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CHOCOLAT. Cette substance, dont mes lecteurs connaissent sans doute les propriétés physiques et la préparation , est , lorsqu’elle est de bonne qualité, d’une couleur rouge foncée, lisse à sa surface, soluble dans l’eau et le lait bouillants: cette solution est de consistance moyenne, et sur-
nagée par des gouttes huileuses. Les chocolats de médiocre qualité ont toujours été alongés par une certaine quantité de farine ou d’amidon, que l’on unit à la pâte encore chaude, lorsque l'on broie cette dernière sur la pierre dite à chocolat. Cette sophistication se reconnaît à l’odeur de colle, à la consistance épaisse d’un pareil chocolat lorsqu’on le dissout dans l’eau chaude ou dans le lait : c’est donc à tort que le vulgaire donne , en général , la préférence au chocolat qui foisonne le mieux avecl’eau;la dissolution du chocolat dans le liquide, doit, comme nous l’avons dit , être de consistance moyenne.
M. Cadet, dans un travail inséré aux Annales de chimie , a prouvé que tous les chocolats contiennent du fer en quantité très-notablej cette addition est à la vérité peu nuisible, mais il n’en n’est pas de même pour la présence de la chaux qu’il a signalée. Ce pharmacien a calculé qu’un homme qui prend tous les jours une tasse de chocolat , a mangé au bout de l’année trois onces de chaux , enlevée probablement aux pierres sur lesquelles on broie la pâle de cacao : celte addition ne peut d’ailleurs être considérée comme frauduleuse.
CHROMATS DEPliCMB. Cette couleur, appelée aussi jaune de chrome , est un sel jaune insoluble, formé d’acide chromique et d’oxide de plomb. On l’obtient en faisant réagir le cliromate de potasse sur l’acétate de plomb, et lavant le
précipité jusqu’à ce que l’eau de lavage sorte parfaitement claire : telle est au moins la méthode que suivent les marchands de couleurs • je remarquerai seulement qu’après le broyage la condition la plus essentielle pour obtenir une bonne couleur, est un lavage parfait, conséquemment l’organe du goût ne peut donner avec exactitude le point où l’on doit s’arrêter pour le lavage ; on doit pour s’assurer si un chromate de plomb est bien lavé , y ajouter un peu d’eau distillée tiède, filtrer et essayer l’eau de lavage par l’acide tarlarique liquide en excès : si la liqueur ne présente aucun précipité cristallisé, on peut assurer que la couleur est exactement lavée ; dans le cas contraire on doit laver de nouveau la couleur, jusqu'à ce que l’eau de lavage ne présente plus le phénomène dont je viens de parler.
On connaît dans le commerce deux qualités de jaune de chrome: la première qualité est ordinairement en poudre , d’un jaune tirant sur la couleur de la fleur appelée capucine; la deuxième est en général en trochisques pesant environ six grains, d’un jaune serin ;
i°. Douze parties de chacun de ces chromâtes traites par le vinaigre du commerce, bouillant, donnent un résidu pesant :
Première qualité , io parties.
Deuxième qualité, 8 parties.
La solution dans le vinaigre ne précipite pas en noir par l’hydrosulfate de potasse* conséquemment le vinaigre ne dissout aucune partie de chromate de plomb, et toutes les fois que ces chromâtes auront été alongés avec le massicot , la liqueur précipitera en noir par l’hydrosulfate.
Si 1 chromâtes ont été alongés avec de la
craie, lKrésidu , après le traitement par le vinaigre, sera moins considérable que celui que j’ai donné plus haut.
2°. Si on traite le résidu au moyen de l’acide nitrique bouillant , la dissolution est complète, ce qui n’aurait pas lieu si le chromate était alongé avec de l’argile siliceuse. La solution dans l’acide nitrique ne doit former qu’un précipité blanc par l’ammoniaque ou par le prussiate de potasse, si le précipité est bleu dans le premier cas, et couleur marron dans le second; le chromate contient du cuivre : si le précipité est blanc-verdâtre dans le premier cas, et bleu dans le deuxième; le chromate contenait du fer : tous les chromâtes du commerce sont alongés par de l’argile ferrugineuse , et conséquemment la solution dans l’acide nitrique, précipite toujours en bleu et non en blanc, par le prussiate de potasse : toutes choses égales , celui pour lequel le précipité sera d’une teinte bleuâtre peu foncée , méritera la préférence. Le chromate de plomb dont on fait usage dans la peinture, est employé depuis quelque temps pour donner do
beaux jaunes minéraux sur les étoffes ; enfin dans ces derniers temps, on a vu de très-belles faïences d’un jaune-serin : ces faïences, qui sortent des fabriques de Creil , de Montereau , de Choisy , sont obtenues en ajoutant au chromate de plomb une certaine quantité de litharge, et vernissant les biscuits à la manière ordinaire; il est seulement à remarquer que la température pour 1’application de ce vernis est très-basse, puisqu’elle ne doit pas dépasser 6 à y0 Wegwood : je crois de voir signaler ce vernis qui offre à la vérité un coup cl’œil agréable, mais qui, étant peu réfractaire, peut être dangereux lorsqu’on s’en sert dans l’économie domestique.
