‹ Traite des etudes. --Chapitre 106 sur 127 · Parallèle cTunJuge méchant et d'un juge ignorant · texte numérisé non relu

Parallèle cTunJuge méchant et d'un juge ignorant

Il aurait cru manquer à la partie la plus essentielle de son « état, si , comme il sentait ses intentions droites , il ne les ren- « dait éclairées. Aussi disait-il ordinairement qu'il y avait peu « de différence entre un juge méchant et un juge ignorant. L'un * au moins a devant ses yeux les règles de son devoir et l'image «( de son injustice; l'autre ne voit ni le bien ni le mal qu'il fait.

' Oraison ftinèbre de madame de Mon- ' Oraison funèbre de la reine par <«iusier, par M Flcchier. ]ft. plcçhler.

« L'un pèche avec connaissance , et il est inexcusable ; mais l'au* « Ire pèche sans remords , et il est plus incorrigible. Mais ils « sont également criminels à l'égard de ceux qu'ils condamnent « ou par erreur ou par malice. Qu'on soit blessé par un furieux « ou par un aveugle , on ne sent pas moins sa blessure ; et pour « ceux qui sont ruinés , il importe peu que ce soit ou par un homme c qui les trompe ou par un homme qui s'est trompé ». »

Lieux communs.

Comme j'en ai déjà cité plusieurs , je n'en rapporterai ici qu'un seul , où l'on fait voir combien l'emploi de lieutenant de police dans Paris est important et difficile.

a Les citoyens d'une ville bien policée jouissent de l'ordre qui ft y est établi , sans songer combien il en coûte de peines à ceux « qui l'établissent ou le conservent ; à peu près comme tous les- « hommes jouissent de la régularité des mouvements célestes , « sans en avoir aucune connaissance : et même , plus l'ordre « d'une police ressemble par son uniformité à celui des corps ce- « lestes, plus il est insensible; et par conséquent il est toujours^ « d'autant plus ignoré , qu'il est plus parfait. Mais qui voudrait a le connaître et l'approfondir , en serait effrayé. Entretenir per- « pétuellement dans une ville telle que Paris une consommation a immense, dont une infinité d'accidents peuvent toujours tarir « quelques sources ; réprimer la tyrannie des marchands à l'é- « gard du public , et en même temps animer leur commerce \ « empêcher les usurpations mutuelles des uns sur les autres , a souvent difficiles à démêler ; reconnaître dans une foule in- « finie tous ceux qui peuvent si aisément y cacher une industrie « pernicieuse , en purger la société , ou ne les tolérer qu'autant « qu'ils peuvent lui être utiles par des emplois dont d'autres « qu'eux ne se chargeraient pas , ou ne s'acquitteraient pas si « bien ; tenir les abus nécessaires dans les bornes précises de la « nécessité qu'ils sont toujours prêts à franchir, les renfermer « dans l'obscurité à laquelle ils doivent être condamnés , et ne « les en tirer pas même par des châtiments trop éclatants ; igno-

' Oraison funèbre de M. de Lamoigûon, par M. Fléchier.

« rer ce qu'il vaut mieux ignorer que punir , et ne punir que « rarement et utilement ; pénétrer par des conduits souterrains <t dans l'intérieur des familles , et leur garder les secrets qu'elles * n'ont pas confiés , tant qu'il n'est pas nécessaire d'en faire ^ usage ; être présent partout sans être vu ; enfin , mouvoir ou « arrêter à sou gré une multitude immense et tumultueuse , et « être l'âme toujoîîrs agissante et presque inconnue de ce grand « corps : voilà quelles sont en général les fonctions du magistrat « de la police. Il ne semble pas qu'un homme seul y puisse suf- « fire , ni par la quantité des choses dont il faut être instruit , ni « par celle des vues qu'il faut suivre, ni par l'application qu'il « faut apporter , ni par la variété des conduites qu'il faut tenir ^< et des caractères qu'il faut prendre. Mais la voix publique ré- ^i pondra si M. d'Argenson a suffi à tout '. »

On sent bien que des modèles si beaux , si parfaits dans leur genre , proposés aux jeunes gens , soit pour objet de leur lecture , -soit pour matière de leurs compositions , surtout quand ils sont expliqués et développés par un maître habile , sont fort capables de leur élever l'esprit et de leur donner beaucoup de fécondité «t d'invention. Et c'est une des raisons qui m'ont porté à choisir ces exemples dans le genre démonstratif, qui est plus susceptible d'ornements.

