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DEUXIÈME COURS

Histoire

L'histoire grecque, dans notre plan, c'est l'histoire de la civilisation grecque : par conséquent, nous y comprenons non seulement Thistoire de la Grèce, berceau de cette civilisation, mais encore l'histoire des Etats par lesquels cette civilisation a été propagée, celle des colonies grecques, avant Alexandre le Grand, et des Etats macédoniens après Alexandre.

On ne doit pas aborder l'histoire de la Grèce avant d'avoir entièrement terminé celle des peuples orientaux; sans cela les élèves n'ont plus une vue générale de l'histoire universelle, et de plus, sans connaître l'histoire des Egyptiens, des Phéniciens, des Lydiens et des Perses, on ne peut pas bien comprendre ni suivre l'histoire des Grecs, L'histoire grecque, d'ailleurs, embrasse une partie de celle de l'Orient, à savoir, cette époque où la civilisation hellénique prévaut en Orient, à la suite des conquêtes d'Alexandre le Grand et pendant toute la durée des dynasties macédoniennes.

G^osraplile de la Or^oe.

Deux écarts à éviter : P se borner à quelques notions générales et vagues, qui ne suffisent pas pour l'étude de l'histoire des Grecs; 2^ entrer dans trop de détails, en faisant apprendre une foule de villes, voire même de villages, petites rivières etc. dont souvent il n'est fait aucune mention dans l'histoire. La Grèce se divise géographiquement en deux parties, le Continent et les Iles;

le continent, qui renferme trois parties : la presqu'île méridionale, ou Péloponèse; la Grèce centrale; la Grèce septentrionale ;

— suies îles, qui se divisent également en trois groupes d'après leur situation : à l'ouest, au sud et à l'est de la Grèce.

On peut ajouter encore les pays devenus grecs par colonisation, à savoir :

à Pest, les côtes de TAsie-Mineure sur la mer Egée et les îles de cette mer ;

au sud, la Cyrénaïque sur les côtes de l'Afrique; à r ouest, le midi de l'Italie, appelé aussi la grande Grèce et la Sicile.

Division de Pblstolre sreccfue.

Ir« période : Tâge pélasgiqae, dopais la migration dos Javanldos jasqu'aux migrations hoUéniquos ;

IV^ période : Tâge héroïque, depuis les migrations heUéniques jusqu'à la migration dorienne ;

ni"*« période : Tâge de formation, depuis la migration dorienne jusqu'aux guerres persanes (1180-500 av. J.-C).

ÏV^ période : l'âge de grandeur, depuis les guerres persanes jusqu'à la domination macédonienne (500-338 av. J.-C).

V<»« période : âge de décadence, depuis la bataille de Ghéronée jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaine (338-14Ô av. J.-C).

On ne traitera d'abord que les quatre premières périodes; la cinquième doit être comprise dans l'histoire des Etats qui se formèrent après la mort d'Âlexandre-le-Qrand.

l^ PÉRIODE DB l'hISTOIRB aRBCQUB.

depuis l'arrivée des premiers habitants jusqu'aux invasions helléniques

(au XV* siènle avant notre ère).

Dans un cours d'histoire universelle, il est essentiel de rattacher l'histoire grecque à l'ensemble du cours; pour cela, il faut nécessairement remonter jusqu'à la dispersion des peuples, déjà traitée dans Thistoire de l'Orient. Seulement les plus anciens souvenirs dans Thistoire grecque ne remontent qu'au xv* siècle, en sorte qu'il y a une immense lacune entre les commencements de la Grèce et le point de départ commun de tous les peuples. L'histoire des Grecs

durant cet intervalle est purement conjecturale, et beaucoup d*historiens négligent môme d'en parler. On laisse ainsi les jeunes gens sous cette impression que les Grecs doivent tout à eux-mêmes, qu'ils n'ont rien emprunté à la civilisation de FOrient; ou encore, que l'humanité a débuté par l'état sauvage, parce que les Grecs nous dépeignent leurs ancêtres comme barbares à Vorigine.

