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TROISIÈME COURS

Histoire romaine.

L'histoire romaine suppose la connaissaDce de Thistoire grecque, non seulement à causes des rapports fréquents des deux nations, mais parce que la civilisation romaine n*est qu'une dérivation de la civilisation hellénique.

L'histoire romaine comprendra l'histoire de toutes les contrées où la civilisation romaine s'est propagée ; ce n'est donc pas seulement l'histoire de la ville de Rome; c'est encore l'histoire de l'Italie entière avant et durant la domination de Rome ; c'est enfin l'histoire de TOccident à l'époque romaine.

L'histoire romaine doit comprendre, en outre, les antiquités romaines, pour autant que celles-ci sont accessibles à la jeunesse des collèges. Cette connaissance des antiquités est indispensable à l'intelligence des anciens, que l'on met entre les mains de cette jeunesse. La lecture de César suppose des notions sur les antiquités militaires ; l'étude de Cicéron implique une teinture des antiquités politiques. Toutefois il n'y a pas lieu d'instituer pour cela un cours spécial (^antiquités. Ces notions trouveront leur place naturelle dans le cours d'histoire, sous la rubrique des institutions. C'est au professeur à insister sur l'étude de ces §§ et à les compléter au besoin.

O^og^raplile romaine.

Comme l'histoire, la géographie romaine comprendra la géographie, non pas de l'Italie seulement, mais de tout l'Occident, à savoir :

P ritalie, prise dans sa plus grande étendue, par con • séquent avec la Cisalpine; plus les grandes lies qui s'y rattachent, Corse, Sardaigne, Sicile;

2^ TBBpagne, cest à dire toute la péninsule ibérique, comprise entre la Méditerranée et TÂtlantique ; le groupe des îles Baléares y appartient ;

3^ La Cfaole entre trois mers, la Méditerranée, Tocéan Atlantique et la Manche, avec les Alpes comme frontière naturelle de Test ; du côté de la Germanie, cette frontière est indécise et a souvent varié ;

4° La Sermanie, dont une partie seulement fut connue des anciens, la partie qui longe les deux grands fleuves, le Rhin à Touest et le Danube au sud ;

6^ Les lies Britanniqnes, connues des Romains depuis la Manche jusqu'aux Montagnes de l'Ecosse ;

7^ L'Afriqne oooidentale, qui forma le territoire de Carthage, et qui est devenue après province romaine, à la suite de la 3* guerre punique.

8° Pour terminer, on étudiera, sur la carte, l'Empire romain, son étendue, ses limites, sa division en provinces, et on fera remarquer les changements opérés à l'époque romaine dans la géographie de la Qrèce et dans celle de l'Orient. Ce sera une répétition utile de toute la géographie ancienne, qui s'imprimera ainsi de plus en plus dans la mémoire.

I^'Italle

avant Tépoqae romaine.

L'histoire romaine doit être précédée de l'histoire de l'Italie avant les Romains, pour deux raisons : P rattacher l'histoire romaine à l'histoire universelle, en comblant dans la mesure du possible l'immense lacune qui sépare la fondation de la ville de Rome des migrations primitives des peuples; — 2^ expliquer la formation du peuple romain, qui est sorti d'une fusion entre plusieurs peuples italiques.

Les peuples italiques sont au nombre de quatre : l'un, indigène, les Pélasges; les trois autres, étrangers : les Ibères, les Etrusques, les Gaulois.

l"" Les Pélasges de l'Italie ne sont pas différents des Pélasges ou Javanides de la Grèce. C'est par cette popula-

tion d'origine japhétique que l'histoire de Tltalie remonte aux origines de Thumanité. Il est vrai que Thistoire de ces Pélasges est perdue. Toutefois, des quelques indices que nous pouvons recueillir çà et là à leur sujet, on peut conclure que l'état de l'Italie, à l'époque dite pélasgique, était déjà florissant et n'était point cet état sauvage que quelques philosophes ont imaginé comme début de l'humanité ;

2^ les Ibères sont les premiers étrangers qui envahirent l'Italie. Ils semblent venus du nord, et c'est qui les a fait rattacher à la grande race celtique, qui peuplait alors toute l'Europe centrale et occidentale. Le professeur indiquera les bouleversements opérés en Italie à la suite de cette invasion des Ibères. Depuis ce moment, l'Italie est morcelée ; on y distingue des indigènes et des étrangers, une population ancienne et des races nouvelles. Mais leur histoire est perdue ;