Quand ils auront lu un nombre assez considérable de ces endroits choisis des bons auteurs , il sera utile de leur y faire remarquer la différence des styles et des caractères , et même les défauts , s'il s'y en rencontre , soit pour le langage , soit pour le style.

Je n'ai cité jusqu'ici que quatre auteurs , non qu'il n'y en ait encore plusieurs dont je pouvais tirer de pareils exemples ; mais j'ai dû me borner à un certain nombre, et ceux-ci se sont trouvés sous ma main. Ils sont tous excellents ; mais aucun d'eux ne ressemble aux autres ; ils ont chacun un caractère particulier qui les distingue, et peut-être ne sont-ils pas exempts de tout défaut.

Ce qui domine dans M. Fléchieiest une pureté de langage, une

» M. de Fontenelle.

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«légance de style , une richesse d'expressions brillantes et fleuries , une grande beauté de pensées , une sage vivacité d'imagination , et , ce qui en est une suite , un art merveilleux de pein^ dre les objets et de les rendre comme sensibles et palpables.

Mais il me semble qu'on voit régner dans tous ses écrits une «orte de monotonie et d'uniformité. Presque partout mêmef tours, mêmes figures, mêmes manières. L'antithèse saisit presque toutes ses pensées , et souvent les affaiblit en voulant les orner. Cette figure , quand elle est rare et placée à propos , produit un bel effet. Ainsi elle termine heureusement le magnifique éloge que M. Fléchier fait du roi Louis XIV. Toujours roi par autorité, et toujours père par tendresse \ Quand elle roule sur ui jeu de mots , elle est moins estimable : Heureux qui n*alla pa,. après les richesses ! Plus heureux qui les refusa quand elle» allèrent à lui^. Elle peut même devenir ennuyeuse, quelqui solide qu'elle soit, quand elle est trop souvent répétée : Qui nt sait qu'elle fut admirée dans un âge où les autres ne sont pas encore connues : qu'elle eut de la sagesse en un temps où l'on n'a presque pas encore de la raison. ...et qu'elle fut capable de donner des conseils en un temps où les autres sont à peine capables d'en recevoir ^ !

M. Bossuet écrit d'une manière toute différente. Peu occupé des grâces légères du discours, et quelquefois même négligeant les règles gênantes de la pureté du langage , il tend au grand , au sublime , au pathétique. Il est vrai qu'il est moins égal et se soutient moins , et c'est le caractère du style sublime ; mais en récompense il enlève, il ravit, il transporte. Les figures les plus vives lui sont ordinaires et comme naturelles.

« O mère, ô femme, ô reine admirable et digne d'une meilleure « fortune , si les fortunes de la terre étaient quelque chose ! En- « fin il faut céder à votre sort. '

« Elle vit avec étonnement que , quand l'heure fut arrivée, « Dieu alla prendre comme par la main le roi son fils pour le « conduire à son trône. Elle se soumit plus que jamais à cette

• Oraison funèbre de M. Le Tellier. ^ Oraison funèbre de Madame de Mon

^ Oraison funèbre de M. de Lamoi- tausier. gnon. ,,«

« main souveraine qui tient du plus haut des cieux les rêues de « tous les empires; et, dédaignant les trônes qui peuvent être « usurpés , elle attacha son affection au royaume où Ton ne craint « point d'avoir des égaux % et où l'on voit sans jalousie ses con- « CLirrents. »

Il fait ainsi le portrait de Gromwell : « Un homme s'est ren- « contré d'une profondeur d'esprit incroyable , hypocrite raffiné « autant qu'habile politique , capable de tout entreprendre et de « tout cacher, également actif et infatigable dans la paix et dans « la guerre , qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait « lui ôter par conseil et par prévoyance; mais au reste si vigilant « et si prêt à tout , qu'il n'a jamais manqué les occasions qu'elle « lui a présentées : enfin , un de ces esprits remuants et « audacieux, qui semblent être nés pour changer le monde *. »

Il décrit dans un autre endroit la manière dont la princesse Henriette- Anne d'Angleterre fut délivrée comme par miracle des mains des rebelles.

