‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 97 sur 318 · Ibid.f édit. orig., 1. 1«, p · texte numérisé non relu

Ibid.f édit. orig., 1. 1«, p

de notre conscience. Hais pour comparer les durées et les nombres entre eux, il faut se les représenter mentalement : à l'acte de reconnaissance, qui est une perception, il faut joindre des conceptions spéciales. Nous nous en occuperons, lorsque nous traiterons des conceptions de la mémoire ^ ; ici nous ne parlons que de la perception qu'elle renferme.

Quelques personnes, et notamment Leibniz, donnent le nom de réminiscence à l'acte de reconnaissance et le nom de mémoire à la conception ou à la représentation mentale des objets absents '. Mais Fusage ordinaire de la langue française n'autorise pas cette acception; au contraire, le mot de réminiscence s'applique à ces conceptions ou souvenirs non reconnus pour tels, qui font souvent qu'un artiste est à son insu coupable de plagiat ^

Nous avons dit que la conscience ne nous fait pas conndtre tous nos actes, mais que ceux qu'elle nous fait connaître sont réels ; autrement il faudrait qu'elle les eût inventés, et comment pourrait-elle le faire à notre insu. Nous en dirons autant de la mémoire entendue comme acte de reconnaissance : elle ne remet pas devant notre esprit tout ce que nous avons fait ou éprouvé, mais ce qu'elle nous retrace de notre passé est sincère, car comment pourrait-elle le feindre? elle est une perception, et une perception n'invente pas. La mémoire, dans les limites où elle ne nous fait pas défaut, c'est-à-dire où elle nous rappelle clairement ce que nous avons fait ou dit, est donc une certitude. Elle est comme la conscience une certitude immédiate , qui ne se tire pas d'une autre source que d'elle-même , qui ne peut être prouvée, mais qui n'a pas besoin de preuve et qui sert , au contraire , à prouver les connaissances médiates que produit le raisonnement \

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