PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRES 1 ET II
Un autre traité de Straccha, De adjecio, ne fait point partie des premières éditions de ses œuvres. On lui a quelquefois aussi attribué d'autres traités.
Straccha a écrit pour les jurisconsultes, et surtout pour les commerçants, en possession d'une juridiction spéciale, et jugés, depuis longtemps, par des curies de marchands, par des consuls élus temporairement. Quoiqu'il traite de questions alors usuelles, et d'une discussion journalière, son sujet, néanmoins, ainsi que lui-même le dit à plusieurs reprises, était nouveau. ïl a tiré du droit civil, des écrits des jurisconsultes, et de la coutume, cette science du droit commercial à laquelle le droit général fournit ses racines, sa sève et sa vie, mais qui, comme la branche de l'arbre, s'en distingue tout en y tenant.
Son respect extrême pour ses devanciers, et le soin scrupuleux qu'il met, en toute circonstance, à s'appuyer sur eux, ne lui ôtent pas la liberté de les combattre ; il aime à proclamer l'empire des règles naturelles de l'équité en matière commerciale; mais il veut aussi que l'équité s'appuie sur la loi, et que le droit commercial se tienne en constante harmonie avec le droit civil.
Le style de Straccha, assez peu élégant, est plus clair que correct. Suivant la mode de son temps , il entasse les autorités sur les propositions même que leur évidence devait garantir de ce fatigant secours. Quelques digressions inutiles, et surtout l'intempérance de ses citations, toujours entremêlées à son texte, sont les principales causes de la difficulté de sa lecture, qui, d'un autre côté, est aidée par la fréquence des divisions, et par des sommaires placés à la tête de chacune d'elles.
Straccha exerçait la profession du barreau à Âncône, sa patrie; ses écrits attestent qu'il était fort consulté. Plusieurs
passages (*) prouvent que son ouvrage a été composé sous le pape Jules III, qui occupa le trône pontifical de 1550 à 1555. Dans sa dédicace au sénat et au peuple d'Ancône, il loue la sagesse des lois commerciales de cette cité, mais il remarque qu'elles ne contiennent rien in decoctoribus et decoctionibus ; il forme le vœu que ses travaux, et les enseignements qu'il a recueillis dans les lois des divers États, aident à compléter la législation de son pays, pour sa plus grande prospérité , et pour diminuer les procès.
Les œuvres de Straccha ont été imprimées à Venise en 1553 par Paul Manuce.On n'en lit pas moins sur le titre d'une édition donnée ensuite à Lyon en 1556 : Omnia nunc primùm édita. Plusieurs réimpressions , faites en des pays divers, et parmi lesquelles nous indiquons ci-après celles des recueils de Zileti et de Landry, attestent que le crédit de Straccha s'étendait au loin, et que son autorité était partout acceptée.
Le traité De decoctoribus porte la lumière sur une matière qui était restée neuve malgré son importance pratique, materiam utilissimam atque quotidianam et novam (2). Il est divisé en sept parties, et contient 229 propositions indiquées par des sommaires.
La Ire partie définit les mots decoctor^ conturbator, fallitus, fallimentum. Elle contient 3 numéros.
La IIe, en 5 numéros, distingue trois classes de décocteurs : ceux dont la faillite est le tort de la fortune ; ceux qui ont failli par leur propre tort -, ceux qui ont failli en partie par leur tort, en partie par celui de la fortune. Elle explique les expressions non solvendo, credere foroy vertere solum.
( ■ ) Tracl. princip. dedic. — De merc.y II, 87. — De sponsionibus, dedic. (2) De decoct. prœfat.