3^ les Etansqnes datent de la seconde invasion étrangère, venue du nord probablement aussi ; la race à laquelle appartenaient les Etrusques, ne peut être définie avec certitude : t)n a cru lui trouver de la ressemblance avec la race germanique; mais c'est une pure supposition. Le professeur doit indiquer sur la carte les changements que subit l'Italie, à la suite de cette invasion. L'Italie est partagée entre trois peuples qui se touchent au centre, c'est à dire, précisément au point où se formera plus tard la nation romaine. Les institutions des Etrusques ont une certaine importance aussi, parce qu'elles ne sont pas restées sans influence sur les institutions de Rome ;

4^ les Gfaolois sont arrivés en Italie à une époque plus récente, au temps de la république romaine. Leur arrivée changea profondément l'état politique du pays; car ils ont brisé la puissance des Etrusques, replongé les contrées où ils s'établirent, dans la barbarie, et facilité ainsi aux Romains la conquête de l'Italie. Le professeur recourra à la carte pour indiquer les contrées envahies par les Gaulois, les plaines du Pô et le nord de l'Ombrie. Leur histoire sç confond en grande partie avec celle 4^8 Romains, qui finissent par les soumettre à leur domiuatjion ;

5^ les Latins : après avoir ainsi fait connaître Thistoire des peuples de l'Italie, il est encore nécessaire de dire quelques mots du canton où la nation romaine prit naissance : du Latium, de son état politique et du peuple appelé les Latins. Cette connaissance est indispensable pour comprendre Torigine de Rome et son histoire primitive. C*est le Latium, situé au centre de l'Italie, qui est le point de contact des trois grands peuples de l'Italie. Le fond de la population devait être pélasgique ou aborigène. A l'époque de la fondation de Rome, des colonies de Sabins étaient venues se môler aux indigènes. Enfin au nord, le Latium touche à l'Etrurie, où dominaient les Etrusques. Ces notions géographiques et ethnographiques feront facilement comprendre Torigino de la nation romaine.

Après ces notions préliminaires, on tracera le cadre de l'histoire romaine, avec ses trois époques classiques :

P la royauté (deux siècles et demi);

2^ la république (cinq siècles, précédant l'ère chrétienne) ;

3^ l'empire (cinq siècles, depuis l'ère chrétienne).

Rome

k répoque royale.

Quant à l'origine de Rome, il faut rompre une bonne fois avec tous ces récits poétiques ou fabuleux, dans lesquels le merveilleux est mêlé à l'invraisemblable, et qui pourtant ont encore cours dans bien des livres classiques.

Rome prit naissance à la suite de la réunion de deux boorgftdes voisines, l'une d'origine pélasgique, Tautre d'origine «abine. La guerre entre ces villes amena l'intervention des Etrusques, et la nouvelle nation qui se forma ainsi, renfermait dans son sein les trois races de l'Italie. Cette histoire véritable de Rome est confirmée par ses institutions primitives et par un grand nombre de faits contenus dans les traditions poétiques, mais entremêlés de fables et de fictions. Cette réserve faite, on peut exposer les traditions fabuleuses concernant ces origines, fables que les élèves

doivent connaître parce qu'ils les retrouvent dans les auteurs qu'ils lisent. Mais il est bon de faire ressortir ce qu'elles renferment d'invraisemblable et parfois de risible.

La .première période de la royauté, c'est l'histoire du gouvernement mixte des deux peuples, les Romains ou Latins et les Sabins ou Quirites : la royauté alterne. Rome est faible.

La seconde période, c'est l'époque étrusque; une dynastie étrusque monte sur le trône, qui devient héréditaire. La puissance de Rome s'accroît tout d'un coup; les Romains dominent sur tout le Latium. Mais les rois étrusques de Rome se trouvent en opposition avec le sénat et l'ancien peuple ; ils cherchent un appui dans la plèbe, à laquelle Servius donne des droits politiques, et sur laquelle il s'appuie. Cette politique augmente le mécontentement de l'ancien peuple devenu une classe privilégiée, les patriciens, et la royauté est renversée par une révolution aristocratique. La noblesse s'empare du pouvoir. Dans l'histoire de Tarquin le superbe, il faut écarter les fables reçues sur Brutus et sur Lucrèce. Représenter Tarquin comme un tyran sanguinaire et Brutus comme un libérateur du peuple, est contraire à la vérité historique, et ces déclamations exercent parfois une influence fâcheuse sur l'esprit de la jeunesse.

