Voyez dans l'Histoire Romaine commencée par IN[. Rollin , les années 614 et 692 de Rome.
T. III, p. 50.
( Et à se tenir prêt à passer lui-même en Afrique. ) M. Rollin traduit Plutarque. Mais Tite-Live , mieux instruit que Plutarque des détails du gouvernement romain, ne dit rien de tel. Crassus, qui était grand pontife, ne pouvait pas s'éloigner de l'Italie, ni par conséquent passer en Afrique. Ainsi, dès que l'Afrique devenait l'un des départements consulaires , il n'était pas permis au collègue de Scipion de demander même à tirer au sort avec lui.
T. III, p. 55.
( Ni par les coutumes. ) Je trouve ici une petite omission i' inadvertance. Le texte de Tite-Live porte : Ni parles lois , ni oar les coutumes.
T. III, p. 62.
( Supposé pourtant que c'en soit une. ) On ne peut guère douer que ce ne soit une faute, si les paroles que Tite-Live met dans î bouche d'Annibal , en deux occasions différentes, ne lui sont oint attribuées à tort, et s'il est vrai que par deux fois , la prelière lorsqu'il entreprit d'attaquer Rome durant le siège de apoue, et la seconde lorsqu'il se vit forcé d'abandonner Italie, il se soit reproché amèrement de n'avoir pas mené, jssitôt après la bataille de Cannes, son armée victorieuse contre
orne.
( Le consul représenta. ) Le fait rapporté ici est postérieur de X ans à la bataille de Cannes; mais i! en dépend, comme de la luse qui y donna occasion.
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ï. nr, p. 82.
{On avait reçu dans ce même temps. ) C'esl-à-dire dans le temps qui suivit la bataille de Cannes. Le fait dont il s'agit ici est antérieur aux deux qui viennent d'être racontés.
T. III, p. 89.
(Qui lui présentaient (au peuple ) les décrets du sénat pour les exatniner. ) Polybe dit simplement que les consuls proposaient au peuple les décrets qu'il s'agissait de porter. Le peuple n'examinait point les décrets du sénat; mais , dans les grandes affaires du gouvernement, le concours des suffrages du peuple était nécessaire pour l'exécution de ce que le sénat avait résolu.
( Utie infinité de questions inutiles. ) Tibère, méchant prince , mais homme de beaucoup d'esprit, avait néanmoins le travers qui est ici blâmé par Sénèque. Suétone (c. 70 ) rapporte de lui que pour mettre à l'essai les grammairiens , dont il aimait beaucoup la conversation, il leur demandait le nom de la mère d'Hécube; le nom que portait Achille, lorsqu'à la cour de Lycomède , dans l'île de Scyros, il était vêtu en fille; les chansons qu'avaient coutume de chanter les Sirènes. Ces questions sont toutes semblables à celles que Juvénal tourne en ridicule dans les vers cités ici par M. Rollin. T. m, p. 164
( Non un philosophe stoïque, mais xm chrétien.) Le chris- ( tianisme, au temps d'Épictète, jetait un si grand éclat, qu'illfe peut bien n'être pas demeuré inconnu à ce philosophe. Mais nu s'il a eu quelques notions de la morale de l'Évangile, il n'en ajjcai emprunté que les détails, sans en connaître ni le principe ni "< la fin. Épictète déduisait toute sa morale de la nature de l'àme raisonnable , et non de l'obligation de plaire et d'obéir à Dieu, eif fondement vraiment solide de la morale chrétienne ; et il ne pro-j posait point à l'homme la seule fin digne de lui, c'est-à-dire, une félicité éternelle. M. Rollin fait quelques pages plus bas ' cette observation importante sur la différence entre la movdXi^l' des plus sages païens et celle du christianisme. *■
T. III, p. 179.
{Sous l'empire d'Adrien et de Marc-Aurèle Jntonîn.) C'est Tite Antonin qui a succédé à Adrien; et c'est de son règne, et du mercredi 2 février de l'an que nous comptons 141 de Jésus-Christ , qu'est datée la dernière observation astronomique de Ptolémée.
