Essai sur l'indiff,, p. 202. — 2. Ibid., p
témoignages au lieu de les compter, vous renoncez à la 1/ suprématie de la pluralité. « Mais ce poids n'est fixé que par le consentement général i. » Vous abandonnez alors le poids pour le nombre, et vous êtes en contradiction avec votre église et avec vous-même.
En résumé, pour apprécier la valeur du consentement général, il faut distinguer les connaissances d'avec les croyances. Dans la limite des perceptions et des conceptions, le consentement est universel; mais chaque sens individuel concourant à former ce consentement, il n'en subit pas l'action, il en est la cause et non l'effet. Le fou est seul, sur ce point, contraire au sentiment commun, mais il n'en reçoit pas l'influence, et il ne s'y range que quand il parvient à discerner par lui-même ses conceptions d'avec ses perceptions. Dans l'ordre des croyances, au contraire, le consentement général exerce une grande action; la croyance du plus grand nombre n'emporte pas toujours celle du plus petit : mais elle l'intimide et le gêne. Nous ne croyons pas nécessairement comme la majorité, mais nous aimons à croire comme elle. Il faut observer toutefois que dans ce cas le sentiment commun est aussi faillible que le sens individuel, parce qu'il n'est qu'une croyance. Il est donc impossible de considérer le témoignage général comme produisant la certitude, ni surtout comme la produisant à l'exclusion des facultés de
la raison individuelle. Il est impossible, en conséquence,-^/ de le regarder comme l'expression d'une révélation primitive. L'auteur voulait placer la raison de l'homme « dans l'alternative ou de vivre de foi ou d'expirer dans / le vide ^. » La foi fait partie de l'intelligence humaine; — mais elle n'en est pas la seule faculté; et la raison ne tombe pas dans le vide dès qu'elle met le pied hors de -^