Voy. plus haut, même vol., liv. IX, chap. i
autre part, le raisonnement ne diffère du jugement qu'eu degré 1, et le {joût est un ensemble de facultés intellectuelles et d'inclinations 2.
La division de Reid n'est donc pas distincte; elle sé« pare des objets qui rentrent les uns dans les autres, et elle confond en une seule branche des éléments véritablement opposés et qui demanderaient à être distingués. Mais quand on pénètre dans l'intérieur de ce système, on y découvre des lumières nouvelles et abondantes, qui peuvent nous aider à réformer le vice de la classification générale.
Avant Reid, tous les philosophes pensaient que la marche naturelle de l'esprit était de l'idée au jugement. Il a le premier fait voir que la marche est inverse et que l'esprit va du jugement à l'idée*. Ce simple changement est une révolution tout entière; c'est la rénovation de la philosophie de l'esprit humain. Reid montre comment l'intelligence est dès son début en possession de la vérité ; comment elle saisit déprime abord les réalités extérieures, que les anciennes théories se croyaient obligées de prouver, et qu'elles étaient obligées même d'abandonner, quand elles étaient conséquentes à leurs prémisses. Par suite de cette découverte sur l'ordre relatif du jugement et de l'idée, Reid a le premier placé sur ses véritables fondements la théorie de la perception extérieure, et il l'a encore fortifiée par la distinction des différentes données de nos Sbus. Il nous a enseigné à ne plus confondre les perceptions du toucher avec celles de la vue, et en séparant l'étendue et la forme de la couleur d'avec l'étendue et la forme du tangible, il a absous les sens des erreurs qu'on leur reprochait, il a relevé la connaissance sensitive du mépris où elle était tombée et l'a