‹ Traite des etudes. --Chapitre 16 sur 127 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En proposant , comme j'ai fait, une suite de lectures et d'exercices pour les jeunes personnes du sexe, je n'ai eu en vue que celles à qui leur état laisse le temps et fournit les moyens de s'y occuper. Ces sortes de lectures et d'exercices peuvent remplir utilement et agréablement les premières années de leur vie. Et pourquoi refuserait-on de leur orner l'esprit de ces connaissances , qui certainement ne sont point au-dessus de leur portée ni contraires à leur état.^* L'affectation de science et de bel esprit ne convient à personne , et encore moins aux dames : mais s'ensuit-il qu'elles doivent être condamnées à une grossière ignorance ? L'étude que je conseille ici aux jeunes demoiselles ne les empêchera point , comme je l'ai déjà observé , de s'acquitter exactement de tous leurs devoirs , d'apprendre à travailler utilement des mains , d'entrer déjà dans tous les soins du ménage , de s'instruire de tout ce qui regarde une sage économie et qui a rapport au gouvernement domestique , connaissances absolument essentielles à leur état , et dont le défaut cause ordinairement la ruine des plus grandes maisons. L'étude dont je parle , loin d'être un obstacle à ces devoirs , les y conduira naturellement , et leur en rendra la pratique plus facile , en leur donnant un esprit plus sérieux , plus exact , plus solide , plus capable d'ordre , d'attention , de travail , en leur faisant aimer davantage leurs maisons, et en leur apprenant à se passer de compagnies. Elles ne feront jamais parade de ce qu'elles auront appris , et ne se feront distinguer des autres que par une plus grande modestie. L'avantage qu'elles tireront de leurs connaissances sera de n'être pas obligées, pour éviter l'ennui et le dégoût d'une vie désoccupée, d'en remplir le vide par le jeu , par les spectacles , par des visites inutiles , par des conversations frivoles; et d'être en état, après qu'elles auront satisfait aux bienséances de leur condition, de se réserver des moments précieux , où , libres et retirées , elles puissent s'occuper de lectures capables de nourrir agréablement leur esprit, et de remplir leur cœur d'une joie solide et durable , en lui montrant le seul bien qui peut le rendre heureux.

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