T. III, p. 219.
{Cest aux parents a bien examiner.) "SI. Rollin n'a traité la question de clioix entre l'instruction publique et l'éducation particulière qu'autant qu'elle intéresse les parents : et je n'entreprendrai point de décider ce qu'il a laissé indécis. Mais si l'on considère l'objet du côté des vues de bien public , et en tant qu'il regarde les magistrats, les princes, les législateurs, je ne craindrai point de dire que toute la faveur du gouvernement doit être pour l'instruction publique. Cette conclusion résulte de tout ce qui a été dit par M. Rollin des lois des Perses et de celles de Lycurgue; des idées et des préceptes de Platon et d'Aristote touchant l'éducation. Et en effet, outre les vues particulières et domestiques que chaque père peut avoir dans l'instruction de ses enfants, il est une vue générale et publique, qui doit influer sur l'éducation de toute la jeunesse d'une nation : c'est déformer des citoyens, et d'inspirer à tous des maximes uniformes par rapport au service de la patrie , à l'amour des lois, à l'attachement pour le prince, au maintien de la religion de l'État. Or, l'instruction particulière peut varier sur tous ces points si importants, puisqu'elle dépend de la disposition de chaque père de famille :au lieu que les écoles publiques, soumises à l'inspection des magistrats, n'ont pas la liberté de s'écarter de l'esprit national; et même l'expérience nous apprend [qu'elles en font leur esprit propre, qu'elles s'y affectionnent, qu'elles le conservent d'âge en âge ; et leurs leçons, par nécessité et par goût, s'accordent avec ce que prescrivent les lois.
T. III, p. 244.
{Les enfants sont capables d'entendre raison plus tôt qu'on 'le pense. ) J'ajoute, et plus que les hommes faits; parce qu'ils suivent plus simplement les principes de l'équité naturelle, qui
sont eucore tout neufs pour eux , et que n'a point eu le temps d'altérer l'habitude de les mépriser et de les voir mépriser par les autres.
( O71 courrait risque de les décourager. ) Une autre considération très-puissante pour engager les parents et les maîtres à accorder aux enfants les louanges légitimement dues , c'est de donner par là du poids aux avertissements et aux réprimandes. Si on les loue lorsqu'ils le méritent, ils sont obligés de conclure que , lorsqu'on les reprend, ce n'est ni par humeur ni par aversion, mais par raison et par justice. Au contraire, si on leur refuse les éloges lorsqu'ils s'en sentent dignes, ils remarquent l'injustice qu'on leur fait ; et ils se croient en droit de penser que , puisque l'on est injuste en leur refusant la louange , on les blâme aussi injustement.
T. in, p. 245.
( Et différer de leur pardonner jusqu'à ce que leur applicafion à mieux faire. )Mais aussi, lorsqu'ils ont fait leur preuve, il faut leur rendre sans délai les témoignages d'amitié et de satisfaction , toujours par ce même esprit de justice qui doit régler la conduite à leur égard sur leurs mérites et leurs démérites. Rien n'est plus nuisible dans l'éducation que de rebuter un enfant qui revient sincèrement à vous. C'est le vrai moyen de chang.er son amité en haine , s'il est d'un caractère vigoureux ; ou de lui abattre l'âme, s'il est timide.
{fen dirais autant de l'argent. ) Il n'est pas douteux que les parents riches doivent donner de l'argent à leurs enfants, quand ce ne serait que pour les mettre à l'épreuve, et voir quel usage ils en feront. IMais le leur donner pour récompense, c'est ce qui souffre beaucoup de difficulté. L'amour de l'argent est un si grand vice , et auquel se portent les hommes si volontiers, que l'on ne saurait prendre trop de précaution pour ne pas inspirer ce goût aux enfants. Or, c'est leur apprendre à aimer l'argent, auede le leur faire envisager comme une récompense. On leur
donne de l'argent pour une place d'empereur, pour un prix solennel qu'ils ont mérité par leur travail, en un mot, pour les succès dans leurs études ; et ces succès sont quelque chose de plus estimable , et qui vaut cent fois mieux , que l'argent qu'on leur donne pour les en récompenser. Je voudrais qu'on leur donnât de l'argent comme on leur donne des habits et la nourriture, sans rapport à la satisfaction ou au mécontentement qu'ils occasionnent.
T. III, p. 250.
{Rendre C étude aimable à leurs disciples.) Il est bon de distinguer ici ce qui vient de la chose même , et ce qui dépend de la conduite du maître.. L'étude est pénible en soi, et il est impossible de la dispenser de contention et d'effort. Pour les entours , le maître peut beaucoup. Il peut et doit facihter le travail , entremêler les délassements , mettre de la douceur dans ses manières , et avoir grande attention à ménager la faiblesse de l'âge. Mais , malgré tous ces adoucissements , un enfant qui sera décidé par caractère à ne point vouloir se gêner, à ne faire aucun effort, prendra de l'aversion pour l'étude, sans que l'on puisse en faire aucun reproche au maître.
T. III, p. 251.
(// est bien important d'abréger et de faciliter les éléments des langues. ) Rien n'est plus vrai. Mais enlin , il faut les apprendre. C'est le fondement de l'édifice : et l'on bâtit sur le sable, si l'on prétend s'en passer. Je dirai plus. Les éléments des langues sont moins rebutants pour les enfants que pour les personnes formées. Les enfants ont beaucoup de mémoire , et raisonnent peu : et de là il résulte qu'il est moins fastidieux |X)ur eux d'apprendre par le simple jeu de la mémoire des choses sèches , et auxquelles le raisonnement a peu de part : ce qui est un vrai supplice pour les personnes accoutumées à faire usage de leur esprit.
