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4. De la Reeherch$ de la vérité, liv. III, 2* part., chap. ii.
80 US'VA SIXIÈME, SECTION PMm^liE*
ception pouvant s'expliquer sans ces objets et par la présence des seules imag^ , il était d'une bonne philosophie dç ne p^ supposer des êtres inutiles, et ce fu^, comme nous le yerrons, le dernier résultat de Thypothèse des images que ^'pn crpyai^ ^Yûlr empruntée d'Aristote.
S 4. Théorie de Deicar^.
JLa pbilpspphie n'était pas encore débarrassée de cette hypothèse au temps ()6 Pescartes. C^ philosophe rejeiia 1^ théorie des images, mais il ne posa pas lé fait indéfinissable et indéqipntrable de la perception , comme l'avait fait Àrisfpte. Q crut^ {^H contraire, comipe Platon, que les sens pouvaiepl qous tromper, et que nous avions besoin de nous dénipntr^r Texislence de§ objets extérieurs. Quoiqu'il eût rejeté l'hypothèse des images représentatives , il n'admit pas cependant que l'esprit fût en communicatioa directe avec les objets pj^-? teneurs. L'objet excitait certains piouveuients dans les organes des sens, et à propos de ces mouvements , Tâme se foripait des id^es qui n'avaient aucune ressemblance avec les objets extérieurs. Commept pouvait-on s'assurer que ces i^lées correspondissent à quelque chose hors de nous? Dieu, disait Des-? cartes, nous donne une inclination à croire qu'elles représentant des réalités extérieures. Mais nous avons les mêmes idées et la même inclination dans le rêve et dans l'état çlp veille : comnient savons-nous que l'inclination nous trqmpe daps un état et mn dàm l'autre? C'est que les idées de l'é^t de ypiUe sont plus ^iirables et mieux liées entre elle^ q^p celjes ^n songe K Ce mofif ^e distinction est celui qug pif^ton, à bon droit, ^vait jugé insuffisant'.
§ 5. Système de Malebranche.
Malebranche n'accepte pas la théorie de Descartes sur la
t. Œuvres philosophiques, édil. Ad. G., 1. 1", p. 177, 178. 2. Voy. plus haut, p. 80, 81,
LES PSRCRPTI0N6 OU Ul PASMIÊRE PAKTII DIS rX>NNAISSANGES. 87
oonnaissance des choses mater ieUes. « Rien ne prouve , dit^il , que noire inclination à croire à Texistence des objets extérieurs nous yiemie de Dieu* Elle peut être, comme nos mauvaises inclinations, l'effet des imperfections de notre nature. «> Malebranche était persuadé, comme les successeurs d'Aristote et comme tout le moyen âge , que Tesprit ne voit pas les objets corporels euxHmèmes, mais des images intermédiaires, et il en donnait pour preuves les prétendues différences qu'il signalait entre les objets et leurs apparences dans Tâme S objections que nous avons réfutées *. Ces apparences des objets dans l'âme, il les appela des idées. Les idées^ dit-il, ont une existence très-réelle , puisqu'elles ont des propriétés différentes les unes des autres , comme , par exemple , l'idée d'un carré et l'idée de quelque nombre. L'âme n'a pas besoin àUdées pour apercevoir ses sensations , imaginations, pures intellections , parce qu'elles sont dans l'âme , ou plutôt parce qu'elles ne sont que l'âme même d'une telle ou telle iaçon ; mais pour les choses qui sont hors de l'âme , nous ne pouvons les apercevoir que par le moyen des idées. Les choses spirituelles peuvent se découvrir à notre âme sans idées et par elles-mêmes. . . L'être sans restriction, l'être immense, l'être universel ne peut être aperçu par une idée^ c'est-à-dire par un être particulier différent de l'être infini '. » Ces phrases fixent bien le sens du mot idée dans le langage de Malebranche. Vidée, suivant lui, n'est pas un acte de l'esprit humain , mais une image représentative des objets, ce que les scholastiques appelaient species, espèces. Ceci posé, il entreprend d'examiner quelle est l'origine de ces espèces , ou idées^itnages. Elles ne peuvent pas venir , dit-il, des objets, pour les raisons que nous lui avons empruntées ^. L'âme n'a pas la puissance de produire elle-même les idées des objets matériels, puisqu'elle ne voit pointées objets. Ces idées ne sont pas créées avec nous, car nous ne les acqué-
t. Delà Recherche de {a v^nt^, liv. 111, n* part, chap. i*', édit. 1678, p. 188.