en bâtons. I. en grains. 1. en écailles
résine, 70 90 90
matière colorante , 10 2,5 o,5.
On se sert dans les arts particulièrement de la laque en écailles; il en existe de deux sortes : 10 la laque en écailles blondes; 20 la laque en écailles rouges ou brunes; la première est plus estimée que la seconde.
IiITHAB-G-E. Est le protoxide de plomb vitrifié que l’on obtient comme produit secondaire et en très-grande quantité dans divers travaux métallurgiques. On connaît dans le commerce deux sortes de litliarges : i° litharge d3or\ 20 litharge cVargent. La première est en feuillets jauncs-rougeâtres , et la deuxième en feuillets gris-blanchâtres : cette différence n’est due d’ailleurs qu’à ce que la première a été plus vitrifiée. Quelle que soit d’ailleurs la forme physique de la litharge, elle doit être d’un rouge plus ou moins marqué ou brillant , soluble en totalité dans le vinaigre, auquel elle communique une saveur slyptique et sucrée , soluble dans les huiles à l’aide de la chaleur La consommation de ce produit est très-considérable, et il importe quelquefois aux fabricans de l’avoir bien pur: i° elle peut contenir du cuivre; 2° elle peut être falsifiée avec delà brique (surtout si on l'achète en poudre), des ocres rouges, des poudres végétales rouges. Dans le premier cas,
l’ammoniaque caustique , mis en contact avec elle, prend une couleur bleuâtre. On pourra foujours reconnaître les sophistications énoncées dans le deuxième cas, en traitant une petite portion de la litharge suspecte par le vinaigre. Il doit en résulter une solution incolore et sans dépôt, surtout à l’aide de la chaleur, ce qui ne peut avoir lieu s’il y a eu addition des substances dont j’ai parlé.
2.YCOPODS. On appelle ainsi le pollen très-fin de la mousse à massue, ly copodium clavatum , cryptogamie , L., mousses , J. Selon quelques auteui\s, ce sont les semences qui constituent notre lycopode. On lui donne aussi le nom de soufre végétal , parce qu’il est jaune et s’allume avec une légère explosion lorsqu’on le souffle sur la flamme d’une bougie. Le lycopode de bonne qualité doit être d’un jaune pâle, très-doux, très-léger, s’attacher aux doigts , surnager l’eau lorsqu’on le mêle à ce liquide. Projeté : 1° dans la flamme d’une bougie, il produit une belle flamme brillante qui nelaisse aucune odeur; 2° sur des charbons ardens, il brûle lentement en répandant de la fumée. On peut falsifier le lycopode avec i° le pollen de noyer, de pin et de sapin, etc.; 2° l’amidon; 5° le talc; 4° heur de soufre, etc. Le Jycopode alongc par les pollens dont je viens de parler, a un aspect sale, jaune foncé, et presque toujours une odeur désagréable, surtout si la falsifi-
cation est due à l’addition du pollen de pin et de sapin. Le lycopode falsifié avec l’amidon donne avec l’eau une liqueur qui bleuit par l’addition de l’iode, et d’ailleurs ce lycopode bouilli avec l’eau formerait colle . Si le lycopode a été mélangé avec du talc de Venise, M. Chevallier conseille déformer de ce lycopode suspect une pâte avec l’eau; le véritable lycopode surnage , et le talc se précipite: enfin, la sophistication par la fleur de soufre so reconnaît à l’odeur sulfureuse qu’exhale le lycopode loi'squ’il a été projeté sur des charbons ardens.
MASMÉSIE. Cette substance est connue en médecine et dans les pharmacies sous le nom de magnésie calcinée pour la distinguer du carbonate, dont elle se rapproche par ses caractères physiques. On l’obtient en privant le carbonate de son acide par la calcination dans un creuset; dans cette opération, elle diminue environ des deux tiers de son volume , et de la moitié de son poids. Son emploi comme absorbant offre de l’avantage, parce que, ne contenant pas d’acide carbonique, elle absorbe mieux les aigreurs, et ne produit pas, dans son union avec les acides des premières voies, ces rapports désagréables qui accompagnent souvent l’usage du carbonate. La magnésie pure doit être d’un blanc plus mat j elle est plus légère, plus
douce au toucher que la magnésie carbonatée; elle pose alors 2,5, et verdit le sirop de violettes. Les substances que l’on peut employer pour sa falsification sont celles que j’ai indiquées au ruol carbonate de magnésie (voyez ce mol) • les moyens de reconnaître ces falsifications sont les mêmes que ceux donnés dans cet article. On peut d'ailleurs remarquer qu’il suffît : i° d’employer du carbonate pur - 2° de prolonger assez la calcination pour obtenir ce médicament privé de toutes matières étrangères. Quelques pharmaciens, dit-on, ne calcinent pas assez leur magnésie, ou même la remplacent par le carbonate; je ne crois pas que cette substitution ait lieu. On peut d’ailleurs, dans ee cas, jeter quelques gouttes de vinaigre sur une petite partie de la magnésie suspecte ; l’effervescence qui aurait lie: décélérait à l’instant la réalité d’une pareille supercherie.
MANGANESE ( OXIDE DE). Cet oxide se trouve en grande quantité et sous diverses formes en Angleterre, en Allemagne et en France. Les couleurs d^ ces minerais sont le gris, le noir et le rouge; les deux premiers, qui sont très-communs, peuvent être durs et cristallisés, ou mous , légers, et comme terreux. Lorsque l’oxide noir de manganèse doit servir à la préparation de l’oxigène par la calcination à sec, on donne la préférence à celui d 'Allemagne , qui donne en général plus
d’oxigène et exige une température un peu moins élevée pour opérer le dégagement du gaz. La forme cristalline de cet oxide est, avons nous dit, très-variable, et quelquefois on pourrait le confondre avec le sulfure d’antimoine; mais ce dernier, exposé en petits fragmens à la flamme d’une bougie, se fond et tombe en gouttelettes, tandis que la chaleur 4a plus forte que nous puissions produire ne peut ramollir le premier. La dépense de cette substance était , il y a quarante ans , assez faible; mais l’emploi du chlore et des chlorures d’oxides comme moyens désinfcctans , et dans le blanchiment , a étendu de beaucoup cette consommation.
MAR.2V5JBJE BiLAMC. Plante usitée en médecine comme incisif et apéritif C’est le marrubium vulgare , delà didynamie gymno spermie , L. , labiées, J. Les fleurs sont blanches, petites, ses siles, nombreuses , la lèvre supérieure droite, et. formant assez bien deux pointes; toute la plante est revêtue d'un duvet cotonneux qui est encore plus visible lorsque la plante est sèche. Son odeur est à peu près nulle, mais en écrasant les feuilles on leur en trouve une agréable, un peu piquante et citronnée; quanta la saveur, elle reste amère et un peu âcre. On substitue quelquefois au raarrube blanc : i° le marrube noir, ballota nigra ; mais les fleurs sont en général d’un rouge tendre ,
à pédoncules courts, les feuilles ovales ou en cœur, d’un vert foncé, ridées et nervurées. Toute la plante a une odeur forte et fétide, une saveur acre et désagréable, une amertume forte et persistante: elle conserve après la dessiccation une partie de son odeur que l’on exalte en écrasant la plante entre les doigts j 1° la cataire, nepeta cataria ) les fleurs sont blanchâtres et purpurines, la lèvre inférieure est ordinairement trilobée, le lobe du milieu est arrondi et crénelé, les feuilles sont péliolées, non ovales, mais cordiformes , dentées, peu épaisses, glabres et d'un beau vert en dessus, pubescenles, blanches et. douces en dessous , d’une odeur forte, qui approche de celle des menthes, d’une saveur un peu amère, forte et piquante.
MASSICOT. Est une couleur jaune peu employée , et qui , pour le chimiste, est un oxide de plomb intermédiaire entre la litharge et le minium. On pourrait falsifier le massicot avec des ocres rouges de qualité inférieure. Lorsque l’on traite 72 parties de bon massicot par 576 parties de fort vinaigre , on obtient une solution d'acétate de plomb , et le résidu non soluble pèse /»8 parties, ce qui donne un moyen assez exact de s'assurer de sa pureté. Remarquons ensuite que la solution du massieotdans l’acide acétique, précipite en blanc par le ferrocyanate de potasse, tandis
que leprécipi té serait blanc-bleuâtre ou blanc-verdâtre , si le massicot était, alougé par une certaine proportion d’ocre jaune.
MASTIC. Est une substance résineuse dont on fait un grand usage dans les vernis j elle exsude par des incisions faites à l’écorce de quelques térébinthes, et particulièrement du pislacia lentiscus de la dioécie pentandrie , L., amentacées , J. Cet arbrisseau croît dans l’Inde, dans le nord de l’Afrique et dans le sud de l’Europe. La résine que nous recevons vient particulièrement de l’ilc de Cbioj elle est en petits grains cassans , jaunâtres, demi-transparens, farineux, d’une cassure brillante , se ramollissant sous la dent, répandant, en brûlant, une odeur assez agréable, insoluble dans l’eau, soluble en partie dans l’alcool et les huiles fixes. On peut regarder comme assez pur le mastic qui, traité par l’alcool, ne laisse que le dixième de son poids de résidu insoluble. On ne pourrait confondre le mastic qu’avec Y encens ou la scindaracpte : les larmes de l’encens sont toujours plus grosses et ovales, tandis que celles du mastic sont en général sphériques ; d’un autre côté le mastic se ramollit sous la dent , tandis que la sandaraque craque et se réduit en poudre.
