Parménide, édit. H. E., t. llh o
de l'unité ne participe donc pas à l'existence, il y aurait l'existence de l'unité qui ne serait pas la même chose que l'unité; car si les deux choses n'en faisaient qu'une, on ne dirait pas que l'une appartient à l'autre; donc l'unité n'existe pas. Si elle existe, elle a des parties : en effet, si l'on dit de l'unité qu'elle existe et de l'existence qu'elle est une, il en résulte qu'unité et existence ne sont pas la même chose, et qu'elles forment un tout dont les parties sont l'existence et l'unité. Mais chacune de ces parties contient l'autre : l'unité renferme l'existence et Texistence l'unité, de sorte qu'il y a toujours dualité ei iamms um[é; donc l'unité ne participe pas à l'existence. Si on suppose qu'elle y participe, l'unité sera aussi une totalité : en effet, l'unité et l'existence diffèrent lune de l'autre; elles diffèrent non par ellesmêmes, mais par le genre de la différence; l'unité, l'existence et la différence donnent les nombres deux et trois qui, combinés, produisent le nombre infini. Ce nombre infini participe à l'existence; celle-ci se partage entre toutes les parties de ce nombre; et chacune de ces parties est une. Ainsi l'unité appartient à chacune d'elles; mais leur appartient- elle à chacune tout entière? Cela est impossible. Elle se divise entre toutes. L'unité divisée par l'existence contient doncune infinité de parties, et comme les parties appartiennent à un tout, l'unité sera une totalité, et par conséquent unité et pluralité, ce qui est contradictoire. j>
Toutes ces contradictions n'empêchent pas Platon de maintenir la réalité du genre de l'unité : « Ce qui n'est pas, dit-il, n'a pas de nom, n'est ni cru, ni connu, ni senti; or, peut-on dire qu'il en soit ainsi de l'unité? Si l'unité n'est pas, les choses ne pourront pas former U7i nombre, une masse; elles se subdiviseront à l'infini et se disperseront'. »