Essai sur l'indiff., p
reurs*. » Ainsi c'est Dieu lui-même qui a si longtemps enseigné à la majorité des hommes qu'il y a plusieurs dieux. « Quel est, poursuit-on, le peuple qui n'ait pas cru à l'existence d'une vraie religion, qui n'ait pas repoussé comme fausses toutes les religions contraires à la sienne 2? » Cette répugnance de chaque peuple pour le culte qu'il ne professait pas était-elle une preuve de la vérité de sa religion? Les Égyptiens avaient donc raison contre les Hébreux, et Pharaon contre Moïse? « La vraie religion, dit-on encore, est celle qui repose sur la plus grande autorité visible. Tout dans le choix d'une religion se réduit donc à savoir s'il existe quelque part une autorité qui soit la plus grande autorité, une société spirituelle et visible qui déclare qu'elle possède cette autorité '. » Aurait-onadressécesparolesauxmartyrsquimouraientpour la foi du plus petit nombre? On s'appuie sur Bossuet qui a dit : « Il y a toujours eu sur la terre une autorité visible et parlante à qui il a fallu céder. Il faut un moyen extérieur de se résoudre sur les doutes *. » Cette autorité extérieure était en Egypte Jupiter Ammon; en Grèce, l'oracle de Delphes; à Rome, les augures et les livres des Sibylles. Recevrez-vous toutes ces autorités? On conclut « qu'avant Jésus-Christ, il existait une société spirituelle et visible, société universelle, mais purement domestique, qui conservait le dépôt des vérités nécessaires, en sorte que la vraie religion se composait des dogmes et des préceptes, originairement révélés de Dieu et attestés par la tradition de toutes les familles; que cette religion qu'on pouvait dès lors facilement distinguer des erreurs particulières et des superstitions locales, reposait évidemment sur la plus grande autorité, que la religion