MEMTTHES. On emploie en médecine trois espèces de menthes. Ces plantes, qui appartiennent à la clidynamie gjmnospcnnie , L. , labiées , J.,
sont toniques, excitantes, et agissent principalement sur le système nerveux qu’elles stimulent et fortifient. Ce sont la menthe poivrée, rnentha piperita ; la menthe crépue ou frisée, mentha crispa; le pouillot, ou menthe pouillot, mentha pulegàtm. Ces trois especes ont des propriétés médicales semblables, seulement la première est plus active que les autres. La 777 enthe poivrée s’élève à deux pieds au plus, les tiges sont droites, fennes , carrées , les feuilles opposées, pétiolées , ovales , lancéolées, à dents aiguës écartées, d’un vert foncé en dessus, plus pâles C7i dessous et offrant des nervures obliques, saillantes, naissant de celles du 7nilien * les fleurs rougeâtres presque violettes , à épis courts, épais, obtus au sommet* la plante a tane odeur forte , pénétrante et balsamique, une saveur aromatique piquante, qui devient ensuite agréable et fraîche.
La inen tlie crépi7e a la même hauteur que la précédente: ses tiges sont carrées, velues , les feuilles opposées et à courts pétioles sont cordiformes, très-crépues et d'un vert foncé, surtout en dessus ) les fleurs purpurines sont placées à l’extrémité des tiges 017 rameaux, et forment des bou quets plus ou moins alongés , et presque toujours analogi7es à 7717 épi.
La menthe pouillot est moins élevée qire les deux précédentes, puisqu’en général elle est formée de tiges couchées vers la base, se redressant
à l’époque de la floraison; les feuilles sont petites, opposées, à courts pétioles, ovales, obtuses, dentées, d’un vert plus ou moins foncé. On ne la trouve dans les herboristeries qu’à l’état sec; la plus belle est celle qui conserve les feuilles de ses tiges, et dont les fleurs ne sont pas tout-àfait ouvertes; il faut aussi qu’elle conserve son odeur, car elle perd cette odeur quand elle est trop vieille : sa saveur persiste plus long-temps.
On mêle quelquefois aux variétés ci-dessus les espèces suivantes : 1 0 la menthe cultivée, mentlia saliva , qui ressemble surtout à la menthe crépue. Les fleurs ne sont pas en cœur à la base, mais ovales ; elles ne sont pas seulement au sommet des tiges, mais tout le long de celles-ci; les étamines s’élèvent au-dessus de la coi’olle, tandis que dans la menthe crépue elles sont un peu plus courtes ou de la même hauteur; 2° la menthe sauvage , mentlia sy Ivestris , qui ressemble particulièrement à la menthe poivrée; mais les feuilles sont sessiles, alongées en pointes, et les étamines ont les anthères saillantes hors delà corolle, taudis que dans la menthe poivrée les étamines sont une fois plus longues ou de la même grandeur que la corolle; 3° la menthe aquatique, mentlia a q Italie a , dont les fleurs sont plus grandes que dans les autres espèces; les feuilles, parfaitement ovales et douces au toucher, ont une odeur et une saveur douces; 4° la menthe verte, mentlia viridis , que
Ton substitue quelquefois à la menthe poivrée j elle en diffère en ce que les épis des fleurs sont plusalongés, plus pointus, ses feuilles sont moins ovales , plus étroites , sessiles , et ayant quelquefois trois à quatre pouces de long.
MERCURE. Est un métal liquide à la température ordinaire, d’un blanc d’argent, congelable à — 3^°, volatil à 34/° , d’une pesanteur spécifique de i5,5G8. On le trouve dans la nature presque toujours à l’état de cinabre (sulfure rouge de mercure ), particulièrement en Hongrie et dans l’Amérique du sud. On emploie le mercure : i° en médecine* au dans les arts, pour la fabrication des baromètres, des thermomètres et des glaces* 3° dans les pays qui possèdent des mines d’or, pour séparer ce métal des matières étrangères.
Il n’y a guère de substances métalliques qui soient plus susceptibles de sophistication que le mercure ; il agit sur les métaux d'une manière tellement énergique, que même quelquefois une partie de ces derniers est entraînée à la distillation. Le bon mercure a un éclat brillant et non mat, se forme en globules parfaitement sphériques sur du papier ou sur une assiette, les molécules doivent se réunir au moindre contact, et, lorsqu’on penche l’assiette , le métal ne doit jamais faire ce qu’on appelle laquelle , c’est-à-dire laisser une trace noire pulvérulente : passé au travers
d’une peau ou d’un linge très-serré, il doit laisser à peine quelques traces de substance noirâtre impure; exposé au feu dans une cuiller de fer, il se volatilise complètement; l’eau distillée agitée avec lui conserve sa limpidité et sa transparence ; enfin il ne doit communiquer aucune saveur sucrée au vinaigre avec lequel on le soumet à l’action de la chaleur.
Le mercure est ordinairement falsifié par du plomb, de l’étain, du bismuth; la falsification, quelle qu’elle soit, se reconnaît, à priori, à l’aspect mat que présente alors le mercure; il est alors susceptible de se ternir et de se couvrir d’une couche d’oxide par une longue exposition à l’air; il a de la tendance à adhérer à la surface du verre, et donne promptement lieu à la formation d’une poudre noire quand on l’agile dans une bouteille avec de l’eau. Pour découvrir le plomb, on peut traiter le mercure par un peu d’eau pour oxidcr le premier, puis on traite par l’acide acétique; il se formera un acétate de plomb dont la présence sera indiquée par de l’acide hydrosulfurique ou un hydrosulfate liquide. On peut encore ajoutera la dissolution dans l’acide acétique un peu de sulfate de soude, qui précipitera un sulfate de plomb qui renfermera , sur 100 parties, G 8 de plomb métallique. On découvre le bismuth en traitant une petite partie du métal suspect par de l’acide nitrique: si l’on a eu la précaution d’ajouter assez d’acide pour for-
ag6
mer un deuto nitrate acide de mercure, cette solution conservera sa transparence en l’étendant d’eau si elle ne contient pas de bismuth, tandis que, dans le cas contraire, l’addition de l’eau lui communiquera une teinte opaline, ou même formera un précipité blanc de sous-nitrate de bismuth. Si le mercure contient de l’étain , la solution de ce métal impur dans l’acide nitrique est transparente, mais surnage une poudre blanche qui est un oxide d’étain insoluble dans l’acide nitrique. On peut encore, dans cette dernière sophistication , employer une dissolution faible de nilromuriate d’or, qui forme un précipité pourpre. Quelquefois le mercure est pur, mais il est sali par de la poussière, des ordures, etc. ; on peut le débarrasser de tous ces corps en l’exprimant à travers un linge très-serré: il reprend alors son aspect brillant.
MERCURE CORROSIF. (Voyez deuto chlorure de mercure .)
MERCURE DOUX. (Voyez protochlorure de mercure. )
MERCURIALE Cette plante, mercurialis annua qui appartient à la dioécie ennéandrie , L. , euphorbiacées , J., est employée en médecine comme émollient lorsqu’elle est^sèche ; cependant depuis quelque temps elle est à peu près aban-
donnée : je ne la cite ici que pour remarquer que l’on ne doit pas la confondre avec la mercuriale vivace , mercuriali» perennis , dont l’action est très-vénéneuse; mais on reconnaîtra toujours cette dernière: i° à sa tige qui est simple, tandis que celle de la mercuriale annuelle offre toujours une tige à rameaux opposés; 2° à ses feuilles qui sont âpres, rudes au toucher, tandis que celles dé l’autre sont glabres, lisses, etc., etc.
MIEIi. Le miel est une substance bien connue , qui est probablement de nature végétale , mais qui est élaboré par l’abeille, apis mellifera'. cet insecte industrieux vole, pendant l’été , de fleurs en fleurs pour recueillir le jus sucré que sécrètent ces dernières; lorsqu’il est suffisamment chargé, il retourne à la ruche et dépose le miel dans des cellules en cirequ’il a disposées à cet effet. Nous ignorons les changemens qu’éprouve le suc des fleurs dans le corps de l’abeille; mais il est certain que le miel varie beaucoup avec la nature des plantes sur lesquelles il a été récolté ; aussi celui de la Crimée à un parfum que l’on ne retrouve pas dans les autres , tandis que dans quelques contrées de l’Asie et de l’Amérique, le miel que forment les abeilles est vénéneux, propriété qu’il doit sans doute aux fleurs sur lesquelles il est récolté.
Le miel de bon ne qualité doit être presque incolore , et présenter une matière grenue d’un volume
assez considérable. Celui dont on se sert en médecine doit avoir le moins d’arome possible: lorsqu’il est fabriqué par de jeunes abeilles et qu’il coule spontanément des rayons, il porte le nom de miel vierge et est très-pur • séparé de la cire par expression , il est d’une qualité inférieure; on en obtient enfin une troisième sorte en chauffant les rayons avant de les soumettre à la presse. On falsifie quelquefois le miel < i° avec du sable ; la solution dans l’eau découvre celte fraude; 2° par de la farine de froment, de haricots, etc. , etc. ; on fait bouillir une petite partie du miel suspect avec de l’eau; s’il y a eu falsification, la décoction virera au bleu par l’addition de quelques gouttes de teinture d’iode.
MIPS’IUM, Ce produit dont on fait une consommation considérable dans les arts., est souvent appelé faux vermillon : c’est un oxide de plomb d’un rouge plus ou moins prononcé, mais qui ressemble assez bien au sulfure rouge de mercure ou véritable vermillon. En traitant 72 parties de minium par $76 parties de fort vinaigre , le résidu estde moitié, ce qui permet de reconnaître les falsifications du minium par l'ocre rouge, la brique, le colcotar , etc. , etc. Cette expérience 11e serait pas suffisante parce que, même dans les minium purs, la couleur plus oumoins vive qu’ils présentent
fait varier considérablement les. prix auxquels ils sont côtés dans le commerce.