CBSOMATE DE POTASSE. Ce sel , comine son nom l’indique, est formé d'acide chromique et de potasse. Il existe deux chromâtes : le premier est un selneutre d’une couleur jaune, donton fait aujourdhui une consommation assez considérable, pour obtenir sur toile ces beaux jaunes de chrôme dits jaunes aladins ; le deuxième est un souschromate de couleur rouge liyacinte, que l’on peut employer, comme le précédent, à la préparation du chromate de plomb : le chromate de potasse a la propriété de cristalliser avec le sulfate de potasse j on prétend même qu’on en verse dans le commerce qui contient jusqu’à quarante pour cent de sulfate depotasse.il suffit pour reconnaître
la falsification de voir si la solution précipite avec le nitrate acide de barite* le poids du précipité indique celui du sulfate de potasse mélangé.
CIGUE3. Plantes de la pentandrie digynie , L. Ombellifères J. On fait , en médecine , usage de trois espèces de ciguë, 1° la grande ciguë conium niaculatum ; la ciguë vireuse, cicutci virosa ; la petite ciguë ou ciguë des jardins cethusa cyna~ piurru On peut confondre ces espèces , entre elles ou avec d’autres de la même famille, le cerfeuil, scandix cerefoliam, le persil commun, apiumpetroselinum , le cerfeuil sauvage , chœrophjrllum sylvestre, le cerfeuil bulbeux chœrophyllumbulbosum , le cerfeuil musqué scandix odorala , la phellandrie aquatique phellandrium acjualicum. Les différences que présentent les végétaux que je viens de citer sont importantes , et j’ai cru pouvoir rassembler les principales sous un même point de vue.
i°. La grande ciguë, dont les propriétés médicales sont bien connues, doit être la seule employée en médecine ; elle s’élève à trois , quatre et cinq pieds ; la tige est ronde , creuse , à sillons peu marqués, d’un vert peu foncé , glabre et parsemée de taches pourpres ou brunâtres qui sont souvent rudes au toucher; les feuilles sont grandes , lisses et pennéas; celles du bas de la lige sont al- 1 ternes , pennées trois ou quatre fois, et garnies de
pétioles cannelées en forme de gouttières, avec les taches brunâtres dont j’ai parlé, celles du haut , en général, opposées et seulemeut bipennées ; les unes etles autres, terminées par une foliole pointue, lancéolée et dentée , sont d'un vert foncé à la surface supérieure, d’un vert pâle à la surface inférieure , qui porte une arête centrale bien marquée. Ces feuilles répandent une odeur désagréable que la dessiccation exalte singulièrement. Les fleurs sont blanches et disposées en ombelles ; les fruits, qui sont globuleux , contiennent deux semences convexes appliquées l’une contre l’autre , à cinq côtes cannelées et fusées.
i°. La ciguë vireuse s’élève à deux ou trois pieds; la tige est ronde , creuse , glabre, striée, marquée de lignes fines , blanchâtres ou rougeâtres , et garnie de nœuds d’où partent les feuilles qui enveloppent la tige de heurs pétioles membraneux ; les feuilles à pétioles alternes sont d’un vert foncé et composées de folioles sessiles , étroites , alongées . dentées en scie, glabres, et d’un vert foncé* le fruit, oval , sillonne, contient deux semences convexes en dehors , à cinq côtes non cannelées. Toute la plante a une odeur nauséabonde de cerfeuil, que la dessiccation fait entièrement disparaître; cette plante ne croît que dans les lieux aquatiques.