On insistera davantage sur les institutions romaines^ dont les origines remontent à l'époque royale. C'est par cette voie seulement qu on peut rendre compte de ces institutions et qu'il est possible d'initier les élèves de cet âge aux antiquités romaines^ comme on l'a dit plus haut. Quelques notions sur la religion et la civilisation des Romains, pendant l'époque royale, forment le complément nécessaire de cette période.

Histoire de la Rèpnbllqae romaine

(dorée : cinq siécleB).

Voici la division historique de cette époque :

I** période : les oommenoements de la république, jusqu'à la prise de Rome par les Gaulois (510-390 av. J.-C).

II>M période : les conquêtes de Rome en Italie, jusqu'aux guerres puniques (890-264 av. J.-C).

III»« période : les conquêtes de Rome hors de l'Italie, jusqu'aux Oraoques (264-134 av. J.-C.)«

V"« période : les luttes de parti et les guerres civiles, depuis les Graoques jusqu'à la chute de la république (134-30 av. J.-G.)*

Entre la seconde et la troisième période, nous intercalerons l'histoire des (Carthaginois (voir plus loin).

P PÉBIODB DB l'ÉPOQUS RÉPUBLIGAINB.

l^eft commencement» de la république»

jusqu'à la prise de Rome par les (Gaulois (510-390 av. J.-C.).

Deux séries de faits remplissent cette période :

V Cest une période de luttes intérieures, la grande lutte entre les patriciens et les plébéiens, durant laquelle la constitution romaine se transforme graduellement ;

2^ c'est une période de guerres défensives, durant lesquelles Rome, presque toujours attaquée et parfois vaincue par les peuples voisins, s'aguerrit lentement et commence à reculer peu à peu ses frontières, sans toutefois s'étendre au delà du Latium.

Durant cette période, l'histoire n'est pas encore entièrement dégagée des légendes et des fictions, contre lesquelles on aura soin de prémunir les jeunes gens. £n particulier, dans 1 histoire de la querelle des patriciens et des plébéiens, le professeur ne se laissera pas entraîner par ce courant trop général qui tend à glorifier la plèbe et à incriminer le

patriciat. Cela est loin d'être conforme à la justice historique. Les patriciens, c'était le parti conservateur, une noblesse héréditaire, qui, par sa constitution propre, excluait tout autre élément et travaillait à se maintenir pure. Sans doute sa résistance était inutile, parce qu'il luttait contre un élément plein de vie et d*ardeur ; mais, bien qu'ils ne soient pas exempts de tout acte tyranniqae ou arbitraire, les patriciens ont été trop chargés par les historiens latins, qui ont écrit beaucoup plus tard et se sont souvent mépris sur les tendances d'une autre époque. D'autre part , les plébéiens , l'élément nouveau , le plus nombreux, qui luttait pour arriver à une parfaite égalité politique, ne sont pas toujours les opprimés, comme les anciens les représentent; souvent ils ont mis les torts de leur côté par leurs séditions et leurs violences. C'était en tout cas une lutte inévitable, nécessaire, puisque les uns luttaient pour leur conservation, les autres pour leur avenir politique.

Ce parti-pris de bon nombre d'historiens a encore un autre inconvénient. On éveille dans la jeunesse ces idées républicaines ou démocratiques auxquelles elle est déjà portée par la générosité de sa nature et par son ignorance totale des lois de la vie et de la société. On lui inspire ainsi un sentiment d'opposition contre toute autorité, en lui représentant comme odieux les gouvernements en général, en mettant ceux-ci toujours dans leur tort.

La transformation graduelle de la constitution romaine qui résulte de cette lutte, ne s'achèvera que dans la période suivante. En l'exposant, on donnera des notions précises sur les magistratures romaines, tribunal de la plèbe, décemviral, censure, prélure, etc. qui surgissent dans le cours de cette lutte : ce sera l'occasion d'initier les élèves à ce chapitre si important des antiquités romaines.

IP PÉRIODE DE l'Époque républicaine.

Etes conqodte» de» Romain» en Italie^

jusqu'aux guerres puniques (390-264 av. J.-C.)*

L'invasion gauloise fait époque dans l'histoire générale de l'Occident; c'est la dernière des grandes migrations qui remplissent les premiers siècles de cette histoire, et d'autre part les Qaulois, en bouleversant l'Italie, ont préparé les conquêtes romaines, qui forment la seconde période de l'époque républicaine.