MOUTASLDïS. On distingue trois espèces de moutarde, toutes appartenant à la te'tradynamic siliq ueuse , L. , crucifères , J. : i° la moutarde noire, s inapis nigra , qui est à fleurs jaunes portées sur de courts pédicelles et rassemblées en grappes alongées à l'extrémité de la tige et des rameaux* le fruit est une silique oblongue , Doueuse , tétragone, ridée, terminée par une languette courte, à deux valves séparées par une cloison plus longue qu’elles , et formant deux loges qui contiennent de petites graines brunes arrondies et un peu comprimées* 2° la moutarde blanche sinapis alla , dont les propriétés sont beaucoup plus faibles : cette plante est moitié moins élevée, à tige striée, à feuilles plus lobées* les sîliques sont garnies de poils blancs à la base , et sont terminées par une corne ensiforme et contenant des graines d’un blanc-jaunâtre; 5° la moulante des champs , sinapis arvensis , dont les fleurs jaunes tapisser.; les champs tout l’été : cette plante donne des graines d'un rouge brun et qui sont encore moins actives que celles de la moutarde blanche. On ne fait usage en médecine que de la farine de la gr due de moutarde: celte farine dans le commerce var'e beaucoup en énergie, par exemple, il nom- eu arrive une grande quantité de la Franche 1 ; ;i et par—
5oo
ticulièrement du département du Doubs. Elle contient une si grande quantité de farine de blé de Turquie, que sa couleur est jaune, son odeur presque nulle et sa saveur à peine piquante; c’est donc une erreur d’admettre avec certaines personnes que la farine jaune est plus active, on doit toujours donner la préférence à celle qui offre des points noirs dus au tégument de la graine.
MUSC. L’animal qui produit le musc, moschus moschiferus , habite les parties les plus élevées de l’Asie, particulièrement les montagnes qui séparent le Thibet de la Chine; il est doux et timide, sa chasse est dangereuse : on trouve dans le mâle, entre le nombril et le prépuce, une poche ovale, plate d’un côté, convexe de l’autre, ayant une petite ouverture garnie de poils très -courts : cette poche est vide dans l'animal jeune, mais dans l’adulte elle est remplie d’une, matière sécrétée connue sous le nom de musc ; lorsqu’elle est trop pleine, l’animal se débarrasse de l’excédant en se frottant contre les pierres ou les arbres; le musc exprimé de cette manière est le plus pur, mais ne nous arrive jamais. On distingue dans le commerce quatre sortes de musc : le musc Tonquin , qui est le plus estimé, vient ensuite celui du Bengale, et enfin celui de Sibérie ou C abat Ain ; on en trouve une quatrième qualité connue sous le nom de musc sans poche.
Le beau musc nous arrive en vessies rondes , minces, de la grosseur d’un œuf de pigeon, couvertes de poils bruns très-courts, doublées d’une membrane mince brune, bien remplies et sans avoir été ouvertes ; le musc lui-même est sec , assez onctueux , d’une teinte noire-rougeâtre ou couleur de rouille brune , en petits grains arrondis avec le moins de grumeaux durs possible, et ne contenant ni sable ni autres substances étrangères : lorsqu’on le traite par l’eau chaude et l’eau froide, il ne doit laisser que 10 pour mode membranes animales insolubles, et l’alcool doit en dissoudre environ le quart de son poids.
Le prix élevé auquel se maintient le musc le rend très-sujet à être falsifié : on augmente son poids avec du sable et même des particules de plomb, la vessie a quelquefois été débart assée d’une partie de musc auquel on a substitué du sang desséché grossièrement pulvérisé, et de l’asphalte. On avait donné comme moyen de reconnaître l’addition du sang, l’odeur ammoniacale que dégage ce musc falsifié lorsqu’on le triture avec la potasse mais ce caractère est fautif • il résulte des expériences de MM. Thiémann, Bucholz, Blondeau et Guibourt, que le musc très-pur. dégage une odeur amoniacale lorsqu’on le triture avecla potasse;cette odeur peut même être considérée comme un indice de sa pureté et de sa bonne qualité, puisqu’elle se développe d’autant plus qu’il est plus frais: on
doit donc , dans ce cas, examiner avec soin si la poche n’a pas été ouverte ; la présence de l’asphalte se découvre en plaçant une petite partie du musc suspect sur une pelle rouge; l’asphalte se fond tandis que le musc pur brûle avec flamme , se dissipe et ne laisse qu’une quantité extrêmement faible de cendres grisâtres. On trouve quelquefois des poches artificielles, remplies avec une composition qui contient un peu de musc réel; ces poches sont en général plus épaisses , garnies de poils assez, longs , et n’ont pas celte membrane mince et brune qui double les poches véritables.
MUSCABE3. Je réunis sous ce nom: io la muscade elle-même; 2° le prolongement du cordon ombilical qui est connu sous le nom de macis; 5° l’huile exprimée de la muscade, et qui est appelée beurre de muscades. L’arbre qui fournit la muscade est le myrislica moschala de la monoéciemonandrie , L., liliacées, J. Originaire des îles Moluques, il n’a cependant jusqu’ici été cultivé que dans une d’elles, Banda, qui en fournit toute l’Europe. Le fruit entier est charnu, amer, de la grosseur d’une pêche , marqué d’un sillon longitudinal; lorsqu’il est mûr, il s’ouvre, laisse voir le macis , qui est une pulpe membraneuse divisée en branches étroites ; au dessous du macis est une enveloppe noiùrtre , dure , qui recouvre un noyau parenchymateux , ovale (la muscade). Celle-
ci doit être aplatie aux extrémités, grise-brunâtre, sillonnée à sa surface; l’intérieur jaunâtre est marqué de lignes brunes , jaunes et grises. Les petites noix sont préférables , les bonnes muscades doivent avoir une odeur, une saveur fortes, être non rongées aux vers ; cependant leur propriété parait due aux veines brunes qui ne sont jamais attaquées par les vers.
Le macis de bonne qualité est flexible, mince, huileux d’une couleur foncée, d’une odeur trèsforte, d’une saveur chaude, âcre et amère.
Le beurre de muscades, que les pharmaciens ne préparent pas ordinairement eux -mêmes , s’obtien t par expression. On en distingue trois qualilésdans le commerce : i° celui qui nous arrive des Indes- Orientales dans des pots de terre; il a une consistance épaisse, une couleur de macis, une odeur agréable et fragrante; 2° celui qui vient de Hollande est plus pâle, en masses solides et ordinairement carrées; 50 enfin celui que l’on désigne sous le nom de beurre commun de muscades , est d’une qualité inférieure à la précédente.
MYRRHE . Cette gomme résine, dont on fait un grand usage dans la fabrication des vernis , est produite, suivant Willdenow, par 1 ' amyris katal. La meilleure espèce est apportée de Troglodylis, qui est une province de l’Abyssinie sur les bords de la mer Rouge; mais celle que nous recevons
vient des Indes-Orientales, et se recueille sur la côte occidentale de l’ Arabie-Heureuse. On distingue dans le commerce : i° la myrrhe choisie • 2° la myrrhe en sorte. Ces deux qualités, surtout la dernière, contiennent une grande quantité de substances étrangères j le seul moyen de l’obtenir assez pure est de choisir les larmes rouges ou jaunes-rougeâtres qui se foncent lorsf]u’on souffle dessus, légères, cassantes , onctueuses , translucides, offrant des stries circulaires dans leur cas-* sure, d’une saveur aromatique , d’une odeur forte, particulière et non désagréable. On doit rejeter les morceaux blanchâtres ou noirs, résineux et d’une odeur désagréable. Le myrrhe de bonne qualité doit donner, sur 100 parties , 54 de substances solubles dans l’alcool, et Go de matières solubles dans l’eau.
NAPKTE. Cette substance est un combustible liquide, presque incolore, transparent , aussi fluide que l’eau , d'une pesanteur de 0,729 à 0,847, d’une odeur pénétrante, non désagréable , très-volatile , incongelable , même à — 180 c. On donne presque toujours, sous le nom de naphte , du pétrole distillé. (Voyez ce mot. )
NARD INDIEN ou SPICANARD. Nous rece-
oof)
vons des Indes, de Java, de la Chine, une substance végétale formée de petits filamens d’un blanc jaunâtre , d’une odeur très-forte et comme camphrée , d’une saveur chaude et aromatique. Cette substance, que l’on connaît sous le nom vulgaire de vitivert , paraît provenir de Yanclropogon nardus de la trinndrie digynie , L. , On lui substitue quelquefois la racine de l’ail à fleurs de plantain, cillium victorinlis 5 l’odeur et la saveur de la racine de cette dernière plante sont à peine sensibles.
KrERPB-ttîIff. Le nerprun , rhamnus catharticus de la pentandrie mono gy nie , L. , rhamnées , J., est un arbrisseau de huit jusqu’à vingt-quatre pieds, sur une tige droite, à écorce lisse, à bois jaunâtre; les fleurs sont jaunes-verdâtres , placées en paquets le long des petites branches et aux aiselles des feuilles. Le fruit, qui est la seule partie que l’on emploie en médecine comme purgatif, et dans les arts pour faire le vert de vessie , est une baie noire, ronde, charnue, à pulpe verte, à suc violacé, et contenant quatre graines dures, cornées, ovales, lisses et un peu triangulaires d’un côté , d’une saveur amère et désagréable. Les pharmaciens expriment ces baies à l’état frais, et fabriquent avec le suc un sirop bien connu par le vulgaire sous le nom de sirop de nerprun. On doit examiner avec soin si les baies fraîches dont on fait
l'achat ne renferment pas : i° des baies de la bourdaine, rhamnus frangulagio le fruitdes épines appelés prunelles ; 50 des baies de troène, ligustrum vu/gare . Les baies de la bourgène ou bourdaine sont d’un vert moins foncé que celles du nerprun; elles ne contiennent ordinairement que deux semences qui sont rondes et un peu aplaties ; on en rencontre cependant quelquefois qui renferment une troisième elrnème une quatrième semence; mais ces dernières sont alors toujours imparfaites. Les prunelles ont une saveur astringente bien distincte de celle du nerprun; elles ont d’ailleurs un petit noyau , tandis que les véritables baies ont, comme je l’ai dit , quatre semences cornées.Les baies du troène sont arrondies, d’un pourpre très- foncé, luisantes, à deux loges et à deux graines; la pulpe, qui est succulente dans les baies de nerprun, est sèche, farineuse et violacée dans celles du troèue.