3°. La ciguë des jardins s’élève à un ou deux pieds; la tige est droite, arrondie , creuse, d’un vert violacé; les feuilles alternes, à pétioles sor-
tant de gaines cannelées , membraneuses sur les bords et deux fois dentées à l’extrémité 3 les folioles pointues , d’un vert foncé en dessus , d’un vert plus pâle et luisant en dessous ; l’involucelle des ombelles est composée de trois folioles trèslongues , étroites et pendantes sur un des côtés ; l’odeur de la plante est très-faible ; ou la confond surtout avec le persil.
4°. Le cerfeuil s’élève à un pied et demi au plus; les feuilles sont composées de folioles moins grandes et plus découpées que celles de la ciguë vireuse qui ne croit d’ailleurs que dans les lieux aquatiques , tandis que le cerfeuil demande une terre douce et légère ; les ombelles sont formées de rayons plus petits que dans la grande ciguë, que l’on reconnaît ensuite à son odeur forte et nauséabonde 3 enfin l’odeur alliacée, les graines ovales et striées de la ciguë des jardins, la distinguent assez bien du cerfeuil.
5°. Le persil commun ne pourrait se confondre qu’avec la ciguë des jardins; or, cette dernière plante développe, par la friction entre les doigts, une odeur nauséabonde marquée, ce qui n’a jamais lieu pour le persil.
6°. Le cerfeuil sauvage a des propriétés qui le rapprochent des poisons âcres du règne végétal ; et son action sur les organes étant analogue à celle des renoncules, on doit bien le distinguer du cerfeuil ordinaire. Or, les feuilles sont vertes, noi-
râtres ou grisâtres, à folioles très-aigues; les graines sont striées, les pélioles soyeux; les semences sont d’un noir brillant , lisses et lancéolées.
CIï^ABRE. Cette substance est rouge , insoluble dans l’eau , soit en poudre , soit cristallisée en aiguilles; elle est employée particulièrement dans la peinture. Ainsi les peintres , pour les draperies rouges, peignent avec le cinabre et donnent ensuite un glacis avec la belle laque de garance. Considéré chimiquement , le cinabre est un composé de soufre et de mercure. La préparation de cette substance présente de très-grandes différences dans les fabriques, et l’examen des divers procédés usités ne peut trouver place ici. Les cinabres de Chine sont ceux qui méritent la préférence; ils ont un ton de carmin que l’on ne trouve pas en-’ core dans les cinabres français. Anciennement les cinabres de Hollande tenaient le premier rang après ceux de Chine, mais aujourd’hui les cinabres de France sont préférés à ceux de Hollande.
On peut falsifier le cinabre avec du minium ( oxide rouge de mercure ) , du colcothar ( oxide rouge de fer ) , du sang-dragon, de la brique. Il suffit y pour reconnaître ces falsifications , de se rappeler que le sulfure rouge de mercure ne laisse aucun résidu lorsqu’on le chauffe fortement. Il suffira donc d’exposer une petite partie du cinabre suspect sur une pelle rouge; s’il laisse un résidu,
on en conclura qu’il a été falsifié. Cette expérience ne serait plus applicable à la falsification du cinabre par l’oxide rouge de mercure ( ce dernier est volatil ) ; mais le prix de l’oxide étant à-peuprès le meme que celui de cinabre, cette falsification n’offrirait aucun avantage.
CIRE BIiAKTCHE. Cette substance, qui n’est autre chose que la cire jaune ordinaire, à laquelle on a enlevé sa matière colorante en l’exposant aux rayons solaires ou à l’action du chlore liquide, se trouve dans le commerce sous la forme de disques de trois ou quatre pouces de diamètre; elle est employée en médecine et dans les arts, particulièrement dans la fabrication des bougies.
La cire blanche est plus cassante, moins fusible et plus pesante que la cire jaune; la propriété qu’elle possède de se dissoudre dans l’essence de térébenthine , donne un moyen facile de s’assurer si elle été falsifiée par de la farine, de l’amidon, du suif, etc., etc. J’indiquerai à l’article suivant les autres épreuves que l’on peut faire sur la cirepour connaître sa pureté.