Toutefois, avant d'aborder l'histoire de ces guerres extérieures, il faut terminer l'exposé des luttes intérieures, dont la dernière phase ne s'achève qu'après la prise de Rome par les Gaulois ; c'est la phase qui aboutit aux lois liciniennes et à l'égalité complète des deux ordres à la suite de ces lois.

La lutte intérieure achevée, on abordera Thistoire des guerres qui aboutissent à la conquête de toute l'Italie par les Romains. Pour orienter l'élève dans ces guerres nombreuses, il est utile d'en donner d'abord un tableau général^ soit un tableau chronologique, d'après Tordre dans lequel ces guerres se sont succédé, soit un tableau géographique, d'après les peuples auxquels Rome fait la guerre. Ce dernier ordre est préférable, parce qu'il se retient plus facilement. Ainsi nous avons :

P contre les Gaulois, deux guerres, l'une avant, l'autre après les guerres sam ni tiques ;

2** contre les Samnites, trois guerres ;

3** la guerre contre les Latins, entre la première et la seconde guerre samnitique ;

4^ contre les autres peuples de Tltalie, Etrusques, Ombriens, Sabin s;

5** contre Tarente et Pyrrhus.

Dans l'exposé de ces guerres, le professeur ne doit pa« se placer à un point de vue exclusivement romain, comme font les historiens latins, qui toujours donnent raison à Bome et tort à ses adversaires : cette version romaine des

événements ne peut pas être suivie aveuglément ; la vanité et l'intérêt ont contribué à les défigurer. On le constatera, p. ex., à Foccasion de cette prétendue victoire de Camille sur les Gaulois lors de la prisé de Rome.

Après les guerres, un § final en fera connaître les résultats qui sont doubles, politiques et militaires : c*est, au point de vue politique, l'organisation de l'Italie romaine, avec ses socii^ ses municipes, ses colonies ; c'est, au point de vue militaire, le progrès de la légion romaine, qui atteint alors sa perfection. On en profitera pour donner quelques notions sur les antiquités militaires, si nécessaires aux humanistes pour Tintelligence de leurs auteurs latins.

Histoire de* Cartiia^nols.

Après la seconde période et avant d*aborder le fait capital de la troisième période, les guerres puniques, il est nécessaire de connaître l'histoire de Carlhage. C'est donc ici que se placera le mieux l'histoire de cette contrée, qui par sa situation géographique appartient à l'Occident, et non pas à l'Orient, où quelques historiens la font figurer.

Importance des notions géographiques pour bien comprendre : 1^ la puissance de Carlhage; 2^ la rivalité en quelque sorte naturelle qui devait naître entre Carthage et Rome, quant à la possession de la Sicile.

Aux notions géographiques sur la domination de Carthage en Afrique, il faut ajouter encore les possessions des Carthaginois en dehors de l'Afriq le.

L'histoire de Carthage comprend trois périodes :

1^ organisation et conquêtes ;

2^ grandeur de Carthage et ses guerres contre les Grecs en Sicile ;

3^ ses guerres contre les Romains jusqu'à la chute de cette république.

Les deux premières périodes doivent être traitées séparément; la troisième se confond avec l'histoire romaine.

1^ période : fondation de Carthage et établissement de sa puissance en Afrique. Commencement de ses conquêtes

dans les lies de la Méditerranée, et de là conflit avec les Grecs;

2°^ période : deux grands faits la remplissent : les guerres et expéditions lointaines pour étendre son commerce; — les guerres contre les Grecs. Ces guerres donnent lieu à Tintervention de puissances étrangères» d abord de Pyrrhus d'Epire, ensuite des Romains, lorsque les Carthaginois furent sur le point de soumettre toute la Sicile.

Un coup d'oeil sur les institutions des Carthaginois, leurs institutions, leur commerce et leurs ressources, ainsi que sur leurs mœurs et leurs coutumes, est nécessaire pour mieux juger de la guerre entre eux et les Romains.

IIP PÉRIODB DE L*ÉPOQUB RÉPUBUGAINB.

Eie« conquête* de Rome lior» de l*Itall<s

jusqu'aux Oracques (264-124 av. J.-C).