BJITRATE D’ARGENT CRISTALLISÉ. Ce
sel, que l’on a préconisé depuis quelque temps en médecine, dans les phthisies et dans l’épilepsie , est blanc, transparent , en plaques minces ordinairement carrées, d’une saveur austère et très-amère; il est soluble dans l’eau, mais non déliquescent. La préparation de cette substance demande de l’acide nitrique et de l’argent très-pur (voyez ces mots); si l’acide employé contient de l’acide hy-
drochlorique, il se forme pendant la réaction tin dépôt blanc d’hydroclilorale d’argent, et si ce dernier métal contient du cuivre, la solution nitratée est verte et donne des cristaux de la même teinte.
NITRATE D’ARGENT TONDU. Le sel précédent placé dans un creuset de porcelaine , chauffé à un feu d’abord doux , qui augmente jusqu’à ce que la masse coule comme de l’huile, et, coulé dans une lingotière, donne un composé gris de cendre, cylindrique, et connu en médecine sous le nom de pierre infernale. Si le sel employé était pur, on obtient des cylindres peu déliquescens, tandis qu’il jouit de cette propriété à un assez haut degré si le sel employé contenait du cuivre. Les pharmaciens préparent rarement euxmêmes ce produit. On le falsifie assez souvent en ajoutant pendant la liquéfaction du nitrate de potasse qui se retrouve dans la pierre infernale; cette sophistication se reconnaîtra toujours en exposant une petite quantité du nitrate suspect à une chaleur rouge; le nitrate d’argent est bientôt détruit par la vaporisation de l’acide, ut dans le cas où cette sophistication aurait lieu, on reconnaîtra facilement que le résidu est de la potasse plus ou moins nitratée. Si la déliquescence n’est pas un indice assez exact de la présence du cuivre dans la pierre infernale du commerce, on peut faire dissoudre une petite portion du sel dans l’eau;
l’addition de quelques gouttes d’ammoniaque donnera à la liqueur une teinte bleu-verdâtre si le sel essayé contenait du cuivre.
NITRATE (SOUS) BE BISMUTH. Ce composé, appelé assez souvent blanc cle fard , blanc perle , est une poudre blanche, éclatante, que 1 on obtient en ajoutant au nitrate de bismuth une grande quantité d’eau : celte substance qui est usitée en médecine comme antispasmodique , peut être falsifiée: i° par des sulfates terreux (celui de chaux ); 2° par des carbonates; 3° par de l’oxide de plomb; 4° par de la farine, de l'amidon , etc. Dans le premier cas, le sous nitrate de bismuth n’est pas entièrement soluble dans l’acide nitrique; dans le deuxième cas, il fait effervescence lorsqu’on le traite par un acide; s’il contenait du plomb, sa dissolution nitratée forme avec l’acide sulfurique un sulfate de plomb qui ne se dissout pas entièrement dans l’acide nitrique; enfin la colle qu’il formerait par l’addition de l’eau bouillante, dénoterait la présence d’une fécule amylacée.
NITRO-MURIATE B’ÉTAIN. Voyez le mot étain.
NOIRS (DES). Cet article n’a pas pour but de donner les règles à suivre dans le choix des matières premières employées dans les teintures en noir; je renvoie aux détails donnés dans la pre-
mière partie de ce traité et aux diverses substances qui entrent dans la composition de ces noirs : je dirai seulement quelques mots sur les noirs qui servent aux peintres jces noirs sont :
Le noir de bougie ,
— de papier,
— de pèches,
— de vigne ou de sarment ,
— - d’ivoire,
— - d'os, de Paris , d’Allemagne ,
La terre de cassel ,
La sœpia.
Les quatre premiers servent dans la peinture à l’huile et sont en général préparés avec beaucoup de soin par les fabricans de couleurs eux-mêmes : on les distingue facilement des autres noirs à leur ton gris-bleuâtre , un peu terne 5 on peut pour ainsi dire les remplacer les uns par les autres , cependant quelques peintres préfèrent les deux premiers ; mais ici la chimie ne peut donner les moyens de les reconnaître, c’est au peintre qu’il appartient de savoir choisir celui qui répond le mieux aux indications qu’il veut remplir.
Le noir d’ivoire est aussi préparé avec exactitude par le fabricant de couleurs • il a un ton violacé un peu chaud qui le distingue assez bien des précédens.
La terre de cassel est. d’un noir très -chaud, c’est-à-dire tirant sur le roux.
Les noirs d’os , de Paris , d’Allemagne , ne sont usités que dans les ouvrages grossiers ; ils sont d’un prix peu élevé et conséquemment rarement falsifiés.
La sœpia est un noir d’un ton très-chaud qui ne s’emploie que dans les lavis ; elle exhale une odeur de poisson fort désagréable, et on assure que la force de cetle odeur est en proportion avec sa qualité ; cependant j’ai eu occasion de voir de trèsbonne sœpia qui n'avait qu’une odeur assez faible.
NOIX DE GALLE. (Voyez galles.)
U G IX VOMIQUES. Ce sont les semences renfermées au nombre de huit ou dix dans la chair du fruit du slrychnos nux vomie a de la pentandrie monogynie , L., cipocynées , J. Ce fruit ressemble à l’abricot , mais son écorce jaune doré est dure et cassante, les semences sont rondes, plates, d’un gris soyeux , cornées à l’intérieur- elles renferment un principe alcalin particulier, appelé par MM. Pelletier et Caventou, strychnine. Ces substances ne sont pas ordinairement falsifiées, mais on assure que leur râpure ( elles ne peuvent se réduire en poudre fine) que l’on trouve dans le commerce est très-souvent alongée par du sel marin; cette falsification se découvrira facilement en traitant par l’eau une petite partie de la râpure suspecte; la solution aura une saveur salée.
OCRE (DES), On connaît sous ce nom des terres naturelles argileuses , colorées en jaune ou en rouge par des proportions variables d’oxide de fer : les ocres grossières servent aux badigeonneurs; mais lorsqu’elles sont bien lavées, bien homogènes et d’un ton agréable, elles sont employées par les peintres à l’huile et portent les noms d’ocre jaune, d’ocre de rue, d’ocre rouge, de terre de Sienne et de terre d’Italie.
Les ocres fines doivent être: j° grasses, onctueuses, non cotonneuses ; 2° former bien corps avec l’huile; on les reconnaît entre elles aux caractères su i vans : i° l’ocre jaune qui est le jaune le plus foncé après le jaune de Naples età fortiori après les jaunes de chrome, a une teinte que l’on peut comparer à celle du buis qui a été long-temps exposé à l'air * 2° l’ocre de rue a un on deux tons audessus ; 5° la terre d'Italie est d’une teinte plus chaude ou plus rougeâtre encore; 4° terre de Sienne est encore plus foncée: viennent ensuite les terres de Sienne et d’Italie calcinées. ( Voyez ces
mots).
OPIUM. Cette substance dont on fait un grand usage en médecine , est le suc concrélé des capsules du pavot d’Orient , papaver somniferum de la
polyandrie mono nie , L., papavëracêes , J. Les incisions sont faites aux capsules avant leur maturité, avec un couteau de trois à cinq lames : le suc excrété pendantla nuit, est solidifié à la chaleur solaire, puis recueilli dans des pots de terre ; l’opération se répète aussi long-temps que les têtes peuvent fournir de jus en suffisante quantité; ces masses travaillées avec une spatule de fer sont recouvertes defeuilles de pavots ou de tabac. L’opium de bonne qualité est fusible, se ramollit à la chaleur de la main , est très-inflammable, soluble en partie dans l’alcool et dans l’eau. On distingue dans le commerce deux sortes d’opium: i° celui de Turquie, 2° celui des Indes-Orientales. Le premier est compact , solide , tenace, d’une cassure brillante, d’une texture uniforme; lorsqu’il est humecté, il laisse sur le papier une ligne interrompue d’un brun-pâle ; les meilleurs morceaux sont plats et offrent indépendamment des feuilles de pavots qui les recouvrent , des fragmens rougeâtres d’une espèce de rameaux employé comme enveloppe ; les morceaux arrondis qui n'ont pas ces traces rougeâtres sont d’une qualité inférieure. Le deuxième, opium des Indes, a moins de consistance, est plus foncé, plus nauséeux, d’une amertume moins prononcée qui est accompagnée d’une odeur empyreumalique.
L’opium brut du commerce doit donner sur une livre douze onces au plus d’extrait purifié et
solnbledans l’eau : suivant Neumann , lorsqueiqao parties de bon opium ne laissent que 44° de résidu insoluble, on peut supposer que cet opium n’a pas été falsifié à Marseille. Je crois inutile de rappeler que l’on doit rejeter tout opium présentant du sable, du plomb, etc., etc. , ce qui arrive quelquefois.