CIRE JAUKTE. On la trouve dans le commerce sous la forme i° de pains orbiculaires de diverses épaisseurs ; 20 de prismes allongés rectangulaires , elle a été obtenue en faisant fondre les rayons dans l’eau chaude , après en avoir extrait le miel. La cire surnage et se débarrasse des impuretés
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qui se précipitent ou se dissolvent dans 1 eau, la cire de bonne qualité est tenace , et cependant cassante, jaune, d’une odeur douce analogue à celle du miel, sèche, non grasse au toucher, insoluble à froid dans l’eau, l’alcool, l’éther, soluble dans l’alcool ou l’éther bouillans, dans les huiles fixes, dans l’essence de térébenthine, fusible et inflammable : les principales précautions dans cet achat, sont de s’assurer si les gâteaux sont cassans , insipides , ont une couleur jaune, une odeur agréable, si la cire n’adhere pas aux dents dans la mastication , et si elle brûle sans résidu. La cire peut être falsifiée avec i° des résines, de la poix de Bourgogne, du Galipot; a° du suif, des matières grasses 5 5° de la farine et surtout de la farine de pois, de l’amidon; 4° des substances terreuses; 5° du soufre en fleurs. La falsification avec les résines se reconnaît à la viscosité, à l’odeur et à la couleur; on s’en assure d’ailleurs par l’action de l’alcool à froid , qui dissout les substances résineuses; et est sans action surla cire elle-même: les cires mélangées avec du suif, des matières grasses, sont moins cassantes , plus onctueuses au toucher , d’une odeur de suif désagréable. L’addition de la farine donne à la cire une teinte plus pâle , et cette cire ainsi falsifiée ne se divise pas en morceaux assez gros lorsqu’on la frappe, mais se partage en petits fragmens grumeleux ;la fusion d'une cire semblable ou sa dissolution dans l’essence de
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térébenthine.; suffirait pour reconnaître la fraude; on peut ajoutera ces caractères la teinte bleue que l’iode donnerait à l’eau mise en ébullition sur cette cire. Les substances terreuses se découvriront par la liquéfaction. La cire, mêlée à la fleur de soufre projetée sur une pelle rouge, exhale une odeur marquée d’acide sulfureux.
En général, on parvient facilement avec un peu d'habitude à reconnaître les cires qui ont été altérées par l’addition de quelques matières grasses. Aux épreuves que j’ai indiquées on peut ajouter l’odeur désagréable et la fumée plus épaisse que répand la cire mélangée lorsqu’on la projette sur des charbons ardens : telle est encore la difficulté qu’on éprouve pour l’enlever avec de l’esprit-de-vin lorsqu’elle a été coulée par gouttes sur des étoffes; l’esprit-de-vin égrène sur-lechamp la cire de bonne qualité , tandis que dans le cas contraire, elle est très-adhérente et fait tache ; mais rien n’indique d’a vance si une cire est susceptible d’arriver à un grand degré de blancheur. On est obligé de soumettre les pains à l’essai , on les numérote en les divisant en trois sections : le n° i indique ceux qui se blanchissent le mieux.
CÏTB.O&T. Fruit- du citrus metlica de la p<s$ lyandrie ic os and rie . L. aurantlées , J» Les
meilleurs citrons sont ceux de Messine , ils ont l'écorce fine et sont très juteux ; viennent ensuite ceux de Gênes.
CITRON ( SUC DE. ) Les pharmaciens ne préparent pas toujours ce suc eux-mêmes, parce qu’il nous est importé d’Italie , de Sicile, à bien meilleur compte. Les principales altérations de ce suc sont dues , 1° à la séparation incomplète de la partie mucilagineuse : ce suc mal dépuré se conserve peu, fermente, moisit, acquiert une saveur amère et une odeur désagréable’ i° à l’addition d’une certaine quantité d’eau. On reconnaîtra toujours cette falsification , en se rappelant que le bon suc a une densité qui varie de i,o3à l ,06 , et doit saturer le2oe desonpoidsdesous-carbonate dépotasse; ce dernier moyen est extrêmement exact et facile.
Le suc de citron peut encore être falsifié par les acides sulfurique , nitrique , hydrochlorique , tartarique et acétique. Dans tous ces cas, on sature le suc suspect parde la potasse, et on examine la liqueur saline; tQ pour l’acide sulfurique ,1a liqueur évaporée donne un résidu qui , calciné avec du charbon , exhale une odeur d’œufs pourris; î° pour 1 acide nitrique, la liqueur saturée et évaporée donne un résidu qui fuse sur les charbons à la manière des nitrates ; 50 pour l’acide hydrochlorique, on peut se contenter de l’épreuve du nitrate d argent, qui donne un précipité blanc caillebotté.
soluble dans l’ammoniaque liquide • 4° pour l’acide acétique, le résidu de la liqueur saturée et évaporée dégage une odeur de vinaigre lorsqu’on le traite par l’acide sulfurique • 4° pour l’acide tartarique , la potasse ajoutée en quantité insuffisante pour la saturation, donne après cinq minutes un précipité blanc cristallin ( tartrate acidulé de potasse) qui ne se produit jamais dans le suc de citrons pur.
