Exode, XII
LIS CXHfCKPTiœiS OU LA S£CONDB PARTIE DES CONNAISSANCES. 355
une justice privée. Les fils de Jacob, pour venger leur sœur, massacrent tous les habitants mâles de la ville de Sichem et emmènent toutes les femmes en esclavage^; et aujourd'hui , chez les populations chrétiennes de lltalie et de la Corse , les vengeances sanguinaires prévalent encore sur Tautorité mal affermie du jury et des tribunaux.
On reproche à quelques populations sauvages d'imposer aux femmes les travaux du labourage , dont les hommes sont dispensés ; mais quand la guerre est continuelle , les hommes en , prennent la tâche et laissent aux femmes le travail moins rude de la culture des champs. D'ailleurs , les femmes en sont-elles entièrement exemptes de nos jours? La vertu qui est la plus prisée dans les temps barbares est la vertu guerrière, et les femmes, qui en sont dépourvues, se trouvent dans un état d'infériorité voisin de l'esclavage. On se rit du barbare qui, pendant la route, monte sur le cheval et laisse la femme à pied et chargée du bagage : ne saurait-on trouver , de nos jours , un msdtre qui aille les bras libres et laisse porter les fardeaux à sa servante?
« Mais, se récrie-t-on, dans l'antiquité, les femmes, presque esclaves , n*ont d'autres destinations que de donner des héritiers à leurs maris, et elles sont soumises à l'humiliation de la polygamie ; Rachel doit supporter la rivalité de Lia. Elles sont achetées à leur père, et tellement réduites à la seule gloire de donner des héritiers, que la stérilité est pour elles une honte, et même la virginité. Les filles de Lot préfèrent à cet état l'inceste même, et la fille de Jephté, qui va être sacrifiée à Dieu , pleure sur la montagne le malheur de mourir sans avoir donné d'enfants. Par la coutume du lévirat, en usage chez les Hébreux et chez les Athéniens , le plus proche parent du mari, mort sans enfant, est tenu de le remplacer auprès de sa femme, pour lui susciter des héritiers. Enfin Rachel et Lia, par une émulation singulière , se substituent leurs servantes auprès de leur époux, comme auparavant Sara l'avait fait auprès d'Abraham , et elles s'imputent à mérite la fécondité de