‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 21 sur 318 · M. de Bonstetten · texte numérisé non relu

M. de Bonstetten

8. Transactions philosophiques de la société royale de Londres, an 1738 n» 402.

LES PERCEPTIONS OU LÀ PREMIÈRE PARTIE DES œNNÂISSÀNGES. 45

timents purement intérieurs^ Ces nouveaux objets de perception lui parurent placés tous sur un plan vertical qui touchait son œil, et il étendit la main pour les écarter. Par là se confirme la remarque que nous avons faite sur la position des couleurs dans un seul plan perpendiculaire à Taxe visuel *. Le jeune honune ne se trompait pas en pensant qu'elles touchaient son œil , puisque la lumière , quelle que soit Thypothèse qu'on adopte sur sa nature et ses modifications, vient en effet agir sur la rétine de Tœil, et que ce n'est qu'après avoir remarqué l'association de telles grandeurs de couleurs et de telles grandeurs tangibles diversement situées dans la profondeur de l'espace, que nous arrivons à rapporter les premières aux secondes. Ce fut pour le jeune homme dont nous parlons le sujet d'une longue étude. Il lui fallut remarquer la coïncidence de la forme des couleurs avec la forme plane des objets tangibles , et la coïncidence des ombres et des lumières avec les formes profondes. Il commit plus d'une erreur semblable à celle de l'enfant au maillot qui, voulant saisir un objet éloigné et jugeant mal de la distance tangible par la couleur, ferme la main avant d'être près de l'objet qu'il veut prendre. Les couleurs des tableaux lui avaient d'abord paru comme elles sont, c'est-à-dire placées toutes sur le même plan, ainsi que les couleurs naturelles ; mais lorsqu'il eut rapporté celles-ci à des objets diversement situés dans la profondeur de l'espace , il appliqua la même association d'idées aux couleurs des tableaux et fut étonné de ne pas toucher sous elles des corps en relief et situés sur des plans divers. Les miroirs furent pour lui la cause d'illusions du même genre, comme pour les trèsjeunes enfants et les animaux qui cherchent à passer derrière le cadre pour saisir l'objet qu'ils aperçoivent. On lui présenta le portrait en miniature de son père, et il ne put comprendre comment la taille d'un homme tenait dans un si petit espace, ni comment un obstacle aussi petit que sa main pouvait, lorsqu'il la plaçait près de son œil , lui cacher une personne en-

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