La lutte intérieure est terminée; mais une lutte nouvelle se prépare à la suite de la nouvelle division du peuple en deux classes, qui ne se distinguent plus par des droits politiques différents : l'égalité politique existe ; mais elles se distinguent par leur condition sociale, leur fortune : ce sont les riches et les pauvres. C'est pendant la troisième période que se prépare cette transformation, que Ton aura soin de signaler.

La troisième période renferme principalement Thistoire des guerres et des conquêtes des Romains hors de Tltalie. Il est donc de nouveau utile de dicter un tableau de ces guerres, en les divisant d'après les peuples contre lesquels elles étaient dirigées. Ce sont :

P les Carthaginois : guerres puniques, au nombre de trois ;

2* les Illyriens : deux guerres ;

3** les Gaulois et les Ligures : deux guerres ;

4" les Macédoniens et les Grecs : quatre guerres ;

5** en Espagne : deux guerres ;

6*" en Sicile ; deux guerres, contre Syracuse et contro les esclaves.

Dans l'histoire de ces guerres, il est important de bien faire connaître les causes, du moins la cause principale; ensuite la marche générale de la guerre; si elle a duré longtemps, sa division en campagnes et les principales batailles de chaque campagne; enfin Tissue de la guerre et ses conséquences durables.

IV* PÉRIODE DE l'époque RÉPUBLICAINE.

E«e» lotte» de parti» et le« cpnerres civile»,

depuis les Oracques jasqa*à la chute des institutions répubUcaines

(124-30 ay. J.-C.;.

C'est la décadence des institutions républicaines et, comme suite, la préparation à Tempire. L'histoire de cette période renferme encore deux parties distinctes :

P L'histoire interne;

2^ les guerres extérieures.

Mais ces deux parties ne peuvent ici être traitées séparément; les guerres extérieures et les guerres civiles se mêlent sans cesse, et souvent l'une de ces guerres provoque l'autre.

Pour faire comprendre cette période de l'histoire romaine, on doit insister d'abord sur le changement total opéré dans l'état intérieur de la république. Il ne s'agit plus d'une lutte qui a pour objet des droits politiques, mais c'est une lutte entre le parti noble ou riche et le parti populaire ou pauvre. Le plus souvent ces deux partis ne sont que l'instrument d'hommes ambitieux, qui aspirent au pouvoir, et qui y parviennent en se servant des divisions du peuple romain et du concours des armées romaines. De là les guerres civiles et les dictatures, qui alternent, à savoir :

première guerre civile entre Marins et Sylla ; dictature de Sylla;

deuxième guerre civile entre César et Pompée ; dictature de César ;

triumvirat de César-Octavien, Marc-Antoine et Lépide ;

demiôres guerres civiles ;

triomphe définitif ou principat d'Auguste.

Dans rhistoire de ces luttes, où il y eut des torts de chaque côté, le professeur doit demeurer impartial et ne pas se livrer à des déclamations pour ou contre les institutions républicaines, qui avaient fait leur temps d'ailleurs : la république n'existait plus que de nom ; en réalité le pouvoir était exercé par des usurpateurs, et c'est le plus mauvais des gouvernements, parce qu'il ne se soutient que par la force et l'injustice.

Histoire de l^Bmpire romain

(dorée : cinq siècles).

Voici le plan h suivre dans l'histoire de cette époque :

PREiaÈRE PÉRIODE, la grandear de rempirejosqa'aa commeDcement da despotisme militaire (30 av. J.-G. — 193 ap. J.-C.)«

Dbuxièhb pbriodb, le despotisme militaire, jusqu'à ravénement de Dioclétien (193-284).

Troisièmb PERIODE, depuis Dioclétien jusqu'au partage de Tempire, à la mort de Tfiéodose le Grand (284-395).

Quatrième période, les derniers temps de l'empire d'Occident jusqu'à sa chute (395-476).

Les commencements du christianisme sont contemporains de l'empire romain II faut les exposer dans cette partie du cours. Toutefois cet exposé est difficile à ftdre marcher de tront arec l'histoire des empereurs. On en fera donc l'objet d'un appendice ou d'une cinquième partie. De cette ftiçon, on saisira mieux la marche du christianisme étudiée dans son ensemble et l'on pourra mieux faire ressortir la place du christianisme dans l'histoire générale du monde, place qui dépasse de beaucoup les frontières de l'Empire romain.

I*^ PÉRIODE DE l'bMPIRB ROMAIN.

Ija c^randear de Fempire» Jusqu'au deapoUame mllltulre*

(Premier et second siècle).

