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CHAPITRE V

LA PERCEPTION DE L'ABSOLU

S 1". PERCEPTION DE L'ESPACE PUR OU ABSOLU. -~ § 2. L*ESPACE RÉEL m'EST PAS l'objet d'une conception. ~ DISTINCTION DES CONCEPTIONS GÉOMÉTRI- QUES ET DE l'espace RÉEL. — § 3. L'ESPACE N'EST PAS LE NÉANT. — $A, L'ES- PACE n'est PAS LE CORPS. — S ^* L'ESPACE N*EST PAS DIEU. — § 6. PER- CEPTION DU TEMPS PUR OU ABSOLU. — § 7. LE TEMPS ABSOLU n'EST PAS l'objet d'une CONCEPTION. — S 8. LE TEMPS ABSOLU N'EST PAS LA MÊME CHOSE QUE LES CHANGEMENTS ET LES ÉVÉNEMENTS. — § 9. LE TEMPS n'EST PAS DIEU. — § 10. PERCEPTION DE LA SUBSTANCE ACTIVE NÉCESSAIRE OU DE LA CAUSE ÉTERNELLE. — § H. DES AXIOMES MÉTAPHYSIQUES SUR LA SUBSTANCE ET LA CAUSE. — $ 12. IL N'T A PAS UNE SÉRIE DE CAUSES A L'INFINI, MAIS UNE CAUSE PREMIÈRE ÉTERNELLE. — § 13. DU SPINOZISME. — % lA, DES DIF- FÉRENTES HYPOTHÈSES SUR LE RAPPORT DE LA SUBSTANCE ET DE L' ATTRIBUT. — S 15. DE LA DISTINCTION ENTRE LA SUBSTANCE ET LA FORCE. — % 16. DE l'occasion A PROPOS DE LAQUELLE NOUS ACQUÉRONS LA NOTION DE LA SUB- STANCE NÉCESSAIRE. — $ 17. DU NÉCESSAIRE ET DU CONTINGENT; DU FINI, DE l'indéfini et DE L'INFINI; DU PARFAIT ET DE L'IMPARFAIT. — § 18. DES AXIOMES MÉTAPHYSIQUES QUI NE CONCERNENT PAS L'ESPACE , LE TEMPS ET LA CAUSE.

S 1*'. Perception de l'espace pur ou absolu.

On se rappelle ce que nous entendons par le terme de perception ; on ne le comprend bien que par son opposition avec le mot de conception. La perception saisit des réalités ; la conception est un souvenir, une imagination qui n'implique pas Texistence extérieure de son objet. Nous avons vu que l'âme perçoit des objets qu'on appelle les corps et qu'elle se perçoit elle-même dans le présent et dans le passé. Â propos de ces premières perceptions, elle en accomplit d'autres dont les objets se distinguent des corps et d'elle-même. Ces objets sont l'espace pur ou absolu, le temps pur ou absolu et la cause éternelle. Ces perceptions nouvelles n'accompagnent pas nécessairement les premières : peut-être même quelques hommes

de notre conscience. Mais pour comparer les durées et les nombres entre eux, il faut se les représenter mentalement : à Tacte de reconnaissance, qui est une perception , il faut joindre des conceptions spéciales. Nous nous en occuperons, lorsque nous traiterons des conceptions de la mémoire ^ ; ici nous ne parlons que de la perception qu'elle renferme.

Quelques personnes, et notamment Leibniz, donnent le nom de réminiscence à l'acte de reconnaissance et le nom de mémoire à la conception ou à la représentation mentale des objets absents *. Mais l'usage ordinaire de la langue française n'autorise pas cette acception; au contraire, le mot de réminiscence s'applique à ces conceptions ou souvenirs non reconnus pour tels, qui font souvent qu'un artiste est à son insu coupable de plagiat ^

Nous avons dit que la conscience ne nous fait pas connsdtre tous nos actes, mais que ceux qu'elle nous &it connaître sont réels ; autrement il faudrait qu'elle les eût inventés, et comment pourrait-elle le faire à notre insu. Nous en dirons autant de la mémoire entendue comme acte de reconnaissance : elle ne remet pas devant notre esprit tout ce que nous avons fait ou éprouvé, mais ce qu'elle nous retrace de notre passé est sincère, car comment pourrait-elle le feindre ? elle est une perception, et une perception n'invente pas. La mémoire, dans les limites où elle ne nous fait pas défaut, c'est-à-dire où elle nous rappelle clairement ce que nous avons fait ou dit, est donc une certitude. Elle est comme la conscience une certitude immédiate , qui ne se tire pas d'une autre source que d'elle-même , qui ne peut être prouvée, mais qui n'a pas besoin de preuve et qui sert , au contraire , à prouver les connaissances médiates que produit le raisonnement \

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