OPOPANAX. Cette gomme-résine que l’on emploie très-rarement en médecine, est usitée dans la fabrication de quelques vernis: c’est le suc extrait par incision du pastinaca opopanax de la pentandrit digynie , L., ombellifèrcs , J. Il nous arrive du Levant et des Indes-Orientales quelquefois en gouttes ou larmes arrondies , mais plus ordinairement en masses irrégulières, d’un jaunerougeâtre à l’extérieur^ plus pâle à l’intérieur et nuancées de blanc. Cette substance, dont la consommation est peu considérable, est par cela même rarement falsifiée.
OR. Les propriétés de ce métal sont connues, et l’examen des moyens employés pour reconnaître son exacte pureté , nécessiterait des considérations tellement étendues qu’elles ne peuvent trouver place dans l’ouvrage qui nous occupe; je renvoie pour cette partie aux traités spéciaux (je renvoie d’ailleurs, pour les préparations d’or employées, aux mots chlorure dJ or et oxide d'or). Je donnerai seulement les moyens de reconnaître si un minérai
contient de l’or. A cet effet : i° grattez le minéral avec la pointe d’un couteau; s’il contient de l’or il se coupera comme du plomb ; a° baltez-le à coups de marteau et voyez s’il s’étend; 5° souinettez-Ie à l’action du chalumeau ; s’il est d’or, il ne changera pas de couleur; 4° placez une petite quantité du minéral sur une pelle à feu ou dans le jet du chalumeau , s’il se fait une combustion de soufre et s’il reste des scories attirables à l’aimant, c’est une pyrite de fer; 5° prenez-en une petite quantité dans un verre de montre, ajoutez de l’acide liy — drochlorique et faites bouillir; s’il est d’or il éprouvera peu d’altérations. La plupart des minérais d’or ressemblant à des pyrites de fer, on peut alors les traiter comme je viens de le dire, en dernier lien, jeter la dissolution dans un verre et la traiter par le ferrocvanate de potasse qui donnera alors une belle couleur bleue.
OR.AKTGER. On appelle ainsi un très-bel arbuste , le citrus aurantium de la poljadelphie icosandrie , L., aurantiées , J., dont on emploie en médecine les feuilles, les fleurs, le fruit, l’écorce du fruit.
Les feuilles d’oranger , usitées en médecine comme antispasmodiques , sont ovales, très-pointues, solides, coriaces, d’un vert brillant en dessus, plus pâle en dessous, présentant à leur base de petites ailes cordiformes ou membranes
pliacées que l’on ne retrouve pas dans les feuilles du citronnier, citrus mcdica , avec lesquelles on les mêle quelquefois.
'Lesjleurs cV oranger ont une corolle composée de cinq pétales alongés, épais, succulens ; celte fleur a une odeur agréable que l’on retrouve dans l’eau distillée de ce nom : cette eau dont on fait un grand usage en médecine est quelquefois remplacée par de l’eau distillée ordinaire à laquelle on ajoute quelques gouttes d'huile essentielle de fleurs d’oranger. Cette falsification se reconnaît facilement j un palais exercé retrouve dans cette eau une saveur particulière de verl que la véritable eau de fleurs d’orange ne présente pas , l'odeur est ensuite comme légèrement vireuse et n’est jamais accompagnée de cet arôme balsamique que l’on retrouve dans l’eau de fleur d’orange bien préparée. On obtient par la distillation des fleurs d’oranger avec l’eau une buile essentielle connue sous le nom de néro //.(Voyez pour ses falsifications les moyens de reconnaître les sophistications des huiles essentielles. )
GRC ANETTE. C’est une espèce de buglose , anchusalinctoria de la pentandrie monogynie, L., boraginées i J. Cette plante est originaire d’Europe, la racine séchée nous arrive de Montpellier • elle ■communique une belle couleur rouge à l’alcool, à l’huile, à la cire, à toutes les substances onctueu-
ses -, la teinture aqueuse, la teinture spiritueuse, épaissies en extrait, sont d’une couleur brune. L’usage principal de la racine d’orcanette est de colorer les huiles et les onguens; la cire qu’elle colore teint le marbre , le pénètre profondément et lui donne une couleur de chair. Comme c'est l’écorce seule qui donne de la couleur, et que les petites racines en ont plus sous le même volume que les grosses , ces dernières méritent la préférence. On falsifie quelquefois la racine d’orcanette avec celle delà buglose officinale, anclmsa officinalis , colorée avec la décoction de bois de Fernambouc : cette racine est grosse comme le doigt, peu rameuse, blanche en dedans , visqueuse , gluante , tandis que la première est pointue vers le bas, un peu chevelue, d’une saveur sucrée et amère. On peut d’ailleurs remarquer que la racine de buglose ainsi colorée artificiellement ne donne pas sa couleur aux corps gras avec lesquels on la fait chauffer.
ORPIMENT. Ce composé est un sulfure jaune d’arsenic qui est rarement employé dans la peinture; il est à très-bon marché dans le commerce, aussi est-il rarement falsifié : la propriété qu’il possède de sevolatiliser complètement lorsqu’on le projette sur une pelle rouge, donne un moyen très-simple de distinguer les sophistications qu’il pourrait éprouver par les divers jaunes organiques ou inorganiques.
ORSEILIE. Cette substance que l’on emploie dans les teintures pourpres, est sous la forme d’une pâte molle d’un rouge foncé : délayée simplement dans de l’eau chaude, elle fournit les diverses nuances de pourpre. La meilleure orseille nous vient de Lyon en petits bâtons , probablement parce que les urines qui servent à sa préparation sont de meilleure qualité.Un bon teinturier achète son orseille d’avance, la conserve chez lui en l’arrosant d’urine pendant environ trois mois • de cette manière, il a environ un cinquième de bénéfice dans le produit.
Le moyen de reconnaître si l’orseille que l’on achète donnera une bonne teinture, es' d’appliquer de cette orseille, mise en pâte un peu liquide, sur le dos de la main , de l'y laisser sécher et de la laver ensuite à l’eau froide j si cette tache y reste seulement déchargée d’un peu de couleur, on juge que l’orseille est bonne et qu’elle fournira une bonne teinture.
OXIDE D’ARSENIC , appelé ordinairement mort aux rats , arsenic blanc , acide arsenieux. Celte substance est presque toujours obtenue dans le grillage des mines : ce grillage s’effectue dans une espèce de fourneau à réverbère auquel s’adapte une longue cheminée dont la direction est sensiblement horizontale: l’acide arsenieux est condensé sous forme d’une poudre grise qu’une seconde
sublimation transforme en une masse solide vitreuse, qui devient opaque au contact prolongé avec l’air atmosphérique : tel est l’arsenic du commerce que l’on débite cependant presque toujours en pondre.
Cette matière étant un des plus violens poisons que nous connaissions, il est, je pense, nécessaire de donner ses propriétés avec soin : l’acide arsénieux est blanc, compact, cassant, vitreux, d’une saveur douce, ensuite âcre, qui se développe lentement, volatil à i4o° c. , soluble dans 80 parties d’eau à i 5° et dans 1 5 parties à io°* cette solution a une saveur âcre, roncit la teinture de tournesol et précipite ainsi qu’il suit par les divers réactifs.
i° L’eau de chaux donne un précipité blanc; 2° 1’hydrogèrie sulfuré liquide produit un précipité jaune* 5° la solution de sulfate de cuivre précipite en vert, le nitrate d’argent liquide précipite en jaune. Dans ces deux dernières expériences, les précipités sont plus abondans et mieux caractérisés: lorsque l'on salure à priori la solution arsenicale par une base alcaline , l’ammoniaque réussit mieux, de sorte que les dissolutions ammoniacales de cuivre ou d’argent, sont préférables et sont en effet les meilleurs réactifs que nous possédions cependant on ne doit pas se contenter de ces indications, et la réduction par le charbon est toujours le procédé suivi dans l’examen d’une dissolution d'arsenic : cette réduction présente peu de diffi-
cultes pour un chimiste exercé, et je renvoie pour cette partie aux traités de chimie, et particulièrement à la toxicologie du professeur Orfila.
L’arsenic blanc du commerce peut être falsifié par du carbonate calcaire, de la céruse , du spath calcaire, du spath blanc pulvérisé, etc., etc. • la fraude se découvre très-facilement en exposant le composé suspect à l’action du calorique; 1 acide arsenieux se volatilise entièrement, tandis que les substances étrangères restent adhérentes à la plaque sur laquelle on a fait l’expérience.
OXIDE DE COBALT, voyez bleu de cobalt.
OXIDE D’ÉTAIN. L’ étain, dont nous avons déj à vu les caractères, est susceptible de deux degrés d’oxidation : l’oxide gris d’étain lorsqu’on le fond se nomme cendrée et se peut revivifier; la pole'e d’étain est un degré d'oxidation de plus que l’on obtient en chauffant la cendrée dans un creuset et la remuant. Cet oxide est blanc, sa dureté est telle, qu’il sert pour polir le cristal , l’acier, etc. ; en le mêlant à des matières vitrifiables , il y reste interposé, et nous avons vu qu’il formait la base des émaux opaques; il est certain cependant que dans la fabrication des émaux, des couvertes pour les faïences , poteries, etc. , etc. } la potée que l’on emploie est un mélange d’oxide d’étain et d’oxide de plomb; la couverte des faïences ne demande pas une potée parfaitement pure , mais la prépara-
tioa de l’émail blanc mat exige beaucoup de soin dans le choix des matières, puisqu’il ne doit avoir qu’une seule teinte, le blanc parfait; les proportions qui paraissent le mieux réussir, sont :
Etain très-pur, 2 parties.
Plomb id. . 1 partie.