CIVETTE. Substance odorante qui se rassemble dans une bourse ou poche située entre l’anus et les parties génitales d’un quadrupède carnivore sauvage, vivtra zibelha, originaire de l’Arabie, du Malabar, des îles Philippines , etc. Plusieurs de ces animaux sont transportés du Caire à Amsterdam, où ils sont l’objet d’une branche de commerce considérable. On extrait la civette de la poche de l’animal tous les jours en été, et deux fois la semaine en hiver j la quantité qu’on en retire chaque fois est de 2 grains au moins et de 4 grains au plus. La bonne civette est brune ou d’un clair jaunâtre , d’une consistance de miel, bien homogène, ne renfermant point de parties opaques ou de grumeaux durs. Elle doit s’éLendre facilement sur le papier et répandre une odeur très-forte qui est malfaisante lorsque le suc n’est pas étendu, mais qui devient agréable lorsqu’il est mêlé avec une grande quantité d autres substances. La civette est souvent falsifiée avec de la graisse rance, du
miel, du beurre, etc. Celle eivetle, qui imile trèsbien la vérilable , demande beaucoup d’habilude pour être distinguée.
CLOPORTES. Les cloportes ou millepieds , oniscus asellus , que l’on employait en médecine comme diurétique , sont aujourd’hui bannis du domaine de la médecine • on les falsifiait avec l’armadille, oniscus annadillo ; ce dernier a plus de pattes , sa queue est entière et non divisée.
COCHENILLE. La cochenille est un petit insecle qui vit sur plusieurs espèces de cactus, cactus truna , cactus coccionneilifer , et qu’on multiplie au Mexique, ainsi que dans d’autres pays , pour les employer à la teinture des étoffes. On distingue dans le commerce deux espèces de cochenille : la première, dite meslèque , est plus estimée que la seconde , qui est désignée sous le nom de sylvestre. C’était par la cochenille qu’on donnait à la teinture la couleur écarlate , la plus belle de toutes les couleurs ; le carmin , dont j’ai parlé plus haut, est une substance colorante extraite de la cochenille par un procédé qui est encore secret. Je tiens d’un teinturier que la cochenille, que l’on employait anciennement pour les couleurs ponceaux, est à peu près abandonnée aujourd’hui : les teinturiers font usage de la laque, qui leur donne des produits aussi beaux , aussi solides et
moins dispendieux, puisqu’il y a deux débouillis de moins à donner dans la teinture avec la laque.
( Voyez ce mot. )
COCHÎ.EAB.IA» Les feuilles du cochléaria , cochlearia offLcinalis de la tètradynamie si Houleuse , L. , crucifères J., sont employées en médecine comme antiscorbutique. On fait usage des feuilles radicales qui sont arrondies et cordiformes; on les confond quelquefois avec celles de la petite chélidoine, ranunculus ficaria; les feuilles de celle-ci sont en forme de cœur, mais elles sont irrégulières et offrent au centre une tache noire qui suffit pour les distinguer.
CO&COTAn appelé aussi rouge d* Angleterre , est un oxide rouge de fer que l’on emploie quelquefois en médecin^ comme tonique, vulnéraire; il sert aussi à polir le verre, d’autres substances, et porte alors le surnom de crocus ou crocus rnartis. Il peut être falsifié par de la brique , du sang de dragon ;cedont on s’assureenletrailant par l’acide hydrochlorique qui doit le dissoudre entièrement.
COEXiES. On distingue un grand nombre de colles; i° de Flandre; 2° d’Angleterre; 3° de Paris, etc., etc. La plus estimée est celle que l’on vend sous le nom de colle de poisson ; on en distingue de plusieurs qualités : la première, qui
vient de Moscou, est celle dite en lyre , qui est en masse* rondes, contournées en fer à cheval, composées de feuillets roulés, d’une couleur blanche un peu jaunâtre , d’une transparence analogue à celle de la corne ; la deuxième qualité est dite en livre j la troisième est d’une couleur d’ambre, contient qnelquefois beaucoup d’impuretés parce qu’elle a été préparée et séchée avec peu de soin.