L'histoire de Tompire se résume dans Thistoire des empereurs, et par conséquent l'on peut dans cette période s'en tenir à Yordre chronologique d'une façon presque constante. Aussi est-il utile, bon en tâte de chaque période, de mettre, sous les yeux de l'élève, la succession des empereurs, en se servant au besoin de tableaux généalogiques, pour établir leurs relations de parenté.

On pourra donner ensuite un tableau géographique de l'empire romain, tracer l'étendue qu'il avait sous Auguste, ses frontières naturelles du côté des déserts et des mers, ses frontières militaires du côté des barbares, signaler

— sasquels sont ces barbares, à savoir les Parthes en Orient, les peuples germaniques en Occident. Ce seront là les ennemis principaux de la puissance romaine durant toute cette époque.

Abordant ensuite Thistoire de TEmpire, on sarrâtera sur les fidts principaux suivants :

P les empereurs de la maison de César ou les Claudii, qui régnent jusqu'à Néron ;

2^ guerre pour le trône, après la mort de Néron ;

3** la maison de Vespasien ou les Flavii ;

4* Tapogée de l'empire, sous Trajan; c'est alors que l'empire romain atteint sa plus grande étendue, que Ton aura soin de tracer sur la carte ;

5^ le règne de Commode, transition au despotisme militaire.

Il importe, dans cette période, d'insister aussi sur les institutions à deux points de vue :

l^ l'organisation de l'empire : la transformation des institutions républicaines et l'établissement du gouvernement absolu de l'empereur; l'importance de l'armée comme appui principal de l'empereur ;

2^ montrer que ce qui manquait à l'empire, c'était une bonne règle de succession au trône, et cette instabilité donna lieu dès cette époque à des guerres intestines et des troubles. Peu à peu les commandants de la garde prétorienne et les généraux des légions s'arrogèren toute influence sur la désignation des empereurs ; de là devait résulter le despotisme militaire.

IP PÉRIODE Dfl l'empire ROMAIN.

Ije despotisme mllltalrey

(au troisiôme siècle).

Cette période est difficile à traiter à cause de la complication des événements et de la multiplicité des compétiteurs qui se disputent l'empire. Il faut surtout en dégager ces deux &itB saillants :

1® les troubles intérieurs, qui furent la suite de la puissance des armées, et qui firent tomber Tempire dans l'anarchie, ce qui amena la division en plusieurs empires ;

2^ les invasions des peuples germaniques, qui profitent de Tanarchie pour franchir les frontières et commencent dès lors à s'établir partiellement sur le sol romain; les empereurs eux-mêmes se prêtent à ce mouvement dans l'espoir de repeupler ces contrées dévastées par la guerre.

Pour traiter clairement l'époque de V anarchie militaire, où il n'y eut pas moins de vingt prétendants à la fois (ce que l'on appela l'époque des Trente Tyrans),il faut renoncera l'ordre chronologique pour adopter ici une division géogra-phique, BiYec démonstration sur la carte, en exposant séparément ce qui passe en Gaule, en Orient, en Italie : à ces trois régions, en effet, correspondent trois empires principaux, l'empire des Gaules, avec Trêves pour capitale, qui embrasse presque tout TOccident; l'empire d'Orient, plus connu sous le nom de royaume de Palmyre, avec la célèbre reine Zénobie; enfin, l'empire d'Italie, d'où sortira Aurélien, le restaurateur de l'unité romaine.

IIP PÉRIODE DB l'eMPIRB ROMAIN.

MjWk dernière réunion des provinces romaines»

jusqu'au partage définitif, sous Théodose le Grand

(quatrième siècle).

Le premier fut saillant de cette période, ce sont les efforts successifs des empereurs du iv® siècle pour maintenir l'unité romaine et aiTÔter la décadence de l'empire. Tel fut le but de la constitution nouvelle de Dioctétien, qui n'eut d'autre effet que d'engendrer de nouvelles guerres en mettant aux prises les différents Augustes et Césars institués par cet empereur. Après cet échec, vient la constitution de Constantin, qui introduit la centralisation : préfectures, diocèses, provinces, divisions nouvelles qui doivent être démontrées sur la carte.

Un second fait capital, c*est la conversion de Constantin le Grand ; mais on j reviendra en traitant du christianisme.

Un troifidëme fait à signaler, c'est le commencement des grandes migrations germaniques, qui succèdent aux invasions partielles, et s'expliquent par l'arrivée des Huns.

