‹ Traité des exhumations juridiques [electronic resource]Chapitre 8 sur 17 · TRAHI · texte numérisé non relu

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cine, t. yc, et dans plusieurs autres recueils ) ; mais il en est qui le regardent comme une preuve d'inflammation; telle est l'opinion de M. Scoutetten. Quoiqu'il en soit, toujours est-il que l'on rencontre quelquefois ce dégagement de gaz dans l'épaisseur des parois intestinales ou de l'estomac , quand on ouvre les cadavres peu d'heures après la mort et avant que la putréfaction ne se soit manifestée; mais c'est surtout dans le canal digestif des corps qui ont séjourné pendant quelque temps dans la terre, dans l'eau, etc., qu'on la remarque : alors la membrane muqueuse est soulevée, amincie, flexible , et forme des bulles quelquefois fort grosses et crépitantes au toucher. Qu'on ne pense pas cependant que cet emphysème soit un effet constant de la putréfaction; car il est aisé de voir que dans les ouvertures que nous avons décrites , il n'a pas toujours existé. 11 n'y a aucun moyen de juger , long-temps après la mort, si l'emphysème sous-muqueux est le résultat d'une lésion vitale, ou s il s'est développé après la mort.

§. II. A Itérations gastro- intestinales avec perte de substance. On sait que dans ces derniers temps le docteur Carswell a fait revivre l'ancienne opinion de Hunter, d'Adams, d'Allan Burns,etc. , qui admettaient la dissolution de la membrane muqueuse de l'estomac par le suc gastrique, surtout dans des cas de mort subite: des expériences ingénieuses, faites sur les animaux , ont porté ce médecin à penser que le plus grand nombre des érosions et des perforations du canal digestif étaient dues à l'action chimique qu'ont exercée sur ces viscères, après la mort, les sucs digestifs. Quelque

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contestée que puisse être cette manière devoir, il n'en résulte pas moins de tout ce qui est connu sur ce point , et notamment de celles des recherches de M. Carswell sur lesquelles tout le monde est d'accord, que des érosions et des perforations de l'estomac et des intestins peuvent reconnaître pour cause V action chimique du suc gastrique après la mort. Ajouteronsnous à ces deux genres d'érosions et de perforations, les unes vitales, les autres produites par le suc gastrique après la mort, un troisième genre, qui comprendrait les érosions et les perforations occasionées par la putréfaction, et qui se manifesteraient plus ou moins long-temps après l'inhumation dans les tubes digestifs qui n'en offraient aucun vestige au moment de la mort ? Sans doute , rien ne s'oppose à ce que l'on admette ce troisième genre d'altération ; mais nous ne croyons pas qu'il soit commun , car nous ne l'avons observé qu'une fois, et tout porte à croire qu'alors les perforations des intestins avaient été produites par des vers. Nous nous bornerons donc à. dire que les érosions et les perforations du canal digestif sont vitales ou cadavériques, sans décider, dans un cas d'exhumation juridique, si ces dernières sont dues ou non à l'action du suc gastrique, et nous renverrons à ce que nous avons dit à la page 25 1 , à l'occasion du ramollissement, pour reconnaître si elles existaient avant la mort.

Pour mieux mettre le lecteur à même de juger si les ulcérations que l'on peut rencontrer dans le canal digestif, sont le produit d'une action vitale, nous croyons

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devoir rappeler sommairement les principaux, caractères de ces lésions.

Les ulcérations de la membrane muqueuse, dans les fièvres graves , affectent presque exclusivement les glandes de Crunner et de Peyer; elles se trouvent généralement sur le bord libre de l'intestin; constamment il en est ainsi, quand ce sont les plaques de Peyer qui en sont le siège; des matières diverses, par leur aspect et leur consistance, en remplissent le fond : tantôt ce sont de véritables escarres, ce que M. Bretonneau appelle des bourbillons; tantôt ce sont des niasses molles, colorées en jaune vif. Ces ulcérations ont une forme elliptique, et sont presque toujours parallèles à la longueur de l'intestin.

Les ulcérations tuberculeuses présentent le plus souvent, dans leur fond, des portions encore reconnaissablés de tubercules; elles occupent surtout le bord adhérent des intestins, et leur direction est ^transversale.

Le gros intestin présente aussi des ulcérations remarquables, surtout dans certaines dysenteries; quelquefois il est criblé d'ulcères très-petits et très-rapproebés, qui lui donnent un aspect aréolaire; dans d'autres cas, les ulcérations sont larges, leurs bords durs et taillés à pic; elles offrent une teinte d'un noir foncé, qui pourrait faire croire au premier abord à l'existence de la gangrène; mais il n'y a point d'odeur, et l'ulcération est assez ferme : son apparence est plutôt celle (1 un fond de cheminée couvert de stalactites de fumée.

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Du reste, c'est dans les ouvrages de MM. Billard, Andral, Bretonneau, etc., qui ont traité ce sujets professo , que l'on peut puiser les caractères des nombreuses variétés d'ulcérations intestinales.