(Voyez aux mots étain et plomb les expériences à faire pour s’assurer de la pureté de ces métaux. ) OXIDE D’OR. Il existe deux oxides d’or , mais le peroxide brun-rougeâtre se prépare bien plus facilement que le protoxide qui est d’ailleurs sans usage, et cependant le peroxide lui-même est une composition tellement éphémère, qu’une différence dans le procédé en apporte dans le produit. On peut dire qu’il existe deux peroxides d’or : l’un , connu depuis très- long-temps sous le nom de précipité pourpre de Cas srus , sert dans la dorure et dans la fabrication des émaux ; le deuxième est du au docteur Chrestien de Montpellier, qui en a préconisé l’emploi dans le traitement des maladies syphilitiques, et qui le préparait en traitant l'hydrochlorate d’or par le carbonate de potasse; c’est le procédé qui est consigné dans la pharmacopée française. Suivant M. Pelletier on obtient l’oxide d’or »
en plus grande quantité par la substitution du carbonate de barite cristalliséau carbonate de potasse; l’oxide d’or ainsi préparé est , lorsqu’il est humide, d’un brun-noir; mais lorsqu'il est sec il est presque noir: ses caractères sont de se dissoudre dans l’a-
eide hydrochlorique et dans l’eau chargée de chlore auquel il donne une belle couleur jaune 3 aucun autre acide , soit l’acide sulfurique , soit l’acide nitrique, ne l’attaque ainsi : cette dernière propriété pourrait servir à l’isoler d’autres oxides de même couleur auxquels on aurait pu le mêler, comme ceux de cuivre au maximum, de fer au médium d’oxidation, etc., etc. 3 ces oxides se dissoudraient dans l’acide nitrique , et on en reconnaîtrait la présence par les réactifs.
Le précipité pourpre de Cassius se prépare presque toujours en précipitant l’hydrochlorate d’or par une dissolution acide de protohydrochlorate d’étain: on filtre, on lave à l’eau bouillante jusqu’à ce que les eaux de lavage ne précipitent plus par le nitrate d’argent en liqueur : la couleur de cet oxide varie suivant que les dissolutions sont plus ou moins étendues : le précipité est rose dans le premier cas et pourpre dans le second 3 si même les dissolutions sont très-concentrées , on n’obtient que de l’or métallique pour précipité. Si cet oxide était falsifié par le cuivre, on s’en assurerait par l’expérience que j’ai indiquée plus haut, ou bien en dissolvant une petite partie de l’oxide suspect dans l’eau régale et ajoutant de l’ammoniaque qui ferait, s’il y a eu sophistication , virer la liqueur au bleu 3 on doit se rappeler que l’addition de l’ammoniaque formerait ici de l’or fulminant, l’expérience exige donc des précautions.
OXIDE DE ZINC. Ce composé qui est employé en médecine, doit être d’un blanc très-pur, inodore, insipide, infusible , fixe, insoluble dans l’eau , dans l’alcool et entièrement soluble dans les acides "s’il a été mal préparé, il peut contenir:
i° Duztnc métallique; dans ce cas , il a presque toujours une teinte grisâtre, et si on le traite par l’acide sulfurique étendu d’eau, il dégagera de l'hydrogène ;
2° Du plomb carbonaté; sa dissolution dans l’acide acétique précipitera en noir par l’addition de l’acide hydrosulfuriqne liquide;
3° De l’arsenic; sa dissolution dans l’acide acétique donnera un précipité d’un jaune serin par l’acide hydrosulfurique liquide;
4° De l’acide carbonique ; dans ce cas il est plus ou moins carbonate; il ferait alors effervescence par r’addition de l’acide acétique.
Les altérations dont je viens de parler peuvent être dues à une mauvaise préparation ; mais si l’oxide de zinc contient , , ce qui arrive quelquefois, du plâtre, de la craie, de l’amidon, l’addition de ces matières étrangères est toujours due à la fraude. On les reconnaîtra : i° p'our le plâtre au précipité blanc que laissera l’oxide de zinc lorsqu’on le dissout dans l’acide sulfurique étendu; 2° pour la craie au précipité blanc que formera l’oxalate d’ammoniaque dans 'a dissolution d’un semblable oxide de zincpar l'acide nitrique; 3° pour l’amidon
a la dissolution épaisse que formera l’oxide ainsi falsifié* ou a la teinte bleue que prend cet oxide lorsqu’on y ajoute de la teinture d’iode.
OXIDES D’AKTTIMOIWTE. Le nombre des oxides d’antimoine n’est pas déterminé , puisque suivant Proust etBucholz il y en a deux ; suivant Thomson, trois j suivant Berzélius, quatre; et enfin d’après Thénard , il y aurait six oxides d’antimoine. Cette détermination présenterait peu d’importance dans cet ouvrage ces différens oxides étant sans usage ; il est cependant à remarquer que d’anciens praticiens prescrivent encore: i° l3 antimoine diaphorétique lavé que l’on désigne dans les pharmacies sous le nom d’oxide d’antimoine au maximum; 2° la poudre dJ algaroth ou oxide d’antimoine au minimum. Il importe de ne pas donner ces préparations l’une pour l’autre: l’oxide d’antimoine au minimum peut occasioner, même en petites quantités, des vomissemens mortels, propriété qu’il communiquerait a l’antimoine diaphorétique dont l'action est seulement sudorifique et purgative. Le meilleur moyen que je connaisse pour s’assurer que l’antimoine diaphorétique ne contient pas d’oxide d’antimoine au minimum, est de le traiter à chaud par de l'acide acétique qui en dissout une partie; la dissolution, si le composé est pur, précipitera en blanc d'une teinte jaunâtre très-faible par l’hydrosulfate de potasse, tandis que la liqueur
précipiterait en rougeâtre si l’oxide au maximum renfermait de l’oxide au minimum.
Les deux préparations d’antimoine qui font le sujet de cet article , peuvent être altérées par de l’arsenic, si le métal qui a servi «à la préparation en contenait j il suffit dans ce cas de traiter l’oxide suspect par l’eau chaude, de filtrer et d ajouter du nitrate de cuivre ammoniacal qui donne alors un précipité vert.
Les falsifications par le carbonate de chaux ou de plomb se reconnaîtront: i° pour la craie, en formant un oxalate aussi neutre que possible et traitant par l’oxalate d’ammoniaque qui formera un précipité blanc; 2° pour le carbonate de plomb, en faisant la même solution et examinant si elle forme un précipité blanc par l’acide sulfurique étendu.
OXIDES DE FER. Voyez colcoltar et œthiops minéral.
OXIDES DE MERCURE. On admet ordinairement deux oxides de mercure : le proloxide appelé quelquefois ethiops perse , qui suivant M. Guibourt contiendrait du mercure métallique , puisque suivant ce chimiste la poudre noire obtenue présente des globules de mercure coulant qu’on peut y apercevoir à la loupe et même à l’œil nu , lorsque cette poudre est soumise à une forte pression : quelle que soit d’ailleurs l’opinion que l’on
Ba5
adopte, je ne parlerai ici que l’oxide rouge de mercure, plus connu dans les pharmacies sous le nom de précipité rouge', cet oxide a une couleur écarlate brillante, une saveur âcre et désagréable ; il est un peu soluble dans l’eau et est susceptible lorsqu’on le chauffe fortement de se décomposer en oxigène, en mercure, et ce dernier corps étant volatil , on conçoit qu’un oxide de bonne qualité devra se volatiliser entièrement si on l’expose à une température suffisante. Tl arrive souvent que le nitrate de mercure qui, calciné, donne le précipité rouge, n’ayant pas été soumis à une chaleur assez forte, ce dernier contient encore une portion plus ou moins forte d’acide nitrique; dans ce cas, il dégage de l’acide nitreux lorsqu’on le chauffe.
On falsifie l'oxide rouge de mercure avec du minium, de la litharge, de la brique, etc., etc.; ces sophistications se reconnaîtront en exposant l’oxide rouge suspect à une forte chaleur; le résidu que laissera l’oxide, examiné avec soin, déterminera le genre de falsification.
On assure que l’oxide rouge est quelquefois aîongé par du sulfure rouge de mercure: je ne pensepasque cette falsification ait lieu , puisqu’elle ne donnerait aucun bénéfice; on pourrait d’ailleurs chauffer fortement le composé, qui, s’il y a eu sophistication , donnera une flamme bleue et développera une odeur de soufre marquée ; traité ensuite à chaud , par une solution alcaline, la so-*
lution a une odeur d’œufs pourris qu’exalte beaucoup l'addition de l’acide sulfurique étendu.
OXIDES DE PIOMB, Voyez les mots lithaTge et minium.
3?AIST. Voyez Farine.
PES.3.ES. On appelle ainsi des concrétions sphériques qui se forment dans les écailles de certains poissons elles saut d’un blanc bleuâtre , d’un très-beau lustre , irrisées et composées de couches concentriques , alternativement formées d’une membrane mince et de carbonate de chaux : l’aspect irrisé est évidemment dû à la structure lamelleuse, le prix des perles varie de beaucoup avec leur grosseur.
Les perles fausses se fabriquent avec les écailles argentines du ventre du poisson nommé ablette \ on lave, on frotte ces écailles dans l’eau, puis en laissant reposer, on trouve au fond de l’eau un sédiment de consistance huileuse ; on prend de ce sédiment que l'on introduit dans l'intérieur d’une perle de verre , de teinte bleuâtre, on remue pour en couvrir toute la surface intérieure, et enfin on remplit la perle de cire fondue pour lui donner du poids.
On distingue les perles fausses des perles véri-
tables : i° à leur différence de pesanteur spécifique 3 la densité des perles précieuses est, terme moyen, de 2,684, tandis que celle des perles fausses, qui peut varier, est toujours plus faible 3 20 à la fragilité* les perles fausses se brisent facilement; 3° enfin à la teinte des perles véritables qui ont un aspect chatoyant que les perles fausses, qui sont d'ailleurs plus blanches, ne présentent que d 'une manière imparfaite.