Le dernier fidt, c'est Tacheminement au partage final de l'empire, dont les deux moitiés, l'Orient et l'Occident, sont dès lors le plus souvent sous des gouvernements séparés : une première fois, en vertu de la constitution de Dioctétien ; ensuite par le partage conclu entre Constantin et Licinius ; il y eut nouveau partage entre les fils de Constantin; troisième partage, après la mort de Jovien, le successeur de Julien, entre Valentinien et Valens. Le partage définitif s'accomplit à la mort de Théodose.

IV* PÉRIODE DE l'empire ROMAIN.

Ijes derniers temps de l'empire d'Occident

jusqu'à sa chute (476).

Commencez par des données géographiques sur le partage, en indiquant exactement les pays qui forment chacun des deux empires et les frontières de ces empires. Ils sont séparés en Europe par TAdriatique et les Alpes Juliennes; la Pannonie (une partie de la Hongrie) appartient à Tempire d'Orient. En Afrique, la frontière est l'ancienne Cyrénaïque ; les provinces à Test de ce pays (la principale est TEgypte) appartiennent à l'empire d'Orient; les provinces à l'ouest, à lempire d'Occident. A partir de ce moment, l'histoire romaine se borne à celle de l'empire d'Occident. Quant à l'empire d'Orient, il forme, depuis sa séparation définitive, un Etat nouveau, qui cesse d'être romain pour devenir ce qu'on appelle l'empire byzantin : son histoire appartient au moyen âge.

Le fait dominant de cette période est le démembrement de l'empire d'Occident, dont les peuples germaniques enlèvent les provinces, l'une après l'autre. Toute cette période doit être étudiée sur la carte; sans cela elle ne pourrait ^Hre comprise par les élèves. Comme l'histoire des migrations des peuples germaniques sera répétée dans Thistoire

du moyen âge, on Tétudiera ici seulement au point de Yue romain; il ne faut pas donner déjà l'histoire des peuples germaniques, mais achever d*abord celle de l'empire romain et de sa décadence finale.

Elle se divise en deux parties : P jusqu'à la bataille de Châlons, suivie de la mort d'Aétius et d'Attila; — 2** jusqu'à la chute de l'empire.

Pendant la première partie, l'empire ne perd que quelques provinces extrêmes : la Grande Bretagne au nord et l'Afrique au sud. Les peuples germaniques établis dans les Gaules et en Espagne reconnaissent encore l'autorité des empereurs.

Pendant la seconde partie, après la mort d'Aétius, l'empire est restreint à l'Italie et à l'IUyrie, et le trône impérial est le jouet des armées, composées presqu'exclusivement de troupes germaniques, et dont les chefs eux-mêmes ne sont plus d'origine romaine : tels Ricimer et Odoacre. Odoacre renverse le dernier des empereurs d'Occident et s'empare du gouvernement de l'Italie.

Lie cbristtaolsme Ju»q[u*jk la conversion des Césars*

Le triomphe du christianisme marque la fin de l'antiquité. C'est pourquoi l'étude du christianisme, de son origine et de sa propagation, est un complément nécessaire de l'histoire ancienne, et elle fait en même temps la transition à l'histoire moderne, dont le moyen âge formera la première partie.

En effet la nouvelle société qui s'est formée en Europe après la chute de la société romaine, est le résultat de la fusion de trois éléments :

La société romaine;

La société chrétienne ;

La société germanique ou barbare.

Le christianisme est le lien entre le monde romain et le monde barbare. Il est d'une haute importance de faire bien apprécier par les jeunes gens ce rôle qu'il a joué

pour les prémunir contre cette tendance fausse qui n'assigne à la religion qu'une action secondaire dans l'histoire extérieure du monde.

Cette étude du christianisme, telle qu'on peut la faire dans un cours de collège, est naturellement très abrégée et très élémentaire; mais on peut toujours insister sur les points suivants :

V la fondation divine de l'Eglise ;

2^ les circonstances favorables à la propagation du christianisme ;

3** les obstacles qu'il rencontra, et dont les plus formidables furent les persécutions. Avant de tracer l'histoire des persécutions, il est utile de donner un tableau synoptique des dix grandes persécutions, en rappelant les règnes sous lesquels elles eurent lieu ;

4® les hérésies et les écoles chrétiennes ;

5** l'organisation de l'Eglise.

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