T. III, p. -iji.
(// prend leur temps... il ne fait point une règle de fétiule ) Tout, dans les ciioses humaines, est mêlé d'avantages et
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d'inconvénients. La condescendance conseillée ici par M, Rollin est propre à faire aimer le maître, et par contre-coup l'étude. Mais, pour peu qu'on la pousse trop loin, on priverait l'enfant d'un des plus grands biens que puisse procurer la bonne éducation, qui est d'apprendre à se contraindre, et à vaincre ses répugnances. Tout état dans la vie a des devoirs, et par conséquent exige que l'on se gêne. Si le jeune homme n'a jamais fait que ce qu'il a voulu, et n'a point été accoutumé à rompre ses caprices, il est à craindre qu'il ne continue dans le reste de sa vie de soumettre son devoir à ses goûts ; au lieu qu'il doit assujettir ses goûts à la loi du devoir. Ainsi, une règle dans l'étude est essentielle à l'éducation ; et c'est un des grands avantages des études publiques.
( Et c'est ce qui en rend la conduite bien difficile. ) Elle deviendrait même impossible, si l'effet de la disparate des caractères n'était corrigé et réparé par l'inclination naturelle à faire sans peine ce que l'on voit faire à tous ceux dont on est environné. Une loi commune, et dont personne n'est exempt, soumet, par sa propre force , chaque particulier, et aide le maître à obtenir de l'essaim nombreux de ses disciples ce que jamais , sans ce secours , son industrie et ses efforts ne pourraient opérer. T. III, p. 266.
( Fxdogogos et magistros. ) Psedagogi sont les précepteurs particuliers qxitl'è statut désigne ailleurs plus expressément , en ajoutant au motpsedagogi VépithèXe cubicida7-ii. Les régents sont ici marqués par le terme général de magistri. Dans les articles Am statut, où il a fallu qu'on les exprimât d'une manière qui ne laissât aucun lieu à l'équivoque , ils sont appelés prxceptores, doctores , lectores, avec l'addition quos régentes vacant.
T. III, p. 268.
(Et jesaisqueplusieurs principaux t'oîitemploi/éavecsuccès.) La modestie de M. Rollin l'a empêché de se citer comme ayant pratique ce qu'il recommande ici aux autres. Mais la reconnaissance m'impose la loi de publier sur les toits ce qu'il n'a pas voulu apprendre à ses lecteurs. Je suis ciiarmé que l'occasion se pré-
spnte de téuîoigner publiquement que j'ai été moi-même du Qombre de ces pauvres écoliers du soin desquels il se chargeait ; et je n'oublierai pas de remarquer que, lorsqu'il me reçut dans son collège au mois d'octobre 1704, le nombre de ses pensionnaires, par une circonstance singulière , était tellement diminué, :|u'il ne se montait pas à quarante.
T. III, p. 298.
{Ih ménagent avec adresse toutes les occasions qui se présentent. ) Une des occasions des plus fréquentes et des plus avantageuses qui puissent se présenter aux régents de parler de religion dans leurs classes , sans se rendre suspects de l'envie de prêcher, c'est lorsqu'il s'agit ou de réformer quelque fau.x principe en fait de morale et de doctrine, qui se trouve dans l'auteur qu'ils expliquent ; ou de faire observer qu'une maxime, vraie chez les païens , acquiert dans le christianisme un uouveau prix. Voici un exemple du premier genre :
Horace , dans la troisième satire du premier livre , avance que l'utilité est la mère de la justice : IJtilitas justi propc mater ■it xqui; que c'est la crainte des maux qu'amène l'injustice qui a inventé le droit et les lois : Jura inventa metu injusti fateare necesse est ; que la nature n'a point en soi le discernement du juste et de l'injuste , comme celui du bien et du mal physiques : Nec natura potest juste secernere iniquum, dividit ut bona diversis, fugienda petendis. Le poète se met même en devoir de prouver sa thèse; et pour cela il raconte l'histoire des premiers pères du genre humain, telle qu'Épicure l'a imaginée, et telle l^ue nous la voyons renouvelée de nos jours par une secte d'éîrivains téméraires , et plus épicuriens qu'Épicure lui-même.
Qiium prorepserunt primis animalia terris , Miitum et tuqie pecus , glandein atque cubilia propter, Unguibus et piiguis, dein fustibus, atijue ita porro Pugnabant armis , qu.-E post fabricaverat nsus.