« Malgré les tempêtes de l'Océan , et les agitations encore plus « violentes de la terre, Dieu la prenant sur ses ailes, comme a l'aigle prend ses petits, la porta lui-même dans ce royaume; « lui-même la posa dans le sein delà reine sa mère, ou plutôt « dans le sein de l'Église catholique ^.

« Que dirai-je davantage? Écoutez tout en un mot : fille, « femme , mère , maîtresse , reine , telle que nos vœux l'auraient « pu faire ; plus que tout cela , chrétienne , elle accomplit tous « ses devoirs sans présomption , et fut humble , non-seulement <i parmi toutes les grandeurs , mais encore parmi toutes les ver- « tus.

« Glaive du Seigneur, quel coup vous venez de frapper ! toute « la terre en est étonnée 4. »

Il emploie quelquefois les antithèses , mais elles deviennent sublimes dans son discours. « Malgré le mauvais succès de ses « armes infortunées ( il s'agit de Charles I*"" , roi d'Angleterre ) , ft si on a pu le vaincre., on n'a pu le forcer : et comme il n'a ja-

' « Plus amaut lllud regnnm , iu quo ' Oraison funèbre de madame la du-

nontiment habere consortes. » ( S. Ava. ) chesse d'Orléans.

2 Oraison funèbre de la reine d'An- * Oraison funèbre de Marie-Thérèsa

gleterre. d'Autriche.

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« mais refusé ce qui était raisonnable étant vainqueur, il a tou- « jours rejeté ce qui était faible et injuste étant captif ^ »

M. Mascaron tient quelque chose du caractère des deux auteurs dont je viens de parler, sans pourtant leur ressembler entièrement. Il a en même temps beaucoup d'élégance et beaucoup de noblesse : mais il est, ce me semble, moins orné que Tun et moins sublime que l'autre. L'art se montre chez lui avec moins d'ostentation que dans le premier ; ce qui est un grand art : peut-être aussi la nature y est-elle moins riche et moins hardie que dans le second.

« Rome profane lui eût dressé des statues sous l'empire des « Césars ; et Rome sainte trouve de quoi l'admirer sous les pon- « tifes de la religion de Jésus-Christ.

« M. de Turenne , vainqueur des ennemis de l'État, ne causa « jamais à la France une joie si universelle et si sensible que « M. de Turenne vaincu par la vérité, et soumis au joug de la « foi.

« Auges du premier ordre , esprits destinés par la Providence « à la garde de celte grande âme, dites-nous quelle fut la joie « de l'Église du ciel à la conversion de ce prince , et avec quelles « réjouissances furent reçus les premiers parfums des orai- « sons de ce nouveau catholique lorsque , du pied des autels de « l'agneau sacrifié , vous les portâtes au pied deTautel de l'agneau « régnant dans la gloire.

« Jamais homme ne fut plus propre à donner de grands spec- « tacles à l'univers : mais jamais homme ne songea moins aux « applaudissements des spectateurs.

« Sa manière , sans avoir rien de dur, mettait pourtant sur « son visage tout le ressentiment d'une modestie indignée.

« Aussi éloigné dans ses récits du faste de la modestie que a de celui de l'orgueil.