COEUHïBO ( RACINES RE ). C’est la racine d’une plante dont l'espèce n’est pas connue, et que Wildenow croit appartenir au genre bryone. Elle nous arrive en rondelles de un demi à trois pouces de diamètre : cette forme paraît avoir eu pour objet de faciliter sa dessiccation, car les morceaux d’un diamètre un peu considérable, sont ordinairement percés d’un trou. L’écorce de ces rondelles est d’un brun noirâtre ; l’intérieur, d’un blauc jaunâtre, est rugueux avec une odeur un peu aromatique , la saveur amère et extrêmement désagréable est analogue à l’amertume des quinquinas , dont elle paraît avoir les propriétés. On assure que cette racine est confondue avec celle de bryone. Cette dernière est en général d’un diamètre plus grand $ l’écorce est jaune et presque semblable à l’intérieur j les rides des rondelles sont bien plus tranchées que celles du columbo. Il suffit, je crois , d’examiner une seule fois ces deux racines pour ne pas les confondre.
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COF-AX. La résine copal t dont on fait un grand usage dans la fabrication des vernis, est d’un beau blanc légèrement brunâtre; on l’obtient du rlius copallinum delà penlandrie trigynie , L., arbre qui croît dans l’Amérique septentrionale ; mais on assure que la résine copal de la meilleure espèce vient de l’Amérique espagnole. Elle ressemble quelquefois à la gomme animée , mais on peut la distinguer de cette dernière substance. i° La résine copal ne se dissout dans l’alcool que dans des circonstances particulières, tandis que la résine animée y est très-soluble; 2° la résine copal , lorsqu’on la mâche , se brise sous la dent, tandis que la résine animée se ramollit dans la bouche. On distingue dans le commerce deux espèces de copal : i 0 le copal dur, a0 le copal tendre ou faux copal. Le premier a tous les caractères du succin, excepté qu’il ne donne pas d’acide succinique. D’un autre côté, suivant M. Guibourt , le succin renfermé en masses dans un bocal , ou pulvérisé, prend une odeur forte toute particulière ^ enfin, le succin humecté avec de l’alcool , reste sec tandis que le copal devient poisseux et collant. Le copal tendre est moins estimé , se laisse facilement entamer par le couteau ; du reste, la friabilité se retrouve dans les vernis où on le fait entrer, ce qui le rend moins bon que le précédent.
COTOars . Les détails suivans que j’emprunte
au nouveau Dictionnaire technologique, indiquent bien mieux que je ne pourrais le faire, quelles sont les règles qui doivent guider dans le choix des cotons.
« Nul autre produit ne peut être comparé au « coton, sous le rapport de son immense utilité, « il est actuellement la principale base des vête- « mens de l’homme j son exploitation est devenue, « depuis quelques années, l’objet de spéculations « si élevées, que la prospérité de plusieurs royau- « mes s’y trouve étroitement liée.
» M. Vautier a donné les principaux caractères « qui servent à reconnaître la bonne qualité du « coton , et quelles sont les différences observées « entre les espèces les plus connues.
» On doit donner la préférence au coton dont « la soie est la plus longue , la plus douce au tou- « cher , la plus line et la plus nette • elle ne doit v. être ni frisée ni boutonneuso. Pour reconnaître « ces qualités, le lilateur prend une poignée de u coton, la serre dans ses deux mains, rapprochées u de telle manière que les deux pouces appuyant « sur le coton, laissent échapper peu de filamens « à la fois : en tirant les soies en sens inverse, on « s’assure rie leur longueur ■ le toucher fait juger « de leur douceur et la vue de leur finesse. Si l’on « rapproche le coton de l'oreille , en essayant de « rompre les filamens, on entendra leur déchire- « ment à proportion de cc qu’ils auront de téna-
« cité ; en tendanl de la soie frisée , elle se retire « sur elle-même et s’échappe aussitôt , au lieu u que la soie non frisée reste dans sa longueur : « indépendamment des filamens , le coton bou- « tonneux a de petits points blancs qui par leur « nature y adhèrent si fortement , qu’ils ne peuvent « en être détachés que par un excellent cardage. « En mélangeant, d’une manière bien entendue, « différentes espèces de colon , on parvient à ob- « tenir des qualités mixtes plus avantageuses pour c le tissage; ainsi le géoi'gie longue soie est cec lui qui file le plus fin ; le bourbon est d’un beau « blanc, plus uni, plus égal ; le mavagnan est h moins propre que le Jernambouc et le baliia.
