‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 53 sur 318 · fbid.^chap. Yi · texte numérisé non relu

fbid.^chap. Yi

LIS PIRCIPTIONS OU LÀ PRBMIÈRK PART» DBS GONNÀISSANCBS. 89

en ce monde les idées des objets matériels. C'est ici que recommence Fesclayage dont Malebranche avait voulu délivrer le Créateur. Dieu prend le soin de nous découvrir en lui celle des idées dont nous avons besoin; c'est-à-dire qu'il nous laisse voir l'idée de tel objet précisément lorsque cet objet recte de notre idée, il n'en est que la ecmse occasionnelle. Dieu est donc , à double titre , dans notre dépendance : premièrement , pour accomplir les mouvements de notre corps , ainsi que nous l'avons déjà dit ' ; secondement , pour nous fournir ou nous laisser voir en lui les idées qui nous sont nécessaires.

Hais si nous ne voyons pas les objets extérieurs, si nous percevons seulement les idées que Dieu possède de ces objets, il n'est pas nécessaire que Dieu ait en effet créé des objets conformes aux idées qu'il possède, et rien ne nous assure que ces objets existent. Cette difficulté fut soumise à Malebranche, et il y répondit dans les Éclaircissements qui accompagnèrent les éditions successives de son ouvrage De la Recherche de la vérité* \ mais la solution qu'il donne est plus étonnante encore que tout le reste du système. « Rien ne nous prouverait, dit-il, qu'il existât des objets matériels, si Dieu n'avait pris soin de nous l'apprendre expressément lui-même : or, il a dicté à Moïse un livre où il est écrit : Dieu a créé le ciel et la terre en l'espace de six jours; et où Dieu nomme tous les objets de la création. » Malebranche ne veut pas qu'on lui objecte que nous ne voyons pas plus ce livre que tous les autres objets matériels; que nous en voyons seulement Vidée en Dieu; que cette idée pourrait être en Dieu sans qu'il eût fait le livre qui correspond à l'idée. 11 prétend qu'on ne peut supposer en Dieu une idée fausse et mensongère, comme serait celle d'une création, qui ne répondrait pas à une création réelle. Mais premièrement , pour les fins que Dieu se propose à l'égard des hommes, l'idée de la création vaut la création elle-même.

Page 1