Première partie
Quatre faits principaux remplissent cette preniière partie :
P** FAIT : la guerre des investitures, qui commence avec les réformes de Grégoire VII et se termine au concordat de Worms ; il faut, en définissant les causes et le caractàre de cette lutte, détruire Terreur si répandue que cette lutte a été allumée par l'ambition des papes, tandis qu'il s'agissait en réalité des droits et des libertés de l'Eglise et du peuple, méconnus par les empereurs;
IP FAIT : la puissance de l'Bmpire sous la maison de Souabe, qui atteint son apogée sous Frédéric Barberousse; Topposition de la maison des Guelfes, point de départ de la longue querelle des Guelfes et des Gibelins ; l'intervention de Frédéric I en Italie qui rallume la querelle du sacerdoce et de l'empire ;
IIP FAIT : la rivalité de la France et de l'Angleterre, qui sont désormais inséparables dans l'histoire, depuis la conquête du royaume d'Angleterre par un vassal du roi de France; il faut y rattacher les conséquences intérieures de cette conquête pour l'Angleterre. On signalera aussi dans l'histoire de cette rivalité la situation de la France méridionale, qui est d'abord réunie à la couronne de France par le mariage de Louis VII avec Eléonore, l'héri-
tière de Guyenne, mais qui passe ensuite à l'Angleterre, lorsque cette héritière, répudiée par Louis VII, épouse le roi d'Angleterre Henri II : ainsi la puissance de la France s'affaiblit à cette époque, tandis que sa rivale ne cesse de grandir sous le règne de Henri II, dont les possessions s'étendent depuis l'Irlande jusqu'aux bords de la Garonne. Il faut encore rattacher à ce dernier règne les démêlés de
Henri II avec Thomas Becket. Pour compléter l'histoire de France, il est nécessaire d'intercaler ici les origines et le développement des communes, qui ont tant contribué au relèvement de la royauté. Ce relèvement date de Philippe Auguste, qui sut mettre à profit les dissensions entre les enfants de Henri II, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre.
IV^ FAIT : la situation intérieure de l'Eglise, qui ressent l'heureuse influence des réformes de Grégoire VII : la renaissance de la vie monastique ; les commencements de la philosophie scolastique; les démêlés de trois hommes célèbres, Abailard, Arnold de Bresse et S. Bernard, qui éclipsa tous les autres. Ici on interrompra l'histoire de l'Occident pour traiter, dans son ensemble, l'histoire des croisades.
Oen^^me partie*
Le professeur ouvrira sa leçon par un tableau synoptique des croisades, qui ont' rempli près de deux siècles. Dans le nombre considérable des expéditions de ce genre, les auteurs comptent plus ou moins de grandes croisades, selon qu'ils réunissent sous ce nom plusieurs expéditions ou qu'ils les distinguent. Nous comptons sept grandes croisades d'Orient, à savoir :
l'* croisade, celle des vassaux, qui aboutit à la fondation du royaume latin de Jérusalem ;
2^ croisade, conduite par les souverains, l'empereur Conrad III et le roi de France, Louis VII ;
3* croisade, comprenant les expéditions de Frédéric Barberousse, Philippe- Auguste et Richard Cœur de Lion;
4* croisade, celle des chevaliers (Baudouin IX), qui aboutit à la fondation de l'empire latin de Constantinople ;
5* croisade, de l'empereur Frédéric ;
6* et 7® croisades, celles de S. Louis.
On groupera ensuite les événements de cette partie autour des grands faits suivants :
P*" FAIT : la situation de l'Orient, au commencement des croisades ; on reprendra l'empire grec depuis le schisme ; les Etats Turcs de l'Asie : Iconiùm, Alep, Damas, l'Iran et le Kerman, dont on fera voir, sur la carte, la situation géographique et Timportance respective; les Fatimides en Egypte, avec la Palestine ;
IP FAIT : la première croisade et les commencements du royaume de Jérusalem ; on placera ici l'origine et Torganisation de la chevalerie en général, qui a joué le rôle principal dans ces guerres, et en particulier des trois ordres militaires, comme soutien du royaume de Jérusalem ;
IIP FAIT : les périls et la chute de Jérusalem, avec la 2* et la 3® croisades, motivées par cette situation ; on expliquera les causes intérieures et extérieures de la décadence de ce royaume ;
IV* PAIT : l'attitude de l'empire grec à l'égard des croisés, avec la 4* croisade, qui se termina par la chute de cet empire ;
V* FAIT : le bouleversement de l'Orient par l'irruption et les conquêtes des Mongols ;
VP PAIT : les dernières croisades, en particulier celles de S. Louis, jusqu'à l'évacuation de la Terre-Sainte par les chrétiens ;
VIP PAIT : les résultats des croisades, et les vicissitudes des empires latin et grec d'Orient, jusqu'aux conquêtes des Turcs-Ottomans.
Trolslëme partie.
L'époque d'Innocent III forme la plus belle période dans l'histoire de la chrétienté; il faut donc Tétudier avec soin, en y comprenant non seulement les actes de ce grand pape.
mais encore les autres évéoements du xui^ siècle qui se rattachent directement ou indirectement à Taction exercée alors par la papauté.
Ce sont :
P' FAIT : la lutte d'Innocent III contre les hérésies, dont on retracera les origines et la propagation; la fondatioB des ordres mendiants, Franciscains et Dominicains» auxiliaires du pape dans cette lutte; le célèbre concile œcuménique, qui termine ce pontificat ;
IP FAIT : la croisade contre les Albigeois, que le professeur aura à justifier contre les accusations fausses qui ont défiguré cet événement ; il rappelera : P les doctrines non seulement hérétiques, mais anti-sociales professées par ces sectaires et donnant lieu à des pratiques immorales, entre autres le suicide imposé dans certains cas; 2^ le fanatisme de la secte, ses violences contre les catholiques, la destruction des églises, le massacre des prêtres; 3^ l'assassinat da légat du pape, Pierre de Castelnau, qui fit décider la croisade, après que tous les moyens de persuasion et de douceur eussent été épuisés. A ces événements, se rattache une institution, les tribunaux de t inquisition, qui ont servi de texte à tant de déclamations contre le moyen âge, et dont le professeur définira le rôle véritable, qui a été d'en» lever aux pouvoirs laïcs la connaissance du crime d'hérésie^ punie par les lois séculières; bien des innocents ont été sauvés ainsi, et les coupables mômes n'étaient plus livrés au pouvoir séculier qu'en cas d'obstination ;
IIP PAIT : la dernière lutie du sacerdoce et de l'empirei engagée à la fois en Italie et en Allemagne, entre l'empereur Frédéric II et les successeurs d'Innocent III, lutte qui aboutit à la chute de la maison de Souabe et au grand interrègne ;
IV* FAIT : la continuation de la rivalité entre la France et l'Angleterre ; la première s'affermit de plus en plus, depuis le règne de Philippe-Auguste, tandis que l'Angleterre décline par les fautes de Jean-Sans-Terre, en lutte à la fois contre le Saint-Siège et contre ses barons. C'est à cette
occasion qu'il faut parler de la grande charte des libertés^ point de départ des institutions anglaises. Ces troubles se prolongent sous le successeur de Jean-Sans-Terre, tandis que S. Louis donne pour la première fois à la France la sécurité extérieure par d'équitables traités avec les puissances voisines, et la sécurité intérieure par des lois non moins équitables; le règne de ce grand prince termine cette époque, la plus belle du moyen âge.