Cet état de barbarie que les anciens dépeignent, n'est pas l'état natif ni de la Grèce, ni de l'humanité. Cette barbarie s'explique par l'arrivée des tribus guerrières, qui, à deux époques, sont descendues du nord pour détruire les Etats fondés en Grèce par ses plus anciens habitants, les Javanides ou Pélasges. Avant cette invasion des barbares, il y eut une époque de civilisation, l'âge pélasgique, dont on retrouve des traces dans les traditions concernant les Pélasges et plus encore dans les monuments dits pélasgiques. Mais la Grèce fut plongée dans la barbarie une première fois par les migrations helléniques ; une nouvelle période s'ouvre alors : c'est l'âge héroïque.

IV PÉRIODE DE l'histoire GRECQUE.

Li'Ase bérolque»

depuis Tarrivee des Hellènes jusqu'à la migration dorienne.

Cette seconde période de l'histoire grecque est enveloppée de mythes ou fables, dont il est difficile de dégager le fond historique. Ces mythes néanmoins méritent d'être connus, parce que la plus grande partie de la poésie grecque roule sur ce sujet. Impossible de comprendre ni Homère, ni les tragiques grecs, si Ton ignore les mythes sur lesquels ils ont travaillé, et que ces auteurs ont acceptés comme de l'histoire véritable.

Le professeur a deux choses à faire ici : d'une part, présenter un résumé de ces fables telles que les anciens les ont racontées, les exploits d'Hercule, \ expédition des Ar^ gonautes, les aventures des Pélopides , la guerre de Troie^etc. et ensuite mettre en regard les interprétations qu'ont essayé de donner de ces mythes les savants modernes.

Dans les exploits attribués aux héros de cette époque, on a cru reconnaître les efforts que les Grecs ont fait alors pour faire renaître dans leur patrie la prospérité et la civilisation. Mais cette civilisation a été détruite une seconde fois par la migration dorienne.

IIP PÉRIODE DE l'histoire GRECQUE.

Ij*A^e de formation,

depuis la migration dorienne jusqu'aux guerres persanes.

Cette période qui embrasse une durée de près de sept siècles, du xii® au v* siècle avant notre ère, présente d'immenses lacunes, et, pour la plus grande partie, l'incertitude continue. Les causes de cette incertitude sont :

Y l'absence de monuments historiques, en dehors des poèmes homériques ;

2° la barbarie dans laquelle la Grèce était encore plongée et dont elle n'est sortie qu'un siècle à peu près avant les guerres persanes ;

3* le morcellement politique et même l'absence de toute unité nationale ;

4^ l'absence de toute action commune, d'un grand événement panhellénique réunissant la plupart des tribus, villes ou Etats, telle que fut la guerre de Troie ou comme seront les guerres persanes.

Les quelques jGiits certains de cette période sont :

I : la naissance dos Etats nouveaux, en particulier doriens, dans la Grèce propre ;

II : la fondation des colonies grecques, qui, par suite du choc des invasions, se propagent à Textérieur, sur toutes les côtes de la Méditerranée;

III : des fragments de l'histoire de Sparte : les institutions de Lycurgue et les guerres messéniennes ;

IV : des fragments de l'histoire d'Athènes: ses révolutions intérieures et la législation de Solon.

L'histoire de la Grèce propre se réduit alors à celle de ces deux Etats, qui représentent les deux types dominants :

Sparte, la race dorienne; Athènes, la race ionienne. Ces deux Etats se développent différemment à raison de la différence de leur caractère natif et de Finâuence que le sol, la situation exerce sur ce caractère : les Dorions sont agricoles, chasseurs, guerriers; les Ioniens sont navigateurs, commerçants, industriels.

Le professeur doit montrer comment cette différence de caractère se retrouve dans les institutions : les institutions de Lycurgue sont adaptées au caractère dorien ; les institutions de Selon sont le produit des mœurs ioniennes.

Le développement extérieur de ces deux Etats a été aussi différent. La puissance de Sparte est continentale; elle résulte des guerres messéniennes et de la formation de la ligue du Péloponèse, qui appartient à cette période. Quant à Athènes, elle n'étend pas encore sa domination à cette époque. Mais elle a déjà des relations maritimes étendues, en particulier avec les colonies grecques dans TAsie-Mineure. C est la cause pour laquelle elle est mêlée aux guerres persanes, qui ont éclaté à la suite de Tinsurrection de ces colonies contre les Perses.

Blstotre des colonies cprecques.

Les colonies des Grecs ont aussi leur histoire : ce nétaient point de simples dépendances de la métropole. Mais elles formèrent autant d*Etats nouveaux, dont quelques uns sont arrivés à un haut degré de prospérité et de puissance. Où faut-il placer leur histoire ?