« Que ne peut pas un grand maître lorsqu'il trouve un génie « du premier ordre à former? A peine M. de Turenne a-t-il donné « ses premiers conseils , qu'il se voit hors d'état d'en donner « d'autres , prévenu par les lumières , par la pénétration , et par « l'heureuse et sage impétuosité du courage de ce grand monar-

• Oraison funèbre de la reine d'Angleterr*»

« que ( Louis XIV ). Comme on voit la foudre conçue presque en « un moment dans le sein de la nue briller, éclater, frapper, « abattre , ces premiers feux d'une ardeur militaire sont à peine ^« allumés dans le cœur du roi, qu'ils brillent, éclatent, frappent « partout ^ »

L'auteur du lieu commun sur les fonctions du lieutenant de police a un caractère tout différent des trois autres. Le morceau que j'en ai rapporté est d'un goût exquis , et doit paraître d'autant plus beau , que les beautés y paraissent moins affectées , quoique la matière fût fort susceptible de ces tours brillants et fleuris auxquels on a mieux aimé substituer la solidité des choses et des jiensées.

Les Éloges académiques composés par le même auteur étant dans le genre d'éloquence que les Latins appellent tenue et subtile, le style en est plus simple, comme il a dû l'être; mais c'est une simplicité qui est jointe avec beaucoup d'esprit. On en jugera par quelques endroits choisis que j'en vais citer. Ils feront connaître , pour me servir des termes mêmes que l'auteur emploie en parlant de l'un de ses confrères , « que tout ce qu'il dit « lui appartient : » j'ajouterais volontiers, et la manière dont il le dit.

On y trouve des portraits peints d'après nature , et des descriptions très-naïves , mais très-vives.

« M. Dodart ( dit-il dans l'éloge de cet illustre académicien ) ^t était né d'un caractère sérieux ; et l'attention chrétienne avec t< laquelle il veillait perpétuellement sur lui-même n'était pas a propre à l'en faire sortir. Mais ce sérieux , loin d'avoir rien m d'austère ni de sombre, laissait paraître assez à découvert un « fonds de cette joie sage et durable qui est le fruit d'une raison « épurée et d'une conscience tranquille. Cette disposition ne « produit pas les emportements de la gaieté , mais une douceur « égale, qui cependant peut devenir gaieté pour quelques mo u ments , et par une espèce de surprise. Et de tout cela ensemble tt se forme un air de dignité qui n'appartient qu'à la vertu , et « que les dignités mêmes ne donnent point. »

» Oraison facèbre de M di iUfnuf

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« M. de Vauban méprisait cette politesse superficielle dont le * monde se contente , et qui couvre souvent tant de barbarie : « mais sa bonté, son humanité, sa libéralité, lui composaient « une autre politesse plus rare, qui était toute dans son cœur. Il « seyait bien à tant de vertus de négliger des dehors qui , à la « vérité, lui appartiennent naturellement, mais que le vice « emprunte avec trop de facilité. »

« A la forme de dialogue , et à cette manière de traiter la phi- « losophie on reconnaît que Cicéron a servi de modèle ( il s'agit « de la Philosophie de M. du Hamel ) : mais on le reconnaît en- « core à une Ictinité pure et exquise; et, ce qui est plus impor- « tant, à un grand nombre d'expressions ingénieuses et fines « dont ces ouvrages sont semés. Ce sont des raisonnements « philosophiques qui ont dépouillé leur sécheresse naturelle ou « du moins ordinaire , en passant au travers d'une imagination « fleurie et ornée, et qui n'y ont pris cependant que la juste « dose d'agrément qui leur convenait. Ce qui ne doit être em- « belli que jusqu'à une mesure précise est ce qui coûte le plus « à embellir.. »

« 11 règne en cet ouvrage ( la Recherche de la vérité , du père « Malebranche ) un grand art de mettre des vérités abstraites « dans leur jour, de les lier ensemble , de les fortifier par leur <t liaison. ... L?. diction , outre qu'elle est pure et châtiée , a toute « la dignité que les matières demandent et toute la grâce qu'elles « peuvent souffrir. Ce n'est pas qu'il eût apporté aucun soin à « cultiver les talents de l'imagination : au contraire , il s'est toute jours fort attaché à les décrier. Mais il en avait naturellement t( une fort noble et fort vive, qui travaillait pour un ingrat mal- « gré lui , et qui ornait la raison en se cachant d'elle. »