Lésions du Joie. Les abcès du foie, son cancer, ses tubercules, son induration, sa dégénération graisseuse (i), l'hypertbrophie de sa substance rouge qui constitue l'état granuleux, la cirrhose ou l'hyperthropbie de la substance blancbe , aucune de ces lésions ne peut être confondue avec l'état que détermine la putréfaction; il n'en est pas de même du ramollissement que plusieurs médecins regardent comme pathologique, parce qu'on l'observe peu d'heures après la mort et avant le développement de la putréfaction. Ainsi on a vu , chez des sujets qui avaient succombé à des fièvres typhoïdes, le foie ramolli, surfont dans le grand lobe, et facile à déchirer, comme on le remarque plusieurs semaines après la mort sur les cadavres déjà pourris; quelquefois la couleur de cet organe était rouge, et alors il aurait été impossible de distinguer si le ramollissement était vital ou cadavérique; le plus souvent, il est vrai, le défaut de consistance dont nous parlons s'accompagnait d'une pâleur

-OO i'i fiJiiOni/il SWCl 69) «SliBf) t>HpTfiiïK)1 ftÎKItlfiî SflOVu'n (i) On ne saurait confondre la dégenération graisseuse du foie avec l'état du même organe qui se serait converti en gras des cadavres ; d'ailleurs, si le foie était transformé en savon, par suite de la décomposition putride qu'il aurait éprouvée, beaucoup d'autres organes , pour ne pas dire tous , le seraient égalemehL

ou d'une coloration jaune, qui n'est jamais le résultat de la décomposition putride.

Quant à Y hépatite, si la rougeur ou le ramollissement du foie, sans une certaine quantité de pus, peuvent être considérés comme une preuve non équivoque de son inflammation , ce qui est loin d'être démontré, il faudra convenir que dans les cas d'exhumation , où cet organe sera seulement rouge et ramolli, il y aura souvent impossibilité de constater cette inflammation, parce que, comme nous l'avons déjà dit, le propre de la putréfaction est de déterminer aussi la coloration et le ramollissement dont il s'agit.

Altérations, de la rate. Il en est de la rate comme du foie ; on ne peut guère comparer ces organes putréfiés qu'aux mêmes organes ayant éprouvé pendant la vie un ramollissement notable; en effet, plusieurs fois on a trouvé la rate ramollie dans toute son étendue, surtout chez des individus qui avaient succombé à des fièvres ataxo-adynamiques ; son tissU était si peu consistant, dans certains cas, que par la plus légère pression on la réduisait en bouillie couleur de lie de vin ou noire; à la vérité, presque toujours le ramollissement était accompagné de X augmentation de volume qui était quelquefois double, phénomène que nous n'avons jamais remarqué dans les rates ramollies et colorées par l'effet de la décomposition putride. Que si, par hasard, cette tuméfaction n'existait pas, comme cela paraît avoir été observé un petit nombre de fois chez des sujets qui n'étaient pas morts de fièvres ataxoadynamiques, il serait impossible de décider si le ra-

mollissement et la coloration sont cadavériques ou non. Mais est-il bien ave'ré que les ramollissemens sans augmentation de volume, que l'on a considérés comme pathologiques, le soient réellement; et n'est-il pas présumable qu'ils sont plutôt l'effet de la putréfaction de la rate, qui, chez certains individus et dans les saisons chaudes et humides, se développe avec une rapidité prodigieuse?....

Altérations des organes uriaaires. Qu'à l'ouverture d'un cadavre, dans un cas d'exhumation juridique, on trouve du pus, des tumeurs de différente nature, ou des tubercules dans les r-eins ; que le parenchyme de ces organes soit transformé en une matière dure , terreuse, osseuse, cartilagineuse ou molle, et comme spongieuse ou graisseuse, on ne sera pas tenté d'attribuer ces états à la putréfaction, mais bien à une lésion vitale. Qu'au contraire les reins soient rouges , plus injectés qu'à l'ordinaire, ramollis et de volume ordinaire , on sera souvent embarrassé pour décider si ces altérations sont cadavériques, puisqu'elles peuvent être le résultat de la putréfaction , et que, d'une autre part, on les a constatées chez des individus qui avaient sucj combé à des fièvres ataxo-adynamiques, à des inflammations des reins ou dé h vessie", à des affections calculeuses des reins , etc. , et qui avaient été ouverts avant d'être pourris. A la vérité, souvent, quand la mort a été occasionée par une néphrite qui n'a déterminé que ce premier degré d'altération, une réplétion sanguine des reins, ces organes sont beaucoup plus volumineux, et laissent ruisseler du sang sous les

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doigts lorsqu'on les coupe; nous ajouterons encore qu'il est rare, pour peu que l'inflammation ait été intense, qu'on ne puisse, en comprimant les mamelons, faire suinter un liquide séro-purulent, ce qui n'arrive jamais quand l'altération des reins est due à la décomposition putride. Quant au ramollissement des reins avec pâleur ou teinte grise de l'organe, il est impossible de le considérer comme un phénomène cadavérique, par cela même qu'il y a décoloration.

Kessie. On ne saurait considérer, comme étant l'effet de la putréfaction, ni l'épaississement, ni l'ulcération. ni les abcès, ni la gangrène, ni les végétations, ni les polypes, ni le cancer, ni les kystes, ni les tumeurs graisseuses de la vessie ; il n'y a guère que le ramollissement de cet organe, accompagné de la rougeur de la membrane interne, résultat d'une cystite, qui pourrait, à la rigueur, être pris pour tel. Mais nous ferons remarquer que dans l'inflammation de la vessie, souvent la rougeur, qui est vive et quelquefois très-intense, est sous forme de ramifications ou de plaques plus ou moins pointillées; que le plus ordinairement elle occupe les environs du col de la vessie, et que rarement la tunique muqueuse est ramollie ; tandis que lorsque les phénomènes sont cadavériques, l'intérieur de la vessie est de couleur rosée ou d'un vert olive dans une assez grande partie de son étendue, et quelquefois la tunique muqueuse est soulevée par des gaz et dans un état emphysémateux.

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