Cette histoire se rattache naturellement à Thistoire de la S""^ période, parce que les colonies sont fondées à la suite de la migration dorienne, et qu'elles sont florissantes et riches alors que la Grèce est plongée dans la barbarie.

On adoptera une division géographique des Colonies d après les indications données dans les notions géographiques, à savoir :

Colonies à Test de la Grèce ;

Colonies au sud de la Grèce ;

Colonies à l'ouest de la Grèce.

Distinguez entre les pays qui d evinrent helléniques à la suite de la colonisation et les coloniesHsolées :

1® Parmi les colonies à Test de la'Grèce, devinrent pays grecs : le littoral de F Asie-Mineure sur la mer Egée, ainsi que les Sporades et les îles situées en face de ce littoral. Les colonies isolées sont celles situées Isur les côtes de la Macédoine et de la Thrace, les côtes][8eptentrionales de TAsie-Mineure et tout le littoral de la mer Noire ;

2** au Sud, la Cyrénaïque en Afrique devint entièrement grecque ; par contre TEgypte reçut quelques colonies isolées, telles que Naucratis ;

3^ à Touest, les pays grecs sont le midi de l'Italie et la Sicile; colonies isolées, dans la Sardaigne, la Corse, les Baléares, sur les côtes de la Gaule et de FEspagne. Après ce tableau général, on reprendra les principales colonies, en ajoutant quelques notions historiques.

Pour terminer l'histoire des colonies, le professeur fera ressortir leur importance, non seulement au point de vue de la civilisation matérielle, mais tout autant au point de vue moral, pour le développement des arts et des sciences.

Pendant toute cette période, en effet, l'hellénisme s'est développé en dehors de la Grèce propre, dans les colonies grecques en Asie et en Afrique. Ce développement, les colonies le doivent à leur contact avec TOrient, avec la civilisation plus avancée des Egyptiens, des Phéniciens, des bords de l'Euphrate et du Tigre. C'est là que se développe le génie grec, avant de se signaler dans la mèrepatrie : la poésie, la philosophie, la littérature, les beauxarts sont cultivés avec ardeur dans les villes de la Grèce asiatique. Toutefois cette civilisation, bien que formée sous l'influence de l'Orient, conserva son caractère propre, national, parce qu'elle avait déjà fleuri sur le sol de la Grèce avant la migration dorienne. De l'Asie, elle reflua ensuite sur TEurope et contribua à préparer l'époque de grandeur, qui commence avec les guerres persanes.

IV® PÉRIODB DB l'histoire aRBCQUB.

Wa*A^e de grandeur»

depuis les guerres persanes jusqu*& la bataille de Chéronée,

A partir des guerres persanes, l'histoire de la Grèce s'éclaircit ; les sources abondent ; nous avons désormais las beaux récits d'Hérodote, de Thucydide, de Xénophon, et ce qu'il faut éviter ici comme un écueil, c'est de se laisser entraîner à trop de détails, et de surcharger les élèves d'une masse de batailles et autres faits de guerre, qui embrouillent l'histoire et ne sont pas aisés à retenir.

Pour s'orienter dans cette histoire, il est utile de mettre sous les yeux de l'élève un tableau des guerres de cette période, divisé en deux parties :

les guerres médiques ou contre les Perses ;

les guerres helléniques ou entre Grecs.

On indiquera nettement par les dates le commencement et la fin de chaque guerre, avec les résultats.

Les guerres médiques ou persanes sont au nombre de cinq :

la l'^ guerre, qui se termine par la bataille de Marathon, a pour résultat d'empêcher les conquêtes des Perses dans la Grèce d'Europe;

la 2® guerre finit aux batailles de Platée et de Mycale, qui rejettent les Perses en Asie;

la 3* guerre à la bataille de l'Eurymédon, qui leur enlève la possession de la Grèce asiatique ;

la 4^ guerre est terminée par la paix cimonique, qui confirme l'indépendance des Grecs d'Asie ;

la 5"^ guerre par la paix d'Antalcidas, qui replace la Grèce asiatique sous le joug persan.

Dans le récit de ces guerres, on s'attachera à mettre en relief leurs causes et leurs conséquences, ainsi que les circonstances qui expliquent la défaite des uns et la victoire des autres.

La période des guerres helléniques comprend :

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