‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 103 sur 318 · OEuvres philosophiques,édil. Âd. G., 1. 1*% p · texte numérisé non relu

OEuvres philosophiques,édil. Âd. G., 1. 1*% p

118 PKftCEPncms ou là piœmièrb partie des connaissances. 173

est compris dans Tidée que nous avons de Tespace, non-seulement de celui qui est plein de corps mais encore de celui qu'on appelle vide^ »

Ainsi y pour Descartes, il n'y a qu'une seule étendue qui tantôt est perceptible et tantôt ne Test pas. Dans le premier cas, le vulgaire l'appelle le corps, et dans le second cas l'espace. Descartes l'appelle corps dans tous les cas. Pour nous il y a deux étendues dont l'une ne peut devenir l'autre. Jamais le corps ne deviendra l'espace , jamais l'espace ne deviendra le corps. Le corps est perceptible à nos sens extérieurs, ou s'il est momentanément insensible , comme un gaz , il peut devenir sensible ; l'espace n'est pas perceptible à nos sens et n'a rien qui puisse lui donner cette qualité. Nous admettons^ comme on l'a vu, que l'espace est immobile ; Descaries, qui ne distingue pas entre l'étendue des corps et l'étendue de l'espace , déclare « qu'on ne saurait rencontrer en tout l'univers aucun point qui soit véritablement immobile ; qu'il n'y a point de lieu d'aucune chose au monde qui soit ferme et arrêté, sinon en tant que nous l'arrêtons en notre pensée*. »

Descartes ne reconnaît donc qu'une seule étendue dont les parties sont mobiles, et font par leur mouvement que tantôt elle est perceptible aux sens et que tantôt elle ne Test pas*. Ne retrouvons-nous pas ici ce troisième genre de Platon , qui est d'abord sans aucune figure tangible ou visible, mais qui , recevant le mouvement des causes extérieures, devient de l'eau, de l'air, de la terre ou du feu. Quant à cet espace qui coexiste avec l'étendue des corps et qui demeure après que les corps en sont sortis , qui ne peut jamais devenir sensible , qui est immobile , immuable et nécessaire, Descartes n'y voit qu'une erreur vulgaire, un préjugé d'enfance S ou tout au plus une fiction de la pensée ^ et, suivant lui, quand nous parlons au propre , nous n'employons les mots d'espace et de lieu que

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