PERSIL. Voyez ciguë.
PÉTROLE. Le mot bitume désigne aujourd’hui divers corps inflammables légers, de consistance variable depuis la fluidi té parfaite jusqu’à la solidité cassante et fusible : ils sont insolubles dans l’alcool et dans l’eau , s’unissent aux huiles essentielles et au soufre , ne décomposent qu’une petite portion de nitrate de potasse par déflagration, et brident en laissant peu ou point de résidu : le bitume dans ses divers états physiques, se trouvent en Italie, dans la Tauride, aux Barbades , etc. , etc. 3 nous avons déjà vu lenaphte qui paraît être le bitume le plus pur que I on connaisse.
Le pétrole a une couleur qui varie du jaune de miel au rouge-brunâtre 3 sa consistance est. celle d’une huile grasse , son odeur est particulière et est moins agréable que celle du naphte, sa saveur est âcre 3 par la rectification, le pétrole devient blanc et est alors très-souvent vendu sous le nom
de naphte; la substitution est peu importante, puisque le naphte lui-même paraît être du pétrole plus pur. Le pétrole est souvent falsifié par de la térébenthine j on reconnaît cette sophistication à l'odeur bien connue de la térébenthine lorsqu’on chauffe ce pétrole dans une cuiller.
Le goudron mint ral est visqueux noirâtre » d’une odeur quelquefois assez forte, d’une pesanteur spécifique de 1,1.
La poix minérale, d’une consistance assez solide , surtout en hiver , est opaque et d’une densité de 1,07.
L’ asphalte qui est très-cassant, d’une cassure conchoïdale vitreuse, d’une odeur particulière lorsqu'il est chauffé , a une densité de 1,07 ài,65.
Suivant Kirwan et Hatchett, les premières espèces, par une exposition prolongée à l’air et une décomposition graduelle, passent parles degrés intermédiaires et sont enfin converties en asphalte : lorsque la décomposition n’est que partielle, le naphte restant peut être, par distillation , séparé de la matière charbonneuse déjà formée.
PHOSPHATE DE SOUDE. Ce sel que les médecins prescrivent comme purgatif est en beaux cristaux rhomboïdaux terminés par des pyramides à trois faces, d’une saveur salée sans amertume, soluble dans quatre parties d’eau à 1 5° etdansdeux parties à ioo°; il s’effleurit à l’air, se dissout à la
chaleur dans son eau de cristallisation , et si l’on continue l’opération, il se fond en une masse blanche: le phosphate de soude du commerce contient prescjue toujours une certaine quantité de sulfate de soude que l’on reconnaît en traitant la solution par un sel soluble de barite qui forme un précipité blanc, non-soluble entièrement dans l’acide nitrique: lorsque le précipité formé dans l’expérience dont je viens de parler ne dépasse pas le vingtième du phosphate de soude essayé, le sel a une pureté suffisante pour les besoins de la médecine. On ne peut exiger que le phosphate de soude soit parfaitement exempt de sulfate, puisqu’il faudrait alors préparer ce sél avec l’acide phosphorique le plus pur obtenu par la combustion du phosphore : remarquons d’ailleurs que la présence d’une petite quantité de sulfate de soude dans le phosphate est sans inconvénient, les propriétés médicales des deux sels étant sensiblement les mêmes.
PHOSPHORE- Cet élément est en cylindres blancs-jaunâtres , transparent lorsqu’il est récemment préparé, opaque au bout d’un certain temps. On assure que le phosphore du commerce est quelquefois falsifié par du soufre • la combustion de ce phosphore donne un acide phosphorique contenant un peu d’acide sulfurique ; il suffira donc de dissoudre dans l’eau le produit de la
combustion : si la solution traitée par un sel soluble de barite donne un précipité ( phosphate de barite) entièrement soluble dans l’acide nitrique , on en conclura que le phosphore était pur ; si le précipité contient du sulfate de barite, c’est-à-dire si le phosphore brûlé contenait du soufre, la solution du précipité dans l'acide nitrique ne sera pas complète.
PIERRE A CAUTÈRES. Voyez potasse caustique.
PIERRE D’ÉCREVISSES, appelée improprement. yeux tV écrevisses. Ce sont des pierres de la grosseur d’un pois , bombées d’un côté, plates de l’autre et déprimées vers le centre , laminées dans leur texture, blanches, mais quelquefois rougeâtres ou bleuâtres. Ces concrétions se trouvent dans l’estomac de l’ecrcvissé, une de chaque côté, à l’époque du changement de têt et au renouvellement de la membrane interne de l’estomac, ce qui a lieu généralement au mois d’août. Elles viennent de la Russie, de la Pologne, et particulièrement de la province d’Astracan. On imite quelquefois les yeux d’écrevisses avec de la craie, de l’argile , et du mucilage de gomme adragant ou de la colle • ces pierres fausses n’ont pas la texture foliacée qui distingue les pierres véritables 3 elles s’imbibent d’eau plus facilement, adhèrent à la langue,
et se dissolvent , couche par couche , dans le vinaigre ou les autres acides plus étendus, tandis que les pierres véritables, traitées par les mêmes acides, se ramollissent, deviennent transparentes et conservent leur forme primitive.
PIERRE INFERNALE. Voyez nitrate cY argent fondu.
PIERRE POBïCE. On appelle ainsi des laves poreuses de couleur claire ou blanchâtre, qui deviennent fibreuses et se convertissent en une pierre spongieuse dénommée ponce . Il y a près de Liparis une montagne formée entier de ponce blanche; vue d’une certaine distance, on la croirait couverte de neige du sommet jusqu’au pied; foutes celles qui se trouvent dans le commerce viennent de ce dépôt immense. La montagnen’est pas une masse compacte , elle est composée de glooulesdc ponce agrégés, mais sans adhésion : Spallanzani a conclu de celte circonstance que la pierre est projetée par les volcans dans l’état de fusion , et qu’elle prend dans l’air une forme globuleuse. Le choix à faire dans les pierres ponces varie avec l’usage auquel on veut les appliquer, mais en général celles qui sont fines, c’est-à-dire d’un grain serré , très-légères, etc., sont préférables.
PIERRES PRÉCIEUSES. Les mots améthyste , diamant , rubis, saphir , placés chacun dans leur
ordre alphabétique, présentent ce qu’il m’a été possible de recueillir sur les diverses pierres précieuses. Si l’on réunit sous un seul et même point de vue les détails consignés dans ces articles, on verra que les pierres précieuses peuvent se reconnaître, en général, à leur dureté et à leur poids.
Dureté. Le diamant est le plus dur des corps de la nature, et, par conséquent, peut rayer tous les autres; vient ensuite le saphir, puis le rubis, l’hyacinthe, le jargon de Ceylan, la topaze, l’émeraude, le grenat et la cornaline : cette dernière pierre est même rayée par le quartz.
Pesanteur spécifique . La pesanteur spécifique Des diamants varie de 3,5 1 8 à 3,53 io Des saphirs — de 3.916 à 4,283
Des rubis — de 3,5yo à 3,705
Des topazes.
Des émeraudes Des bérils
Des grenats — de 4, «85 à 4,352
Des cornalines — de 2,55i à 2,624 Imitation (les pierres précieuses. L’art d’imiter les pierres précieuses demande des connaissances aussi variées que profondes. On doit , dans cette partie, apprécier exactement l’action des divers oxides métalliques entre eux, l’éclat que peut avoir le résultat de la fusion, la nuance de ce produit ,
les diverses modifications dans les teintes qu’apportent des différences dans les proportions des composans. Les plus belles imitalions des pierres précieuses sont celles qui résultent de la décoloration des pierres fines naturelles au feu : tels sont les saphirs, ^améthyste orientale, la topaze, l’hyacinthe, etc., etc. y elles donnent souvent des diamans factices que les plus habiles connaisseurs ont peine à discerner de ceux que la nature présente tout formés ; la deuxième imitation consiste a colorer le verre en y mêlant, pendant qu’il est en fusion , des oxides métalliques, et de la bonne conduite de l’opération dépend la formation des pâtes ou pierres factices.
Le bleu est fait avec l’oxide de cobalt.
avec l’oxide de chrome ou les oxides de fer et de cuivre, avec l’oxide de manganèse, avec les oxides de cuivre et de fer.
avec l’oxide d’or, avec l’oxide d’argent et des corps combustibles.
Le vert —
Le violet — Le rouge — Le pourpre — lie jaune —
PLOMB. Ce métal est d’un blanc-bleuâtre livide, d’une saveur et d’une odeur désagréables, trèsflexible, peu ductile, peu tenace, fusible à 320°, volatil à une chaleur rouge , etc. , etc. Il n’est jamais falsifié, parce qu’il y aurait du désavantage à faire une pareille fraude, le plomb se maintenant
if'fr
à un prix inférieur à celui de presque tous les autres métaux-; d’un autre côté, il est sans usage à l’intérieur, en médecine, de sorte que s’il contenait accidentellement de l’arsenic ou tout autre métal vénéneux, celle impureté serait peu importante. La présence du plomb dans un liquide quelconque suspect se reconnaîtra par l’hydrosnlfatede potasse qui forme un précipité brun-noirâtre, insoluble dans l’acide liydrochlorique. On s’assurera encore plus exactement de la présence de ce métal, en évaporant une portion de la liqueur à siccité, et exposant le résidu à une température suffisante pour revivifier le plomb; quelquefois le résidu ne contenant pas assez de matières charbonnées pour opérer la réduction, on obtient, surtout si l’on pousse le feu trop fortement, un composé jaune {massicot) .
