Quatrième partie
Après les croisades, la chrétienté entre dans une nouvelle phase, où les faits principaux sont au nombre de quatre :
P*" FAIT : le grand interrègne en Allemagne, jusqu'à Rodolphe de Habsbourg; durant cet interrègne, le lien entre l'Italie et l'Allemagne est brisé ; l'Italie est déchirée par la lutte des gibelins et des guelfes, ces derniers sous Tautorité du roi de Naples, Charles d'Anjou ; l'Allemagne est morcelée par l'indépendance des vassaux ; c'est l'époque des ligues de villes, dont il faut faire connaître la plus importante, la ligue hanséatique.
IP FAIT : les progrès politiques des Etats de l'Europe orientale, Pologne, Hongrie, Russie, jusqu'à la domination mongole, qui arrête, dans ce dernier pays, la marche de la civilisation; des notions très générales suffisent pour ces Etats, dont il est parlé ici pour ne pas laisser un vide dans le tableau de l'Europe au moyen âge.
IIP FAIT : la lutte des chrétiens et des Musulmans en Espagne, qui ne sont qu'une phase des croisades, mais sur un autre théâtre ; celte lutte, les Musulmans d'Espagne ne la soutiennent plus que grâce aux renforts qu'ils tirent de l'Afrique. Malgré les efforts de ces dynasties étrangères des Almoravides et des Almohades, les royaumes chrétiens, Castille, Aragon, Portugal, ne cessent de s'étendre, en refoulant devant eux les Musulmans, qui, à la fin de cette période, ne possèdent plus que le royaume de Grenade.
IV* FAIT : le8 démêlés de Boniface VIII et de Philippe le Bel en France : il faut reprendre l'histoire de ce pays après S . Louis ; d'abord les démêlés de ses successeurs avec l'Espagne; l'extension constante du pouvoir royal à l'intérieur; en particulier la politique de Philippe le Bel, qui travaille à étendre sa puissance aux dépens du roi d'Angleterre, auquel il veut reprendre la Guyenne ; aux dépens du comte de Flandre, Gui de Dampierre, dont il veut confisquer le fief; aux dépens du clergé môme, dont il méconnaît les immunités les mieux établies dans le droit public du temps ; c'est là l'occasion de cette lutte finale entre le Saint Siège et le pouvoir séculier, qui a été si mal appréciée par tant d'auteurs modernes, et dans laquelle Boniface VIII n'a été encore une fois que le défenseur du droit et de la liberté contre les empiétements du despotisme.
Ce fut la fin de la grande puissance de la papauté et de la 3® période du moyen âge. Les successeurs de Boniface VIII devaient transférer leur résidence en France, et, en subissant l'influence française, perdre cette haute autorité morale qu'ils exerçaient sur toute l'Europe.