Il n'est point permis à un professeur chrétien d'expliquer ce morceau d'Horace , sans faire sentir à ses jeunes auditeurs com- >ien la doctrine en est erronée et pernicieuse , destructive de toute morale et de tout devoir. 11 faut leur dire qu'il n'est pas
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vrai que l'utilité soit la mère de la justice; qu'il est une loi naturelle antérieure à toutes les inventions des hommes, plus ancienne que toutes les lois positives, gravée dans le fond de nos cœurs par le doigt de Dieu même , qui nous éclaire sur nos devoirs, et qui nous punit par les remords lorsque nous nous en écartons. A la fable épicurienne touchant l'origine du genre humain , il faut opposer la vérité historique dont nous a instruit la révélation. Il faut marquer , en peu de mots , combien le système de la création d'Adam et d'Eve, quand il ne serait pas fondé sur l'autorité divine, est plus raisonnable en soi , et plus digne de l'homme, que celui qui fait sortir nos premiers pères du limon du INil , et qui les dégrade à la condition des bètes. Ce n'est pas là prêcher, c'est tirer de son sujet l'instruction qui en naît d'elle-même, et qui y apporte un correctif absolument nécessaire.
Il se rencontre dans les auteurs païens des maximes d'un autre genre , vraies en elles-mêmes , mais qui exigent d'être rehaussées et perfectionnées par les saintes idées du christianisme. En ce cas , l'amour de ses élèves et de sa religion n'oblige-t-il pas le professeur à ne point frustrer les uns d'une instruction qui peut leur être infiniment utile, et à rendre à l'autre l'hommage d'estime, de respect, de vénération qui lui est dû ? Ainsi , un endroit admirable de Cicéron est celui où il établit pour principe « qu'un juge , lorsqu'il donne son suffrage par « scrutin , » comme c'était l'usage de son temps , « ne doit « point penser qu'il soit seul avec lui-même,' ni qu'il lui soit « [lermis de prendre tel avis qu'il lui plaira; mais se regarder « comme environné d'un conseil bien respectable, et obligé de » consulter la loi , la religion du serment , l'équité , la foi de « ses engagements; et d'écarter, au contraire, loin de lui le « caprice , la haine , l'envie , la crainte , et toutes les passions : « et surtout de respecter infiniment sa propre conscience , « témoin qui a été donné à chacun des hommes par la Divi- « nité; témoin dont nous ne pouvons nous séparer, et dont le « témoignage, s'il nous est favorable, s'il ne voit dans toute notre « conduite que des pensées et des actions conformes à l'honnê- « teté, nous assure une vie exempte de craintes et pleine de di-
. l'.iie '. » Rien n'est plus beau que cette maxime, rien n'est plus \ 1 ai. Mais combien acquerra-l-elle de Doblesse, de force, d'effi- ;ice et de poids, si à la loi et à la conscience on joint l'auteur (le l'un et de l'autre : si le juge, suivant que l'enseigne le chrisîi.niisme, croit voir Dieu présent à toutes ses pensées, les sontlant , les connaissant mieux qu'il ne les connaît lui-même, jusqu'à ce qu'il lui en demande compte un jour pour les récompenser si elles sont justes, et les punir si elles sont contraires à ses volontés !
La matière que j'effleure ici est très-riche , et il me serait aisé de l'étendre. Mais elle a été traitée excellemment par M. Nicole dans les réflexions sur le traité de Senèque, de la Brièveté de la Vie, qui se trouvent à la fin du second tome des Essais de morale.
[Il ij a une manière d'interroger. ) M. RoUin y excellait , et il savait parfaitement , en pratiquant tout ce qu'il recommande ici lui-même, faire paraître le répondant, et intéresser tout l'auditoire. C'est de quoi j'ai été témoin mille fois; car il se prêtait avec une bonté admirable à interroger dans leurs exercices tous les écoliers qui l'en priaient. Toute occasion de se rendre utile trouvait en lui un cœur prompt à s'y intéresser.
' lllud est hominis, magni atqiie sa- timare conscienfiam mentis suae quam a
pientis, quum iîlam judicaurti causa ta- diis immortalibus accepimus, quie a
liellani siiinpserit, n!>ii se putare esse so- uohis divelli non potest, quae si optimo-
lum, neqiiesihi quodcumque concupierit rum consiliornm atque factorum tcsiis
lîcere ; sed lial>ere iu cousilio legeni, rcii- in omni vita miliis eiit , sine ullo nieiu
gioneni, requitatem, (idem; libidinem et summa cum bonestate vivemus. (C:c.,
auteni, odium, invidiam, mclum, cupidi- pro Cluent. n. 159. j tatesque omnes amovere : maximiqac ses-
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