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et d'autre ou est d'accord sur les maximes de la morale; on ne se partage que sur les yérités de fait que rexpérience et rbistoire peuvent seules nous enseigner ^ Quant à la peine capitale 9 nous savons que celui qui viole la loi doit être puni , c'est-à-dire qu'il doit souffrir plus que celui qui ne la viole pas : voilà tout ce que nous apprend la conception morale; elle n'indique pas le degré du mal qu'il faut infliger au coupable. Dans une société heureuse , la justice sera satisfaite par une plus faible peine que dans une société malheureuse. La condition générale est-elle arrivée aujourd'hui à un tel état de douceur et de prospérité que le châtiment qui est im* médiatement au-dessous de la peine capitale» paraisse assez sévère même contre l'assassinat? La conception morale n'a rien à nous apprendre sur ce sujet : c'est encore une question que l'expérience seule peut décider*.
Nous ajouterons que la passion offusque souvent la clarté de la conception morale, et que par là, sur une même question, l'homme intéressé n'est pas toujours du même avis que l'homme dégagé de tout intérêt. Les causes de nos dissentiments avec autrui nous mettent aussi en désaccord avec nous^ même. Nous n'hésitons pas sur la maxime, mais sur les moyens qui doivent en procurer l'exécution. La plupart du temps, nous sommes retenus par nos intérêts. Le doute, a dit Cicéron, prouve Fempire de la passion, car Téquité brille d'elle-même '• Cependant , il peut arriver que deux devoirs se trouvent en compétition l'un avec l'autre , et la science morale doit régler la prééminence des devoirs en les rattachant aux maximes générales que nous avons posées. Cicéron a consacré presque tout le troisième Uvre de son traité de Offlciis à résoudre les questions qui naissent de la compétition de nos devoirs. Il suppose, par exemple, qu'un fils, instruit du crime caché de son père , se trouve entre son devoir filial , qui lui ordonne de sauver son père , et son de-