Voy. plus loin, même livre^ sect. m, chap. r
Ce n'est pas ici le lieu d'énumérer les différentes forces que nous supposons dans les corps, à l'image de notre faculté mo* triée, telles que la force attractive, électrique, magnétique, etc. Ces suppositions ont pour but d'expliquer les phénomènes divers du mouvement*. Qu'il nous suffise dédire que toutes ces propriétés supposées dans les corps ne nous sont manifestées que par la résistance qu'ils nous opposent. Or, quelle que soit la direction dans laquelle s'exerce cette résistance, elle ne correspond en nous qu'à une seule perception, à celle que nous fournit l'action de notre faculté motrice.
La résistance que nous percevons n'a rien d'absolu ; elle est relative à la force de nos organes. De même que la température perçue par nous n'est que la différence qui existe entre la température de notre corps et celle du corps extérieur, de même la résistance que nous percevons n*est que la différence entre la force de notre membre et celle de l'obstacle étranger.
$ 4. Perceptions de la vue.
Après les perceptions du toucher et de la faculté motrice, les plus importantes sont celles de la vue, comme nous le montrerons plus loin". La couleur est, suivant les hypothèses de la physique, une modification de la lumière. La lumière est indéfinissable, elle est ce que chacun sait. Si nous disons que la lumière est ce qui se voit, nous n'aurons rien dit ; car la vue est elle-même indéfinissable et ne se comprend que par la notion de la lumière. La lumière ou la couleur est étendue : ce qui n'est pas étendu échappe à la vue. La couleur a une forme qui est perçue par la vue, sans le secours du toucher, puisque le toucher ne perçoit pas la couleur. Nous distinguons la forme de la lumière qui vient du disque de la lune d'avec la forme de la lumière qui vient des nuages voisins. La forme de l'étendue tangible a les trois dimensions : la longueur, la largeur et la profondeur ; la forme de l'étendue visible ou de la lumière n'a