‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 218 sur 318 · Voy. plus haut, 1. 1«% p · texte numérisé non relu

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Comment Tun prendrait-il l'autre pour son prochain ou pour son semblable ? Ils ne ressentiront que la défiance et la haine, et in guerre s'allumera de tribu à tribu.

La guerre de tribu à tribu, c'est la guen*e sur toutes les parlies du territoire. Ces peuplades malheureuses endurent toutes les souffrances du corps, le froid, le chaud, la faim, la fatigue, la maladie ; dans leurs chasses contre les animaux féroces, elles reçoivent des blessures que l'incurie et l'ignorance aggravent; elles souffrent les tortures de la peste et de la famine, la corruption des plaies, et elles ont sous les yeux le spectacle continuel de la mort. Au milieu de tant de maux, la guerre ne peut être qu'impitoyable et atroce. C'est d'ailleurs une lutte corps à corps et comme une multitude de combats singuliers où chacun reçoit et porte directement les coups les plus cruels^ Les adolescents sont préparés aux combats et aux supplices qui les attendent chez l'ennemi, par une discipline qui est elle-même une sorte de supplice. Souvent il faut sacrifier les nouveau-nés ponr les préserver des douleurs de la faim , et souvent aussi , à l'approche d'une tribu {puissante et victorieuse, les vieillards et les infirmes de la tribu vaincue ne peuvent être défendus contre les tourments réservés aux prisonniers de guerre, que par une mort volontairement donnée . Ce massacre des vieillards qu'on reprochait aux Massagètes , cet abandon des nouveaunés, ces supplices infligés aux adolescents, dont on accusait les Spartiates , tous ces maux se retrouvent de nos jours chez les habitants de l'Âraucanie , chez les Indiens des Pampas, et chez la plupart des Indiens de l'Amérique septentrionale ; ils sont amenés par les mêmes causes.

Mais l'abandon des enfants, va-t-on dire, peut être reproché aux Athéniens et aux Romains, jusque dans les plus beaux jours de leurs républiques ; Tacite est le premier qui ait jeté le blâme sur l'exposition des enfants. Nous pourrions répondre que l'exposition est moins fréquente à mesure que la condition des peuples devient meilleure; mais, si nous voulons bien avouer que la dureté du cœur a pu causer un

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