On reconnaît d’une manière extrêmement sim- ~ pie si un minerai contient du plomb; il suffit de concasser ce rainerai et d’examiner si les fragmens sont brillans; on en met ensuite un morceau delà grosseur d’un pois sur un charbon, et on le soumet à l’action de la flamme d’une chandelle que l’on
active avec le chalumeau ; bientôt il se dégage des vapeurs sulfureuses , et le métal est en pleine fusion.
On peut obtenir le plomb pur en dissolvant le carbonate de plomb dans l’acide nitrique étendu, et en décomposant le nitrate de plomb formé par urç
cylindre de zinc ; on peut encore faire dissoudre le sulfate de plomb dans l’acide nitrique , ajouter de l’acide hydrochlorate de plomb à la dissolution et faire cristalliser ; on dissout les cristaux d’hvdrochlorate de plomb dans l’eau bouillante , on évapore la dissolution à siccité, et on fait fondre le résidu dans un creuset , après y avoir ajouté deux fois et demi son poids de flux noir.
POIVRES. Nous faisons usage d’une assez grande quantité de différens poivres, parmi lesquels je citerai les suivans :
Poivj'e noir , qui est le fruit du piper nzgrum , de la diandrie Irigynie , L. , pipéritées , J. Cette plante ligneuse, grimpante, se trouve à l’état sauvage dans les Indes-Orientales; elle est cultivée avec beaucoup d avantage à Java et au Malabar ; les baies cueillies avant leur pleine maturité sont séchées au soleil se durcissent, deviennent rugueuses , acquièrent une saveur âcre, chaude et piquante, et une odeur légèrement aromatique. Le poivre noir de bonne qualité doit être dur, dense, avoir, comme nous l’avons dit, une saveur très-forte; on ne doit jamais l’acheter en poudre, parce qu’il est presque toujours falsifié avec des poudres étrangères, auxquelles on mêle des parties fines de la pellicule delà moutarde noire, pour lui donner ces points noirs que l’on remarque dans Ja poudre pure. Le poivre blanc est le fruit de la
meme plante, cueilli avant la maturité et débarrassé par la macération dans l’eau de sa couche corticale extérieure ; il est poli à sa surface, et a une saveur moins chaude et moins âcre que celle du précédent : on assure que l’on augmente son poids en le roulant dans la céruse ( carbonate de plomb) ; si cette falsification a lieu, on la distinguera facilement * en traitant le poivre suspect par de Lacide nitrique faible , la solution passera au noir par l’addition de quelques gouttes d’bydrosulfate de potasse.
Poivre long. C’est le fruit du piper longum , de la même famille que le précédent. Les caractères physiques de ce poivre, sa saveur chaude et piquante, suffisent pour le distinguer; on doit seulement remarquer si celte substance n’a pas été attaquée par les vers.
Poivre cubèbe est le fruit du pipèr cubeba , de la même famille que le précédent : il est plus gros, moins noir que le poivre noir, eLest en outre pourvu d’un pédoncule mince d’où lui est venu le nom de poivre à queue ; l’enveloppe a une odeur et une saveur peu marquées; le noyau, au contraire, a une saveur forte et piquante. On reconnaît que le poivre cubèbe est de bonne qualité , lorsque sa poudre est onctueuse et tache fortement, à la manière des huiles, le papier qui la renferme.
Piment. Les capsules du capsicum annuum
constituent le piment ; elles sont longues, pointues, pendantes , d’abord vertes et en suite rouge-oranges • d’une saveur extrêmement piquante et âcre. On doit choisir les capsules d’une jolie couleur jaune, et rejeter celles qui sont noires ou même tachées de noir. Le poivre de Cayenne, des Anglais , est un mélange indéterminé de la poudre des capsules de divers capsicum , il y entre particulièrementle capsicum frutescens. On assure que le poivre de Cayenne contient presque toujours du carbonate de plomb’ cependant celui que j’ai essayé ne m’en a présenté aucun indice.
POTASSE CAUSTIQUE. Lorsque l'on traite une solution de potasse du commerce par de la chaux vive, il se forme un carbonate de chaux insoluble, et la liqueursurnageante est une solution de potasse caustique, mêlée aux différens sels que contenait la potassedu commerce et qui n’ont pu êtredécomposés par la chaux ’ cette solution caustique, évaporée jusqu’à siccité, ensuite fondue et coulée en plaques ou en cylindres , donne une masse pierreuse plus ou moins colorée, et que l’on connaît dans les pharmacies sous le nom de pierre à cautère : ce composé n’est pas pur, mais il est assez caustique pour les besoins de la médtcine. Je ne puis donner ici les opérations que l’on doit faire pour obtenir la potasse caustique parfaitement pure, parce que cette dernière n’étant en usage que dans les
analyses délicates , celui qui veut se livrer à ce genre de travail connaît toujours les moyens de purifier la pierre à cautères j il me suffira de remarquer que le pharmacien s’assure que la potasse qu’il a p* iparé est d’une énergie alcaline suffisante : i° par la facilité avec laquelle elle attire l’humidité de l’air, et se résout en liqueur - 2° au peu d’effervescence que fait sa solution lorsqu’on y ajoute un acide assez énergique, tels que les acides sulfurique , liydrochlorique , nitrique, etc.
POTASSE DU COMMERCE. Est l’alcali obtenu par l’incinération de divers bois et plantes, la lixivation des cendres, l’évaporation des lessives jusqu’à siccité , et la calcination du résidu dans des fours disposés à cet effet. Il résulte de là que la potasse du commerce doit êtr.e très - impure , puisqu’elle renferme tous les sels solubles et fixes de. la plante, autant que ces sels nJont pu être décomposés par la chaleur ÿ d’un autre côté, la richesse d’une potasse ordinaire étant duc à la quantité de sous-carbonate de potasse qu’elle renferme, cette richesse variera avec les localités, avec le soin qui a présidé à sa préparation , enfin avec la nature de la plante qui l’a fournie: aussi distingue-t-on dans le commerce un grand nombre de potasses, sous les noms de potasses d’Amérique, de Pmssie , de Trêves, de Dantzick, perlasse, etc., etc.
M. Yauquelin, qui a analysé les diverses variétés
de potasse du commerce , a trouvé qu’elles étaient
composées , terme moyen , des substances
sui-
vantes :
Potasse réelle.
1 1 52 parties l
Sulfate de potasse.
de potasse de Russie, j
Hydrocblorate de potasse.
Résidu iusoluble.
Eau et acide carbonique.
Potasse réelle.
i i 52 parties '
de potasse d’Amérique.
Sulfate de potasse.
Hydroclilorate de potasse.
Résidu insoluble.
Eau et acide carbonique.
Potasse réelle.
1 1 52 parties de potasse parlasse.
Sulfate dépotasse.
Hydroclilorate dépotasse.
Résidu insoluble.
So
Eau et acide carbonique.
Potasse réelle.
î i 52 parties de potasse de Trêves.
; Sulfate de potasse.
Hydroclilorate de potasse.
Résidu insoluble.
Eau et acide carbonique.
Potasse réelle.
! 1 52 parties de potasse de Dantzick.
I Sulfate de potasse.
Hydrocblorate de potasse.
Résidu insoluble.
Eau et acide carbonique.
Potasse réelle.
î î 52 parties de potasse des Vosges.
Sulfate de pelasse.
Hydrocblorate de potasse.
Résidu insoluble.
5io
Eau et acide carbonique.
Les proportions d’alcali libre étant variables dans les potasses du même nom, il fallait un moyen facile d’apprécier leurs diverses forces. C’est encore à M. Vauquelin que nous devons un moyen simple pour arriver à cette estimation: ce procédé , que l’on emploie également pour reconnaître
les titres des soudes (voyez ce mot) , se réduit aux opérations suivantes : On prend une certaine quantité de potasse ou de soude, par exemple , 1 once ; on la réduit en poudre fine et on la met en digestion pendant une heure avec l\ à 5 onces d’eau, en ayant soin de la remuer de temps en temps; on filtre, on lave le résidu avec à peu près autant d’eau qu’on en avait employé dans la première opération* toutes les liqueurs réunies, on y ajoute de l’acide sulfurique faible jusqu’à saturation complète et on note avec soin la quantité d’acide qu’il a fallu ajouter. Il ne s’agit plus alors que de comparer cette quantité à celle qui est capable de neutraliser une proportion donnée de sous-carbonate de potasse ou de soude sec et pur; cette deuxième opération devient inutile en faisant usage de l’ai— calimètre de Descroisilles : i° on fait dissoudre 10 grammes de la potasse à essayer dans un décilitre d’eau (100 grammes ou 5 onces i gros) , on filtre, on prend la moite de la liqueur (cette moitié contient alors 5 grammes de la potasse essayée), puis on la sature avec la liqueur alcali métrique , e’est-a-dire avec une liqueur formée de i d’acide sulfurique à 66° etde 9 d’eau; la liqueur est versée dans le tube gradué, dont chaque division en contient 5 décigrammes équivalant à 5 centigrammes d’acide concentré ; or , ces 5 centigrammes d’acide sont la centième partie des 5 grammes de potasse: donc le nombre de divisions qu’il faudra de la li-
queur acide indiquera le nombre de centièmes de potasse réelle qu’il y auradans la potasse à essayer. Les principales potasses du commerce essayées à l’alcalimètre ont donné les nombres suivans : on doit se rappeler que ^5° de l’alcalimètre corres pondent à ioo parties de sous-carbonate de potasse; donc m étant le nombre dedegrés alcalimétriques, rn X Vtt sera le nombre de centièmes de potasse réelle contenu dans ioo parties de la potasse essayée.