‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 104 sur 318 · llid., U I*% p · texte numérisé non relu

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pour marquer seulement la grandeur et la figure d'un corps et sa situation entre les autres corps ^

Leibniz a emprunté cette théorie de Descartes et l'a reproduite presque dans les mêmes termes. « Quoiqu'il soit vrai, dit*il, qu'en concevant le corps on conçoit quelque chose de plus que l'espace, il ne s'ensuit point qu'il y ait deux étendues : celle de l'espace et celle du corps. Ainsi , en concevant plnûeurs choses à la fois, on conçoit quelque chose de plus que le nombre, savoir res numeratas^ et cependant il n'y a point deux multitudes : l'une abstraite, celle du nombre ; l'autre concrète, celle des choses nombrées. On peut dire de même qu'il ne faut pas s'imaginer deux étendues : l'une abstraite , celle de l'espace; l'autre concrète, celle du corps; le concret n'existant que par l'abstrait. Et comme les corps passent d'un endroit de l'espace à l'autre, c'est-à-dire changent d'ordre entre eux, les choses aussi passent d'un nombre à l'autre, lorsque , par exemple, la première devient la seconde et la seconde la troisième, etc. En effet , le temps et le lieu ne sont que des espèces d'ordre *. »

Pour Leibniz comme pour Descartes, l'espace est aux corps ce que le nombre est aux objets^. Notre raison résiste à l'autorité de ces grands hommes. Nous comprenons que les objets, en périssant, emportent le nombre avec eux, mais nous ne comprenons pas qu'ils emportent l'espace. Peut-être, au surplus , pourrons-nous opposer Leibniz à lui-même et surprendre sur ses lèvres quelque aveu que l'espace est parfois, pour lui, autre chose que l'étendue abstraite des corps. Il commence par attribuer le nom d'espace non-seulement aux corps estants, mais aussi aux corps possibles. «< Philalèthe^: On peut donner des bornes aux corps, mais on ne saurait le faire à l'égard de l'espace. — Théophile* : C'est que le temps et l'es-

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