«' Chaque espèce de coton se divise en trois qna- « lités: la première ou fleur de marchandise , « est la plus longue , la plus belle, la plus propre, « celle qui donne le moins de déchet ; on la réserve « pour la chaîne; la deuxième sorte est ce qu’on « nomme qualité marchande ; elle est ordinaire- « ment employée pour la trame ; enfin , la troi- « sième ou qualité inférieure , sert aussi pour la « trame, mais pour les étoffes plu» grossières. »
COUPEROSE BLANCHE. Ce nom est celui adopté dans le commer ce. En chimie , ce produit est dénommé sulfate de zinc , et est obtenu en arrosant, exposant à l’air pendant un an, les pyrites de zinc, lessivant et faisant cristalliser. Le
sulfate de zinc pur est blanc, cristallisé en aiguilles , d’une saveur styptique; celui du commerce est en morceaux analogues au sucre , et contient presque toujours du sulfate de fer. Si la couperose blanche est pure , le précipité que donne sa solution traitée par le ferrocyanate de potasse , est blanc, tandis qu’il prend une teinte bleue-verdâ— tre si le composé contenait du fer.
COUPEROSE BLEUE, dont le nom chimique
est sulfate de cuivre. Ce composé n’est jamais falsifié; il suffit, pour qu'il soit de bonne qualité, que les morceaux soient d’un bleu bieu homogène et transparents.
COUPEROSE VERTE. C’est le sulfate de fer des chimistes ; il doit être en beaux morceaux d’un vert pâle homogène; si les cristaux sont recouverts ( ce quia lieu ordinairement ) d’une croûte de rouille , on peut affirmer qu’ils sont préparés depuis long-temps, et ont été exposés à l'air; cette altération n’est d’ailleurs aucunement préjudiciable, seulement elle diminue la quantité de sulfate réel. Les couperoses vertes du commerce contiennent souvent du sulfate d’alumine et du sulfate de cuivre ; on peut les purifier en faisant bouillir leur solution sur de la limaille de fer, qui précipitera le cuivre et l’alumine.
CREME DE TARTRE. Sel acide formé d’acide tartrique et de potasse; on l’obtient en purifiant,
par l’argile ou les blancs d’œufs , le tarlre impur que le vin dépose sur les parois des tonneaux. La crème de tartre est d’un blanc un peu sale, en cristaux petits et irréguliers, ne pouvant se fondre dans la bouche, mais s’écrasant sous la dent; d’une saveur acide assez agréable , plus marquée dans le sel pulvérisé. Cette substance se dissout dans soixante fois son poids d’eau à i5ù, et dans trente fois son poids àioo0; sa solution donne, avec l’acétate de plomb, un précipité soluble dans l’acide nitrique. Elle peut être falsifiée avec : i° du sulfate de potasse ; 2° du sulfate de potasse et. d'alumine (alun) 3 5° du sulfate de chaux. Ces falsifications se découvriront toujours en traitant la crème de tartre suspecte par de l’eau bouillante; la solution, dans laquelle on ajoutera de l’acétate de plomb liquide, donnera un précipité blanc contenant du sulfate de plomb , et. par conséquent non soluble entièrement dans l'acide nitrique. La crème de tartre peut contenir du fer et du cuivre; le ferrocyanate donne un précipité bleu dans le premier cas , et couleur chocolat dans le second.
CREME DS TARTRE SOEUBEE. Quelques pharmaciens 11e se font aucun scrupule de donner sous ce nom la crème de tartre ordinaire , ou au moins un mélange de crème de tartre et de borax, ou bien encore un mélange de crème de tartre et d’acide borique, mais ne contenant pas la propor-
lion d’acide borique qu’indique le codex. Il suffira de remarquer que la crème de tartre soluble de bonne qualité doit se dissoudre entièrement dans dix parties d’eau, à une température d’environ Go°. Toutes les fois que la solution effectuée présente un dépôt plus ou moins abondant , on peut en conclure que le composé a été mal préparé.
