XénoplioQ, Mémoires, liv. 1", chap. lu, S
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pas ; et écarte de nous les maux, quand même nous te les de* manderions. Les Lacédémoniens ne souhaitent pas autre chose des dieux , que le beau ajouté au bon, et Toracle d'Âmmon a répondu que le dieu préfère le vœu des Lacédémoniens à toutes les cérémonies de la Grèce. La divinité ne se laisse pas corrompre par des présents, comme un méchant usurier. Le8 dieux ne regardent pas h nos dons et à nos sacrifices , qui peuvent être offerts par des coupables, mais à notre âme, pour s'enquérir si elle est sainte et justes *»
Enfin, Pascal a pris soin de récapituler lui-même en ces ter* mes les préceptes d'Épictète. « Je trouve dans Epictète un art incomparable pour troubler le repos de ceux qui le cherchent dans les choses extérieures , et pour les forcer à connaître qu'ils sont des véritables esclaves et de misérables aveugles; qu'il est impossible qu'ils trouvent autre chose que Terreur et la douleur qu'ils fuient, s'ils ne se donnent sans réserve à Dieu seul... Epictète est un des philosophes du monde qui ont le mieux connu les devoirs de rhommç. Il veut, avant toutes choses, que les hommes regardent Dieu comme leur principal objet , et soient persuadés que Dieu fait tout avec justice ; qu'ils se soumettent à lui de bon cœur, et qu'ils le suivent volontairement en tout , comme ne faisant rien qu'avec une trèsgrande sagesse ; qu'ainsi cette disposition arrêtera toutes les plaintes et tous les murmures, etprépareraleur cœur àsouf&ir paisiblement les événements les plus fâcheux. Ne dites jamais: j'ai perdu cela : dites plutôt : je l'ai rendu ; mon fils est mort: je l'ai rendu; ainsi des biens et de tout le reste... Pendant que Dieu vous en permet l'usage , ayez-en soin comme d'un bien qui appartient à autrui, comme un homme qui fait voyage se regarde dans une hôtellerie. Vous ne devei pas , dit - H
1. Yoy. le Second Alcibiade, On a élevé quel({iie doute sur rauthenUciié de ce dialogue^ Si l'auteur n'est pas Platon, c'est toujours un auteur anden. Mais les digressions qu'il renferme sur l'ignorance , la connaissance et la folie sont tout à fait conformes aux tliéories sur le même sujet du Théétète, du Sophiste et du Parménide , et les préceptes qu'il donne sur la prière sont semblables à ceux de Socrate et à la manière dont Platon envisage les biens de ce monde dans sa République, Yoy. notamment édit. H, E., t. U, p. 604, c; édit. Tauch. , t. V, p. 363.
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encore, désirer que les choses qui se font, se fassent comme TOUS le voulez; mais vous devez vouloir qu'elles se fassent, comme elles se font... Ayez tous les jours devant les yeux la mort et les maux qui semblent les plus insupportables , et ja*mais vous ne penserez rien de bas , et ne désirerez rien avec excès. Il montre aussi en mille manières ce que doit faire rhomme : il veut qu'il soit humble ; qu'il cache ses bonnes réso* lutions, et qu'il les accomplisse en secret. .. Il ne se lasse point de répéter que toute Tétude et le désir de l'homme doivent être de reconnaître la volonté de Dieu et de la suivre K »
S 9. Des dissenliinents sur la conduite morale.
Mais , dira-t-on , si nous avons une conception idéale de la vertu , d'où viennent nos dissentiments et nos hésitations sur la conduite que nous avons à tenir? Pourquoi la morale diffère-t-elle suivant les temps et suivant les pays? Comment ce même Pascal a-t-il été en droit d'écrire ces lignes éloquentes : « On ne voit presque rien de juste ou d'injuste qui ne change de qualité en changeant de climat. Trois degrés d'élévation du pôle renversent toute la jurisprudence; un méridien décide de la vérité , ou peu d'années de possession. Les lois fondamentales changent. Le droit a ses époques... Plaisante justice qu'une rivière borne! Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà!... Le larcin, l'inceste, le meurtre des enfants et des pères , tout a eu sa place entre les actions vertueuses. Se peut-il rien de plus plaisant qu'un homme ait droit de me tuer parce qu'il demeure au delà de l'eau , et que son prince a querelle contre le mien , quoique je n'en aie aucune avec lui»?»
Nous répondrons d'abord que les lois écrites, et même les lois révélées, n'ont point porté remède à ces désordres; on ne peut donc en rien inférer contre l'existence d'une loi naturelle. Nous ajouterons que les hommes ont de tout temps laissé