« La botanique n'est pas une science sédentaire et paresseuse t< qui se puisse acqurrlr dans le repos et dans Fombre d'un cabi- « net... Elle veut que l'on coure les montagnes et les forêts, que « Ton gravisse contre des rochers escarpés , que l'on s'expose au « bord des précipices. Les seuls livres qui peuvent nous instruire « à fond dans cette matière ont été jetés au hasard sur toute la « surface de la terre , et il faut se résoudre à la fatigue et au pé- « ril de les chercher et de lei ramasser... Son inclination domi-

« nante ( de M. de Tournefort ) lui faisait tout surmonter. Ces « rochers affreux et presque inaccessibles qui l'environnaient de VI toutes parts dans les Pyrénées s'étaient changés pour lui en « une magnifique bibliothèque, où il avait le plaisir de trouver « tout ce que sa curiorité demandait , et où il passait des jour- « nées délicieuses. »

L'auteur des Éloges sait employer à propos certains traits d'histoire et d'antiquité fort propres à apprendre aux jeunes gens l'usage sobre et raisonnable qu'on en doit faire dans la composition.

« On lui a reproché ( à M. Parent ) d'être obscur dans ses écrits. « Car nous ne dissimulons rien , et nous suivons en quelque sorte « une loi de l'ancienne Egypte , où l'on discutait devant des juges « les actions et le caractère des morts pour régler ce qu'on devait « à leur mémoire. »

« Un roi d'Arménie demanda à Néron un acteur excellent et ft propre à toutes sortes de personnages, pour avoir, disait-il, « en lui seul une troupe entière. On eût pu dire de même avoir « en M. de la Hire seul une académie entière de sciences. »

En parlant de M. Leibnitz , qui avait embrassé presque toutes les sciences : « Nous sommes obligés de le partager ici, et, « pour parler philosophiquement, de le décomposer. De plu- « sieurs Hercules l'antiquité n'en a fait quun; et du seul « M. Leibnitz nous ferons plusieurs savants. »

« Il alla ( M. Fagon ) en Auvergne, en Languedoc, en Pro- « vence, sur les Alpes et sur les Pyrénées, et n'en revint qu'avec « de nombreuses colonies de plantes destinées à repeupler ce « désert; » c'est-à-dire le Jardin royal, qui était si dénué de plantes, que ce n'était presque plus un jardin.

S'il était permis de chercher quelque tache parmi tant de beautés , on pourrait peut-être en soupçonner quelqu'une dans un certain tour de pensées un peu trop uniforme , quoique les pensées soient fort diversifiées , qui .termine la plupart des articles par un trait court et vif, en forme de sentence., et qui semble avoir ordre de s'emparer de la fin des périodes comme d'un poste qui lui appartient à l'exclusion de tout autre.

Ce qui élève tesprit devrait toujours aussi élever Came.

La même piété qui le rendait digne d'entrer dans l'Église, l'en éloignait.

La même cause qui Véloignait l'en rendait digne.

Plus les yeux ont vu, plus la raison voit elle-même.

Ce qu'il croyait, il le voyait; au lieu que les autres croient ce qu'ils voient, etc.

Je craindrais qu'un modèie si autorisé ne fît un jour dégénérer l'éloquence dans ces sortes de traits , appelés dans Sénèque , stimulî quidam et subiti ictus sententiarum ^ , qui , selon le même auteur, semblent par leur affectation étudiée mendier l'apj)laudissement, et qui étaient inconnus à la saine antiquité. Jpud antiquos nondum captabatur plausibilis oratio ".

Il ne s'ensuit pas pour cela qu'ils doivent être entièrement rejetés : ils peuvent donner beaucoup de grâce, et même beaucoup de force au discours, comme on le voit souvent dans les ouvrages de l'auteur dont il s'agit , et comme je le dirai ailleurs. Mait l'abus qu'on en peut faire est à craindre , et c'est cette raison qui m'oblige à insister souvent et fortement sur ce point.

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