CUIVRE. Ce métal est d’un rouge brillant , d une odeur et d’une saveur désagréables, surtout lorsqu’il est frotté ou chauffé; il pèse 7,79) est ductile, tenace, sonore, fusible à 270 W, d’une texture grenue , il brunit et enfin verdit au contact de l’air. Rien de plus facile à reconnaître que le cuivre; j’indiquerai seulement les moyens par lesquels on s’assure si un minérai est de nature cuivreuse. A cet effet, placez sur un charbon un fragment du minèrai avec du borate de soude (borax du commerce), puis chauffez à l’aide du chalumeau ; si ce minérai est riche en cuivre, vous obtiendrez un bouton de cuivre pur qui colorera la scorie en vert ou en brun-rougeâtre ; il est quelquefois nécessaire de répéter l’opération. Voici d ailleurs une autre méthode : prenez un peu de minérai en poudre, dans un verre de montre contenant quelques gouttes d’acide nitrique; s’il ne se produit pas de réaction, chauffez , le cuivre sera attaqué et dissous ; étendez la dissolution d’un peu d’eau, et agitez avec la pointe d’un couteau ou toute autre espèce de fer
bien propre, le cuivre abandonnera le liquide pour se précipiter sur le second métal, auquel il communiquera un aspect cuivreux; on peut aussi transvaser la solution dans un verre d’eau , ajouter quelques gouttes d’ammoniaque liquide; ce réactif déterminera une belle couleur bleue.
C3TNOGI.OSSE. Racine qui provient du cyno~ glossum officinale de la pentandrie mono gy nie , L., borraginées , J. Cette plante ne permet de la confondre avec aucune autre; je la mentionne ici parce qu’on prétend qu’elle a été prise plusieurs fois pour la racine de bardane. (Voyez ce mot.)
DIAMANT. Ce minéral , qui fut bien connu des anciens, se trouve dans diverses parties de l’Asie, et particulièrement dans le royaume de Golconde et de Visapour; on le trouve aussi dans les Indes- Orientales et dans le Brésil. Chacun de mes lecteurs connaît les propriétés physiques du diamant; c’est le corps le plus dur de la nature, il est aigre, assez frangible , sa pesanteur spécifique varie de 3,5 1 85 à 3,53io; il acquiert, par le frottement, l’électricité vitrée, avant même qu’il ait été travaillé par le lapidaire, ce qui n’a lieu à l’égard d’aucune autre gemme. On imite aujourd’hui le diamant avec une espèce de verre obtenue par la fusion de diverses substances : cette compo-
sition , à laquelle on donne le nom de strass , est quelquefois tellement brillante, que l’œil le plus exercé peut y être trompé; on reconnaît la fraude à l’essai : le strass est moins dur et moins lourd que le véritable diamant. Les gemmes les plus estimées et les plus précieuses sont : i° le diamant, 2° le rubis, 3° le saphir. Il importe quelquefois à l’acheteur de connaître les moyens d’évaluation que l’on a pour chacune de ces pierres ; quelques détails sur celte estimation me paraissent nécessaires dans l’ouvrage qui m’occupe.
Évaluation du diamant. On compte par carats. (On appelle ainsi un poids imaginaire dont le nom est tiré d’une fève dont les semences , appelées kicara , servaient de temps immémorial à peser l'or; le poids de ces semences est sensiblement de 4 grains.) Un diamant brut d’un carat coûte 48 fr.; pour deux carats, on élève le nombre 1 au carré , et on le multiplie par 48 : ainsi n étant le nombre des carats, la formule est
Cette règle est applicable jusqu’à un certain nombre de carats, mais, pour les diamans qui dépassent les limites ordinaires la valeur se règle de gré à gré. Lorsque le diamant est taillé, on doit remarquer que, pour l’amener à cet état ,011 lui a fait perdre la moitié de son poids; on doit donc, pour l’estimation, doubler le nombre des carats, élever le résultat au carré, et multiplier ce carré par 48 :
ainsi un diamant taillé de 2 carats vaut (2+2) * X 48 — (/,) » x 48 —16X48—768 fr.
La même règle est applicable aux rubis , mais le nombre primitif 48 doit être diminué du quart, et porté à 56 ; la valeur du saphir étant moitié de celle du rubis, le nombre primitif doit être 18. Je crois inutile d’indiquer que le prix stipulé dans cet aperçu suppose les gemmes d’une belle eau -f lorsqu’il y a quelques taches, les nombre 4S ? 36, 18, sont diminués d’une certaine quantité que l’on évalue de gré à gré, La table suivante donne les prix de diamans , rubis et saphirs par quart de carats, depuis un jusqu’à 4 trois quarts.
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