‹ Traite des etudes. --Chapitre 17 sur 127 · DE L'INTELLIGENCE DES LANGUES · texte numérisé non relu

DE L'INTELLIGENCE DES LANGUES

L'intelligence des langues sertcomme d'introduction à toutes les sciences. Par elle » nous parvenons presque sans peine à la connaissance d'une infinité de belles choses qui ont coûté de longs travaux à ceux qui les ont inventées. Par elle tous les siècles et tous les pays nous sont ouverts. Elle nous rend en quelque sorte contemporains de tous les âges et citoyens de tous les royaumes ; et elle nous met en état de nous entretenir encore aujourd'hui avec tout ce que l'antiquité a produit de plus savants hommes , qui semblent avoir vécu et travaillé pour nous. Nous trouvons en eux comme autant de maîtres qu'il nous est permis de consulter en tout temps, comme autant d'amis qui sont de toutes les heures , et qui peuvent être de toutes nos parties , dont la conversation , toujours utile et toujours agréable, nous enrichit l'esprit de mille connaissances curieuses , et nous apprend à profiter également des vertus et des vices du genre humain. Sans le secours des langues , tous ces oracles sont muets pour nous, tous ces trésors nous sont fermés; et, faute d'avoir la clef qui seule peut nous en ouvrir l'entrée, nous demeurons pauvres au milieu de tant de richesses , et ignorants au milieu de toutes les sciences.

Les langues qui se doivent enseigner dans les collèges de France se réduisent à trois : la grecque , la latine , la française. Je com-

' « Ad tes pulcherrimas ex tenebris ad manibus abire patitur. » (Sbnec. d«

Incem erutas alieno labore deducimur. Brevit. nia, cap. 14.) Nullo nobis secnlo interdictum est: ia « Pernoctant nobiscam, peregrinan-

omnia admittimar.... disputarecum So- tar, rasticantur. » ( Cicbk. j^ro ^rch.

crate licet, etc. lUi nobis nati sunt, bo- a. 16. )

bis vitam praeparaverunt... lllos antis- « Tôt nos prœceptoribns , tôt exem-

tites bonarum artium, quisquis volet , pli» instrnxit antiqaitas, nt posjit videri

potest habere familiarissimos lUi et nuUa sorte aascendi setas felicior, quam

Bocte ocuveairi, et iaterdiu ab omnibus nostra, oui docendae priores elaborare-

mortalibus possunt.... Nemo horum runt. » (Qom,Tii.. lib. 12, cap. II.) quemquam ad se \enientem r"<;uis a se

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mencerai par la dernière , parce que je crois que c'est par elle que doivent commencer ces études.

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